jeudi 8 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2210133 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | ASSAOUCI MAKROUM |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 5 août 2022 et le 1er septembre 2022,
M. B, représenté par Me Assaouci Makroum, avocate désignée d'office, demande au tribunal :
1°) de lui accorder, à titre provisoire, le bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) d'annuler l'arrêté du 17 juillet 2022 par lequel le préfet du Val-d'Oise l'a obligé à quitter le territoire français sans délai à destination du pays dont il a la nationalité et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de trois ans ;
3°) d'enjoindre au préfet de réexaminer sa situation dans le cadre de l'admission exceptionnelle au séjour au titre de la vie privée et familiale dans le délai d'un mois courant à compter de la notification du jugement à intervenir et de lui délivrer, dans l'intervalle, une autorisation provisoire de séjour ou une attestation de demandeur d'asile ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros à verser à son conseil au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
En ce qui concerne la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français sans délai à destination du Bangladesh :
- l'arrêté en litige a été signé par une autorité incompétente ;
- il est insuffisamment motivé ;
- il est intervenu à l'issue d'une procédure irrégulière méconnaissant l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne faute qu'il ait pu présenter ses observations préalablement à l'édiction de cette décision ;
- il est entaché d'un défaut d'examen approfondi de sa situation personnelle ;
- il méconnait l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- il est dépourvu de base légale ;
- il réside en France depuis douze ans et a déposé une demande d'admission exceptionnelle au séjour au titre de la vie privée et familiale ;
- il est menacé par des opposants politiques au Bangladesh et ne peut envisager un retour dans son pays d'origine ;
En ce qui concerne l'interdiction de retour pour une durée de trois ans :
- elle est disproportionnée et procède d'une erreur manifeste d'appréciation ;
En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :
- Cette décision est illégale pour être fondée sur une obligation de quitter le territoire français elle-même illégale.
Par un mémoire en défense, enregistré le 5 septembre 2022, le préfet du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a désigné Mme D conformément à l'article R. 776-13-3 du code de justice administrative, pour statuer en qualité de juge du contentieux de l'éloignement sur les requêtes instruites selon les dispositions de l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 6 septembre 2022 :
- le rapport de Mme Charlery, magistrate désignée,
- les observations de Me Assaouci Makroum, avocate désignée d'office, représentant
M. B, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens et insiste particulièrement sur la circonstance qu'il est présent en France depuis 12 ans et que l'interdiction de retour sur le territoire français est injustifiée ;
- le préfet du Val-d'Oise n'étant ni présent ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant bangladais né le 19 juillet 1975, entré en France en 2012, selon ses déclarations, a été interpelé par les services de police le 17 juillet 2022 suite à la constatation de la détention de marchandises présentées sous marques contrefaites. Par un arrêté du même jour, dont M. B C demande l'annulation, le préfet du Val-d'Oise lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai et lui a interdit le retour pendant une durée de trois ans.
Sur les conclusions tendant à l'admission provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président () ".
3. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce et eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de M. B, de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. En premier lieu, l'arrêté attaqué a été signé par M. E A, chef de la section éloignement/COMEX à la préfecture du Val-d'Oise, qui disposait d'une délégation de signature à l'effet de signer " toute obligation de quitter le territoire français avec fixation ou non d'un délai de départ volontaire, toute décision fixant le pays de destination, toute interdiction de retour sur le territoire français () ", consentie par un arrêté n°22-121 du 13 mai 2022, publié le jour même au recueil des actes administratifs de l'Etat dans le département. Par suite, le moyen tiré de ce que l'arrêté en litige aurait été signé par une autorité incompétente doit être écarté.
5. En deuxième lieu, aux termes des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration, les mesures de police doivent être motivées et " comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ". Et aux termes du 1er alinéa de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée ".
6. L'arrêté attaqué vise les dispositions légales sur lesquelles il se fonde, notamment les dispositions des articles L. 611-1, L. 612-1 à L. 612-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont il est fait application et l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Le préfet mentionne également, après avoir rappelé l'état-civil de M. B, les éléments de fait propres à sa situation personnelle, en énonçant notamment que, lors de l'interpellation du 17 juillet 2022, " X se disant M. B C (prénom inconnu) " se trouvait en situation irrégulière sur le territoire national. Le préfet précise également que la mesure d'éloignement prononcée ne porte pas une atteinte disproportionnée au droit au respect de la vie privée et familiale de l'intéressé qui est célibataire et père de quatre enfants dont il n'assume pas la charge. Par ailleurs, la décision refusant d'accorder un délai de départ volontaire se réfère à l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et énonce qu'il existe un risque que l'intéressé se soustrait à la mesure d'éloignement dès lors qu'il est en situation irrégulière, que les démarches qu'il a initiées pour obtenir un titre de séjour n'ont pas abouti et qu'il s'est soustrait à une précédente mesure d'éloignement. Enfin, la décision fixant le pays de destination vise l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et mentionne que l'intéressé n'établit pas être exposé à des peines ou des traitements contraires à ces stipulations en cas de retour dans son pays d'origine. Ainsi, l'arrêté attaqué répond aux exigences de motivation posées par l'article L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de cette décision doit être écarté.
