jeudi 18 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2210011 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SELARL VERPONT AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
I- Par une requête enregistrée le 12 juillet 2022 sous le n° 2210011 et des mémoires, enregistrés les 9 mars, 11 avril et 5 mai 2023, M. I D, M. F A, Mme K E veuve B, M. et Mme J et H G, représentés par Me Maury, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 13 janvier 2022 par lequel le maire de la commune de Saint-Gratien a délivré à la SCCV 2 J Dartis un permis de construire au 2 rue J Dartis dans la commune ensemble la décision de rejet de leur recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Gratien une somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
le permis de construire méconnaît les dispositions de l'article R. 423-53 du code de l'urbanisme, dès lors que l'avis de la commune d'Enghien sur le projet n'a pas été recueilli ;
- il méconnaît les dispositions de l'article UG1 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Saint-Gratien, dès lors qu'il comporte une façade de plus de 20 mètres;
-il méconnaît les dispositions de l'article UG 10 du règlement du plan local d'urbanisme, dès lors qu'il excède la hauteur autorisée de 7 mètres;
- il méconnaît les dispositions de l'article UG11 du règlement du plan local d'urbanisme, dès lors qu'il porte atteinte aux lieux avoisinants, que ses façades latérales ne sont pas traitées avec le même soin que les façades principales en raison de l'isolement thermique par l'extérieur, que la pente des toitures est inférieure à 30 %, qu'une lucarne " en chien assis " en façade nord et un vaste patio dénaturent l'esthétique du bâtiment ;
-il méconnaît les dispositions de l'article UG 9 du règlement du plan local d'urbanisme, dès lors que l'emprise du projet excède la limite de 40 % du terrain d'assiette ;
-il méconnaît les dispositions de l'article UG8 du règlement du plan local d'urbanisme, dès lors qu'une construction séparée du bâtiment principal à l'ouest du terrain d'assiette est implantée à moins de 4 mètres de ce bâtiment ;
-il méconnaît les dispositions de l'article UG 6 du règlement du plan local d'urbanisme, dès lors qu'une construction séparée du bâtiment principal à l'ouest du terrain d'assiette est implantée à moins de 4 mètres de l'alignement ;
-il méconnaît les dispositions de l'article UG 7 du règlement du plan local d'urbanisme, dès lors que la façade Est et Ouest sont implantées en limite séparative alors qu'elles comportent des baies ;
-il méconnaît les dispositions de l'article UG 12 du règlement du plan local d'urbanisme, dès lors que le projet aura pour conséquence d'augmenter le trafic dans la rue J Dartis alors que celle-ci est à double sens mais ne comporte qu'une seule voie de circulation ;
- il méconnaît les dispositions de l'article UG 3 du règlement du plan local d'urbanisme, dès lors que l'accès au parc de stationnement ne permet pas aux véhicules d'entrer et de sortir de celui-ci dans des conditions de sécurité satisfaisantes.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 7 novembre 2022 et 24 avril 2023, la commune de Saint-Gratien, représentée par Me Lalanne, conclut au rejet de la requête et demande que soit mise à la charge des requérants la somme de 3 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La commune soutient que :
- à titre principal que la requête est irrecevable, le recours de Mme B étant tardif, dès lors qu'elle n'a pas formé de recours gracieux contre l'arrêté du 13 janvier 2022, et les requérants ne justifiant pas de leur intérêt à agir ;
- à titre subsidiaire qu'aucun des moyens soulevés par les requérants n'est fondé.
Par des mémoires enregistrés le 18 novembre 2022 et le 25 avril 2023, la SCCV 2 J Dartis, représentée par Me Abrassart, conclut au rejet de la requête et demande que soit mise à la charge des requérants la somme de 5 000 euros au en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- à titre principal que la requête est partiellement irrecevable, MM D, A, C et L ne justifiant pas d'un intérêt à agir, et que le recours de Mme B est tardif ;
- à titre subsidiaire, qu'aucun des moyens soulevés par les requérants n'est fondé.
Par ordonnance du 10 mai 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 1er juin 2023.
II. - Par une requête enregistrée le 9 mars 2023 sous le numéro 2303244 et des mémoires, enregistrés les 12 avril 2023 et 23 mai 2023, M. I D, M. F A, Mme K B, M. et Mme J et H G, représentés par Me Céline Maury, demandent au tribunal :
1°)d'annuler l'arrêté du 18 octobre 2022 par lequel par lequel le maire de la commune de Saint-Gratien a délivré à la SCCV 2 J Dartis un permis de construire modificatif au 2 rue J Dartis dans la commune.
