mercredi 28 mai 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2209193 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | ATHON-PEREZ |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 20 juin 2022 et le 16 décembre 2022, M. B, représenté par Me Athon-Perez, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 26 avril 2022 par laquelle la commune de Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine) l'a informé de sa décision de suivre l'avis du conseil médical interdépartemental du 11 avril 2022 ;
2°) d'annuler l'arrêté du 1er juin 2022 par lequel la commune de Boulogne-Billancourt a refusé de reconnaître sa maladie professionnelle constatée le 28 août 2018 comme étant imputable au service, a retiré l'arrêté du 13 décembre 2021 l'ayant placé en congé pour invalidité temporaire imputable au service à titre provisoire et l'a placé en disponibilité d'office à compter du 28 août 2021 ;
3°) d'enjoindre à la commune de Boulogne-Billancourt de reconnaître l'imputabilité au service de sa maladie dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, ou, à défaut, de réexaminer sa situation, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de la commune de Boulogne-Billancourt une somme de 2 700 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- les décisions attaquées sont insuffisamment motivées ; notamment, la décision du 26 avril 2022 est insuffisamment motivée en droit ;
- elles sont entachées d'une erreur de droit dès lors que la commune de Boulogne-Billancourt, qui a omis d'étudier l'ensemble des éléments du dossier, s'est crue en situation de compétence liée ;
- les décisions attaquées sont entachées d'un défaut de base légale dès lors qu'elles se fondent, à tort, sur les dispositions de l'article 21 bis de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 qui lui sont inapplicables ;
- elles sont entachées d'une erreur d'appréciation au regard des dispositions de l'article 57 de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 dès lors qu'elles refusent de reconnaître un lien direct entre sa pathologie et l'exercice de ses fonctions.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 21 octobre 2022 et le 22 décembre 2022, la commune de Boulogne-Billancourt conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 27 octobre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 27 décembre 2022 à 12 heures.
Un mémoire a été produit pour M. B par Me Athon-Perez le 11 mars 2024, après la clôture de l'instruction. Il n'a pas été communiqué.
Les parties ont été informées le 19 décembre 2024, par application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le tribunal était susceptible :
- d'une part, de relever d'office le moyen tiré de l'irrecevabilité des conclusions à fin d'annulation de la décision du 26 avril 2022 qui, en se bornant à informer le requérant de la teneur de l'avis rendu par le conseil médical interdépartemental, ne constitue pas une décision faisant grief susceptible d'être déférée au juge de l'excès de pouvoir ;
- d'autre part, de substituer d'office aux dispositions de l'article 21 bis de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 celles de l'article 57 de la loi n° 83-53 du 26 janvier 1984.
Par un courrier enregistré le 23 décembre 2024, M. B, représenté par Me Achard, a répondu aux moyens d'ordre public communiqués par le tribunal.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 11 janvier 1984 ;
- le décret n° 86-68 du 13 janvier 1986 ;
- le décret n° 87-602 du 30 juillet 1987 ;
- le décret n° 2019-301 du 10 avril 2019 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Lusinier, conseillère ;
- les conclusions de M. Sitbon, rapporteur public ;
- et les observations de Me Athon-Perez, représentant M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, agent administratif, a intégré les services de la commune de Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine) le 23 septembre 1993. Après une période de disponibilité pour convenances personnelles, du 1er janvier 2008 au 31 décembre 2013, il a sollicité sa réintégration à compter du 1er janvier 2014. Après avoir accepté le poste de téléconseiller le 16 mars 2015, M. B, placé à plusieurs reprises en congés de maladie, s'est vu diagnostiquer un syndrome anxio-dépressif le 28 août 2018. Par la présente requête, M. B demande au tribunal d'annuler, d'une part, la décision du 26 avril 2022 par laquelle la commune de Boulogne-Billancourt l'a informé de sa décision de suivre l'avis du conseil médical interdépartemental du 11 avril 2022, et, d'autre part, l'arrêté du 1er juin 2022 par lequel la commune de Boulogne-Billancourt a refusé de reconnaître sa maladie professionnelle constatée le 28 août 2018 comme étant imputable au service, a retiré l'arrêté du 13 décembre 2021 l'ayant placé en congé pour invalidité temporaire imputable au service à titre provisoire et l'a placé en disponibilité d'office à compter du 28 août 2021.
