vendredi 29 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2209685 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | SCP SARTORIO LONQUEUE SAGALOVITSCH & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 6 et 18 juillet 2022, la société WB ISSY LES MOULINEAUX, représentée par Me Majeul, demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de l'arrêté du 22 juin 2022 par lequel le maire de la commune d'Issy-les-Moulineaux s'est opposé à la déclaration préalable de travaux qu'elle a déposée relatifs à la modification de la devanture du local commercial qu'elle exploite ;
2°) de mettre à la charge de la commune d'Issy-les-Moulineaux la somme de 3 600 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence est présumée remplie, dès lors que la société est dans l'impossibilité matérielle de poursuivre le projet professionnel qui a justifié l'acquisition du local commercial ; en outre, l'arrêté litigieux impacte fortement son chiffre d'affaires et compromet son existence même ainsi qu'elle en justifie.
- il existe plusieurs moyens de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté attaqué :
. il a été signé par une autorité dont la compétence n'est pas établie ;
. il est insuffisamment motivé dès lors que le maire n'apporte aucune preuve probante de l'impact du projet sur la tranquillité des riverains ;
. il est entaché d'une erreur de droit dès lors que la commune se fonde sur les dispositions du règlement de copropriété ;
. il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation en ce que le projet ne s'intégrerait pas dans son environnement proche ;
. il est contraire au principe d'égalité, dès lors qu'aucun motif objectivement appréciable ne fonde le refus de la déclaration préalable ;
. il est entaché d'un détournement de pouvoir, dès lors que l'arrêté contesté a pour seul objet de satisfaire les intérêts privés des copropriétaires de l'immeuble où se situe le local.
Par un mémoire en défense, enregistré le 18 juillet 2022, la commune d'Issy-les-Moulineaux, représentée par Me Rivoire, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge des requérants la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- l'urgence n'est pas établie dès lors que l'arrêté en litige ne concerne que les travaux de modification de la devanture du local commercial ; la société requérante peut procéder à la rénovation de l'intérieur des locaux ; elle ne justifie pas des investissements allégués ; la société requérante a fait preuve d'imprudence dès lors qu'elle a débuté les travaux avant même l'expiration du délai d'instruction d'un mois de la demande de déclaration préalable de travaux ; postérieurement à l'édiction de l'arrêté en litige s'opposant à la demande de déclaration des travaux, la société requérante a poursuivi les travaux ;
- Aucun des moyens invoqués n'est de nature à faire naitre un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête n° 2209685 enregistrée le 19 juillet 2022, par laquelle la société WB ISSY LES MOULINEAUX demande l'annulation de la décision contestée.
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme le Griel, pour statuer sur les demandes de référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience publique le 19 juillet 2022 à 9 heures 15.
Ont été entendus au cours de l'audience publique, tenue en présence de Mme El Moctar, greffière d'audience :
- le rapport de Mme Le Griel, juge des référés ;
- les observations orales de Me Maujeul représentant la société WB ISSY-LES-MOULINEAUX, qui confirme les conclusions de la requête par les mêmes moyens. Il insiste sur l'urgence de la situation. Il indique que la société a été créée en avril uniquement pour exploiter ce restaurant. Il fait valoir que l'impossibilité de réaliser les travaux de modification de la devanture empêche l'ouverture au public. Il insiste sur le caractère substantiel de la réalisation des travaux de devanture et d'apposition de l'enseigne laquelle constitue un attribut essentiel d'un commerce. Il reprend le moyen tiré de l'erreur de droit en ce que la décision est fondée sur la méconnaissance du règlement de copropriété, qui ne constitue pas un règlement d'urbanisme. Il fait également valoir que l'ouverture de ce commerce n'aura aucune incidence en terme de sécurité publique dans la mesure où il n'y a pas de prestation de livraison mais exclusivement de la vente à consommer sur place et à emporter et qu'en tout état de cause la configuration des lieux même en cas de présence de livreur en deux roues motorisés ne porterait pas atteinte à la sécurité publique. Il ajoute que l'arrêté attaqué est entaché d'une erreur d'appréciation dès lors que le projet de devanture envisagé est sobre et élégant et se fond dans l'environnement ;
- Et les observations de Me Santangelo qui confirme ses écritures et fait valoir que la condition de l'urgence n'est pas remplie dès lors que les travaux ont été engagés ainsi qu'il résulte du procès-verbal de constat le 15 juin dernier, établi par les services de la commune, le maire ayant à ce titre pris un arrêté d'interdiction de poursuivre les travaux le 22 juin 2022. Elle soutient également que la décision attaquée ne mentionne pas que le seul règlement de copropriété, mais également et notamment l'article R. 111.5 du code de l'urbanisme et de la construction. Elle insiste à ce titre sur la circonstance que ce commerce comporte également des prestations de livraison par des livreurs en deux roues motorisés qui encombreront le domaine public et notamment le trottoir. Elle rappelle par ailleurs que le projet dispose d'un impact visuel notamment eu égard à l'apposition d'une enseigne d'un jaune criard qui ne se fond pas dans l'environnement avoisinant qui présente un intérêt historique dès lors qu'une enseigne constituée d'une réplique de la tour Eiffel classée monument historique est apposée sur la façade de l'immeuble face à au projet.
La clôture de l'instruction a été différée en dernier lieu au 21 juillet 2022 à 14 heures 00.
Des pièces complémentaires ont été enregistrées le 19 juillet 2022 à 14 h 59 pour la commune d'Issy-les-Moulineaux.
