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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2209133

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2209133

mardi 26 septembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2209133
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation2ème Chambre
Avocat requérantLAUNOIS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 24 juin 2022 et le 6 août 2022, M. C D, représenté par Me Launois, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 12 juillet 2022, par lequel le préfet des Hauts-de-Seine a rejeté sa demande de titre de séjour, l'obligeant à quitter le territoire français dans un délai de 30 jours et lui interdisant le retour pour une durée d'un an, ensemble la décision implicite de rejet en date du 15 mars 2022 lui refusant la délivrance d'un titre de séjour ;

2°) en cas d'annulation au fond, d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui délivrer un titre de séjour " vie privée et familiale " ou " salarié " dans les 15 jours du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard et de lui délivrer dans cette attente un récépissé l'autorisant à travailler et de procéder à l'effacement de son signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen ;

3°) en cas d'annulation pour des motifs de légalité externe, d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de réexaminer sa demande dans le mois suivant la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard et dans cette attente de lui délivrer dans cette attente un récépissé l'autorisant à travailler ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat les dépens ainsi que la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision de refus de titre est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation ;

- elle est entachée d'une erreur de fait ;

- elle est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la décision l'obligeant à quitter le territoire français est insuffisamment motivée et est entachée d'un défaut d'examen de sa situation ;

- est illégale du fait de l'illégalité de la décision de refus de titre de séjour ;

- elle méconnaît l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation des conséquences sur sa situation ;

- elle méconnaît l'article 3 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la décision fixant le pays de destination est illégale du fait de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle méconnaît l'article 3 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la décision interdisant le retour sur le territoire français est illégale du fait de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français et de la décision fixant le pays de destination ;

- est insuffisamment motivée ;

- méconnaît l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation des conséquences sur sa situation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 2 septembre 2022, le préfet des Hauts-de-Seine conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens invoqués ne sont pas fondés.

Vu :

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Viain, premier conseiller, a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. C D, ressortissant de nationalité malienne né le 14 février 1990, déclarant être entré en France le 27 novembre 2017, a demandé le 15 novembre 2021 son admission exceptionnelle au séjour sur le fondement des articles L. 435-1 et L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Une décision implicite de rejet est née du silence gardé par l'administration pendant plus de 4 mois. Par ailleurs, le préfet a pris une décision explicite de rejet le 12 juillet 2022, assortie d'une obligation de quitter le territoire français avec fixation du pays de renvoi et interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an. Par la requête susvisée, M. D demande l'annulation de cette décision et, ensemble, l'annulation de la décision implicite de rejet.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

S'agissant de la décision implicite de rejet :

2. Aux termes de l'article R. 311-12 du code l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose que : " Le silence gardé par l'administration sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet. ". Aux termes de l'article R. 311-12-1 du même code : " La décision implicite mentionnée à l'article R. 311-12 naît au terme d'un délai de quatre mois. ". Si le silence gardé par l'administration pendant plus de quatre mois sur une demande de titre de séjour fait naître une décision implicite de rejet qui peut être déférée au juge de l'excès de pouvoir, une décision explicite de rejet intervenue postérieurement, qu'elle fasse suite ou non à une demande de communication des motifs de la décision implicite présentée en application de l'article L. 232-4 du code des relations entre le public et l'administration, se substitue à la première décision. Il en résulte que les conclusions à fin d'annulation de cette première décision doivent être regardées comme dirigées contre la seconde.

3. En l'espèce, les conclusions dirigées contre la décision implicite de rejet, à la suite de la demande dont la réception a été accusée le 4 avril 2022, doivent être regardées comme étant dirigées contre l'arrêté du 12 juillet 2022.

S'agissant de l'arrêté du 12 juillet 2022 :

En ce qui concerne la décision de refus de titre :

4. En premier lieu, la décision en litige comporte l'exposé des motifs de droit et de fait sur lesquels s'est fondé le préfet des Hauts-de-Seine pour rejeter la demande d'admission exceptionnelle au séjour de M. D, notamment en ce qu'il vise les articles L. 435-1 et L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et expose les raisons pour lesquelles l'intéressé ne peut prétendre à la délivrance d'un titre de séjour ni au titre de son activité salariée ni au titre de sa vie privée et familiale. Par suite, cette décision est suffisamment motivée au regard des exigences posées par les articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration, dont le respect s'apprécie indépendamment des motifs retenus.

5. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet, qui a tenu compte notamment de la situation familiale et professionnelle de l'intéressé, n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation personnelle de M. D avant de lui refuser sa demande de titre de séjour.

6. En troisième lieu, M. D soutient que l'arrêté est entaché d'une double erreur de fait, en ce qu'il indiquerait à tort qu'il percevait un salaire inférieur au SMIC et ne maîtrisait pas le français. Toutefois, l'arrêté mentionne seulement que la plupart des salaires perçus étaient inférieurs au SMIC. Par ailleurs, à supposer que M. D maîtrise le français, cette erreur, qui n'est pas substantielle, n'est pas de nature, à elle seule, à affecter la légalité de la décision. Le moyen sus-analysé doit donc être écarté.

7. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "salarié", "travailleur temporaire" ou "vie privée et familial ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. () ". En présence d'une demande de régularisation présentée sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il appartient à l'autorité administrative de vérifier, dans un premier temps, si l'admission exceptionnelle au séjour par la délivrance d'une carte portant la mention " vie privée et familiale " répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard de motifs exceptionnels, et à défaut, dans un second temps, s'il est fait état de motifs exceptionnels de nature à permettre la délivrance, dans ce cadre, d'une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " ou " travailleur temporaire ". Dans cette dernière hypothèse, un demandeur qui justifierait d'une promesse d'embauche ou d'un contrat lui permettant d'exercer une activité, ne saurait être regardé, par principe, comme attestant, par là même, de motifs exceptionnels exigés par la loi. Il appartient, en effet, à l'autorité administrative, sous le contrôle du juge, d'examiner, notamment, si la qualification, l'expérience et les diplômes de l'étranger ainsi que les caractéristiques de l'emploi auquel il postule, de même que tout élément de sa situation personnelle dont l'étranger ferait état à l'appui de sa demande, tel que par exemple, l'ancienneté de son séjour en France, peuvent constituer, en l'espèce, des motifs exceptionnels d'admission au séjour.

8. M. D fait valoir qu'il a présenté un contrat de travail à durée indéterminée conclu à compter du 1er juin 2021 avec la société Ondel Traiteur ainsi que des bulletins de salaire au titre de cet emploi et des contrats de ses précédents emplois, notamment en tant qu'intérimaire avec la société Badakan Placement, ou en tant qu' " extra " avec la société SST Restauration. Toutefois, à la date de la décision contestée, et alors même que son employeur fait état d'une pénurie de main-d'œuvre dans ce secteur, le requérant ne justifiait que d'une expérience d'un an et un mois dans le dernier emploi occupé et il ne ressort pas des pièces du dossier qu'il disposait d'une qualification particulière dans le secteur d'activité concerné. Par ailleurs, l'intéressé, célibataire et sans charge de famille, n'est présent en France tout au plus que depuis novembre 2017 et ne fait état d'aucune circonstance qui ferait obstacle à ce qu'il poursuive normalement sa vie dans son pays d'origine. Dans ces conditions, il ne peut être regardé comme justifiant de considérations humanitaires ou de motifs exceptionnels au sens des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, permettant son admission exceptionnelle au séjour que ce soit au titre de la vie privée et familiale ou au titre du travail. Ainsi, le requérant n'est pas fondé à soutenir que le préfet des Hauts-de-Seine aurait commis une erreur manifeste d'appréciation de sa situation au regard de ces dispositions. Par ailleurs, dès lors que le préfet ne s'est pas exclusivement fondé sur la situation de l'emploi, mais a pris en considération l'ensemble des éléments relatifs à son insertion professionnelle, le requérant n'est pas non plus fondé à soutenir qu'en examinant ce critère, le préfet aurait commis une erreur de droit.

9. En second lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Pour l'application de ces stipulations, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine. Aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République ".

10. Il ressort des pièces du dossier que M. D, qui déclare être célibataire et sans charge de famille, est entré en France moins de 5 ans avant la décision attaquée. S'il atteste être hébergé par son cousin A B à Nanterre, il ne justifie toutefois ni d'une insertion sociale particulière, ni avoir établi le centre de ses intérêts en France, ni enfin disposer d'un domicile stable et personnel en France. Il n'établit pas non plus être dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine où il a vécu jusqu'à l'âge de 27 ans. Par suite, l'arrêté en litige n'a méconnu ni les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ni les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :

11. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit aux points précédents que le refus de renouvellement de titre de séjour en litige n'est pas entaché des illégalités dénoncées par M. D. Celui-ci n'est donc pas fondé à soutenir que l'obligation qui lui est faite par le même arrêté de quitter le territoire français serait illégale du fait de l'illégalité de ce refus.

