vendredi 12 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2208112 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | FRECHE & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 30 mai 2022, M. B A, représenté par Me Dam, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision de refus de la commune de Villeneuve-la-Garenne en date du 4 avril 2022 de publier dans le magazine municipal du mois d'avril 2022 la totalité de la tribune du groupe " Union pour Villeneuve " transmise le 24 mars 2022 ;
2°) d'enjoindre à la commune de Villeneuve-la-Garenne de publier la totalité de la tribune transmise le 24 mars 2022 dans la prochaine édition du magazine municipal ;
3°) d'enjoindre à la commune de Villeneuve-la-Garenne de modifier l'article 40 du règlement intérieur du conseil municipal de la commune en accordant 2 200 signes maximum à chaque groupe d'opposition minoritaire afin de se conformer à l'article L. 2121-27-1 du code général des collectivités territoriales ;
4°) de mettre à la charge de la commune la somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'un défaut d'incompétence de son auteur ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle méconnaît l'article L.2121-27-1 du code général des collectivités territoriales ;
- elle est illégale du fait de l'illégalité de l'article 40 du règlement intérieur du conseil municipal au regard de l'article L.2121-27-1 du code général des collectivités territoriales.
Par un mémoire enregistré le 17 octobre 2022, la commune de Villeneuve-la-Garenne, représentée par Me Bernard, conclut à l'irrecevabilité de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de M. A sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la décision attaquée ne fait pas grief dès lors qu'elle est une simple mesure d'ordre intérieur et que le texte de la tribune a bien été publié ;
- au surplus, les moyens invoqués par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ; - le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Viain, premier conseiller,
- les conclusions de M. Chabauty, rapporteur public,
- les conclusions de Me Lunel substituant Me Bernard et représentant la commune de Villeneuve-la-Garenne.
Une note en délibéré a été produite pour la commune de Villeneuve-la-Garenne le 3 juillet 2024.
Considérant ce qui suit :
1. Par une décision du 4 avril 2022, la directrice de cabinet du maire de la commune de Villeneuve-la-Garenne a refusé la publication d'un QR code inséré au sein de la tribune proposée le 24 mars 2022 par M. A en tant que membre du groupe de l'opposition " Union pour Villeneuve ". Par la requête susvisée, M. A demande l'annulation de cette décision de refus de publication.
Sur la fin de non-recevoir opposée en défense :
2. Si la décision attaquée est motivée par la seule circonstance que la tribune proposée par M. A le 24 mars 2022 ne respectait pas les exigences du règlement intérieur, elle a néanmoins pour objet et pour effet de refuser la publication d'une partie de cette tribune et lui fait par conséquence grief. Par suite, la commune n'est pas fondée à soutenir que la décision attaquée serait constitutive d'une simple mesure d'ordre intérieur insusceptible d'un recours pour excès de pouvoir.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
3. Aux termes de l'article 2121-27-1 du code général des collectivités territoriales : " Dans les communes de 1 000 habitants et plus, lorsque des informations générales sur les réalisations et sur la gestion du conseil municipal sont diffusées par la commune, un espace est réservé à l'expression des conseillers élus sur une liste autre que celle ayant obtenu le plus de voix lors du dernier renouvellement du conseil municipal ou ayant déclaré ne pas appartenir à la majorité municipale / Les modalités d'application du présent article sont définies par le règlement intérieur du conseil municipal. ". Par ailleurs, aux termes de l'article 43 du règlement intérieur du conseil municipal de la commune de Villeneuve-la-Garenne : " Le maire de Villeneuve-la-Garenne étant le Directeur de la publication, sa responsabilité est engagée par le contenu des textes présentés ".
4. Il résulte de ces dispositions qu'il appartient au maire de la commune de Villeneuve-la-Garenne de veiller aux règles encadrant la longueur et la présentation des tribunes destinées à être publiées dans le bulletin d'information municipal et d'en refuser le cas échéant la publication.
5. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que le refus opposé au groupe politique d'opposition " Union pour Villeneuve " de publier une partie de sa tribune dans le bulletin municipal du mois d'avril 2022 a été édicté par Mme C, directrice de cabinet et de la communication de la commune. Dans la mesure où Mme C ne justifie pas de la qualité de directeur de la publication du magazine municipal ni d'une quelconque délégation, que sa seule qualité de membre du cabinet agissant pour le compte du maire ne saurait lui conférer, le requérant est fondé à soutenir que la décision du 4 avril 2022 est entachée d'incompétence.
6. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que M. A est fondé à solliciter l'annulation de la décision du 4 avril 2022 par laquelle la directrice de la communication de la commune de Villeneuve-la-Garenne a refusé de publier l'intégralité de la tribune proposée par le groupe politique " Union pour Villeneuve ".
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
7. Le requérant demande qu'il soit enjoint à la commune de Villeneuve-la-Garenne de publier intégralement la tribune en litige au sein du magazine municipal. Toutefois, eu égard au motif d'annulation, et les moyens de légalité interne n'étant pas fondés en l'état de l'instruction, le présent jugement n'implique pas qu'une telle injonction soit prononcée, ni que l'article 40 du règlement intérieur du conseil municipal de la commune soit modifié.
Sur les frais d'instance :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme quelconque soit mise à la charge de charge de M. A, qui n'est pas la partie perdante en la présente instance. Il y a lieu, en revanche, de mettre à la charge de la commune de Villeneuve-la-Garenne la somme de 1 000 euros au profit de M. A sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : La décision du 4 avril 2022 portant refus de publication d'une partie de la tribune du groupe politique " Union pour Villeneuve " est annulée.
Article 2 : La commune de Villeneuve-la-Garenne versera à M. A une somme de 1 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête et les conclusions de la commune de Villeneuve-la-Garenne sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au maire de la commune de Villeneuve-la-Garenne.
Délibéré après l'audience du 25 juin 2024, à laquelle siégeaient :
M. Huon, président ;
M. Viain, premier conseiller ;
Mme Froc, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 juillet 2024.
Le rapporteur,
signé
T. VIAIN
Le président,
signé
C. HUONLa greffière,
signé
A. TAINSA
La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2208112
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026