jeudi 18 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2208385 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP SARTORIO LONQUEUE SAGALOVITSCH & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et trois mémoires, enregistrés les 3 juin 2022, 27 février 2023, 6 avril 2023, 4 mai 2023, et un mémoire récapitulatif produit en application de l'article R. 611-8-1, enregistré le 16 juin 2023, ainsi qu'un mémoire enregistré le 28 juin 2024, Mme C B épouse A, représentée par Me Jobelot, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 6 avril 2022 par lequel le maire de la commune d'Issy-les-Moulineaux a délivré à la SCI 18 AF un permis de construire en vue de la réhabilitation de deux pavillons situés au 15 rue Danton à Issy-les-Moulineaux ;
2°) de rejeter les demandes de la commune d'Issy-les-Moulineaux et de la SCI 18 AF ;
3°) de mettre à la charge de la commune d'Issy-les-Moulineaux et de la SCI 18 AF la somme de 3 000 euros, chacune, au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- son recours n'est pas tardif ;
- elle a intérêt à agir ;
- le maire de la commune d'Issy-les-Moulineaux a commis une erreur de droit en ne rejetant pas la demande de permis de construire qui ne portait pas sur la régularisation des constructions existantes qui n'ont jamais été autorisées ;
- le dossier de permis de construire est incomplet ;
- le projet méconnaît l'article R. 431-21 du code de l'urbanisme ;
- le projet méconnaît l'article UE 3.1 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune d'Issy-les-Moulineaux ;
- le projet méconnaît l'article UE 3.2 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune d'Issy-les-Moulineaux ;
- il méconnaît l'article UE 4 de ce règlement ;
- il méconnaît l'article UE 6 de ce règlement ;
- il méconnaît l'article UE 7 de ce règlement ;
- il méconnaît l'article UE 9 de ce règlement ;
- il méconnaît l'article UE 11 de ce règlement ;
- il méconnaît l'article UE 12 de ce règlement ;
- il méconnaît l'article UE 13 de ce règlement.
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 11 janvier 2023 et 6 avril 2023, et un mémoire récapitulatif produit en application de l'article R. 611-8-1, enregistré le 16 juin 2023, ainsi qu'un mémoire enregistré le 31 mai 2024, la commune d'Issy-les-Moulineaux, représentée par Me Rivoire, conclut au rejet de la requête, et, à ce que soit mise à la charge de Mme B épouse A, la somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête n'est pas recevable, faute pour Mme B épouse A de produire un titre établissant qu'elle est propriétaire du bien situé au 15 bis rue Danton à Issy-les-Moulineaux ;
- les moyens invoqués par la requérante ne sont pas fondés.
Par trois mémoires en défense, enregistrés les 3 mars 2023, 7 avril 2023, 4 mai 2023 et un mémoire récapitulatif produit en application de l'article R. 611-8-1, enregistré le 22 juin 2023, ainsi qu'un mémoire enregistré le 30 mai 2024, la société civile immobilière 18 AF, représentée par Me Robert-Védie conclut au rejet de la requête, à ce qu'il soit sursis à statuer en application des dispositions de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme dans l'attente de la régularisation du permis de construire litigieux ou procédé à une annulation partielle en application des dispositions de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme et, en tout état de cause, à ce que soit mise à la charge de Mme B épouse A la somme de 5 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête n'est pas recevable, en l'absence de qualité donnant intérêt à agir à Mme B épouse A et de titre justifiant qu'elle occupe régulièrement le bien situé au 15 bis rue Danton à Issy-les-Moulineaux ;
- les moyens nouveaux invoqués par la requérante dans son mémoire en réplique du 6 avril 2023 sont irrecevables ;
- les moyens invoqués par la requérante ne sont pas fondés.