Par un mémoire enregistré le 19 juillet 2022 à 17 h 40, la société WB Issy-les-Moulineaux, persiste dans ses précédentes écritures.
Elle soutient que l'accessibilité à son local est parfaitement sécurisée et n'est pas de nature à occasionner un quelconque trouble à la sécurité publique ; les pièces produites par la commune prouvent qu'elle n'assure aucun service de livraison et ne détient pas de véhicules deux roues chargés de livraison ; les avis rendus par les commissions de sécurité et d'accessibilité confirment la parfaite accessibilité et sécurité du local ; ces avis ne valent pas autorisation d'ouverture ; le procès-verbal de constat et l'arrêté d'interruption des travaux pris par la commune confirment qu'elle a simplement retiré l'enseigne existante et a apposé une affiche commerciale sur l'ensemble de la vitrine pour protéger cette dernière des travaux intérieurs et pour sécuriser le local.
Par un mémoire enregistré le 20 juillet 2022 à 18 h 29 la commune d'Issy-les- Moulineaux demande au tribunal de lui allouer le bénéfice de ses précédentes écritures.
Elle fait valoir que la condition d'urgence n'est pas remplie dès lors ainsi qu'elle en justifie que les travaux de la devanture du local concerné sont presque achevés et qu'il manque simplement l'apposition du nom de l'enseigne d'une couleur jaune et que l'établissement est ouvert au public ; elle fait également valoir que les riverains ont alerté les services de la ville que l'établissement était ouvert au public et que ces derniers font mention d'un attroupement de livreurs sur la voie publique.
La société WB Issy-les-Moulineaux a produit des observations enregistrées le 21 juillet 2022 à 13h 51 qui n'ont pas été communiquées.
Considérant ce qui suit :
1. La société WB Issy-les-Moulineaux a pris à bail un local commercial sis 33 rue Ernest Renan à Issy-les-Moulineaux, parcelle cadastrée section AB n°127, pour y exploiter sous l'enseigne " FIVE PIZZA ORIGINAL " une entreprise de restauration sur place et à emporter. Elle a déposé le 31 mai 2022 une déclaration préalable n° 92040 22 0108 pour la réalisation de travaux portant sur la façade du local et la pose d'une enseigne. Par un arrêté du 22 juin 2022, le maire d'Issy-les-Moulineaux a fait opposition à la déclaration préalable de travaux. Par la présente requête, la société WB Issy-les-Moulineaux demande au juge des référés, statuant en application des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de cet arrêté.
2. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient ainsi au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement et compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire.
3. Pour établir l'urgence particulière qu'il y aurait à ordonner la suspension de l'exécution de l'arrêté du 22 juin 2022 portant opposition à sa déclaration préalable de travaux déposée le 31 mai 2022, la société WB Issy-les-Moulineaux soutient que cet arrêté l'empêche d'exploiter son local commercial, menaçant ainsi son existence même, dans la mesure où sa seule activité consiste à exploiter son restaurant sis 33 rue Ernest Renan. Elle indique également qu'elle a réalisé d'importants investissements qu'elle ne peut amortir en l'absence d'exploitation de son commerce et a débuté une campagne de recrutement de personnel en formant celui-ci. Elle fait également valoir qu'en cas de non ouverture de son restaurant, elle ne pourra faire face à son passif et devra se résoudre à engager une procédure collective, ainsi qu'elle en justifie par la production d'un rapport de mission d'établissement d'informations financières prévisionnelles réalisé par un expert-comptable le 4 juillet 2022, faisant mention d'un risque de cessation de paiement dès la fin du mois de juillet. Toutefois, il résulte des derniers éléments produits, et notamment de photographies produites par la commune que, à la date de la présente ordonnance, les travaux de la façade ont été réalisés pour l'essentiel, laquelle est rénovée et repeinte en couleur grise, en méconnaissance de l'interdiction de poursuivre les travaux et de l'opposition à la déclaration préalable des travaux. Il apparaît ainsi qu'il ne demeure à réaliser sur la devanture que la seule apposition de l'enseigne en lettre jaune. Selon ces mêmes photographies, un drapeau publicitaire personnalisé permettant de promouvoir ce restaurant est également posé devant la devanture. Enfin, il apparaît sans ambiguïté sur ces photographies que le commerce a ouvert à la clientèle sans pour autant en outre qu'il ne soit établi ou même allégué que l'arrêté d'autorisation d'ouverture ait été édicté. Dans ces conditions, et alors en outre que la société requérante n'a respecté ni la décision en litige ni l'arrêté interruptif des travaux pris le 27 juin dernier par le maire de la commune, elle ne saurait être regardée comme démontrant, à la date de la présente ordonnance, l'existence d'une situation d'urgence au sens de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.
4. Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins de suspension de la requête de la société WB Issy-les-Moulineaux ainsi que, par voie de conséquence, celles présentées au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées. En revanche, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la société WB Issy-Les-Moulineaux, le versement d'une somme de 1 000 euros à la commune d'Issy-Les-Moulineaux sur le fondement de ces mêmes dispositions.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de la WB Issy-Les-Moulineaux est rejetée.
Article 2 : la société WB Issy-les-Moulineaux versera la somme de 1 000 euros à la commune d'Issy les Moulineaux sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la WB Issy-les-Moulineaux et à la commune d'Issy-les-Moulineaux.
Fait à Cergy, le 29 juillet 2021.
signé
La juge des référés
La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2209685
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026