2°)de mettre à la charge de la commune de Saint-Gratien une somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- le permis de construire méconnaît les dispositions de l'article R. 423-53 du code de l'urbanisme, dès lors que l'avis de la commune d'Enghien sur le projet n'a pas été recueilli ;
- il méconnaît les dispositions de l'article UG 1 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Saint-Gratien, dès lors qu'il comporte une façade de plus de 20 métres ;
-il méconnaît les dispositions de l'article UG 10 du règlement du plan local d'urbanisme, dès lors qu'il excède la hauteur autorisée de 7 mètres ;
- il méconnaît les dispositions de l'article UG 11 règlement du plan local d'urbanisme, dès lors qu'il porte atteinte aux lieux avoisinants, que ses façades latérales ne sont pas traitées avec le même soin que les façades principales en raison du parti d'un isolement thermique par l'extérieur, que la pente des toitures est inférieure à 30 %, qu'une lucarne " en chien assis " en façade nord et un vaste patio dénaturent l'esthétique du bâtiment ;
-il méconnaît les dispositions de l'article UG 9 du règlement du plan local d'urbanisme, dès lors que l'emprise du projet excède la limite de 40 % du terrain d'assiette ;
- il méconnaît les dispositions de l'article UG 7 du règlement du plan local d'urbanisme, dès lors que la façade Est et Ouest sont implantées en limite séparative alors qu'elles comportent des baies ;
-il méconnaît les dispositions de l'article UG 12 du règlement du plan local d'urbanisme, dès lors que le projet l aura pour conséquence d'augmenter le trafic dans la rue J Dartis alors que celle-ci est à double sens mais ne comporte qu'une seule voie de circulation ;
- il méconnaît les dispositions de l'article UG 3 du règlement du plan local d'urbanisme, dès lors que l'accès au parc de stationnement ne permet pas aux véhicules d'entrer et de sortir de celui-ci dans des conditions de sécurité satisfaisantes.
Par un mémoire en défense, enregistré le 18 septembre 2023, la commune de Saint-Gratien conclut au rejet de la requête et demande que soit mise à la charge des requérants la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- à titre principal que la requête est irrecevable en méconnaissance de l'article L. 600-5-2 du code d'urbanisme ;
- à titre subsidiaire qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Par un mémoire enregistré le 19 septembre 2023, la SCCV 2 J Dartis, représentée par Me Abrassart, conclut au rejet de la requête et demande que soit mise à la charge des requérants la somme de 5 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
à titre principal que la requête est irrecevable en méconnaissance de l'article L. 600-5-2 du code d'urbanisme ;
- à titre subsidiaire qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Les parties ont été informées le 22 mai 2023, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 600-5-2 du code de l'urbanisme.
Une réponse à ce courrier présentée pour les requérants par Me Maury a été enregistré le 23 mai 2023
Par ordonnance du 21 novembre 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 5 décembre 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
-le code de l'urbanisme ;
-le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
-le rapport de M. Baude, rapporteur,
-les conclusions de M. Louvel, rapporteur public,
-et les observations de Me Lalanne, représentant la commune de Saint-Gratien et Me Desbruéres-Abrassart représentant la SCCV 2 J Dartis.
Considérant ce qui suit :
1. Par une requête n° 2210011 M. I D, M. F A, Mme K E veuve B, M. et Mme J et H G demandent au tribunal d'annuler l'arrêté du 13 janvier 2022 par lequel le maire de la commune de Saint-Gratien a délivré à la SCCV 2 J Dartis un permis de construire en vue de réhabiliter et de transformer en immeuble de logements collectifs un entrepôt situé 2 rue J Dartis dans la commune. Par une requête n° 2303244, M. I D et autres demandent au tribunal d'annuler l'arrêté du 18 octobre 2022, par laquelle le maire de la commune de Saint-Gratien a délivré à la SCCV 2 J Dartis un permis de construire modificatif.
Sur la jonction :
2. Les requêtes susvisées n° 2210011 et 2303244, présentées par les mêmes requérants, présentent à juger des questions semblables et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
Sur la fin de non-recevoir tiré de l'intérêt à agir des requérants :
3. Aux termes de l'article L. 600-1-2 du même code : " Une personne autre que l'Etat, les collectivités territoriales ou leurs groupements ou une association n'est recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre une décision relative à l'occupation ou à l'utilisation du sol régie par le présent code que si la construction, l'aménagement ou le projet autorisé sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient ou occupe régulièrement ou pour lequel elle bénéficie d'une promesse de vente, de bail, ou d'un contrat préliminaire mentionné à l'article L. 261-15 du code de la construction et de l'habitation ".
