mercredi 10 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2209299 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 8ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP LACOURTE RAQUIN TATAR |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 21 juin 2022 et des mémoires enregistrés les 17 octobre 2022, 24 mars 2023 et 18 janvier 2024, M. F I, Mme B G, M. H J et M. A D, représentés par Me Geoffroy Lebrun, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 23 novembre 2020 par lequel le maire de La Garenne-Colombes a délivré à la société par actions simplifiée (SAS) Accueil Immobilier un permis de démolir des constructions situées 55 ter et 57 rue de l'Aigle dans cette commune sur des parcelles cadastrées J 296 et 40 ;
2°) d'annuler la décision du 8 avril 2022 par laquelle le maire de La Garenne-Colombes a rejeté leur demande tendant au retrait de cet arrêté du 23 novembre 2020 ;
3°) de rejeter les demandes indemnitaires présentées par la SAS Accueil Immobilier sur le fondement de l'article L. 600-7 du code de l'urbanisme ;
4°) de mettre à la charge de la commune de La Garenne-Colombes la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- leur requête n'est pas tardive et ils ont intérêt pour agir ;
- les décisions attaquées ont été signées par une autorité incompétente ;
- le dossier de demande était lacunaire ;
- l'arrêté portant permis de démolir est entaché de fraude ;
- la décision portant refus de retirer le permis de démolir est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par des mémoires en défense enregistrés les 5 septembre 2022 et 15 février 2023, et un mémoire distinct enregistré le 19 juin 2023, la SAS Accueil Immobilier, représentée par Me Vincent Guinot, conclut :
1°) au rejet de la requête ;
2°) à ce que les requérants soient condamnés au versement d'une indemnité d'un montant de 145 409 euros sur le fondement de l'article L. 600-7 du code de l'urbanisme ;
3°) à la mise à la charge des requérants de la somme de 5 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable ;
- les requérants ne justifient pas de leur intérêt pour agir ;
- les moyens de la requête ne sont pas fondés ;
- le recours présente un caractère abusif et lui a causé un préjudice d'un montant de 149 409 euros.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'urbanisme ;
- l'ordonnance n°45-2592 du 2 novembre 1945 relative au statut des huissiers ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Stéphane Eustache, premier conseiller,
- les conclusions de M. Arnaud Boriès, rapporteur public,
- les observations de Me Lebrun, représentant M. I K ;
- et les observations de Me Petit-Jean, substituant Me Guinot et représentant la SAS Accueil Immobilier.
Considérant ce qui suit :
1. La société par actions simplifiée (SAS) Accueil Immobilier a déposé le 25 septembre 2020, et complété le 21 octobre 2020, une demande de permis de démolir des constructions situées 55 ter et 57 rue de l'Aigle sur des parcelles cadastrées J n°296 et n°40 à la Garenne-Colombes. Par un arrêté du 23 novembre 2020, le maire de cette commune a délivré le permis de démolir sollicité. Par un courrier du 26 février 2022, M. I K ont demandé, sous la forme d'un recours gracieux, le retrait de cet arrêté du 23 novembre 2020. Par une décision du 8 avril 2022, le maire de La Garenne-Colombes a rejeté cette demande. M. I K demandent l'annulation de cet arrêté du 23 novembre 2020 et de cette décision du 8 avril 2022. La SAS Accueil Immobilier demande à titre reconventionnel que M. I K soient condamnés au versement d'une indemnité d'un montant de 145 409 euros sur le fondement de l'article L. 600-7 du code de l'urbanisme.
Sur les conclusions tendant à l'annulation de l'arrêté du 23 novembre 2020 :
2. Aux termes de l'article R. 600-2 du code de l'urbanisme : " Le délai de recours contentieux à l'encontre () d'un permis () de démolir court à l'égard des tiers à compter du premier jour d'une période continue de deux mois d'affichage sur le terrain des pièces mentionnées à l'article R. 424-15 ".
3. Aux termes de l'article R. 424-15 du code de l'urbanisme dans sa rédaction applicable au litige : " Mention du permis () doit être affichée sur le terrain, de manière visible de l'extérieur, par les soins de son bénéficiaire, dès la notification de l'arrêté () et pendant toute la durée du chantier. () / Cet affichage mentionne également l'obligation, prévue à peine d'irrecevabilité par l'article R. 600-1, de notifier tout recours administratif ou tout recours contentieux à l'auteur de la décision et au bénéficiaire du permis ou de la décision prise sur la déclaration préalable () ".
4. Aux termes de l'article A. 424-15 du même code : " L'affichage sur le terrain du permis () de démolir (), prévu par l'article R. 424-15, est assuré par les soins du bénéficiaire du permis ou du déclarant sur un panneau rectangulaire dont les dimensions sont supérieures à 80 centimètres ".