Sur la " décision " du 26 avril 2022 :
2. La " décision " du 26 avril 2022 s'est bornée à informer M. B que la commune de Boulogne-Billancourt allait suivre l'avis rendu par le conseil médical interdépartemental sur son état de santé. Quand bien même il a informé M. B des voies et délais de recours, il s'agit d'un courrier purement informatif, dépourvu de portée décisoire. Par suite, les conclusions dirigées contre cette " décision ", qui ne fait pas grief, sont irrecevables.
Sur l'arrêté du 1er juin 2022 :
3. En premier lieu, en application des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration et de l'article 26 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, le refus de reconnaître l'imputabilité au service d'une maladie contractée par un agent est au nombre des décisions qui doivent être motivées.
4. L'arrêté du 1er juin 2022, rejetant la demande de reconnaissance de la maladie professionnelle de M. B comme étant imputable au service, vise les textes sur lesquels il se fonde, notamment les articles L. 822-20 et L. 514-4 du code général de la fonction publique, le formulaire de déclaration par M. B de sa maladie professionnelle, l'attestation médicale délivrée par le docteur A le 13 juillet 2020, l'enquête administrative diligentée sur sa situation et l'avis défavorable rendu le 11 avril 2022 par le conseil médical interdépartemental. L'arrêté contesté comporte ainsi les éléments de droit et de fait qui en constituent le fondement. Il indique, en outre, que la maladie déclarée par M. B ne présente pas de lien direct avec l'exercice de ses fonctions. Par suite, le moyen tiré de son insuffisante motivation doit être écarté comme manquant en fait. De même, M. B n'est pas fondé à soutenir que la commune de Boulogne-Billancourt, qui ne s'est pas crue en situation de compétence liée, a méconnu l'étendue de sa compétence en s'abstenant d'examiner l'ensemble des éléments de son dossier, de sorte que l'erreur de droit soulevée sur ce terrain doit également être écartée.
5. En deuxième lieu, pour se prononcer sur l'imputabilité au service du syndrome anxio-dépressif de M. B, le maire de la commune de Boulogne-Billancourt indique en défense s'être fondé sur les dispositions de l'article 21 bis de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires. Ces dispositions, qui instituent un congé pour invalidité temporaire imputable au service, sont applicables, s'agissant des agents relevant du statut de la fonction publique territoriale, depuis le 13 avril 2019, date d'entrée en vigueur du décret du 10 avril 2019 relatif au congé pour invalidité temporaire imputable au service dans la fonction publique territoriale.
6. Or, alors que les droits des agents publics en matière de maladie professionnelle sont constitués à la date à laquelle la maladie a été diagnostiquée, il est constant que celle de M. B l'a été le 28 août 2018, avant l'entrée en vigueur des dispositions de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983. La circonstance que sa déclaration n'ait été faite que le 8 septembre 2020 est à cet égard sans incidence. Par suite, les dispositions de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 n'étaient pas applicables à la demande de reconnaissance de la maladie professionnelle présentée par M. B.
7. Toutefois, lorsqu'il constate que la décision contestée devant lui aurait pu être prise, en vertu du même pouvoir d'appréciation, sur le fondement d'un autre texte que celui dont la méconnaissance est invoquée, le juge de l'excès de pouvoir peut substituer ce fondement à celui qui a servi de base légale à la décision attaquée, sous réserve que l'intéressé ait disposé des garanties dont est assortie l'application du texte sur le fondement duquel la décision aurait dû être prononcée. Une telle substitution relevant de l'office du juge, celui-ci peut y procéder de sa propre initiative, au vu des pièces du dossier, mais sous réserve, dans ce cas, d'avoir au préalable mis les parties à même de présenter des observations sur ce point.
