mardi 2 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2209996 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 8ème Chambre |
| Avocat requérant | HADDAD-MOUTIER SOCIETE D'AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 23 juin et 9 novembre 2022, M. A B et Mme C D, représentés par Me Haddad, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 2 mai 2022 par lequel le maire de la commune de Groslay a mis M. B et Mme D en demeure de procéder, dans un délai de quinze jours, à l'enlèvement de toutes les constructions existantes sur le terrain sis 58 rue de Montmagny dont ils sont propriétaires, sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Groslay la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- les constructions édifiées respectent les dispositions de la zone AUH du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Groslay ;
- elles sont autorisées, dès lors qu'elles s'inscrivent dans le prolongement des travaux de raccordement au tout à l'égout et les demandes de branchement à l'eau ainsi qu'à l'électricité qui ont été autorisés par une décision du maire en date du 30 juin 2020 ;
- l'arrêté porte une atteinte non justifiée et disproportionnée à leur droit au respect du domicile et à mener une vie familiale normale au sens de l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales, dès lors que l'arrêté empêche les propriétaires de stationner sur leur terrain avec leurs caravanes ; l'un de leurs enfants atteint d'autisme nécessite un suivi médico-social adapté, et un autre de leurs enfants est scolarisé sur la commune de Groslay.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 octobre 2022, la commune de Groslay conclut au rejet de la requête et à ce que les requérants soient condamnés aux entiers dépens.
Elle fait valoir que :
- les dispositions du règlement de la zone AUH du plan local d'urbanisme interdisent les constructions à usage d'habitation, à l'exception des constructions rendues nécessaires pour le gardiennage des activités éventuellement autorisées ;
- le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme est inopérant, dès lors que l'arrêté contesté ne concerne que les constructions édifiées sur la parcelle en méconnaissance de la réglementation d'urbanisme et n'a pas vocation à interdire la présence de caravanes.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Bertoncini, président-rapporteur,
- les conclusions de M. Bories, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B et Mme C D sont propriétaires d'un terrain cadastré section AK n°314, situé au 58,rue de Montmagny à Groslay (95410) classé en zone AUH du plan local d'urbanisme. Par un procès-verbal du 21 février 2022, un agent assermenté de la commune a constaté une infraction à la réglementation d'urbanisme par la présence d'une construction type " algéco " d'environ 40 m2 située à l'arrière de la parcelle ainsi qu'une construction en dur d'environ 5m2 située au milieu de la parcelle et accolée à la limite séparative Nord. Par un arrêté en date du 2 mai 2022, le maire de la commune de Groslay a mis en demeure de régulariser la situation sur le terrain en enlevant toutes les constructions présentes dans un délai de quinze jours et sous astreinte de 500 euros par jour de retard. Par la présente requête, M. B et Mme D demandent l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 481-1 du code de l'urbanisme : " I.- Lorsque des travaux mentionnés aux articles L. 421-1 à L. 421-5 ont été entrepris ou exécutés en méconnaissance des obligations imposées par les titres Ier à VII du présent livre et les règlements pris pour leur application ainsi que des obligations mentionnées à l'article L. 610-1 ou en méconnaissance des prescriptions imposées par un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou par la décision prise sur une déclaration préalable et qu'un procès-verbal a été dressé en application de l'article L. 480-1, indépendamment des poursuites pénales qui peuvent être exercées pour réprimer l'infraction constatée, l'autorité compétente mentionnée aux articles L. 422-1 à L. 422-3-1 peut, après avoir invité l'intéressé à présenter ses observations, le mettre en demeure, dans un délai qu'elle détermine, soit de procéder aux opérations nécessaires à la mise en conformité de la construction, de l'aménagement, de l'installation ou des travaux en cause aux dispositions dont la méconnaissance a été constatée, soit de déposer, selon le cas, une demande d'autorisation ou une déclaration préalable visant à leur régularisation. () ".
3. L'article UAH 1 du plan local d'urbanisme de la commune de Groslay, prévoit que sont interdites : " Les constructions à usage d'habitation hormis celles strictement indispensables à la surveillance ou au gardiennage des établissements existants ou autorisés. / - Les affouillements et les exhaussements des sols qui ne seraient pas directement liés aux travaux de construction autorisés, de voirie ou de réseaux divers, ainsi qu'aux aménagements paysagers. / - Le stationnement des caravanes à l'exclusion de celui d'une caravane non habitée dans des bâtiments et remises sur le terrain où est implantée la construction constituant la résidence de l'utilisateur. "
4. Il ressort des pièces du dossier, notamment du procès-verbal en date du 3 mai 2022, que les constructions réalisées sans autorisation d'urbanisme d'un bâtiment type " algéco " d'environ 40m2, et d'un bâtiment en dur d'environ 5m2 sur la parcelle AK n° 314, ne respectent pas les dispositions de l'article UAH 1 du règlement du plan local d'urbanisme dès lors que l'urbanisation de la zone UAH ne peut être autorisée que dans des conditions particulières, et sous réserve d'avoir été expressément autorisées par l'autorité administrative compétente. Dans ces conditions, leur auteur pouvait légalement faire l'objet d'une mise en demeure de régulariser la situation du terrain sur le fondement des dispositions de l'article L. 481-1 du code de l'urbanisme. La circonstance que le maire aurait autorisé, par un courrier du 30 juin 2020, des travaux de raccordement est par ailleurs sans incidence sur l'illégalité des constructions édifiées.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale ".
6. D'une part, le classement de la parcelle en zone UAH a été mis à la connaissance des requérants avant même son acquisition, dès lors qu'un certificat d'urbanisme en date du 20 novembre 2017 informait expressément les demandeurs que " le terrain ne peut être utilisé pour une construction à titre individuel ". D'autre part, des travaux de viabilisation sur le même terrain ont fait l'objet d'un arrêté interruptif le 23 août 2021, au motif notamment que le terrain, situé en zone à urbaniser sous forme d'une opération d'ensemble, ne pouvait être viabilisé pour une opération d'habitation individuelle ou d'un aménagement de terrain pour le stationnement de caravanes à titre de résidence permanente. Dans ces conditions, les requérants, qui ne pouvaient légitimement ignorer qu'ils ne pouvaient édifier des constructions sur le terrain, ne sont pas fondés à soutenir que l'arrêté attaqué méconnaitrait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
7. Il résulte de tout ce qui précède que M. B et Mme D ne sont pas fondés à demander l'annulation de l'arrêté attaqué du 2 mai 2022.
Sur les frais liés au litige :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Groslay, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que M. B et Mme D demandent au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
9. Par ailleurs, il n'y a pas lieu, dans les circonstances particulières de l'espèce, de faire droit aux conclusions de la commune de Groslay présentées sur le fondement des mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A B et Mme C D est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune de Groslay présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, Mme C D et à la commune de Groslay.
Délibéré après l'audience du 12 juin 2024, à laquelle siégeaient :
M. Bertoncini, président,
Mme Saïh, première conseillère,
Mme Cuisinier-Heissler, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 juillet 2024.
Le président-rapporteur,
Signé
T. Bertoncini
L'assesseure la plus ancienne
dans l'ordre du tableau,
Signé
Z. SaïhLa greffière,
Signé
N. Magen
La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026