mardi 5 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2208511 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | CABINET ABSIL CARMINATI TRAN TERMEAU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 15 juin 2022, M. B, représenté par Me Calvo Pardo, demande au tribunal
1°) d'annuler les arrêtés du 13 juin 2022 par lesquels le préfet de police de Paris l'a obligé à quitter le territoire français, a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire, a fixé le pays de renvoi et lui a interdit de retourner sur le territoire français pendant une durée de 36 mois en l'informant du signalement de cette interdiction dans le système d'information Schengen ;
2°) d'enjoindre au préfet de procéder au réexamen de sa situation et, dans l'attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1500 euros à lui verser au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- cette décision est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'erreurs de fait ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il n'a pu régulariser sa situation administrative en raison des défaillances du système de prise de rendez-vous sur internet ;
- elle méconnait l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision en litige méconnait le principe de séparation des autorités administratives et judiciaires et porte atteinte à la présomption d'innocence en tant qu'elle l'empêche de se présenter à la convocation qui lui a été faite le 13 décembre 2022 à l'audience correctionnelle devant examiner les faits pour lesquels il a été arrêté ;
- elle contrevient à l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
Sur la décision refusant un délai de départ volontaire :
- cette décision est entachée d'erreur manifeste d'appréciation du risque de fuite, lequel n'est pas établi ;
- cette décision fait obstacle à ce qu'il puisse présenter sa défense lors de l'audience correctionnelle du 13 décembre 2022 ;
Sur la décision interdisant le retour pendant une durée d'un an :
- cette décision est insuffisamment motivée ;
- elle procède d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- elle méconnait le droit d'être entendu qui figure parmi les principes fondamentaux de l'Union européenne ;
- elle méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 juin 2022, le préfet de police de Paris, représenté par Me Thermeau, conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a désigné Mme D conformément à l'article R. 776-13-3 du code de justice administrative, pour statuer en qualité de juge du contentieux de l'éloignement sur les requêtes instruites selon les dispositions de l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Charlery, magistrate désignée, a été entendu au cours de l'audience publique du 4 juillet 2022, les parties n'étant ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant tunisien né le 1er février 1984, entré sur le territoire français en 2014, selon ses déclarations, a été arrêté par les services de police, le 12 juin 2022 pour les faits de détention d'un faux permis de conduire italien, conduite en état d'ivresse et refus d'obtempérer, puis placé, le 14 juin 2022 sous contrôle judiciaire dans l'attente de son jugement, le 13 décembre 2022, par le tribunal correctionnel de Paris. Par deux arrêtés du 13 juin 2022, dont l'intéressé demande l'annulation, le préfet de police de Paris a obligé M. B à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il devrait être renvoyé et lui a interdit de retourner sur le territoire français pendant une durée de trente-six mois.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français:
2. En premier lieu, aux termes des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration, les mesures de police doivent être motivées et " comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ". Selon le premier alinéa de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. ".
3. La décision obligeant M. B à quitter le territoire français mentionne les dispositions sur lesquelles elle se fonde, particulièrement le 1° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et indique les considérations de fait qui ont conduit à son édiction, notamment que l'intéressé est dépourvu de document de voyage et ne peut justifier être entré régulièrement en France. Elle précise également qu'il n'est pas porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale, l'intéressé déclarant être célibataire et sans enfant. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de la décision en litige doit être écarté.
4. En deuxième lieu, M. B soutient que la décision en litige est entachée d'erreurs de fait pour avoir mentionné, d'une part, qu'il était dépourvu de document de voyage, alors qu'il détient un passeport valable jusqu'au 17 octobre 2022, d'autre part, qu'il est entré en France irrégulièrement quand il bénéficie d'un titre de séjour italien et, enfin, qu'il ne justifierait pas d'une résidence effective alors qu'il est locataire d'un appartement à Chaville. Cependant, si M. B produit, pour justifier son entrée régulière sur le territoire en 2014, un récépissé contre remise de documents d'identité établi le 13 juin 2022 par la préfecture de police de Paris, qui fait mention d'un titre de séjour italien valable du 8 octobre 2021 au 8 octobre 2022, un tel document ne saurait faire regarder comme régulière la venue en France de l'intéressé en 2014. Par ailleurs, la circonstance que l'arrêté en litige relève faussement que le requérant est dépourvu de tout document de voyage et ne justifie pas d'une résidence effective, alors qu'il est titulaire d'un passeport valable jusqu'au 17 octobre 2022 et qu'il établit être locataire d'un appartement depuis le 3 mai 2022, est inopérante à l'encontre de l'obligation de quitter le territoire français en tant qu'elle se rapporte à la caractérisation du risque de fuite motivant la décision d'accorder ou non un délai de départ volontaire. En tout état de cause, le refus d'accorder un délai de départ volontaire a été également pris au motif d'un comportement caractérisant une menace à l'ordre public et d'un risque de fuite établi par une entrée irrégulière en France et l'absence de régularisation de la situation au regard du droit au séjour, qui pouvaient seuls justifier cette décision en application du 1° des articles L. 612-2 et 3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il suit de là que le moyen tiré de l'erreur de fait ne peut être accueilli.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité ; () "
6. M. B fait valoir que la décision attaquée procède d'une erreur manifeste d'appréciation et méconnait ces dispositions, dès lors que les dysfonctionnements du système informatique de prise de rendez-vous en préfecture l'ont empêché de procéder à la régularisation de sa situation, alors qu'il travaille et réside en France depuis 2014. Néanmoins, M. B ne justifie ses allégations quant à l'empêchement qu'il allègue, résultant des dysfonctionnements de la plate-forme de délivrance des rendez-vous en préfecture, par aucune pièce telles que des captures d'écran illustrant des tentatives infructueuses de connexion au site internet de la préfecture. Au demeurant, il ressort des pièces du dossier que M. B n'a engagé aucune démarche de régularisation de sa situation, ainsi qu'en témoignent ses déclarations reprises à travers le procès-verbal établi 13 juin 2022 par les services de police, produit par le préfet de police de Paris, faisant état de l'absence de démarches entreprises en vue d'une régularisation. La circonstance qu'il travaille depuis 2014 et dispose d'un logement ne saurait par ailleurs conférer à l'intéressé un droit quelconque à la délivrance d'un titre de séjour. Dans ces conditions, les moyens invoqués ne peuvent qu'être écartés.