5. Aux termes de l'article A. 424-16 du même code : " Le panneau prévu à l'article A. 424-15 indique le nom, la raison sociale ou la dénomination sociale du bénéficiaire, le nom de l'architecte auteur du projet architectural, la date de délivrance, le numéro du permis, la nature du projet et la superficie du terrain ainsi que l'adresse de la mairie où le dossier peut être consulté. / Il indique également, en fonction de la nature du projet : / () / d) Si le projet prévoit des démolitions, la surface du ou des bâtiments à démolir ".
6. Aux termes de l'article A. 424-17 du même code : " Le panneau d'affichage comprend la mention suivante : / " Droit de recours : / " Le délai de recours contentieux est de deux mois à compter du premier jour d'une période continue de deux mois d'affichage sur le terrain du présent panneau (art. R. 600-2 du code de l'urbanisme). / " Tout recours administratif ou tout recours contentieux doit, à peine d'irrecevabilité, être notifié à l'auteur de la décision et au bénéficiaire du permis ou de la décision prise sur la déclaration préalable. Cette notification doit être adressée par lettre recommandée avec accusé de réception dans un délai de quinze jours francs à compter du dépôt du recours (art. R. 600-1 du code de l'urbanisme). " ".
7. Aux termes de l'article A. 424-18 du même code : " Le panneau d'affichage doit être installé de telle sorte que les renseignements qu'il contient demeurent lisibles de la voie publique ou des espaces ouverts au public pendant toute la durée du chantier ".
En ce qui concerne l'emplacement du panneau et sa durée d'affichage :
8. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que le terrain du projet est composé de deux parcelles cadastrées J n°40 et n°296. Si le panneau d'affichage du permis de démolir litigieux n'a été implanté que sur la seule parcelle cadastrée J n°40, les dispositions des articles R. 424-15 et A. 424-15 du code de l'urbanisme n'imposent pas au bénéficiaire d'un permis de démolir de procéder à l'affichage de ce permis sur chacune des parcelles cadastrales composant le terrain d'assiette du projet, ni de procéder à un affichage à proximité de chacun des accès de ce terrain depuis la voie publique. Au surplus, les requérants ne sont pas fondés à soutenir qu'ils auraient été induits en erreur par la pétitionnaire, dès lors que le panneau litigieux a été affiché sur la parcelle présentant le plus long linéaire sur rue et que les deux parcelles du projet forment un ensemble foncier d'un même tènement.
9. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier, et notamment des constats d'huissier réalisés les 3 août, 1er septembre et 4 octobre 2021, que le panneau revêtu du permis de démolir litigieux a été affiché à compter au plus tard du 3 août 2021 pendant une période de deux mois continue sur le terrain du projet. En se bornant à produire une photographie non datée, les requérants ne contestent pas sérieusement la véracité de ces constats, qui ont été établis par un huissier de justice et qui, sauf en matière pénale, " font foi jusqu'à preuve du contraire " conformément à l'article 1er de l'ordonnance du 2 novembre 1945 visée ci-dessus alors en vigueur.
10. En troisième lieu, la circonstance que ce panneau a été installé sur le terrain plus de huit mois après la délivrance du permis de démolir litigieux est sans incidence sur la régularité de l'affichage et ne saurait faire obstacle à ce que puisse courir le délai prévu à l'article R. 600-2 du code de l'urbanisme. De même, la circonstance qu'après l'expiration de ce délai, la bénéficiaire a remplacé au même emplacement le panneau litigieux par un autre panneau, comportant d'ailleurs les mêmes informations, est en tout état de cause sans incidence sur la régularité de l'affichage.
En ce qui concerne les mentions figurant sur le panneau :
11. En premier lieu, les dispositions précitées des articles A. 424-16 et A. 424-17 du code de l'urbanisme, qui déterminent de manière limitative les mentions devant figurer sur le panneau prévu à l'article R. 424-15 du même code, n'imposent pas au bénéficiaire du permis de démolir de mentionner sur ce panneau les références cadastrales des parcelles formant le terrain d'assiette du projet. Par suite, les requérants ne peuvent pas utilement soutenir que ces informations devaient figurer sur le panneau affiché par la SAS Accueil Immobilier.
12. En deuxième lieu, pour attester du caractère complet de l'affichage, la SAS Accueil Immobilier produit des constats d'huissier réalisés les 3 août, 1er septembre et 4 octobre 2021, qui mentionnent les informations inscrites sur le panneau d'affichage et qui sont en outre assortis de photographies de ce panneau, prises à des distances différentes depuis la voie publique. Il ressort de ces constats d'huissier que le panneau affiché sur le terrain comportait l'ensemble des informations prévues par les articles précités A. 424-16 et A. 424-17 du code de l'urbanisme, notamment celles relatives aux voies et délais de recours.
