jeudi 30 janvier 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2209276 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre (J.U.) |
| Avocat requérant | CAZIN MARCEAU AVOCATS ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 21 juin 2022 et le 21 février 2023, M. A, représenté par Me Gorand, demande au tribunal :
1°) d'annuler son compte rendu d'entretien professionnel au titre de l'année 2021, ensemble la décision du 22 avril 2022, par laquelle le maire de la commune de Vanves (Hauts-de-Seine) a rejeté son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre à la commune de Vanves de procéder à un nouvel entretien professionnel au titre de l'année 2021, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Vanves la somme de 2 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée a été prise au terme d'une procédure irrégulière, faute pour la commune de Vanves de lui avoir transmis sa fiche de poste en amont de son entretien professionnel, contrairement aux dispositions de l'article 6 du décret n° 2014-1526 du 16 décembre 2014 ;
- elle a été prise en méconnaissance de l'article 4 du même décret et est à cet égard entachée d'erreurs d'appréciation, son évaluatrice ayant mené son entretien " à charge " en faisant ressortir uniquement des éléments négatifs et en refusant de tenir compte de ses observations ;
- elle a été prise en méconnaissance de l'article 5 du même décret, faute pour son évaluatrice d'avoir mentionné sur le compte rendu d'évaluation en litige une appréciation générale et littérale exprimant sa valeur professionnelle au regard des critères fixés à l'article 4.
Par un mémoire en défense, enregistré le 19 décembre 2022, le maire de la commune de Vanves, représenté par Me Bazin, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de M. A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 13 mars 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 29 mars 2023 à 12 heures.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le décret n° 2014-1526 du 16 décembre 2014 ;
- le code de la justice administrative ;
Le président du tribunal a désigné Mme Oriol, vice-présidente, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Oriol, présidente ;
- les conclusions de M. Sitbon, rapporteur public ;
- les observations de Me Chales, substituant Me Gorand, pour M. A, ;
- et les observations de Me Benmerad, substituant Me Bazin, pour la commune de Vanves.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, recruté par la commune de Vanves (Hauts-de-Seine) en 2005 en qualité de technicien contractuel, a été titularisé le 1er juin 2014 dans le grade de conseiller territorial des activités physiques et sportives après sa réussite au concours interne. Après avoir obtenu le principalat le 1er mars 2021, M. A a été affecté sur le poste de chargé de mission " Sport " à compter du 21 février 2022. Par la présente requête, il demande au tribunal l'annulation de son compte rendu d'évaluation professionnelle au titre de l'année 2021, ensemble la décision du 22 avril 2022, par laquelle le maire de la commune de Vanves (Hauts-de-Seine) a rejeté son recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article 17 de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires : " Les notes et appréciations générales attribuées aux fonctionnaires et exprimant leur valeur professionnelle leur sont communiquées. / Les statuts particuliers peuvent ne pas prévoir de système de notation. ". Selon l'article 76 de loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale : " Le pouvoir de fixer les notes et appréciations générales exprimant la valeur professionnelle des fonctionnaires dans les conditions définies à l'article 17 du titre Ier du statut général est exercé par l'autorité territoriale au vu des propositions du secrétaire général ou du directeur des services de la collectivité ou de l'établissement. / Les commissions administratives paritaires ont connaissance des notes et appréciations ; à la demande de l'intéressé, elles peuvent en proposer la révision. / () ". L'article 2 du décret n° 2014-1526 16 décembre 2014 relatif à l'appréciation de la valeur professionnelle des fonctionnaires territoriaux dispose que : " Le fonctionnaire bénéficie chaque année d'un entretien professionnel qui donne lieu à compte rendu. / Cet entretien est conduit par le supérieur hiérarchique direct. / La date de l'entretien est fixée par le supérieur hiérarchique direct en fonction, notamment, du calendrier de la commission administrative paritaire dont relève l'agent évalué. ". Selon l'article 4 de ce décret : " Les critères à partir desquels la valeur professionnelle du fonctionnaire est appréciée, au terme de cet entretien, sont fonction de la nature des tâches qui lui sont confiées et du niveau de responsabilité assumé. Ces critères, fixés après avis du comité technique, portent notamment sur : / 1° Les résultats professionnels obtenus par l'agent et la réalisation des objectifs ; / 2° Les compétences professionnelles et techniques ; / 3° Les qualités relationnelles ; / 4° La capacité d'encadrement ou d'expertise ou, le cas échéant, à exercer des fonctions d'un niveau supérieur. ". Enfin, l'article 5 du même décret dispose que : " Le compte rendu de l'entretien, établi et signé par le supérieur hiérarchique direct, comporte une appréciation générale littérale traduisant la valeur professionnelle du fonctionnaire au regard des critères fixés à l'article 4. ".
