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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2209446

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2209446

mardi 28 mars 2023

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2209446
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation2ème Chambre
Avocat requérantACHACHE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés les 1er juillet et 20 octobre 2022, M. C B, représenté par Me Achache, demande au tribunal :

1°) de l'admettre à l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 28 avril 2021 par lequel le préfet des Hauts-de-Seine a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours à destination du pays dont il a la nationalité et lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée d'un an ;

3°) d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ou une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler pendant le temps nécessaire à son examen ou, subsidiairement, d'enjoindre à la même autorité de réexaminer sa situation dans le délai de quinze jours, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros à verser à Me Achache, son conseil, en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

Il soutient que :

- sa requête est recevable, la décision attaquée lui a été envoyée à une adresse erronée ; le préfet des Hauts-de-Seine était informé de sa prise en charge par le " service des solidarités territoriales 6 " , dès lors que le rapport sur sa situation lui avait été transmis avec sa bonne adresse ;

En ce qui concerne la décision de refus de titre de séjour :

- cette décision est entachée d'incompétence de son auteur ;

- elle est entachée d'insuffisance de motivation ;

- elle est dépourvue d'un examen de sa situation particulière ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire :

- cette décision est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de la décision de refus de titre ;

- elle est entachée d'une erreur de droit, dès lors qu'il aurait du se voir délivrer un titre de séjour de plein droit ;

- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

En ce qui concerne la décision interdisant le retour sur le territoire français :

- cette décision est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de la décision de l'obligeant à quitter le territoire français ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 16 septembre 2022, le préfet des Hauts-de-Seine conclut au rejet de la requête.

Il soutient :

- à titre principal que la requête est tardive ;

- à titre subsidiaire, qu'aucun des moyens soulevés par le requérant ne sont fondés.

M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 5 septembre 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

-la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

-la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

-le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

-le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

-le rapport de Mme A,

-et les observations de Me Achache, représentant M. B.

Considérant ce qui suit :

1. M. C B, ressortissant de la Guinée Conakry né le 14 janvier 2003 est entré en France courant novembre 2018 selon ses déclarations. Il a été pris en charge par l'aide sociale à l'enfance à compter du 14 décembre 2018. Il a sollicité le 17 février 2021 son admission exceptionnelle au séjour sur le fondement de l'article L. 313-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 28 avril 2021, dont le requérant demande au tribunal l'annulation, le préfet des Hauts-de-Seine a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours à destination du pays dont il a la nationalité et lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée d'une année.

Sur la demande d'admission provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle :

2. Il ressort des pièces du dossier que M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 5 septembre 2022 postérieurement à l'introduction de sa requête. Par suite, les conclusions tendant à obtenir l'aide juridictionnelle provisoire sont devenues sans objet.

Sur la fin de non-recevoir tirée de la tardiveté de la requête :

3. Aux termes de l'article L. 512-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " I. ' L'étranger qui fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français sur le fondement des 3°, 5°, 7° ou 8° du I de l'article L. 511-1 ou sur le fondement de l'article L. 511-3-1 et qui dispose du délai de départ volontaire mentionné au premier alinéa du II de l'article L. 511-1 ou au sixième alinéa de l'article L. 511-3-1 peut, dans le délai de trente jours suivant sa notification, demander au tribunal administratif l'annulation de cette décision, ainsi que l'annulation de la décision relative au séjour, de la décision mentionnant le pays de destination et de la décision d'interdiction de retour sur le territoire français ou d'interdiction de circulation sur le territoire français qui l'accompagnent le cas échéant. / L'étranger peut demander le bénéfice de l'aide juridictionnelle au plus tard lors de l'introduction de sa requête en annulation (). ". Aux termes de l'article R. 776-2 du code de justice administrative : " I. - Conformément aux dispositions du I de l'article L. 512-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la notification d'une obligation de quitter le territoire français avec délai de départ volontaire, prise en application des 3°, 5°, 7° ou 8° du I de l'article L. 511-1 ou de l'article L. 511-3-1 du même code, fait courir un délai de trente jours pour contester cette obligation ainsi que les décisions relatives au séjour, au délai de départ volontaire, au pays de renvoi et à l'interdiction de retour ou à l'interdiction de circulation notifiées simultanément. () ".

4. Il incombe à l'administration, lorsqu'elle oppose une fin de non-recevoir tirée de la tardiveté d'une action introduite devant une juridiction administrative, d'établir la date à laquelle la décision attaquée a été régulièrement notifiée à l'intéressé.

5. Le préfet des Hauts-de-Seine établit que le pli recommandé contenant l'arrêté contesté, adressé au nom de M. B à la " Cellule des mineurs isolés " sise 4 avenue Benoit Frachon à Nanterre, a été distribué le 6 mai 2021. Si M. B fait valoir qu'il avait été confié depuis le 4 janvier 2019 au " Service des solidarités territoriales 6 " par une décision judiciaire, ce dont, selon lui, le préfet devait nécessairement en avoir connaissance, il est constant que ce service est domicilié à la même adresse que celle mentionnée ci-dessus, qui est celle que l'intéressé avait mentionné dans sa demande de titre de séjour en date du 11 février 2021. Par suite, et alors que le pli en cause a bien été délivré à cette adresse contre signature, il doit être regardé comme régulièrement notifié le 6 mai 2021. Dans ces conditions et dès lors que l'arrêté attaqué mentionne les voies et délais de recours, la requête de M. B, introduite le 1er juillet 2022, soit après l'expiration du délai de trente jours qui lui était imparti à cette fin, est tardive.

6. Il résulte de ce qui précéde que les conclusions en annulation de l'arrêté du 28 avril 2021 du préfet des Hauts-de-Seine doivent être rejetées. Il est est de même, par voie de conséquence, de celles aux fins d'injonction et d'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

D É C I D E :

Article 1er : Il n'y a plus lieu à statuer sur les conclusions de M. B tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C B, à Me Achache représentant M. B, et au préfet des Hauts-de-Seine.

Délibéré après l'audience du 7 mars 2023, à laquelle siégeaient :

M. Huon, président,

Mme Edert, vice-présidente,

M. Viain, premier conseiller,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 mars 2023.

La rapporteure,

signé

S. A

Le président,

signé

C. HUON

La greffière,

signé

A. TAINSA

La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2209446

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