Par un courrier en date 10 novembre 2023, la commune d'Issy-les-Moulineaux et la SCI 18 AF ont été invitées, en application des dispositions de l'article R. 613-1-1 du code de justice administrative, à produire, l'autorisation d'urbanisme lisible de juin 1960 par laquelle le préfet de la Seine a autorisé la construction d'un groupe de huit boxes de garage automobile et d'un étage d'habitation sur un terrain situé 15, rue Danton à Issy-les-Moulineaux.
En réponse, la SCI 18 AF a transmis le 24 novembre 2023 les plans de la construction située sur la parcelle T 289 datés de juin 1960 et la fiche de visite, non datée, des services de la préfecture de la Seine ; l'ensemble de ces pièces ont été communiquées.
En réponse, la commune d'Issy-les-Moulineaux a indiqué, par un courrier du 27 novembre 2023, ne pas être en possession des documents sollicités ; cette lettre n'a pas été communiquée.
Par un courrier en date 10 juin 2024, la commune d'Issy-les-Moulineaux et la SCI 18 AF ont été invitées, à produire, tout élément de nature à démontrer que la construction située sur la parcelle T 290 a été édifiée dans les années 1920.
En réponse, la SCI 18 AF a transmis le 24 juin 2024, des extraits du plan cadastral édité en 1947 et des photographies réalisées par l'institut national de l'information géographique en 1921 ; l'ensemble de ces pièces ont été communiquées.
Par une ordonnance du 1er juillet 2024, la clôture d'instruction a été fixé au 5 juillet 2024 à 8h.
Un mémoire présenté pour la commune d'Issy-les-Moulineaux a été enregistré le 4 juillet 2024.
Un mémoire présenté pour la SCI 18 AF a été enregistré le 4 juillet 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme L'Hermine, conseillère ;
- les conclusions de M. Gabarda, rapporteur public ;
- les observations de Me Drouet, avocat de Mme B épouse A ;
- les observations de Me Santangelo, avocate de la commune d'Issy-les-Moulineaux ;
- et les observations de Me Robert-Védie, avocate de la SCI 18 AF.
Considérant ce qui suit :
1. Le 6 avril 2022, la SCI 18 AF a obtenu un permis de construire en vue de la réhabilitation des deux pavillons existants sur les parcelles T 289 et T 290 situées au 15 rue Danton à Issy-les-Moulineaux et la création de trois logements. Mme B épouse A, demande au tribunal d'annuler cet arrêté.
Sur les fins de non-recevoir :
2. Aux termes de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme dispose que : " Une personne autre que l'État, les collectivités territoriales ou leurs groupements ou une association n'est recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre une décision relative à l'occupation ou à l'utilisation du sol régie par le présent code que si la construction, l'aménagement ou le projet autorisé sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient ou occupe régulièrement ou pour lequel elle bénéficie d'une promesse de vente, de bail, ou d'un contrat préliminaire mentionné à l'article L. 261-15 du code de la construction et de l'habitation ".
En ce qui concerne la fin de non-recevoir tirée du défaut de production du titre établissant le caractère régulier de l'occupation de son bien par Mme B épouse A :
3. Aux termes de l'article R. 600-4 du code de l'urbanisme : " Les requêtes dirigées contre une décision relative à l'occupation ou l'utilisation du sol régie par le présent code doivent, à peine d'irrecevabilité, être accompagnées du titre de propriété, de la promesse de vente, du bail, du contrat préliminaire mentionné à l' article L. 261-15 du code de la construction et de l'habitation , du contrat de bail, ou de tout autre acte de nature à établir le caractère régulier de l'occupation ou de la détention de son bien par le requérant. () ".
4. Il ressort des pièces du dossier et plus particulièrement de l'attestation notariale du 17 février 2023 que Mme B épouse A est propriétaire du bien immobilier situé sur la parcelle cadastrée section T numéro 79 au 15 bis rue Danton à la suite d'une donation en ce sens, le 15 novembre 2002. Par suite, Mme B épouse A justifie d'un titre établissant le caractère régulier de l'occupation de son bien. La fin de non-recevoir opposée en défense ne peut donc qu'être écartée.