3. Il résulte de ces dispositions que l'appréciation générale de la valeur professionnelle d'un agent doit refléter les qualités de ce dernier dans l'accomplissement de ses fonctions et doit tenir compte de l'ensemble des éléments relatifs à son comportement. L'autorité chargée de l'évaluation de la valeur professionnelle dispose d'un large pouvoir d'appréciation, en fonction du travail et du mérite professionnel de l'agent, sous réserve de l'erreur de droit, du détournement de pouvoir ou de l'erreur manifeste d'appréciation.
4. Il ressort du compte rendu d'évaluation de M. A au titre de l'année 2021 que la rubrique " synthèse de l'évaluateur " figurant sous l'item " appréciation générale " mentionne : " Monsieur A s'est vu confier depuis le 21/02/2022 un poste de chargé de mission pour se consacrer exclusivement à des dossiers prioritaires que sont la cité Michelet, le suivi des travaux de l'instance Vanves Sport et les actions autour de l'olympisme. / Il sera donc délié de toute contrainte managériale. / Il lui est demandé de faire un reporting structuré sur ces dossiers sur lesquels il sera accompagné par la direction générale en lien avec l'élue en charge du sport " ". Ces indications, muettes sur la valeur professionnelle de M. A, au regard notamment de ses qualités relationnelles et de ses résultats au regard des objectifs qui lui ont été assignés, révèlent une méconnaissance par la commune de Vanves des dispositions précitées des articles 4 et 5 du décret n° 2014-1526 du 16 décembre 2014. Dans ces conditions, quand bien même les commentaires de l'évaluatrice de M. A sur le rappel de ses objectifs de l'année 2021 et la fixation de ceux de l'année 2022, qui ne remédient pas à cette lacune, ne sont pas entachés d'erreur manifeste d'appréciation, le moyen tiré de l'erreur de droit doit être accueilli.
5. Il résulte de ce qui vient d'être dit, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que le compte rendu d'entretien professionnel de M. A au titre de l'année 2021, ensemble la décision du 22 avril 2022, par laquelle le maire de la commune de Vanves a rejeté son recours gracieux, doivent être annulés.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
6. Le présent jugement n'implique pas que la commune de Vanves procède à un nouvel entretien d'évaluation professionnelle de M. A, mais uniquement qu'elle complète le compte rendu de l'entretien de l'année 2021 par une appréciation générale littérale traduisant sa valeur professionnelle. Il y a donc lieu d'enjoindre à la commune de Vanves d'y procéder dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement. A ce stade, il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
7. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de la commune de Vanves la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. En revanche, M. A ne succombant pas à l'instance, les conclusions de la commune de Vanves présentées sur le même fondement ne peuvent qu'être rejetées.
Par ces motifs, le tribunal décide :
Article 1er : Le compte rendu d'entretien professionnel de M. A au titre de l'année 2021, ensemble la décision du 22 avril 2022, par laquelle le maire de la commune de Vanves a rejeté son recours gracieux, sont annulés.
Article 2 : Il est enjoint à la commune de Vanves de compléter le compte rendu d'entretien professionnel de M. A au titre de l'année 2021, dans un délai de deux mois à compter du présent jugement.
Article 3 : La commune de Vanves versera la somme de 2 000 euros à M. A au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Les conclusions de la requête de M. A sont rejetées pour le surplus.
Article 5 : Les conclusions de la commune de Vanves présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la commune de Vanves.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 janvier 2025.
La magistrate désignée,
signé
C. ORIOLLa greffière,
signé
V. RICAUD
La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026