12. En deuxième lieu, en vertu de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la décision portant obligation de quitter le territoire français, prise, comme en l'espèce, sur le fondement des dispositions du 3° de l'article L. 611-1 du même code, n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle de la décision relative au séjour. En l'espèce, ainsi qu'il est dit au point 4 du présent jugement, l'arrêté préfectoral est motivé en ce qui concerne le refus de séjour. L'obligation de quitter le territoire français, qui vise, notamment, le 3° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, est donc suffisamment motivée.

13. En troisième lieu, les moyens soulevés à l'encontre de cette décision, tirés de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'erreur manifeste d'appréciation, doivent être écartés par les mêmes motifs que ceux exposés au point 8 et 10.

14. En quatrième et dernier lieu, le moyen tiré de la violation de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales est inopérant à l'encontre de la décision obligeant M. D à quitter le territoire français.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

15. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de l'illégalité de la décision fixant le pays de destination en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être écarté.

16. En deuxième lieu, la décision fixant le pays de destination, qui vise l'article 3 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, est suffisamment motivée en fait par l'indication que l'intéressé de nationalité malienne n'établit pas être dépourvu d'attaches familiales dans le pays dont il est ressortissant et qu'aucune circonstance humanitaire ne fait obstacle à l'exécution de la décision. Dès lors, le moyen tiré d'une insuffisante motivation au regard des dispositions de l'article L. 211-1 du code des relations entre le public et l'administration doit être écarté.

17. M. D, qui admet avoir renoncé à sa demande d'asile, ne produit à l'appui aucune justification ni même aucune précision de nature à établir qu'il court personnellement des risques en cas de retour dans son pays. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français :

18. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de l'illégalité de l'interdiction de retour sur le territoire français en raison de l'illégalité des décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixation du pays de destination, doit être écarté.

19. En second lieu, la décision en litige comporte l'exposé des motifs de droit et de fait sur lesquels s'est fondé le préfet des Hauts-de-Seine pour interdire à M. D le retour sur le territoire français pour une durée d'un an, notamment en ce qu'il vise les articles L. 612-8 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et indique que le requérant est présent en France depuis seulement 4 ans et 7 mois, qu'il est célibataire, sans enfant, et que ses attaches sur le territoire français ne sont pas intenses. Par suite, cette décision est suffisamment motivée au regard des exigences posées par les articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration, dont le respect s'apprécie indépendamment des motifs retenus.

20. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'étranger n'est pas dans une situation mentionnée aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder deux ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11 ".

21. En application des dispositions de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'autorité préfectorale peut, dans le respect des principes constitutionnels et conventionnels et des principes généraux du droit, assortir une obligation de quitter le territoire d'une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée maximale de trois ans lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'intéressé, en se fondant pour en justifier tant le principe que la durée, sur la durée de sa présence en France, sur la nature et l'ancienneté de ses liens avec la France, sur la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et sur la menace à l'ordre public que représenterait sa présence en France

22. Il ne ressort pas des pièces du dossier qu'en faisant interdiction à M. D qui, ainsi qu'il a été dit, est célibataire, sans charges de famille et est présent en France depuis moins de 5 ans, de retourner en France pour une période d'un an, le préfet des Hauts-de-Seine aurait entaché la décision attaquée d'une erreur d'appréciation des conséquences sur sa situation personnelle, ni méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

23. Il résulte de tout ce qui précède que M. D n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté attaqué du 12 juillet 2022 en tant que le préfet des Hauts-de-Seine a rejeté sa demande d'admission exceptionnelle au séjour, l'a obligé à quitter le territoire français et interdit de retour pour une période d'un an en fixant le pays de destination. Par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte, ainsi que celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ne peuvent qu'être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. D est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C D et au préfet des Hauts-de-Seine.

Délibéré après l'audience du 12 septembre 2023, à laquelle siégeaient :

M. Huon, président ;

M. E et M. Viain, premiers conseillers ;

assistés de Mme Tainsa, greffière.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 septembre 2023.

Le rapporteur,

signé

T. VIAIN

Le président,

signé

C.HUON

La greffière,

signé

A. TAINSA

La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

N°2209133

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