En ce qui concerne la fin de non-recevoir tirée du défaut d'intérêt à agir de Mme B épouse A :
5. Il résulte de ces dispositions précitées de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme qu'il appartient à tout requérant qui saisit le juge administratif d'un recours pour excès de pouvoir tendant à l'annulation d'un permis de construire, de démolir ou d'aménager, de préciser l'atteinte qu'il invoque pour justifier d'un intérêt lui donnant qualité pour agir, en faisant état de tous éléments suffisamment précis et étayés de nature à établir que cette atteinte est susceptible d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de son bien. Il appartient au défendeur, s'il entend contester l'intérêt à agir du requérant, d'apporter tous éléments de nature à établir que les atteintes alléguées sont dépourvues de réalité. Le juge de l'excès de pouvoir apprécie la recevabilité de la requête au vu des éléments ainsi versés au dossier par les parties en écartant, le cas échéant, les allégations qu'il jugerait insuffisamment étayées mais sans pour autant exiger de l'auteur du recours qu'il apporte la preuve du caractère certain des atteintes qu'il invoque au soutien de la recevabilité de celui-ci.
6. Mme B épouse A fait valoir qu'elle sera nécessairement exposée, du fait du projet qu'elle conteste, à des nuisances sonores et visuelles en raison de la réhabilitation de la construction située sur la parcelle T 290 et implantée en limite séparative de la parcelle sur laquelle se trouve sa maison d'habitation ainsi qu'à une perte d'ensoleillement en raison de la surélévation de cette construction à une hauteur de plus dix mètres. En défense, la société 18 AF se borne à soutenir que les travaux de réhabilitation, de faible ampleur, apportent une nette amélioration par rapport à l'existant et que la requérante n'établit pas la réalité de la perte d'ensoleillement qu'elle invoque. Il ressort des pièces du dossier que Mme B épouse A réside au 15 bis rue Danton dans une maison d'habitation située sur une parcelle contigüe au terrain d'assiette du projet qui consiste, notamment en la surélévation à une hauteur de dix mètres de la construction existant sur la parcelle T 290 située en limite séparative de sa parcelle. Dans ces conditions, le projet de construction autorisé doit être regardé comme de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de la maison d'habitation de la requérante. Par suite, la fin de non-recevoir opposée à Mme B épouse A par la société pétitionnaire doit être écartée.
Sur les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 6 avril 2022 :
En ce qui concerne l'absence de régularisation des constructions existantes sur le terrain d'assiette du projet :
7. Aux termes de l'article L. 421-9 du code de l'urbanisme : " Lorsqu'une construction est achevée depuis plus de dix ans, le refus de permis de construire ou la décision d'opposition à déclaration préalable ne peut être fondé sur l'irrégularité de la construction initiale au regard du droit de l'urbanisme. / Les dispositions du premier alinéa ne sont pas applicables : / () 5° Lorsque la construction a été réalisée sans qu'aucun permis de construire n'ait été obtenu alors que celui-ci était requis ; () ".
8. Lorsqu'une construction a fait l'objet de transformations sans les autorisations d'urbanisme requises, il appartient au propriétaire qui envisage d'y faire de nouveaux travaux de déposer une déclaration ou de présenter une demande de permis portant sur l'ensemble des éléments de la construction qui ont eu ou auront pour effet de modifier le bâtiment tel qu'il avait été initialement approuvé ou de changer sa destination. Il en va ainsi même dans le cas où les éléments de construction résultant de ces travaux ne prennent pas directement appui sur une partie de l'édifice réalisée sans autorisation. Dans l'hypothèse où l'autorité administrative est saisie d'une demande qui ne satisfait pas à cette exigence, elle doit inviter son auteur à présenter une demande portant sur l'ensemble des éléments devant être soumis à son autorisation. Cette invitation, qui a pour seul objet d'informer le pétitionnaire de la procédure à suivre s'il entend poursuivre son projet, n'a pas à précéder le refus que l'administration doit opposer à une demande portant sur les seuls nouveaux travaux envisagés.