4. Il résulte de ces dispositions qu'il appartient, en particulier, à tout requérant qui saisit le juge administratif d'un recours pour excès de pouvoir tendant à l'annulation d'un permis de construire, de démolir ou d'aménager, de préciser l'atteinte qu'il invoque pour justifier d'un intérêt lui donnant qualité pour agir, en faisant état de tous éléments suffisamment précis et étayés de nature à établir que cette atteinte est susceptible d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de son bien. Lorsque le requérant, sans avoir contesté le permis initial, forme un recours contre un permis de construire modificatif, son intérêt pour agir doit être apprécié au regard de la portée des modifications apportées par le permis modificatif au projet de construction initialement autorisé. Il appartient dans tous les cas au défendeur, s'il entend contester l'intérêt à agir du requérant, d'apporter tous éléments de nature à établir que les atteintes alléguées sont dépourvues de réalité. Le juge de l'excès de pouvoir apprécie la recevabilité de la requête au vu des éléments ainsi versés au dossier par les parties, en écartant le cas échéant les allégations qu'il jugerait insuffisamment étayées mais sans pour autant exiger de l'auteur du recours qu'il apporte la preuve du caractère certain des atteintes qu'il invoque au soutien de la recevabilité de celui-ci. Eu égard à sa situation particulière, le voisin immédiat justifie, en principe, d'un intérêt à agir lorsqu'il fait état devant le juge, qui statue au vu de l'ensemble des pièces du dossier, d'éléments relatifs à la nature, à l'importance ou à la localisation du projet de construction.
5. D'une part, il ressort des pièces du dossier que M. I D, M. F A, M. et Mme J et H G résident à proximité du terrain d'assiette du projet sans en être voisins immédiats. Toutefois, en se bornant à faire valoir pour justifier de leur intérêt à agir à l'encontre du permis de construire initial, que leurs maisons disposent de vues sur le projet et que la circulation dans la rue J Dartis est difficile en raison de son étroitesse et de sa longueur, ils ne précisent pas en quoi le projet portera atteinte aux conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de leur bien, une telle atteinte ne pouvant être déduite de la seule présentation des caractéristiques du projet et de son environnement, alors que ce projet s'inscrit dans l'enveloppe du bâtiment existant dont il ne modifie pas les façades, l'implantation ni le volume. Par ailleurs, pour justifier de leur intérêt à agir à l'encontre du permis de construire modificatif, les requérants indiquent que ce permis porte de 7 à 8 le nombre de logements et de 15 à 16 le nombre de places de stationnement du projet. Toutefois ils n'établissent pas que cette augmentation limitée, qui s'inscrit dans le même volume habitable que le projet initial, est de nature à leur causer un préjudice lié spécifiquement à l'objet du permis de construire modificatif. Il s'ensuit qu'ils ne caractérisent pas leur intérêt à agir à l'encontre des arrêtés attaqués.
6. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que Mme B, dont la maison est située directement en vis-à-vis de la façade nord du projet, de l'autre côté de la rue J Dartis, dont la largeur n'excède pas 6 mètres, est voisine immédiate de celui-ci. Elle fait état d'éléments relatifs à la nature, à l'importance et à la localisation du projet de construction. Par suite, Mme B justifie d'un intérêt à agir suffisant.
7. Il résulte de ce qui précède que seule Mme B justifie d'un intérêt à agir contre les arrêtés attaqués.
Sur l'exception de tardiveté soulevée en défense s'agissant de la requête n° 2210011 portant permis de construire initial :
8. Aux termes l'article R. 600-2 du code de l'urbanisme : " Le délai de recours contentieux à l'encontre d'une décision de non-opposition à une déclaration préalable ou d'un permis de construire, d'aménager ou de démolir court à l'égard des tiers à compter du premier jour d'une période continue de deux mois d'affichage sur le terrain des pièces mentionnées à l'article R. 424-15 ".
9. Il ressort des pièces du dossier et il n'est pas contesté que le permis de construire initial a été affiché de manière continue pendant une durée de deux mois à compter du 19 janvier 2022. Mme B, voisine immédiate du projet qui n'a pas exercé de recours gracieux contre l'arrêté du 13 janvier 2022, n'a introduit sa requête à l'encontre du permis de construire initial, que le 12 juillet 2022 soit au-delà du délai de deux mois prévus par les dispositions précitées. Par suite, ainsi que le soutient la défense, sa demande est tardive.