7. En troisième lieu, aux termes de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " Toute personne a le droit de voir ses affaires traitées impartialement, équitablement et dans un délai raisonnable par les institutions et organes de l'Union. / Ce droit comporte notamment : / - le droit de toute personne d'être entendue avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre ; () ". Ces stipulations s'adressent non pas aux États membres, mais uniquement aux institutions, organes et organismes de l'Union. Ainsi, le moyen tiré de leur violation par une autorité d'un État membre est inopérant.
8. Il résulte toutefois de la jurisprudence de la Cour de justice de l'Union européenne que le droit d'être entendu fait partie intégrante du respect des droits de la défense, principe général du droit de l'Union. Ce droit se définit comme celui de toute personne de faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue au cours d'une procédure administrative avant l'adoption de toute décision susceptible d'affecter de manière défavorable ses intérêts. Il ne saurait cependant être interprété en ce sens que l'autorité nationale compétente est tenue, dans tous les cas, d'entendre l'intéressé lorsque celui-ci a déjà eu la possibilité de présenter, de manière utile et effective, son point de vue sur la décision en cause.
9. En l'espèce, et contrairement à ce qu'affirme le requérant, il ressort des pièces du dossier, en particulier du procès-verbal établi par les services de police le 17 juillet 2022 à la suite de son interpellation, que M. B a pu présenter ses observations avec l'assistance d'un interprète en langue bengali et qu'il a refusé l'intervention d'un avocat. Il a pu, dans ce cadre, préciser les conditions de son arrivée en France, les conditions de son séjour, les démarches entreprises en vue de régulariser sa situation, et a indiqué qu'il déférerait à une éventuelle obligation de quitter le territoire. Dans ces conditions, M. B n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté en litige serait intervenu à l'issue d'une procédure irrégulière pour méconnaitre l'article 41 de de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne.
10. En quatrième lieu, si M. B fait valoir que le préfet du Val-d'Oise aurait insuffisamment examiné sa situation personnelle, un tel défaut d'examen ne ressort d'aucune pièce du dossier, en particulier au regard de la motivation de l'acte en litige décrite au point 6 du présent jugement. Par suite, le moyen tiré d'un tel défaut d'examen ne peut qu'être écarté.
11. En cinquième lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ". Et aux termes du dernier alinéa de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950. "
12. M. B allègue qu'il est menacé par des opposants politiques au Bangladesh, de sorte qu'un retour dans son pays d'origine est inenvisageable. Toutefois, en se bornant à faire référence au récit qu'il aurait exposé devant l'Office français de protection des réfugiés et apatrides et la Cour nationale du droit d'asile, le requérant ne justifie ses allégations par aucune pièce. Au demeurant, le préfet du Val-d'Oise produit un arrêté faisant à M. B obligation de quitter le territoire français du préfet de Seine-Saint-Denis en date du 25 janvier 2013 qui mentionne que la demande d'asile présentée par l'intéressé a été rejetée par décision de l'Office Français de Protection des Réfugiés et Apatrides du 30 décembre 2011, confirmée par décision de la Cour Nationale du Droit d'Asile du 10 septembre 2012. En tout état de cause, M. B n'expose aucun élément circonstancié actuel relatif à sa situation personnelle susceptible de justifier de l'existence des menaces qui pèseraient sur sa vie et des craintes qu'il exprime. A l'inverse, l'intéressé indique lui-même être présent en France depuis douze ans et n'allègue pas avoir conservé la moindre relation avec son pays d'origine ni avoir été informé d'un quelconque risque actuel pour sa sécurité dans son pays d'origine. Dans ces conditions, les moyens tirés de la méconnaissance des dispositions et stipulations précitées et de l'erreur manifeste d'appréciation dont cette décision serait entachée, qui ne sont opérants qu'à l'encontre de la décision fixant le pays de renvoi, ne peuvent qu'être écartés.
