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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2209037

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2209037

mercredi 20 juillet 2022

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2209037
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantMAILLET

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 23 juin et le 7 juillet 2022, M. B F, représenté par Me Maillet, avocat désigné d'office, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2)° d'annuler l'arrêté du 22 juin 2022 par lequel le préfet des Hauts-de-Seine lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai de trente jours, a fixé le pays de destination et lui a fait interdiction de retour pour une durée de trois ans.

3°) d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui délivrer un titre de séjour temporaire, à tout le moins de réexaminer sa situation, sous astreinte de 100 euros par jour de retard

4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros à verser à Me Maillet en application des dispositions combinées des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

S'agissant de la décision d'obligation de quitter le territoire :

- elle a été signée par une autorité incompétente ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est illégale en raison de l'illégalité de la procédure dès lors que le préfet ne justifie pas d'une autorisation de consultation de ses antécédents judiciaires ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît les dispositions des articles L.423-22 et L.435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

S'agissant de la décision de refus de départ volontaire :

- elle a été signée par une autorité incompétente ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'une erreur de droit ;

- elle méconnait la directive " retour " dès lors que les articles L. 612-2 et

L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile instituent une présomption de fuite ;

S'agissant de la décision portant interdiction de retour :

- elle est illégale car fondée sur une décision portant obligation de quitter le territoire elle-même illégale ;

- elle est entachée d'un défaut de motivation ;

- elle méconnaît les articles L.612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des critères qui doivent guider cette décision.

Par un mémoire en défense, enregistré le 11 juillet 2022, le préfet des

Hauts-de-Seine conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a désigné Mme D pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Chabrol, magistrate désignée,

- les observations de Me Maillet, avocat désigné d'office, représentant

M. F, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens ;

- les observations de M. F assisté de Mme E interprète en langue arabe ;

- le préfet des Hauts-de-Seine n'étant ni présent ni représenté.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. F, ressortissant algérien né le 20 janvier 2004, déclare être entré en France en 2019. Par un arrêté du 22 juin 2022, dont M. F demande l'annulation, le préfet des Hauts-de-Seine l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être reconduit d'office et lui a fait interdiction de retour pour une durée de trois ans.

Sur les conclusions tendant à l'admission provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'appréciation des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ". Aux termes de l'article 62 du décret du 19 décembre 1991 : " L'admission provisoire peut être prononcée d'office si l'intéressé a formé une demande d'aide juridictionnelle sur laquelle il n'a pas encore été définitivement statué ".

3. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce et eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de M. F de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne les moyens dirigés contre l'arrêté pris dans son ensemble :

4. En premier lieu, les décisions en litige ont été signées par M. A C, adjoint au chef du bureau des examens spécialisés et de l'éloignement de la préfecture des Hauts-de-Seine, qui avait reçu du préfet de ce département une délégation, par l'arrêté

n° 2022-057 du 1er juin 2022, régulièrement publié le 2 juin 2022 au recueil des actes administratifs de la préfecture, à l'effet de signer, notamment " les décisions d'obligation de quitter le territoire français assorties ou non d'un délai de départ volontaire et fixant le pays de renvoi () " mais aussi " les décisions d'interdiction de retour sur le territoire français ". Le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte doit ainsi être écarté.

5. En second lieu, les décisions litigieuses visent les textes dont il est fait application, exposent les circonstances de fait propres à la situation personnelle de

M. F, dont les éléments sur lesquels le préfet des Hauts-de-Seine s'est fondé pour l'obliger à quitter le territoire français, pour refuser de lui accorder un délai de départ volontaire, pour fixer le pays de renvoi, pour arrêter, dans son principe et dans sa durée, une décision d'interdiction de retour sur le territoire français. Dès lors, ces décisions comportent l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de chacune des décisions attaquées et permet ainsi au requérant d'en contester utilement le bien-fondé. Par suite, les moyens tirés de l'insuffisante motivation ne peuvent qu'être écartés.

