mardi 24 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2208139 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 9ème Chambre |
| Avocat requérant | ARVIS AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 31 mai 2022, Mme B A, représentée par Me Arvis, demande au tribunal :
1°) d'annuler le compte-rendu de son entretien professionnel (CREP) établi au titre de l'année 2021 ;
2°) d'enjoindre au centre d'accueil et de soins hospitaliers (CASH) de Nanterre de procéder à l'établissement d'un nouveau compte-rendu d'entretien professionnel dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge du CASH de Nanterre la somme de 2 500 euros en application de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision attaquée, qui méconnaît les dispositions de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration, a été prise par une autorité incompétente ;
- elle est entachée de vices de procédure, dès lors qu'elle n'a été destinatrice ni d'une convocation huit jours avant son entretien professionnel, ni de sa fiche de poste, ni d'un exemplaire de la fiche d'entretien professionnel servant de base au compte rendu, et qu'elle a été empêchée d'intégrer l'intégralité de ses observations préalablement à l'adoption finale du CREP en méconnaissance de l'article 2 du décret 2020-719 du 12 juin 2020 ;
- elle est entachée d'une erreur de fait, d'erreurs manifestes d'appréciation dès lors qu'elle ne pouvait faire l'objet d'une évaluation alors qu'elle était affectée au service d'imagerie médicale depuis six mois, que la décision en litige ne mentionne aucun objectif concernant l'année écoulée, et ne reflète pas ses conditions de travail sur l'année 2021 ;
- elle n'a pas pu bénéficier à son arrivée dans le service d'un accompagnement et d'une formation adaptés.
Le CASH de Nanterre, qui a été mis en demeure de présenter des observations par courrier du 16 août 2023 sous un délai d'un mois, en application des dispositions de l'article R. 612-3 du code de justice administrative, n'a pas produit d'observations.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 ;
- le décret n° 2020-719 du 12 juin 2020 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Jacquelin, rapporteur,
- les conclusions de Mme Chabrol, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A est aide-soignante au centre d'accueil et de soins hospitaliers de Nanterre, et a été titularisée au 1er septembre 2012. Elle a été reçue en entretien d'évaluation le 24 novembre 2021. Elle s'est vu notifier, le 31 mars 2022, le compte-rendu d'entretien professionnel (CREP) réalisé à la suite de cet entretien. Le 30 mai 2022, elle a formé une demande de révision de son CREP auprès de la directrice des ressources humaines. Du silence de l'administration est née une décision implicite de rejet. Par sa requête, Mme A demande au tribunal d'annuler le compte rendu d'entretien professionnel établi au titre de l'année 2021 notifié le 31 mars 2022.
Sur l'acquiescement aux faits :
2. Aux termes de l'article R. 612-6 du code de justice administrative : " Si, malgré une mise en demeure, la partie défenderesse n'a produit aucun mémoire, elle est réputée avoir acquiescé aux faits exposés dans les mémoires du requérant. ".
3. Malgré la mise en demeure qui lui a été adressée le 16 août 2023, le CASH de Nanterre n'a produit aucun mémoire en défense dans le délai qui lui a été imparti et, en tout état de cause, avant la clôture de l'instruction fixée au 24 juin 2024. Ainsi, il est réputé avoir acquiescé aux faits exposés dans la requête. Il appartient toutefois au juge de vérifier que ces faits ne sont pas contredits par les pièces du dossier.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. Aux termes de l'article 2 du décret n°2020-719 du 12 juin 2020 relatif aux conditions générales de l'appréciation de la valeur professionnelle des fonctionnaires de la fonction publique hospitalière : " L'agent bénéficie chaque année d'un entretien professionnel organisé dans des conditions permettant de garantir la confidentialité et qui donne lieu à un compte rendu. / La date de cet entretien est fixée par l'autorité compétente mentionnée à l'article 3 et communiquée à l'agent au moins huit jours à l'avance. / La convocation est accompagnée de la fiche de poste de l'intéressé et d'un exemplaire de la fiche d'entretien professionnel servant de base au compte rendu ".
5. Si les actes administratifs doivent être pris selon les formes et conformément
aux procédures prévues par les lois et règlements, un vice affectant le déroulement
d'une procédure administrative préalable, suivie à titre obligatoire ou facultatif, n'est de nature à entacher d'illégalité la décision prise que s'il ressort des pièces du dossier qu'il a été susceptible d'exercer, en l'espèce, une influence sur le sens de la décision prise ou qu'il a privé les intéressés d'une garantie.
6. Mme A soutient n'avoir pas été convoquée dans un délai de huit jours avant son entretien professionnel qui s'est tenu le 24 novembre 2021, ni avoir reçu sa fiche de poste, ni un exemplaire de la fiche d'entretien professionnel servant de base au compte rendu. En dépit de la mise en demeure de produire des observations à la requête de Mme A qui lui a été adressée le 5 août 2023, le CASH de Nanterre n'a formulé aucune observation en défense. Il est ainsi réputé avoir acquiescé aux faits exposés par la requérante dans ses écritures, qui ne sont pas contredits par les pièces du dossier et doivent donc être considérés comme établis. Dans ces conditions, dès lors que la requérante n'a pas été convoquée dans un délai de huit jours, l'entretien professionnel s'est déroulé dans des conditions irrégulières. Il s'ensuit que Mme A est fondée à soutenir que le compte-rendu contesté est entaché d'un vice de procédure, pour avoir été établi sans que le délai de huit jours ait été respecté, dans les conditions prévues par les dispositions de l'article 2 du décret du 12 juin 2020 précité, lesquelles constituaient pour elle une garantie.
7. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que le compte-rendu de l'entretien professionnel de l'année 2021 de Mme A doit être annulé.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
8. Ce motif d'annulation implique nécessairement que le directeur général du CASH de Nanterre organise un nouvel entretien professionnel aux fins d'appréciation de la valeur professionnelle de Mme A au titre de l'année 2021. Il y a lieu d'enjoindre qu'il en soit fait ainsi dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais liés au litige :
9. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge du CASH de Nanterre une somme de 1 500 euros à verser à Mme A sur le fondement des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : Le compte rendu d'entretien professionnel de Mme A établi pour l'année 2021 est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au centre d'accueil et de soins hospitaliers de Nanterre de procéder à un nouvel entretien professionnel aux fins d'appréciation de la valeur professionnelle de Mme A au titre de l'année 2021, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : Le centre d'accueil et de soins hospitaliers de Nanterre versera à Mme A une somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au centre d'accueil et de soins hospitaliers de Nanterre.
Délibéré après l'audience du 10 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Le Griel, présidente ;
M. Jacquelin, premier conseiller ;
Mme Fabas, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 septembre 2024.
Le rapporteur,
signé
G. Jacquelin
La présidente,
signé
H. Le Griel
La greffière,
signé
H. Mofid
La République mande et ordonne à la ministre de la santé et de l'accès aux soins en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour ampliation, la greffière.
N°2208139
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026