7. En quatrième lieu, M. B soutient que la décision en litige méconnait le principe de séparation des autorités administratives et judiciaires en l'empêchant d'être présent à l'audience correctionnelle du 13 décembre 2022 au cours de laquelle il doit être jugé et porte atteinte à la présomption d'innocence en anticipant une condamnation sans lui permettre de se défendre. Toutefois, d'une part, la décision attaquée ne fait obstacle ni à la représentation du requérant par un mandataire de justice à l'audience du 13 décembre 2022, ni à ce que ce dernier sollicite un visa lui permettant de séjourner en France pour les besoins de la procédure judiciaire. A cet égard, le droit à un recours effectif protégé par l'article 13 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales n'implique pas que l'étranger qui fait l'objet d'une mesure d'éloignement puisse se maintenir sur le territoire français jusqu'à l'issue d'une procédure judiciaire en cours, dès lors qu'il est à même de faire valoir utilement l'ensemble de ses arguments dans le cadre d'une procédure écrite, et le cas échéant, de se faire représenter à l'audience. D'autre part, la décision en litige ne constituant pas une sanction ayant le caractère d'une punition, mais une mesure de police administrative tendant à assurer le maintien de l'ordre public et de la sécurité ou, le cas échéant, la prévention des infractions, il ne peut être utilement invoqué à l'encontre de cette mesure le principe de la présomption d'innocence garanti notamment par l'article 6 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et par l'article 9-1 du code civil. Il suit de là que les moyens invoqués ne peuvent qu'être écartés.
8. En cinquième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance () "
9. M. B fait valoir qu'il réside en France depuis 2014 et qu'il y travaille. Cependant, il est constant que le requérant est célibataire et sans enfant et se maintient sur le territoire en situation irrégulière. Il ressort également des pièces du dossier qu'il est en possession d'un titre de séjour italien valable jusqu'au 8 octobre 2022. Il n'allègue pas, par ailleurs, être dépourvu de toute attache familiale dans son pays d'origine où il a vécu jusqu'à l'âge de trente ans. Il suit de là que la décision en litige n'a pas porté au droit dont le requérant dispose au respect de sa vie personnelle et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux buts en vue desquels elle a été prise et n'a, ainsi, pas méconnu les stipulations précitées. Par suite, le moyen ne peut qu'être écarté.
En ce qui concerne la décision refusant un délai de départ volontaire :
10. En premier lieu, aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet." Et, aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; () "
11. M. B fait valoir que le préfet de police de Paris ne pouvait lui refuser un délai de départ volontaire, dès lors qu'il dispose d'un logement, d'un passeport en cours de validité et d'un titre de séjour délivré par les autorités italiennes. Néanmoins, il ressort des mentions de la décision en litige que, pour motiver le refus d'accorder au requérant un délai de départ volontaire, le préfet de police de Paris s'est fondé sur la double circonstance que son comportement a été signalé par les services de police le 12 juin 2022 pour conduite en état d'ivresse et refus d'obtempérer, aggravé par la mise en danger de la vie d'autrui, et qu'il existe un risque de fuite caractérisé par l'entrée irrégulière de l'intéressé sur le territoire et l'absence de tentative de régularisation de sa situation au regard du droit au séjour. Dans ces conditions, le préfet de police de Paris pouvait légalement lui refuser un délai de départ volontaire.
12. En deuxième lieu, pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 7 du présent jugement, le moyen tiré de ce que la décision en litige fait obstacle à ce que le requérant puisse présenter sa défense lors de l'audience correctionnelle du 13 décembre 2022 ne peut qu'être écarté.