En ce qui concerne les moyens dirigés contre la décision portant obligation de quitter le territoire français :

6. En premier lieu, M. F ne saurait utilement soutenir que le préfet a méconnu les dispositions de l'article R. 40-29 du code de procédure pénale relatif aux personnels et agents habilités à consulter le fichier du traitement d'antécédents judiciaires, dès lors qu'il ressort des pièces du dossier que, si le préfet a produit à l'appui de son mémoire en défense les antécédents judiciaires du requérant, l'arrêté attaqué, pour fonder le trouble à l'ordre public, vise uniquement le jugement du 23 mai 2022 du tribunal correctionnel de Nanterre qui l'a condamné à une peine de 6 mois d'emprisonnement tel qu'issu du bulletin

n° 2 de son casier judiciaire, dont l'accès est autorisé aux administrations publiques de l'Etat chargées de la police des étrangers en application de l'article R. 79 du même code.

7. En deuxième lieu, aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance.".

8. Le requérant fait valoir qu'il est entré en France encore mineur, à l'âge de 15 ans, qu'il a été pris en charge par le service de l'aide sociale à l'enfance et que s'il possède des attaches familiales en Algérie, le fait qu'il ait traversé seul la mer Méditerranée pour arriver en France interroge la qualité de ces liens. Toutefois, M. F demeure évasif sur la nature et la durée de la prise en charge dont il aurait bénéficié de la part des services de l'aide sociale à l'enfance. Au surplus, il ne justifie ni même n'allègue aucune insertion professionnelle et sociale et n'établit pas être dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine. Par suite, il n'est pas fondé à soutenir que le préfet aurait porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux buts en vue desquels il a pris l'arrêté attaqué. Le moyen tiré de ce que les stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales auraient été méconnues doit être écarté.

9. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 ". Aux termes de l'article L. 435-1 du code : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Lorsqu'elle envisage de refuser la demande d'admission exceptionnelle au séjour formée par un étranger qui justifie par tout moyen résider habituellement en France depuis plus de dix ans, l'autorité administrative est tenue de soumettre cette demande pour avis à la commission du titre de séjour prévue à l'article L. 432-14 ".

10. Lorsque la loi prescrit l'attribution de plein droit d'un titre de séjour à un étranger, cette circonstance fait obstacle à ce qu'il puisse légalement être l'objet d'une mesure d'obligation de quitter le territoire français. Tel n'est pas le cas de la mise en œuvre des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, lesquelles ne prescrivent pas la délivrance d'un titre de plein droit mais laissent à l'administration un large pouvoir pour apprécier si l'admission au séjour d'un étranger répond à des considérations humanitaires ou si elle se justifie au regard des motifs exceptionnels dont l'intéressé se prévaut. Le législateur n'a ainsi pas entendu imposer à l'administration d'examiner d'office si l'étranger remplit les conditions prévues par cet article ni, le cas échéant, de consulter d'office la commission du titre de séjour quand l'intéressé est susceptible de justifier d'une présence habituelle en France depuis plus de dix ans. Il en résulte qu'un étranger ne peut pas utilement invoquer le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 435-1 à l'encontre d'une obligation de quitter le territoire français alors qu'il n'avait pas présenté une demande de titre de séjour sur le fondement de cet article et que l'autorité compétente n'a pas procédé à un examen d'un éventuel droit au séjour à ce titre.

11. D'une part, si M. F fait valoir qu'il réside sur le territoire français depuis 2019, une telle circonstance n'est à elle seule pas de nature à démontrer qu'il y aurait fixé le centre de ses intérêts privés. Si l'intéressé évoque une prise en charge par le service de l'aide sociale à l'enfance (ASE), il ne produit aucune pièce à l'appui de telles allégations. Dans ces conditions, il n'est pas fondé à soutenir qu'il dispose en France de liens personnels et familiaux anciens et stables de nature à lui ouvrir droit à l'obtention d'un titre de séjour sur le fondement des dispositions précitées de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

12. D'autre part, M. F n'établit ni même n'allègue avoir demandé son admission exceptionnelle au séjour sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et il ressort des pièces du dossier et des mentions de l'arrêté attaqué que le préfet n'a pas examiné d'office s'il pouvait prétendre à un titre de séjour sur le fondement de ces dispositions, de sorte que ces dispositions ne peuvent être utilement invoquées. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.