13. Pour contester la force probante de ces constats, qui, ainsi qu'il a été dit, font foi jusqu'à preuve du contraire, les requérants se bornent à relever que ces documents mentionnent une visite des lieux au numéro " 55 rue de l'Aigle à La Garenne-Colombes ", alors que le panneau en cause était implanté au numéro 57 de la même rue. Toutefois, cette simple erreur matérielle est sans incidence sur la force probante des constatations matérielles contenues dans ces documents, dès lors que ces derniers sont assortis de photographies montrant clairement un panneau implanté au numéro 57 de la rue de l'Aigle à La Garenne-Colombes.
14. En troisième lieu, si le panneau d'affichage mentionnait la " démolition totale d'une construction ", alors que le projet vise à démolir une maison d'habitation, un immeuble d'habitation collectif et un garage, les informations inscrites sur le panneau étaient toutefois suffisantes pour permettre aux tiers d'apprécier la consistance et l'ampleur du projet, dès lors que, d'une part, le panneau mentionnait une surface à démolir de " 594 m² ", en précisant qu'il s'agissait d'une démolition " totale " et que, d'autre part, le d) de l'article A. 424-16 du code de l'urbanisme n'impose, pour les projets de démolition, que la seule mention de " la surface du ou des bâtiments à démolir ".
15. Au surplus, il ressort des pièces du dossier que la bénéficiaire avait installé à proximité du panneau litigieux un autre panneau revêtu du permis autorisant, sur le même terrain, la démolition d'une surface de 594 m² et la construction d'un immeuble comportant une surface de plancher de 2033 m².
16. En quatrième lieu, les requérants ne peuvent pas utilement faire valoir que le panneau litigieux aurait dû mentionner la démolition des conduites de cheminées installées sur la façade de l'immeuble voisin situé sur la parcelle cadastrée J 295, dès lors que le projet n'a pas pour objet de démolir ces conduites.
En ce qui concerne le caractère lisible des mentions figurant sur le panneau :
17. Il ressort des photographies assortissant les constats d'huissier mentionnés ci-dessus que les mentions figurant sur le panneau d'affichage, y compris celles relatives aux voies et délais de recours, étaient clairement lisibles depuis la voie publique, conformément aux prescriptions de l'article A. 424-18 du code de l'urbanisme.
18. Pour contester la véracité de ces constats, qui, ainsi qu'il a été dit, font foi jusqu'à preuve du contraire, les requérants relèvent que le panneau en cause a été implanté en retrait de l'alignement sur la voie publique, à " plus d'un mètre " du bord intérieur du trottoir, derrière un parapet et à proximité d'un arbre. Toutefois, il ne ressort pas des pièces du dossier que ce parapet ou les branches ou feuilles de cet arbre auraient occulté en tout ou partie le panneau d'affichage. En outre, la distance séparant le bord intérieur du trottoir et le panneau était suffisamment réduite pour que les mentions y figurant fussent lisibles depuis la voie publique.
19. Il résulte de ce qui précède que le permis délivré par l'arrêté attaqué du 23 novembre 2020 a été régulièrement affiché sur le terrain. Conformément à l'article R. 600-2 du code de l'urbanisme, le délai de recours contentieux contre cet arrêté a commencé à courir à l'égard des tiers à compter du 3 août 2021 et a expiré le 4 octobre 2021 à minuit.
20. En outre, si les requérants ont formé un recours administratif contre l'arrêté du 23 novembre 2020, ce recours a été formé par un courrier daté du 26 février 2022 et reçu le 1er mars 2022, soit après l'expiration du délai de recours contentieux contre l'arrêté du 23 novembre 2020. La formation de ce recours administratif n'a pas eu ainsi pour effet de proroger le délai de recours contentieux.
21. Par suite, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir tirée de l'absence d'intérêt pour agir des requérants, les conclusions de la requête tendant à l'annulation de l'arrêté du 23 novembre 2020, enregistrée le 21 juin 2022 au greffe du tribunal, sont tardives et doivent être rejetées comme irrecevables. La fin de non-recevoir opposée par la SAS Accueil Immobilier doit ainsi être accueillie.
Sur les conclusions tendant à l'annulation de la décision du 8 avril 2022 :
En ce qui concerne le cadre juridique :
22. Aux termes de l'article L. 424-5 du code de l'urbanisme : " La décision de non-opposition à une déclaration préalable ou le permis de construire ou d'aménager ou de démolir, tacite ou explicite, ne peuvent être retirés que s'ils sont illégaux et dans le délai de trois mois suivant la date de ces décisions. Passé ce délai, la décision de non-opposition et le permis ne peuvent être retirés que sur demande expresse de leur bénéficiaire ". Aux termes de l'article L. 241-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Par dérogation aux dispositions du présent titre, un acte administratif unilatéral obtenu par fraude peut être à tout moment abrogé ou retiré ".
