vendredi 16 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2208331 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | PLACE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés les 13 mai, 24 juin 2022, et le 12 septembre 2023, la SAS Saint Georges, représentée par Me Place, avocat, demande au Tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté n° 2022-314, en date du 5 avril 2022, par lequel le préfet du Val-d'Oise a prononcé la fermeture administrative de l'établissement qu'elle exploite sous l'enseigne " La caverne ", pour une durée de 15 jours ;
2°) de condamner l'État à lui verser la somme de 27 000 euros en réparation du préjudice résultant de la fermeture administrative de son établissement.
La SAS Saint Georges soutient que l'arrêté attaqué :
- est entaché d'une motivation insuffisante et erronée ;
- est entaché d'erreurs de fait, dès lors qu'ayant été en constituée en 2017 elle ne peut avoir fait l'objet d'un précédent contrôle en 2011, que le contrôle a eu lieu le 10 janvier 2022 et non le 13 décembre 2021, et qu'elle emploie sept et non cinq salariés ;
- est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation quant à l'existence d'un trouble à l'ordre public ;
- prononce une mesure de fermeture administrative manifestement disproportionnée ;
- est à l'origine d'un préjudice financier de 27 000 euros.
Par des mémoires en défense enregistrés les 12 octobre 2022 et 9 octobre 2023, le préfet du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête.
Le préfet du Val-d'Oise fait valoir que :
- les conclusions indemnitaires présentées par la SAS Saint Georges sont irrecevables faute pour la SAS Saint Georges d'avoir présenté une demande indemnitaire préalable ;
- les moyens invoqués par la SAS Saint Georges ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code du travail ;
- loi n° 2011-672 du 16 juin 2011 relative à l'immigration, à l'intégration et à la nationalité ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Villette, conseiller ;
- et les conclusions de M. Prost, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. La SAS Saint Georges exploite depuis 2018, sous l'enseigne " La Caverne " à Pontoise, un établissement ayant une activité de restauration traditionnelle et de pizzeria. Au cours d'un contrôle, effectué le 10 janvier 2022, les services de polices, assistés d'inspecteurs de l'URSAFF, ont constaté l'emploi par cet établissement de deux salariés étrangers ne disposant d'aucun document les autorisant à travailler sur le territoire français. Par un arrêté du n° 2022-314, en date du 5 avril 2022, le préfet du Val-d'Oise a prononcé, sur le fondement de l'article L. 8272-2 du code du travail, la fermeture administrative de cet établissement pour une durée de quinze jours. La SAS Saint Georges demande au Tribunal de prononcer l'annulation de cet arrêté et de condamner l'État à lui verser 27 000 eu réparation du préjudice subi.
Sur les conclusions indemnitaires :
2. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision () Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle. ". La condition tenant à l'existence d'une décision de l'administration doit être regardée comme remplie si, à la date à laquelle le juge statue, l'administration a pris une décision, expresse ou implicite, sur une demande formée devant elle, régularisant ce faisant la requête.
3. En dépit de la fin de non-recevoir opposée en défense par le préfet du Val-d'Oise, la SAS Saint Georges ne justifie ni d'une décision refusant de lui verser la somme de 27 000 euros en réparation des préjudices qu'elle estime avoir subis, ni de la preuve de dépôt d'une demande tendant à la réparation de ces préjudices. Par suite, en l'absence de liaison du contentieux, les conclusions indemnitaires présentées par la SAS Saint Georges sont irrecevables et doivent être rejetées.
Sur les conclusions aux fins d'annulation et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête :
4. Aux termes de l'article L. 8211-1 du code du travail : " Sont constitutives de travail illégal, dans les conditions prévues par le présent livre, les infractions suivantes : () 4° Emploi d'étranger non autorisé à travailler () ". Aux termes de l'article L. 8272-2 du code du même code, issu de l'article 86 de la loi n° 2011-672 du 16 juin 2011 relative à l'immigration, à l'intégration et à la nationalité : " Lorsque l'autorité administrative a connaissance d'un procès-verbal relevant une infraction prévue aux 1° à 4° de l'article L. 8211-1 ou d'un rapport établi par l'un des agents de contrôle mentionnés à l'article L. 8271-1-2 constatant un manquement prévu aux mêmes 1° à 4°, elle peut, si la proportion de salariés concernés le justifie, eu égard à la répétition ou à la gravité des faits constatés, ordonner par décision motivée la fermeture de l'établissement ayant servi à commettre l'infraction, à titre temporaire et pour une durée ne pouvant excéder trois mois () ".
5. Il résulte de ces dispositions que la mise en œuvre de la sanction administrative de fermeture d'un établissement qu'elles prévoient est conditionnée par la réunion de trois conditions cumulatives, tirées de la répétition des infractions dans le temps, de la gravité des faits et de la proportion des salariés concernés. Il ressort, d'ailleurs, des travaux parlementaires de la loi n° 2011-672 du 16 juin 2011 relative à l'immigration, à l'intégration et à la nationalité que le législateur a entendu exclure que la sanction administrative de fermeture d'un établissement puisse être prise lors d'un premier constat d'emploi illégal ou, en cas de récidive, lorsque l'infraction aura, à chaque fois, porté sur un très petit nombre de salariés.
6. Il ressort des termes l'arrêté attaqué que pour prononcer la fermeture administrative pour une durée de quinze jours de l'établissement " La Caverne ", exploité par la SAS Saint Georges, le préfet du Val-d'Oise s'est fondé sur la circonstance que des faits de travail illégal avaient été constatés au sein de la société Saint Georges, par les services de police, dans le cadre d'une précédente procédure, en 2011. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que la société requérante a été immatriculée au registre du commerce et des sociétés le 9 juin 2017 et qu'elle exploite l'établissement " La Caverne " depuis le 27 avril 2018, et ne peut donc avoir fait l'objet d'une précédente procédure en 2011. Dans ces conditions, alors que les manquements imputables au précédent exploitant de l'établissement ne sauraient fonder la sanction appliquée à l'intéressée, la SAS Saint Georges est fondé à soutenir que l'arrêté attaqué est entaché d'une erreur de fait de nature à justifier son annulation.
7. Il résulte de ce qui précède que l'arrêté attaqué doit être annulé.
D É C I D E :
Article 1er : L'arrêté n° 2022-314, en date du 5 avril 2022, par lequel le préfet du Val-d'Oise a prononcé la fermeture administrative de l'établissement exploité par la SAS Saint Georges sous l'enseigne " La Caverne ", pour une durée de 15 jours, est annulé.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de la SAS Saint Georges est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la SAS Saint Georges et au préfet du Val-d'Oise.
Délibéré après l'audience du 22 janvier 2024, à laquelle siégeaient :
M. Kelfani, président, Mme Louazel, conseillère, et M. Villette, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 février 2024.
Le rapporteur,
signé
G. VILLETTE
Le président,
signé
K. KELFANI
Le greffier,
signé
D. HAUDE
La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026