En ce qui concerne les moyens portant refus d'octroi d'un délai de départ volontaire :

13. En premier lieu, l'erreur de droit n'est pas assortie de précision suffisante permettant d'en apprécier le bien-fondé, la jurisprudence citée à l'appui de ce moyen étant en tout état de cause inopérante car relative aux mesures d'expulsions.

14. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; / 2° L'étranger s'est vu refuser la délivrance ou le renouvellement de son titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de son autorisation provisoire de séjour au motif que sa demande était manifestement infondée ou frauduleuse ; / 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ". L'article L. 612-3 du code dispose que : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : / 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; / 2° L'étranger s'est maintenu sur le territoire français au-delà de la durée de validité de son visa ou, s'il n'est pas soumis à l'obligation du visa, à l'expiration d'un délai de trois mois à compter de son entrée en France, sans avoir sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; / 3° L'étranger s'est maintenu sur le territoire français plus d'un mois après l'expiration de son titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de son autorisation provisoire de séjour, sans en avoir demandé le renouvellement ; / 4° L'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français ; / 5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement ; / 6° L'étranger, entré irrégulièrement sur le territoire de l'un des États avec lesquels s'applique l'acquis de Schengen, fait l'objet d'une décision d'éloignement exécutoire prise par l'un des États ou s'est maintenu sur le territoire d'un de ces États sans justifier d'un droit de séjour ; / 7° L'étranger a contrefait, falsifié ou établi sous un autre nom que le sien un titre de séjour ou un document d'identité ou de voyage ou a fait usage d'un tel titre ou document ; / 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, qu'il a refusé de se soumettre aux opérations de relevé d'empreintes digitales ou de prise de photographie prévues au 3° de l'article L. 142-1, qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale ou qu'il s'est précédemment soustrait aux obligations prévues aux articles L. 721-6 à L. 721-8, L. 731-1, L. 731-3, L. 733-1 à L. 733-4, L. 733-6, L. 743-13 à L. 743-15 et L. 751-5 ".

15. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que M. F est incarcéré depuis le 21 mai 2022 pour des faits de vol aggravé par deux circonstances qui lui ont valu une peine d'emprisonnement de 6 mois. En outre, il est constant que M. F ne justifie pas être entré régulièrement sur le territoire français et, à la date de la décision attaquée, n'avait pas entamé de démarche tendant à obtenir un titre de séjour. Il s'en suit que le préfet a légalement pu, à cet égard, refuser d'octroyer un délai de départ volontaire à l'intéressé. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des articles L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.

16. En troisième lieu, M. F ne peut utilement se prévaloir de la directive n° 2008/115/CE du 16 décembre 2008, dès lors qu'elle a fait l'objet d'une transposition en droit interne par la loi n° 2011-672 du 16 juin 2011. Par suite, ce moyen doit être écarté comme inopérant.

En ce qui concerne le moyen dirigé contre la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

17. Pour les motifs indiqués précédemment, la décision portant obligation de quitter le territoire n'est pas illégale. Par suite, le moyen tiré de l'exception d'illégalité de cette décision doit être écarté.

18. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. () ".

19. Si la décision attaquée ne rappelle pas les critères d'appréciation de la durée de l'interdiction de retour que prévoit l'article L. 612-10, elle les décline en précisant que

M. F est entré irrégulièrement sur le territoire français et s'y maintient sans avoir sollicité la délivrance d'un titre de séjour, est célibataire et sans enfant à charge et que son comportement est de nature à troubler l'ordre public. Par suite, en prononçant à l'encontre de M. F une interdiction de retour sur le territoire pour une durée de trois ans, le préfet des Hauts-de-Seine n'a pas commis d'erreur de droit ou d'erreur manifeste d'appréciation.

20. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte ainsi que celles relatives aux frais du litige.

D E C I D E :

Article 1er : M. F est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : La requête de M. F est rejetée.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B F et au préfet des

Hauts-de-Seine.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 juillet 2022.

La magistrate désignée,

Signé

C. D La greffière,

Signé

O. El Moctar

La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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