mercredi 17 août 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2209581 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | ARIGUE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 5 juillet 2022, Mme A B demande au tribunal :
1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 24 juin 2022 par lequel le préfet du Val-d'Oise l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourra être reconduite d'office ;
3°) d'enjoindre au préfet d'effacer le signalement aux fins de non admission dont elle fait l'objet dans le système d'information Schengen.
Elle soutient que :
- l'arrêté contesté est entaché d'incompétence ;
- il a été pris en méconnaissance du principe du respect des droits de la défense ;
- il est entaché d'une insuffisance de motivation ;
- il est entaché d'un défaut d'examen particulier de sa situation ;
- il a été pris avant que ne lui soit notifiée la décision de l'OFPRA ;
- il est entaché d'une erreur de droit ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- il porte une atteinte excessive à son droit de mener une vie privée et familiale ;
- il méconnait l'intérêt supérieur de l'enfant.
Par un mémoire en défense, enregistré le 13 août 2022, le préfet du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme D, conformément à l'article R. 776-13-3 du code de justice administrative, pour statuer en qualité de juge du contentieux de l'éloignement sur les requêtes instruites selon les dispositions de l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Riedinger, magistrate désignée ;
- les observations de Me Arigue, avocate désignée d'office, pour Mme B, qui reprend les conclusions de la requête, à l'exclusion de la demande d'admission à l'aide juridictionnelle provisoire qu'elle abandonne, et les moyens soulevés dans la requête qu'elle précise ;
- le préfet du Val-d'Oise n'étant ni présent, ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, ressortissante ivoirienne née le 20 octobre 1991, est entrée en France le 1er janvier 2017. Elle a sollicité l'asile le 20 décembre 2019. Sa demande a été rejetée par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) du 26 novembre 2021. Par l'arrêté attaqué du 24 juin 2022, le préfet du Val-d'Oise l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourra être reconduite d'office à l'expiration de ce délai.
2. En premier lieu, l'arrêté attaqué a été signé par Mme F C, cheffe du bureau de l'intégration et des naturalisations de la préfecture du Val-d'Oise, qui disposait d'une délégation de signature, consentie par un arrêté n° 22-121 du 13 mai 2022, régulièrement publié le même jour au recueil des actes administratifs de l'Etat dans le Val-d'Oise, aux fins de signer, notamment, toute obligation de quitter le territoire avec fixation ou non d'un délai de départ volontaire ainsi que toute décision fixant le pays de destination. Il s'ensuit que le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté contesté manque en fait et doit être écarté.
3. En deuxième lieu, d'une part, le principe général du droit de l'Union relatif au respect des droits de la défense impose que l'étranger faisant l'objet d'une mesure d'éloignement telle qu'une obligation de quitter le territoire français soit préalablement entendu et mis à même de présenter toute observation utile sur la mesure d'éloignement envisagée. D'autre part, lorsqu'il sollicite la reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection internationale, en raison même de l'accomplissement de cette démarche qui tend à son maintien régulier sur le territoire français, l'intéressé ne saurait ignorer qu'en cas de refus, il pourra faire l'objet d'une mesure d'éloignement.
4. Mme B a sollicité l'asile et a pu dès lors faire valoir, durant la période d'instruction de sa demande par l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides et avant l'intervention de l'arrêté attaqué, les arguments susceptibles de faire échec à une éventuelle mesure d'éloignement. Si elle se prévaut de son état de grossesse, elle n'établit pas, ni même ne soutient, en avoir informé l'administration avant la décision attaquée. Il n'est pas davantage établi qu'elle aurait été empêchée de porter à la connaissance de l'administration toute information utile avant que ne soit pris l'arrêté contesté. Par suite, le moyen tiré de ce que le préfet aurait méconnu le principe général du respect des droits de la défense doit être écarté.
5. En troisième lieu, l'arrêté attaqué, qui n'avait pas à faire état de tous les éléments caractérisant la situation personnelle de la requérante, vise les textes dont il est fait application et mentionne les faits qui en constituent le fondement. L'arrêté indique notamment que l'office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) a rejeté sa demande d'asile par une décision du 26 novembre 2021 notifiée le 9 décembre suivant. Il précise que l'intéressée est de nationalité ivoirienne, qu'elle est entrée France le 1er janvier 2017, qu'elle est célibataire, qu'elle n'établit pas être dépourvue d'attaches familiales dans son pays d'origine ni être exposée à des peines ou traitements contraires à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de retour dans ce pays. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.
6. En quatrième lieu, il ne ressort ni des termes de l'arrêté attaqué, ni des pièces du dossier, que le préfet du Val-d'Oise n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation personnelle de l'intéressée avant de prendre son arrêté.
7. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 542-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " En l'absence de recours contre la décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides dans le délai prévu à l'article L. 532-1, le droit de se maintenir sur le territoire français prend fin à la notification de cette décision () " et aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / () 4° La reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été définitivement refusé à l'étranger ou il ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application des articles L. 542-1 et L. 542-2, à moins qu'il ne soit titulaire de l'un des documents mentionnés au 3° ".
8. Mme B doit être regardée comme soutenant qu'elle bénéficiait du droit de se maintenir sur le territoire français en application des dispositions de l'articles L. 542-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile citées au point précédent dès lors que l'arrêté attaqué aurait été pris avant que ne lui soit notifiée la décision de l'OFPRA rejetant sa demande d'asile. Toutefois, le préfet, en défense, produit un extrait de la base de données " télémofpra ", relative à l'état des procédures de demande d'asile, qui fait foi jusqu'à preuve du contraire en application des dispositions de l'article R. 723-19 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il ressort de ce document que la décision de l'OFPRA du 26 novembre 2021 doit être regardée comme ayant été notifiée à Mme B le 9 décembre suivant, la mention " pli revenu " signifiant qu'elle n'a pas récupéré son pli en instance. Par suite, le moyen tiré de la violation des dispositions de l'articles L. 542-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.
9. En sixième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. () ".
10. Contrairement à ce que fait valoir, à l'audience, l'avocate de Mme B, la circonstance que cette dernière ait accouché d'un enfant en juillet 2022 n'est de pas nature à elle seule à établir qu'elle aurait fixé en France le centre de ses intérêts privés et familiaux. En outre, il ressort des pièces du dossier qu'elle a vécu dans son pays d'origine jusqu'à l'âge de vingt-cinq ans et qu'y résident son premier enfant, né en 2012, et ses sept frères et sœur. Par suite, le préfet du Val-d'Oise n'a pas, en prenant l'arrêté attaqué, porté au droit de l'intéressée au respect de sa vie privée et familiale une atteinte excessive et ainsi méconnu les stipulations, mentionnées au point précédent, de l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes raisons, le préfet n'a pas commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de son arrêté sur la situation personnelle de Mme B. Ces moyens doivent ainsi être écartés.
11. En dernier lieu, les moyens tirés de l'erreur de droit et de l'atteinte portée à l'intérêt supérieur de son enfant ne sont assortis d'aucune précision permettant d'en apprécier le bien-fondé. Ils ne peuvent donc qu'être écartés.
12. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme B doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence et en tout état de cause, ses conclusions à fin d'injonction.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au préfet du Val-d'Oise.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 août 2022.
La magistrate désignée,
signé
V. D
Le greffier,
signé
M. E
La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026