10. Il résulte de tout ce qui précède que la requête 2210011 doit être rejetée.
Sur les conclusions en annulation de l'arrêté du 18 octobre 2022 portant permis de construire modificatif s'agissant de la requête n° 2303244 :
11. En premier lieu, aux termes de l'article R. 453-53 du code de l'urbanisme : " Lorsque le projet aurait pour effet la création ou la modification d'un accès à une voie publique dont la gestion ne relève pas de l'autorité compétente pour délivrer le permis, celle-ci consulte l'autorité ou le service gestionnaire de cette voie, sauf lorsque le plan local d'urbanisme ou le document d'urbanisme en tenant lieu réglemente de façon particulière les conditions d'accès à ladite voie."
12. Il ressort des pièces du dossier que la commune voisine d'Enghien-les-Bains a émis un avis favorable sur le permis de construire le 28 décembre 2021. Toutefois, la nature des modifications apportées au projet initial par le permis de construire modificatif n'impliquaient pas que cet avis soit à nouveau sollicité, sur les modifications envisagées. En effet les seules réserves que la commune d'Enghien-les Bains avaient émises, portaient sur l'installation d'un ascenseur à voitures ne comportant pas d'espace d'attente en dehors de la voie publique. Cette solution a finalement été abandonnée par le constructeur, le permis de construire modificatif comportant désormais une rampe d'accès avec un espace d'attente en dehors de la voie publique. Par suite, en l'absence de modification de l'accès à une voie publique, il y a lieu d'écarter le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées.
13. En deuxième lieu, aux termes de l'article UG 1 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Saint-Gratien : " Types d'occupation et d'utilisation du sol interdits. Les constructions et les groupements de constructions à usage d'activités industrielles et artisanales. La construction ou l'extension d'équipements d'intérêts collectifs. Les constructions à usage de bureaux autres que celles autorisées à l'article UG2, à l'exception des secteurs UGa et UGb. Les constructions à usage d'habitation dont la longueur de façade est supérieure à 20 m, à l'exception des secteurs UGa, UGb et UGc. Dans le cas d'une extension d'une maison d'habitation existante, cette longueur est portée à 25m en zone UG. Dans la zone UG à l'exception des secteurs UGa et UGb, au-delà de la bande de 25m toute construction à l'exception de celles autorisées à l'article UG2. En UGp, toute construction nouvelle sauf celles autorisées à UG2. () ".
14. Le permis de construire modificatif n'a pas eu pour objet de modifier la longueur de la façade du bâtiment autorisé par le permis de construire initial, ni sa destination à usage d'habitation. Dès lors il y a lieu d'écarter comme inopérant le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées.
15. En troisième lieu, aux termes de l'article UG 10 du règlement du plan local d'urbanisme, la hauteur des constructions, mesurée à partir du sol naturel ne peut excéder 3 niveaux soit 7 mètres. L'article 10 de l'annexe du règlement consacrée aux définitions fixe cette hauteur à l'égout du toit pour les constructions ayant, comme en l'espèce, des toitures à pentes uniformes.
16. Le permis de construire modificatif attaqué n'a pas eu pour objet de modifier la hauteur du bâtiment autorisée par le permis de construire initial. Par suite, Mme B n'est pas fondée à se prévaloir utilement de ces dispositions. Il y a lieu d'écarter comme inopérant le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées.
17. En quatrième lieu, aux termes de l'article UG 11 du règlement du plan local d'urbanisme : " Aspect extérieur. Dispositions générales. Le permis de construire ou les travaux soumis à déclaration peuvent être refusés, si les constructions par leur situation, leur architecture, leurs dimensions et notamment l'aspect extérieur des bâtiments à édifier ou à modifier sont de nature à porter atteinte au caractère et à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales (article R. 111-27 du Code de l'Urbanisme). Nature des matériaux. En règle générale, l'unité d'aspect de la construction sera recherchée par un traitement de même qualité pour l'ensemble des façades (matériaux et colorations). Sont interdits : L'emploi à nu en parement extérieur de matériaux destinés à être recouverts d'un enduit ou autre élément de revêtement, tels que les carreaux de plâtre, les briques creuses, les agglomérés de béton. Les pastiches de construction sans rapport avec les styles régionaux. Les volumes seront simples et devront respecter la forme urbaine et se rapprocher dans leurs proportions des types dominants du quartier. Les façades latérales et arrières des constructions doivent être traitées avec le même soin que les façades principales, en harmonie avec elles et celles des bâtiments existants sur les terrains contigus ; il en est ainsi notamment des pignons apparents en limite de propriété qui doivent être traités avec le même soin que les autres façades (). Toitures. Les toitures doivent être en harmonie avec celles des constructions voisines. Les toitures à 2 pentes des constructions nouvelles devront être comprises entre 30 et 45°. La couverture sera de préférence de la tuile plate (ou mécanique) à petit moule de ton brun, rouge. Sont autorisées les couvertures de zinc, plomb, cuivre, ardoise. Les toits monopentes ainsi que les terrasses sont autorisés. () ".
