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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2207780

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2207780

mardi 19 décembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2207780
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère Chambre
Avocat requérantRIQUIER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par un jugement n°1809243 en date du 10 juillet 2020, le tribunal a annulé la décision contenue dans le relevé de notes du 11 juillet 2018, par laquelle le jury du master 2 mention " psychologie : enfance, adolescence et institutions " de l'université Paris Nanterre a déclaré Mme B A ajournée. Par ce même jugement, le tribunal a enjoint à l'université de lui délivrer un relevé de notes portant la mention admise au master 2 de psychologie mention " psychologie : enfance, adolescence et institutions " et de lui délivrer le diplôme correspondant dans le délai d'un mois suivant la notification de ce jugement. Enfin, par ce même jugement, le tribunal a condamné l'université à lui verser une somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par des courriers enregistrés les 14 septembre et 25 novembre 2020 et 12 novembre 2021, Mme A a informé le tribunal des difficultés qu'elle rencontrait pour obtenir l'exécution de ce jugement.

Par une lettre en date du 18 novembre 2021, le président du tribunal a demandé au président de l'université de Paris Nanterre de justifier de la nature et de la date des mesures qui ont été prises pour assurer l'exécution du jugement ou de lui faire connaître les raisons qui pourraient en retarder l'exécution.

Par une lettre en date du 14 janvier 2022, le président du Tribunal a rappelé au président de l'université de Paris Nanterre les termes du courrier mentionné ci-dessus.

Le président du tribunal a, par une ordonnance du 31 mai 2022, ouvert, en application de l'article R. 921-6 du code de justice administrative, une procédure juridictionnelle en vue de prescrire les mesures d'exécution du jugement.

Mme A, représentée par Me Verdier, soutient, dans plusieurs courriers enregistrés sur l'application Télérecours les 10 juillet 2022, 16 février 2023,16 juin et 16 novembre 2023 que le jugement du 10 juillet 2020 n'a pas encore été complètement exécuté par l'administration, son relevé de note modifié ainsi que son diplôme de psychologie mention " psychologie : enfance, adolescence et institutions " ne lui ayant toujours pas été communiqué par l'université de Paris Ouest Nanterre La Défense et demande au tribunal :

1°) de prononcer son admission provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;

2°) d'enjoindre à l'université de Paris Nanterre d'exécuter ce jugement dans le délai de 8 jours sous astreinte de 300 euros par jour ouvré de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'université de Paris Ouest Nanterre La Défense la somme de 2 000 euros à verser à son conseil sur le fondement de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 sous réserve de son admission définitive à l'aide juridictionnelle ; à défaut d'admission définitive à l'aide juridictionnelle à lui verser directement sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par un mémoire en défense, enregistré le 13 mars 2023, l'université Paris Nanterre informe la juridiction que le jugement du 10 juillet 2020 est en cours d'exécution.

Par un mémoire complémentaire enregistré le 29 novembre 2023, Mme A, représentée par Me Verdier, informe le tribunal de la réception par courriel du même jour, de la copie du diplôme sollicité, de son relevé de notes comportant la mention " admis " et de l'attestation de réussite et se prévaut d'une exception de non-lieu à statuer sur sa demande d'exécution, sous astreinte, du jugement du 10 juillet 2020 n°1809243 tout en maintenant ses conclusions présentées sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ainsi que sa demande d'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

Par un mémoire en défense enregistré le 29 novembre 2023, l'université Paris Ouest Nanterre La Défense, représentée par Me Riquier, conclut rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de Mme A une somme de 1 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- le jugement n°1809243 du 10 juillet 2020 a pleinement été exécuté ;

- les conclusions présentées par Mme A sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ne sont pas fondées.

Par un mémoire complémentaire enregistré le 30 novembre 2023, Mme A, représentée par Me Verdier, demande au tribunal de mettre à la charge de l'université Paris Ouest Nanterre La Défense, une somme de 3 000 euros sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et confirme sa demande d'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le jugement n°1809243 en date du 10 juillet 2020, devenu définitif ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Après avoir entendu au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Zaccaron Guérin, conseillère rapporteure,

- et les conclusions de M. Louvel, rapporteur public,

Les parties n'étant ni présentes ni représentées.

Considérant ce qui suit :

Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

1. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'appréciation des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'administration provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président. ".

2. Il y a lieu, eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de Mme A, de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.

Sur l'exception de non-lieu à statuer opposée par Mme A :

3. Aux termes de l'article L. 911-4 du code de justice administrative : " En cas d'inexécution d'un jugement ou d'un arrêt, la partie intéressée peut demander à la juridiction, une fois la décision rendue, d'en assurer l'exécution. / Si le jugement ou l'arrêt dont l'exécution est demandée n'a pas défini les mesures d'exécution, la juridiction saisie procède à cette définition. Elle peut fixer un délai d'exécution et prononcer une astreinte. ".

4. L'exécution du jugement n°1809243 en date du 10 juillet 2020 comporte pour l'Université de Paris Nanterre l'obligation de délivrer à Mme A un relevé de notes portant la mention admise au master 2 de psychologie mention " psychologie : enfance, adolescence et institutions ", de lui délivrer le diplôme correspondant et de lui payer la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

5. Le 29 novembre 2023, l'université de Paris Nanterre a produit à l'instance le relevé de notes portant la mention de l'admission au master 2 de psychologie mention " psychologie : enfance, adolescence et institutions " de Mme A, la copie du diplôme correspondant et une attestation de réussite. Cette communication intervenue plus de trois ans après l'injonction du tribunal de céans, atteste de l'entière exécution de ce jugement par l'université. Il résulte de ce qui précède que l'université a pris les mesures nécessaires pour exécuter le jugement précité du tribunal administratif de Cergy-Pontoise. Par suite la demande d'exécution présentée par Mme A est devenue sans objet, il n'y a plus lieu d'y statuer.

Sur les frais de l'instance :

6. Mme A est admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire par le présent jugement. Son avocat peut, par suite, se prévaloir des dispositions combinées de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Dans les circonstances très particulières de l'espèce, quand bien même elle n'est pas la partie perdante, l'équité commande qu'il soit mis à la charge de l'université Paris Nanterre la somme de 1 500 euros qui sera versée au conseil de Mme A, en application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve de l'admission définitive de Mme A au bénéfice de l'aide juridictionnelle, ou à défaut, à Mme A, sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

7. En revanche, dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de Mme A, la somme demandée par l'université de Paris Nanterre sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : Mme A est admise, à titre provisoire, à l'aide juridictionnelle.

Article 2 :Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte de la requête de Mme A.

Article 3 : L'université de Paris Nanterre versera la somme de 1 500 euros à Me Verdier, en application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve de l'admission définitive de Mme A à l'aide juridictionnelle ou, à défaut, à Mme A sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Les conclusions présentées par l'université de Paris Nanterre sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A, à l'université de Paris Nanterre.

Copie en sera adressée à la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche.

Délibéré après l'audience du 5 décembre 2023 à laquelle siégeaient :

Mme Edert, présidente,

M. Baude, premier conseiller,

Mme Zaccaron Guérin, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 décembre 2023.

La rapporteure,

signé

C. Zaccaron Guérin La présidente,

signé

S. Edert

La greffière,

signé

S. Le Gueux

La République mande et ordonne à la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

No 22077802

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