23. Un tiers justifiant d'un intérêt à agir est recevable à demander, dans le délai du recours contentieux, l'annulation de la décision par laquelle l'autorité administrative a refusé de faire usage de son pouvoir d'abroger ou de retirer un acte administratif obtenu par fraude, quelle que soit la date à laquelle il l'a saisie d'une demande à cette fin.
24. Dans un tel cas, il incombe au juge de l'excès de pouvoir, saisi de moyens en ce sens, d'une part, de vérifier la réalité de la fraude alléguée et, d'autre part, de contrôler que l'appréciation de l'administration sur l'opportunité de procéder ou non à l'abrogation ou au retrait n'est pas entachée d'erreur manifeste, compte tenu notamment de la gravité de la fraude et des atteintes aux divers intérêts publics ou privés en présence susceptibles de résulter soit du maintien de l'acte litigieux soit de son abrogation ou de son retrait.
En ce qui concerne la compétence du signataire :
25. Il ressort des termes mêmes de la décision attaquée qu'elle a été signée par M. C E, " adjoint au maire ", lequel bénéficiait, en vertu d'un arrêté du 15 décembre 2020 du maire de La Garenne-Colombes régulièrement affiché le 18 décembre 2020, d'une délégation de signature à cet effet. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision attaquée doit être écarté.
En ce qui concerne la fraude :
26. En premier lieu, les requérants ne peuvent pas utilement soutenir que la demande de permis de démolir ne mentionne pas les conduites de cheminée installées contre la façade sud-ouest de l'immeuble voisin situé sur la parcelle cadastrée J n°295, dès lors que le permis délivré n'autorise pas la destruction de ces conduites.
27. En second lieu, les requérants ne peuvent pas utilement soutenir que les fenêtres de la façade mentionnée au point précédent seraient occultées par l'édification de l'immeuble projetée par la SAS Accueil Immobilier, dès lors que l'arrêté du 23 novembre 2020 n'a pas pour objet d'autoriser la construction d'un tel immeuble.
28. Il suit de là que les requérants ne sont pas fondés à soutenir que les documents fournis par la pétitionnaire seraient entachés d'une fraude. Le moyen tiré d'une erreur manifeste d'appréciation doit ainsi être écarté.
29. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les fins de non-recevoir opposées par la SAS Accueil Immobilier, que les conclusions tendant à l'annulation de la décision du 8 avril 2022 du maire de La Garenne-Colombes doivent être rejetées.
Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 600-7 du code de l'urbanisme :
30. Aux termes de l'article L. 600-7 du code de l'urbanisme : " Lorsque le droit de former un recours pour excès de pouvoir contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager est mis en œuvre dans des conditions qui traduisent un comportement abusif de la part du requérant et qui causent un préjudice au bénéficiaire du permis, celui-ci peut demander, par un mémoire distinct, au juge administratif saisi du recours de condamner l'auteur de celui-ci à lui allouer des dommages et intérêts. La demande peut être présentée pour la première fois en appel ".
31. Il ne résulte pas de l'instruction que le recours formé par M. I K, qui sont voisins immédiats du projet, aurait été mis en œuvre dans des conditions qui traduiraient un comportement abusif de leur part, alors même qu'une partie des conclusions de leur requête sont irrecevables pour les motifs énoncés ci-dessus. Par suite, les conclusions indemnitaires présentées par la SAS Accueil Immobilier sur le fondement des dispositions précitées de l'article L. 600-7 du code de l'urbanisme doivent être rejetées.
Sur les frais liés à l'instance :
32. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de la commune de La Garenne-Colombes, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, au titre des frais exposés par les requérants et non compris dans les dépens.
33. En revanche, dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge des requérants le versement d'une somme globale de 2 000 euros à la SAS Accueil Immobilier au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
DÉCIDE :
Article 1er : La requête de M. I K est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la SAS Accueil Immobilier sur le fondement de l'article L. 600-7 du code de l'urbanisme sont rejetées.
Article 3 : M. I K verseront une somme globale de 2 000 euros à la SAS Accueil Immobilier en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. F I, Mme B G, M. H J, M. A D, la SAS Accueil Immobilier et à la commune de La Garenne-Colombes.
Copie en sera transmise pour information au préfet des Hauts-de-Seine.
Délibéré après l'audience publique du 26 juin 2024 à laquelle siégeaient :
- M. Thomas Bertoncini, président de chambre,
- M. Stéphane Eustache, premier conseiller,
- Mme Séverine Cuisinier-Heissler, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 juillet 2024.
Le rapporteur,
signé
S. Eustache
Le président de la 8ème chambre,
signé
T. Bertoncini
Le greffier,
signé
D. Haude
La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière en chef,
Par délégation,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026