vendredi 15 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2209596 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | MAILLET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 6 juillet 2022 et le 11 juillet 2022, M. C, représenté par Me Maillet, avocat désigné d'office, demande au tribunal :
1°) de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle ;
2°) d'annuler l'arrêté du 5 juillet 2022 par lequel le préfet du Val-d'Oise lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire, a fixé le pays de destination en cas d'exécution d'office et lui a interdit le retour sur le territoire français pendant une durée de un an, en l'informant qu'il fait l'objet d'un signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen ;
3°) d'annuler l'arrêté du même jour par lequel le préfet du Val-d'Oise a prononcé son assignation à résidence pour une durée de quarante-cinq jours ;
4°) d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise de procéder à un nouvel examen de sa situation, sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la notification du présent jugement, et de lui délivrer sans délai une autorisation provisoire de séjour et de lui restituer son passeport ;
5°) d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise de procéder à l'effacement de son signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen qui assortit la décision d'interdiction de retour sur le territoire français ;
6°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
M. C soutient que :
Sur l'obligation de quitter le territoire français :
- l'arrêté contesté a été pris par une autorité incompétente ;
- l'arrêté est insuffisamment motivé ;
- il a été pris sans un examen préalable complet de sa situation personnelle
- il a été pris en méconnaissance du respect des droits de la défense ;
- il est entaché d'une erreur de droit, en ce qu'il ne tient pas compte de ceci qu'à la date de son édiction, sa demande de délivrance d'un titre de séjour n'avait pas fait l'objet d'un refus.
- la décision porte atteinte aux articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît les stipulations de la convention internationale des droits de l'enfant ;
Sur le refus d'octroi d'un délai de départ volontaire :
- l'arrêté contesté a été pris par une autorité incompétente ;
- l'arrêté est insuffisamment motivé ;
- la décision est entachée d'une erreur de droit au regard de l'article L.612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le préfet a commis une erreur d'appréciation aux regards des objectifs de la directive relative aux normes et procédures communes applicables dans les Etats membres au retour des ressortissants de pays tiers en séjour irrégulier du 18 juin 2008 ;
Sur l'interdiction de retour sur le territoire français :
- l'arrêté contesté a été pris par une autorité incompétente ;
- l'arrêté est insuffisamment motivé ;
- la décision est entachée d'une erreur de droit au regard des articles L.612-6 et L.612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision est disproportionnée.
Par un mémoire en défense enregistré le 7 juillet 2022, le préfet du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête.
M. C a produit des pièces supplémentaires enregistrées le 12 juillet 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 12 juillet 2022 :
- le rapport de M. A,
- les observations de Me Maillet qui conclut aux mêmes fins et aux mêmes moyens, et fait valoir en outre que, ayant dû être titulaire d'un récépissé de dépôt de demande de titre de séjour à la date d'édiction de l'arrêté en litige, M. C ne pouvait faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire français.
- les observations de M. C, qui fait valoir l'intensité et la consistance des liens familiaux tissés en France.
- le préfet du Val-d'Oise n'étant ni présent ni représenté.
En application des articles R. 777-3-6 et R. 776-26 du code de justice administrative, la clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, ressortissant algérien né le 19 janvier 1955 est entré sur le territoire français le 4 avril 2022 selon ses déclarations. M. C a été interpellé le 4 juillet 2022 par les services de police d'Enghien-les-bains pour des faits d'exhibitionnisme et d'attouchements sexuels sur des femmes dans une piscine municipale. Il a été constaté lors de cette interpellation l'irrégularité de son séjour sur le territoire français. Par un arrêté du 5 juillet 2022, dont M. C demande l'annulation, le préfet du Val-d'Oise a fait obligation à l'intéressé de quitter le territoire français, l'a assigné à résidence dans le département pour une durée de 45 jours, a fixé le pays de renvoi et lui a interdit le retour sur le territoire français pendant une durée d'un an, en l'informant de son signalement à fin de non-admission dans le système d'information Schengen pendant la durée de cette interdiction.
Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. L'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique dispose : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ". Eu égard aux circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer, en application des dispositions précitées, l'admission provisoire de M. C au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. Aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () 2° L'étranger, entré sur le territoire français sous couvert d'un visa désormais expiré ou, n'étant pas soumis à l'obligation du visa, entré en France plus de trois mois auparavant, s'est maintenu sur le territoire français sans être titulaire d'un titre de séjour ou, le cas échéant, sans demander le renouvellement du titre de séjour () " ; aux termes de l'article R.431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger admis à souscrire une demande de délivrance ou de renouvellement de titre de séjour se voit remettre un récépissé qui autorise sa présence sur le territoire pour la durée qu'il précise. Ce document est revêtu de la signature de l'agent compétent ainsi que du timbre du service chargé, en vertu de l'article R. 431-20, de l'instruction de la demande () ".
4. Il ressort des pièces du dossier que la décision en litige a été prise au visa du 2° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour et du droit d'asile en se fondant sur la circonstance que M. C s'est maintenu sur le territoire français au-delà de la durée de validité de son visa et sans être titulaire d'un titre de séjour. Toutefois, M. C justifie par la production d'un accusé de réception en date du 5 juillet 2022 de la sous-préfecture de Sarcelles du dépôt le 1er juillet d'une demande de titre séjour, dont le fondement est tiré de l'article 7a) de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968. En l'espèce, l'absence de délivrance par l'administration d'un récépissé constatant cette demande, conformément aux dispositions précitées du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ne saurait être imputable au requérant, attendu qu'elle résulte des choix d'organisation des services préfectoraux. Le délai de traitement de cette demande et de la délivrance du récépissé afférent sont ainsi sans incidence sur la réalité de l'examen dont celle-ci fait l'objet. Dans ces conditions, et alors que la décision en litige ne contient aucune référence à cette demande, M. C est fondé à soutenir qu'en lui faisant obligation de quitter le territoire français, le préfet du Val-d'Oise a procédé à un examen insuffisant de sa situation.
5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que M. C est fondé à demander l'annulation la décision du 5 juillet 2022 par laquelle le préfet des Hauts-de-Seine lui a fait obligation de quitter le territoire français comme celle de l'arrêté du même jour par lequel le préfet du Val-d'Oise a prononcé son assignation à résidence pour une durée de quarante-cinq jours. Par voie de conséquence, il est également fondé à demander l'annulation de la décision lui refusant le bénéfice d'un délai de départ volontaire, de celle fixant le pays de destination et de celle lui faisant interdiction de retour sur le territoire français.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
6. Aux termes de l'article L. 614-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Si la décision portant obligation de quitter le territoire français est annulée, il est immédiatement mis fin aux mesures de surveillance prévues aux articles L. 721-6, L. 721-7, L. 731-1, L. 731-3, L. 741-1 et L. 743-13, et l'étranger est muni d'une autorisation provisoire de séjour jusqu'à ce que l'autorité administrative ait à nouveau statué sur son cas ".
7. En application de ces dispositions, il est enjoint au préfet du Val-d'Oise de réexaminer la situation de M. C, dans le délai d'un mois courant à compter de la présente décision, et, dans l'attente, de munir l'intéressé d'une autorisation provisoire de séjour, sans qu'il soit nécessaire, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction de conditions d'astreinte.
Sur les frais du litige :
8. Sous réserve de l'admission définitive du requérant au bénéfice de l'aide juridictionnelle, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat, sur le fondement des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, la somme de 900 euros à verser à Me Maillet, sous réserve de la renonciation de Me Maillet à percevoir la part de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.
D E C I D E :
Article 1er : M. C est admis, à titre provisoire, à l'aide juridictionnelle.
Article 2 : L'arrêté du 5 juillet 2022 portant obligation à quitter le territoire français du préfet du Val-d'Oise est annulé.
Article 3 : L'arrêté du 5 juillet 2022 portant assignation à résidence du préfet du Val-d'Oise est annulé.
Article 4 : Il est enjoint au préfet du Val-d'Oise de réexaminer la situation de
M. C, dans le délai d'un mois courant à compter de la présente décision et, dans l'attente, de munir l'intéressé d'une autorisation provisoire de séjour, sans qu'il soit nécessaire d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Article 5 : Sous réserve de l'admission définitive de M. C à l'aide juridictionnelle et de la renonciation de Me Maillet au bénéfice la contribution de l'Etat à l'aide juridictionnelle, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat, la somme de 900 euros à verser à Me Maillet, sur le fondement des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. B C, à Me Maillet et au préfet du Val-d'Oise.
Rendu public par mise à disposition du greffe le 15 juillet 2022.
Le magistrat désigné,
signé
F. A La greffière,
signé
K. DIENG
La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026