18. D'une part, les lieux avoisinants ne présentent pas d'homogénéité architecturale particulière ni ne composent une forme urbaine singulière par son unité et sa cohérence. Ils se caractérisent par une diversité de styles, de gabarits, de toitures, de matériaux et d'animation des façades. Si certaines constructions sont mitoyennes et implantées à l'alignement, d'autres sont en retrait et isolées. Si les pavillons dominent ils coexistent toutefois avec des immeubles de logement collectif.
19. D'autre part, le permis de construire modificatif a pour objet de supprimer l'ascenseur à voitures pour lui substituer une rampe d'accès, de supprimer la construction destinée à abriter le local à vélos, de supprimer les terrasses en toiture et d'aménager un patio intérieur doté d'un éclairage zénithal par ouverture en toiture. Il ne ressort pas des pièces du dossier que l'ouverture pratiquée en toiture pour éclairer le patio aménagé dans le bâtiment projeté soit de nature à porter atteinte aux lieux avoisinants, lesquels ne seront pas d'avantage impactés par la création d'une rampe d'accès descendante de 10 mètres vers le niveau du sous-sol.
20. Ensuite, le permis de construire modificatif ne modifie pas la pente des toitures autorisée par le permis initial et que les modifications limitées qu'il apporte ne sont pas de nature à le faire regarder le projet comme une construction nouvelle. Par suite, la requérante n'est ainsi pas fondée à soutenir que le projet modifié n'est pas conforme aux dispositions précitées du règlement, l'obligation de respecter une pente de 30 à 45 % ne s'appliquant qu'aux seules constructions nouvelles.
21. Enfin, le permis de construire modificatif demeure sans incidence sur l'isolation thermique des façades, dont le permis initial prévoit qu'elle sera réalisée par l'extérieur. Dès lors la requérante n'est pas fondée à soutenir que le projet méconnaîtrait l'obligation précitée de traiter les façades latérales et arrière avec le même soin que la façade principale.
22. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu d'écarter le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UG11 du règlement du plan local d'urbanisme.
23. En cinquième lieu, aux termes de l'article UG 9 du règlement du plan local d'urbanisme : " Emprise au sol : L'emprise au sol des constructions ne peut excéder 40% de la superficie totale de la propriété ".
24. La circonstance qu'une construction existante n'est pas conforme à une ou plusieurs dispositions d'un plan d'occupation des sols régulièrement approuvé ne s'oppose pas, en l'absence de dispositions de ce plan spécialement applicables à la modification des immeubles existants, à la délivrance ultérieure d'un permis de construire s'il s'agit de travaux qui, ou bien doivent rendre l'immeuble plus conforme aux dispositions réglementaires méconnues, ou bien sont étrangers à ces dispositions.
25. Il ressort des pièces du dossier que si le permis de construire modificatif autorise une emprise au sol des constructions de 476 mètres² et méconnaît ainsi les dispositions de cet article, cette emprise est toutefois inférieure à celle existante, qui atteint 612 mètres². Elle est donc de nature à améliorer la conformité du bâtiment au regard du règlement du plan local d'urbanisme. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées doit être écarté.
26. En sixième lieu, aux termes de l'article UG 7 du règlement du plan local d'urbanisme : " Implantation des constructions par rapport aux limites séparatives du terrain. La distance de la marge d'isolement se calcule en tous points de la construction. Règles générales applicable s aux marges d'isolement. Façade avec baies supérieures à 0.25m². La largeur (L) des marges d'isolement est au moins égale à la hauteur (H) de la construction par rapport au niveau du terrain naturel au droit des limites séparatives avec un minimum de 4 m (). Secteur UG et UGc : terrains dont la largeur de façade est supérieure à 20 m. Les constructions doivent respecter les marges d'isolement ".