9. Il appartient à l'administration de statuer au vu de l'ensemble des pièces du dossier, en tenant compte, le cas échéant, de l'application des dispositions de l'article L. 421-9 du code de l'urbanisme emportant régularisation des travaux réalisés depuis plus de dix ans. Il résulte de ces dispositions que peuvent bénéficier de la prescription administrative définie par cet article les travaux réalisés, depuis plus de dix ans, lors de la construction primitive ou à l'occasion des modifications apportées à celle-ci, sous réserve qu'ils n'aient pas été réalisés sans permis de construire alors que celui-ci était requis en vertu des prescriptions légales alors applicables. Peuvent donc bénéficier de cette prescription les travaux réalisés sans déclaration préalable alors que celle-ci était requise.
10. D'une part, la société pétitionnaire justifie d'un permis de construire du 18 mars 1960 portant sur la création de huit garages individuels et d'un appartement à l'étage de la construction sur la parcelle T 289. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que, depuis cette date, la façade de cette construction a été modifiée et que certains garages ont changé de destination. La SCI 18 AF ne justifie ni d'une autorisation d'urbanisme pour ces travaux, ni qu'une telle autorisation n'était pas requise à la date de leur réalisation. Dans ces conditions, il appartenait à la SCI 18 AF de présenter une demande d'autorisation d'urbanisme portant sur l'ensemble des éléments de construction à régulariser et non sur les seuls travaux mentionnés dans son dossier de permis de construire. Par suite, Mme B épouse A est fondée à soutenir que le maire d'Issy-les-Moulineaux aurait dû s'opposer à la demande de permis de construire déposée par la SCI 18 AF.
11. D'autre part, si la société pétitionnaire fait valoir que la construction existante sur la parcelle T 290 a été créée en 1920 antérieurement à la loi du 15 juin 1943 instaurant le permis de construire, elle n'établit pas, par les éléments qu'elle produit, de la réalité de ses allégations. Il ne ressort pas des pièces du dossier, et il n'est d'ailleurs pas même allégué, qu'une demande de permis visant à régulariser cette construction sans autorisation aurait été présentée antérieurement au dépôt de la demande de la SCI 18 AF qui ne porte pas davantage sur la régularisation de cette construction. Dans ces conditions, le maire d'Issy-les-Moulineaux aurait dû rejeter la demande de permis de construire déposée par la SCI 18 AF en vue de la surélévation de la construction. Par suite, le moyen est fondé.
En ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UE 11 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune d'Issy-les-Moulineaux :
12. Aux termes de l'article 11.3.8 des dispositions générales du règlement du plan local d'urbanisme de la commune d'Issy-les-Moulineaux relatives aux façades auxquelles renvoie l'article UE 11 de ce même règlement : " 60 % au moins de la surface des garde-corps des balcons et terrasses à usage d'habitation devra être opaque ".
13. Il ressort de la notice architecturale et des documents graphiques relatifs à l'insertion paysagère du projet que les garde-corps des balcons et terrasses seront composés de métal déployé, particulièrement ajouré et présenteront ainsi de multiples ouvertures laissant passer la lumière. Dans ces conditions, les matériaux utilisés pour réaliser les garde-corps ne peuvent être regardés comme opaques. Ainsi, Mme B épouse A est fondée à soutenir que le projet méconnaît l'article UE 11 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune d'Issy-les-Moulineaux.
14. Pour l'application des dispositions de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, aucun autre moyen n'apparaît en l'état de l'instruction susceptible de fonder l'annulation de la décision attaquée.