En ce qui concerne la décision fixant une interdiction de retour pour une durée de trente-six mois :
13. En premier lieu, aux termes des dispositions de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ". Et aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 () ". Il résulte de ces dispositions que, lorsque le préfet prend, à l'encontre d'un étranger, une décision portant obligation de quitter le territoire français ne comportant aucun délai de départ, ou lorsque l'étranger n'a pas respecté le délai qui lui était imparti pour satisfaire à cette obligation, il appartient au préfet d'assortir sa décision d'une interdiction de retour sur le territoire français, sauf dans le cas où des circonstances humanitaires y feraient obstacle. Seule la durée de cette interdiction de retour doit être appréciée au regard des quatre critères énumérés à l'article L. 612-10, à savoir la durée de la présence de l'étranger sur le territoire français, la nature et l'ancienneté de ses liens avec la France, l'existence ou non d'une précédente mesure d'éloignement et, le cas échéant, la menace pour l'ordre public que constitue sa présence sur le territoire.
14. D'une part, la décision en litige mentionne les articles L. 612-6 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et précise que le comportement du requérant caractérise une menace pour l'ordre public pour avoir été signalé par les services de police et qu'il ne peut se prévaloir de liens suffisamment anciens, forts et caractérisés avec la France. Cette décision est, ainsi, suffisamment motivée.
15. D'autre part, il ressort des motifs de l'arrêté attaqué que le préfet a pris la décision portant interdiction de retour sur le territoire français en considération, d'une part, de la menace pour l'ordre public que constitue le comportement du requérant et, d'autre part, de la nature et de l'ancienneté de ses liens sur le territoire. Eu égard à ces circonstances, et dès lors que M. B ne justifie d'aucune circonstance humanitaire, le préfet de police de Paris n'a pas commis d'erreur d'appréciation en interdisant à l'intéressé de revenir sur le territoire français et en portant cette interdiction à une durée de trente-six mois, sans qu'ait d'incidence la circonstance que le requérant ne pourra être présent à l'audience correctionnelle du 13 décembre 2022, pour les motifs énoncés au point 7 du présent jugement. Par suite, ce moyen doit être écarté.
16. En deuxième lieu, aux termes de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " 1. Toute personne a le droit de voir ses affaires traitées impartialement, équitablement et dans un délai raisonnable par les institutions, organes et organismes de l'Union. / 2. Ce droit comporte notamment : / a) le droit de toute personne d'être entendue avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre () ". Si les dispositions de l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ne sont pas en elles-mêmes invocables par un étranger faisant l'objet d'une mesure telle qu'une interdiction de retour sur le territoire français, celui-ci peut néanmoins utilement faire valoir que le principe général du droit de l'Union relatif au respect des droits de la défense imposait qu'il soit préalablement entendu et mis à même de présenter toute observation utile sur la mesure envisagée. Toutefois, une atteinte à ce droit n'est susceptible d'affecter la régularité de la procédure à l'issue de laquelle la décision défavorable est prise que si la personne concernée a été privée de la possibilité de présenter des éléments pertinents qui auraient pu influer sur le contenu de la décision, ce qu'il lui revient, le cas échéant, d'établir devant la juridiction saisie.
17. En l'espèce, contrairement à ce que soutient le requérant, celui-ci a pu être entendu, comme en témoigne le procès-verbal établi le 13 juin 2022 par les services de police, produit par le préfet de police de Paris, retraçant les déclarations de M. B, lequel, assisté d'une interprète en langue arabe, a pu exposer les éléments de sa situation personnelle relatifs aux conditions de son entrée en France, à sa situation professionnelle, à son lieu de résidence, à ses attaches personnelle sur le territoire, et à sa situation au regard du droit au séjour. Il a, par ailleurs, été invité à s'exprimer sur la perspective que soit prise à son encontre une décision d'éloignement, ainsi que sur le pays à destination duquel il pourrait être renvoyé. M. B, qui se borne à invoquer la méconnaissance du droit d'être entendu, sans préciser les éléments qu'il aurait souhaité communiquer aux services préfectoraux et qui auraient été susceptibles d'avoir une incidence sur le sens de la décision, n'établit pas, ainsi, qu'il aurait été privé d'une garantie. Dans ces conditions, le moyen ne peut qu'être écarté.
18. En troisième lieu, pour les motifs énoncés au point 9 du présent jugement, la décision en litige ne porte pas au droit dont M. B dispose au respect de sa vie personnelle et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux buts en vue desquels elle a été prise, et ne méconnait pas, ainsi, les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
19. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête de M. B doivent être rejetées. Il en va de même, par voie de conséquence, de ses conclusions à fin d'injonction, ainsi que de celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet de police de Paris.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 juillet 2022.
La magistrate désignée,
Signé
C. D
Le greffier,
Signé
M. C
La République mande et ordonne au préfet de police de Paris en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026