27. Le permis de construire modificatif n'a pas eu pour objet de modifier l'implantation des façades du bâtiment projeté par rapport aux limites séparatives ni de créer des baies nouvelles sur ces façades. Par suite le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UG 7 est inopérant et doit être écarté.
28. En septième lieu, aux termes de l'article UG 12 du règlement du plan local d'urbanisme : " Stationnement. Le stationnement des véhicules correspondant aux besoins des constructions, installations, et à l'aménagement des locaux existants, doit être assuré en dehors des voies publiques. L'accès aux places des parcs de stationnement, en bordure d'une voie publique, doit se faire par l'intérieur de la propriété et non directement à partir de la voie publique () ".
29. Il ressort des pièces du dossier que le projet comporte des places de stationnement en sous-sol situées en dehors de la voie publique et une rampe d'accès intérieure à ces places, lesquelles ne donnent ainsi pas directement sur la voie publique. Le projet est donc conforme aux dispositions de l'article UG12. La circonstance qu'il serait de nature à augmenter le nombre de véhicules circulant dans la rue J Dartis, est sans incidence sur son application.
30. En huitième lieu, aux termes de l'article UG 3 du règlement du plan local d'urbanisme : " Accès et voirie. Pour être constructible, un terrain doit être accessible par une voie carrossable publique ou privée en bon état de viabilité et présentant des caractéristiques permettant de satisfaire aux exigences de la sécurité, de la défense contre l'incendie et la protection civile, en particulier dans les conditions de l'article R 111-5 du Code de l'Urbanisme.1 Accès. Tout terrain enclavé est inconstructible à moins que son propriétaire n'obtienne un passage aménagé sur les fonds de ses voisins dans les conditions fixées par l'article 682 du Code Civil. Pour chaque propriété, les possibilités d'accès carrossable à la voie publique doivent permettre de satisfaire aux règles minimales de desserte et de sécurité, défense contre l'incendie, enlèvement des ordures ménagères. Un seul accès véhicule et un seul accès piéton est autorisé par terrain sauf en secteur UGc ".
31. Le permis de construire modificatif substitue une rampe d'accès à l'ascenseur à voitures initialement prévu. Cette rampe d'accès comporte un espace d'attente entre la voie publique et l'accès au parc de stationnement souterrain, lequel comporte 16 places. Le plan masse du permis de construire modificatif révèle que cet espace d'attente permettra d'accueillir deux véhicules et d'éviter ainsi que les résidents stationnent provisoirement sur la chaussée avant de pouvoir accéder au parc de stationnement. Il ne ressort pas en outre des pièces du dossier que les véhicules devront, pour accéder à la rampe d'accès, se présenter devant celle-ci perpendiculairement à la chaussée et effectuer des manœuvres compromettant la fluidité de la circulation dans la rue J Dartis. Dès lors, et alors même que la rue J Dartis en raison de sa faible largeur n'est pas aménagée pour recevoir un double sens de circulation, l'aménagement de l'accès n'est pas de nature à méconnaître les règles minimales de sécurité de la circulation. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées peut être écarté.
32. Il résulte de ce qui précède que les conclusions en annulation de l'arrêté du maire de Saint-Gratien du 18 octobre 2022 et de la décision de rejet du recours gracieux à l'encontre de cet arrêté doivent être rejetées, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir tirée de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 600-5-2 du code de l'urbanisme.
Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
33. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Elle peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. "
34. Ces dispositions font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Saint-Gratien, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que les requérants demandent au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées au titre des dispositions précitées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative par la commune de Saint-Gratien et la SCCV 2 J Dartis au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er :Les requêtes n° 2210011 et n° 2303244 de M. D et autres sont rejetées.
Article 2 :Les conclusions présentées par la commune de Saint-Gratien au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 :Les conclusions présentées par la SCCV 2 J Dartis au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4:Le présent jugement sera notifié à M. I D, à M. F A, à Mme K E veuve B, à M. et Mme G, à la commune de Saint-Gratien et à la SCCV 2 J Dartis.
Délibéré après l'audience du 15 décembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Edert, présidente,
M. Baude, premier conseiller,
Mme Chaufaux, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 janvier 2024.
Le rapporteur,
signé
F. E. Baude
La présidente,
signé
S. Edert La greffière,
signé
S. Le Gueux
La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
2 et 2303244
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026