Sur l'application des articles L. 600-5 et L. 600-5-1 du code de justice administrative :
15. Aux termes de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5-1, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou contre une décision de non-opposition à déclaration préalable, estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice n'affectant qu'une partie du projet peut être régularisé, limite à cette partie la portée de l'annulation qu'il prononce et, le cas échéant, fixe le délai dans lequel le titulaire de l'autorisation pourra en demander la régularisation, même après l'achèvement des travaux. Le refus par le juge de faire droit à une demande d'annulation partielle est motivé ". Aux termes de l'article L. 600-5-1 du même code : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou contre une décision de non-opposition à déclaration préalable estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice entraînant l'illégalité de cet acte est susceptible d'être régularisé, sursoit à statuer, après avoir invité les parties à présenter leurs observations, jusqu'à l'expiration du délai qu'il fixe pour cette régularisation, même après l'achèvement des travaux. Si une mesure de régularisation est notifiée dans ce délai au juge, celui-ci statue après avoir invité les parties à présenter leurs observations. Le refus par le juge de faire droit à une demande de sursis à statuer est motivé ".
16. Pour l'application de ces dispositions, un vice entachant le bien-fondé de l'autorisation d'urbanisme est susceptible d'être régularisé, même si cette régularisation implique de revoir l'économie générale du projet en cause, dès lors que les règles d'urbanisme en vigueur à la date à laquelle le juge statue permettent une mesure de régularisation qui n'implique pas d'apporter à ce projet un bouleversement tel qu'il en changerait la nature même.
17. Toutefois, lorsque l'autorité administrative, saisie dans les conditions mentionnées au point 8 d'une demande ne portant pas sur l'ensemble des éléments qui devaient lui être soumis, a illégalement accordé l'autorisation de construire qui lui était demandée au lieu de refuser de la délivrer et de se borner à inviter le pétitionnaire à présenter une nouvelle demande portant sur l'ensemble des éléments ayant modifié ou modifiant la construction par rapport à ce qui avait été initialement autorisé, cette illégalité ne peut être regardée comme un vice susceptible de faire l'objet d'une mesure de régularisation en application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme ou d'une annulation partielle en application de l'article L. 600-5 du même code.
18. Ainsi qu'il a été dit aux points 10 et 11, le bâtiment existant sur la parcelle T 289 a fait l'objet de modifications qui n'ont pas été autorisées et, celui situé sur la parcelle T 290 a été construit sans autorisation. Il appartenait dès lors à la SCI 18 AF de présenter une demande d'autorisation d'urbanisme portant sur ces deux constructions à régulariser et non sur les seuls travaux mentionnés dans son dossier de permis de construire. Dans ces conditions, le vice relevé aux points 10 et 11 nécessite de revoir la nature même du projet. Ce motif d'annulation n'est donc pas susceptible de faire l'objet d'une mesure de régularisation en application des articles L. 600-5 ou L. 600-5-1 du code de l'urbanisme.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
19. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la requérante, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que la commune d'Issy-les-Moulineaux et la SCI 18 AF demandent au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. En revanche, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune d'Issy-les-Moulineaux, au titre des mêmes dispositions, une somme de 2 000 euros à verser à Mme B épouse A.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 6 avril 2022 du maire de la commune d'Issy-les-Moulineaux accordant un permis de construire à la SCI 18 AF est annulé.
Article 2 : La commune d'Issy-les-Moulineaux versera, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, une somme de 2 000 euros à Mme B épouse A.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Les conclusions de la commune d'Issy-les-Moulineaux présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 5 : Les conclusions de la SCI 18 AF présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B épouse A, à la commune d'Issy-les-Moulineaux et à la société civile immobilière 18 AF.
Copie en sera adressée au procureur de la République près le tribunal judiciaire de Nanterre, en application de l'article R. 751-10 du code de justice administrative.
Délibéré après l'audience du 5 juillet 2024, à laquelle siégeaient :
- M. Buisson, président ;
- M. Ausseil, conseiller ;
- Mme L'Hermine, conseillère ;
assistés de Mme Duroux, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 juillet 2024.
La rapporteure,
signé
M. L'HermineLe président,
signé
L. Buisson
La greffière,
signé
C. Duroux
La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2208385
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026