8. Aux termes de l'article 57 de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale, dans sa version applicable au litige : " Le fonctionnaire en activité a droit : / () 2° A des congés de maladie dont la durée totale peut atteindre un an pendant une période de douze mois consécutifs en cas de maladie dûment constatée mettant l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions. Celui-ci conserve alors l'intégralité de son traitement pendant une durée de trois mois ; ce traitement est réduit de moitié pendant les neuf mois suivants. () / Toutefois, si la maladie provient de l'une des causes exceptionnelles prévues à l'article L. 27 du code des pensions civiles et militaires de retraite ou d'un accident survenu dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de ses fonctions, le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à la mise à la retraite. Il a droit, en outre, au remboursement des honoraires médicaux et des frais directement entraînés par la maladie ou l'accident, même après la date de radiation des cadres pour mise à la retraite. Dans le cas visé à l'alinéa précédent, l'imputation au service de l'accident ou de la maladie est appréciée par la commission de réforme instituée par le régime des pensions des agents des collectivités locales () ".
9. Le pouvoir d'appréciation dont dispose l'autorité administrative en vertu des dispositions de l'article 57 de la loi du 26 janvier 1984 est le même que celui dont l'investissent les dispositions de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983. Les garanties dont sont assortis ces textes étant similaires et M. B ayant bénéficié de la consultation du conseil médical interdépartemental, il y a donc lieu, ainsi qu'en ont été informées les parties, de substituer les dispositions de l'article 57 de la loi du 26 janvier 1984 à la base légale retenue par la commune de Boulogne-Billancourt. Le moyen tiré du défaut de base légale doit donc être écarté.
10. En dernier lieu, une maladie contractée par un fonctionnaire, ou son aggravation, doit être regardée comme imputable au service si elle présente un lien direct avec l'exercice des fonctions ou avec des conditions de travail de nature à susciter le développement de la maladie en cause, sauf à ce qu'un fait personnel de l'agent ou toute autre circonstance particulière conduisent à détacher la survenance ou l'aggravation de la maladie du service.
11. Pour justifier de l'existence d'un lien direct entre son syndrome anxio-dépressif et l'exercice de ses fonctions, M. B se prévaut de ce que la commune de Boulogne-Billancourt a tardé à le réintégrer à la suite de son placement en disponibilité qui a pris fin le 31 décembre 2013. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que M. B n'a fait suite à la demande réitérée de la commune de lui transmettre son curriculum vitae que le 15 octobre 2014, de sorte qu'elle n'a pu lui faire de proposition avant le 20 janvier 2015, pour un poste de téléconseiller polyvalent au sein du service accueil citoyens qu'il a d'ailleurs acceptée le 16 mars 2015, pour une prise de fonctions le 7 avril suivant. M. B ne peut donc opposer à la commune, à qui il ne peut reprocher son éloignement géographique, d'avoir délibérément tardé à le réintégrer. En outre, si M. B indique que la commune de Boulogne-Billancourt ne lui a pas versé l'allocation de retour à l'emploi et le supplément familial de traitement auxquels il était éligible, il n'est pas contesté que cette situation a été régularisée, de sorte qu'il ne peut à cet égard se prévaloir de difficultés financières au demeurant non établies. Enfin, si M. B reproche à sa hiérarchie d'avoir dégradé ses conditions de travail, en raison notamment de reproches récurrents sur la gestion de son téléphone et sur ses statistiques personnelles, il n'en justifie pas davantage. Dans ces conditions, quand bien-même le docteur D a estimé le 24 janvier 2022 que le syndrome anxio-dépressif de M. B était imputable au service, ce qu'a ultérieurement contredit le conseil médical interdépartemental dans son avis contraire du 11 avril 2022 conforme à celui du docteur A émis en juillet 2020, il n'existe pas de lien direct entre la pathologie déclarée de M. B et l'exercice de ses fonctions. Par conséquent, M. B n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté attaqué du 1er juin 2022 est entaché d'une erreur d'appréciation au regard des dispositions de l'article 57 de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984.
12. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de M. B doivent être rejetées. Il en va de même, par voie de conséquence, de ses conclusions à fin d'injonction et de celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par ces motifs, le tribunal décide :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et à la commune de Boulogne-Billancourt.
Délibéré après l'audience du 30 avril 2025, à laquelle siégeaient :
Mme Oriol, présidente, Mme Cordary, première conseillère, et Mme Lusinier, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 mai 2025.
La rapporteure,
signé
V. Lusinier
La présidente,
signé
C. Oriol La greffière,
signé
V. Ricaud
La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026