13. En sixième lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité () "
14. M. B fait valoir que l'arrêté en litige est entaché d'un défaut de base légale pour se fonder sur la circonstance qu'il n'est titulaire d'aucun titre de séjour ou de document administratif valide. Il ressort en effet des mentions de l'arrêté que, pour édicter les décisions attaquées, le préfet du Val-d'Oise a pris en compte la circonstance que l'intéressé ne peut justifier être rentré régulièrement sur le territoire français et que, faute d'aboutissement des démarches entreprises pour se voir délivrer un titre de séjour, il s'est maintenu sur le territoire sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité, en application des dispositions du 1° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile précité. Le requérant ne conteste pas qu'alors même qu'il aurait présenté une demande d'admission exceptionnelle au séjour au titre de la vie privée et familiale, il n'est titulaire d'aucun titre de séjour en cours de validité, dès lors que cette demande n'a pas abouti. Ces éléments sont confirmés par les déclarations de M. B lui-même, retranscrites à travers le procès-verbal établi le 17 juillet 2022 par les services de police, dont il ressort que le requérant aurait effectué des démarches en vue d'une régularisation en 2014 ou 2015 sans les renouveler ultérieurement. Par suite, le moyen tiré du défaut de base légale dont serait entaché l'arrêté en litige ne peut qu'être écarté.
15. En septième lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 () "
16. M. B soutient qu'étant présent en France depuis 12 ans, il s'est intégré professionnellement et socialement. Néanmoins, ses allégations ne sont étayées par aucun élément circonstancié relatif à sa situation personnelle ou professionnelle pendant les années qu'il prétend avoir passé sur le territoire et ne sont justifiées par aucune pièce. Il ressort, en revanche, des mentions de l'arrêté en litige qu'il a déclaré être célibataire et père de quatre enfants dont il n'a pas la charge et qu'il a fait l'objet d'une précédente obligation de quitter le territoire français, par arrêté du préfet du Val-d'Oise du 10 juillet 2018, assortie d'une interdiction de retour sur le territoire d'une durée de deux ans, décisions qu'il n'a pas exécutées. Il ressort, en outre des propos de M. B retranscrits à travers le procès-verbal établi par les services de police le 17 juillet 2022, que l'intéressé n'exerce aucune activité professionnelle, pratique la mendicité et qu'il a été interpelé alors qu'il tentait de vendre à la sauvette des cigarettes contrefaites. Dans ces conditions, M. B ne peut se prévaloir d'aucune considération humanitaire ou motifs exceptionnels qui justifieraient une admission exceptionnelle au séjour à quelque titre que ce soit. Par suite, le moyen ne peut qu'être écarté.
En ce qui concerne l'interdiction de retour d'une durée d'un an :
17. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : "Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français.". Et aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 () ".
18. Il résulte de ces dispositions que, lorsque le préfet prend, à l'encontre d'un étranger, une décision portant obligation de quitter le territoire français ne comportant aucun délai de départ, ou lorsque l'étranger n'a pas respecté le délai qui lui était imparti pour satisfaire à cette obligation, il appartient au préfet d'assortir sa décision d'une interdiction de retour sur le territoire français, sauf dans le cas où des circonstances humanitaires y feraient obstacle. Seule la durée de cette interdiction de retour doit être appréciée au regard des quatre critères énumérés à l'article L. 612-10, à savoir la durée de la présence de l'étranger sur le territoire français, la nature et l'ancienneté de ses liens avec la France, l'existence ou non d'une précédente mesure d'éloignement et, le cas échéant, la menace pour l'ordre public que constitue sa présence sur le territoire.
19. En l'espèce, il ressort des motifs de l'arrêté attaqué que le préfet a pris la décision portant interdiction de retour sur le territoire français en considération, d'une part, des conditions irrégulières du séjour en France de l'intéressé, d'autre part, de la nature et de l'ancienneté de ses liens sur le territoire, enfin de la circonstance qu'il a fait l'objet de trois précédentes mesures d'éloignement qu'il n'a pas exécutées. Eu égard à l'ensemble de ces circonstances, et dès lors que M. B ne justifiait d'aucune circonstance humanitaire, le préfet du Val-d'Oise n'a pas commis d'erreur d'appréciation en interdisant à l'intéressé de revenir sur le territoire français et en portant cette interdiction à une durée de trois ans. La circonstance qu'il allègue selon laquelle il ne représenterait aucun trouble à l'ordre public et qu'il présenterait des garanties de représentation suffisantes est inopérante au regard des dispositions précitées qui réservent l'exclusion de l'interdiction de retour en cas de refus d'accorder un délai de départ volontaire, à l'existence de circonstances humanitaires non alléguées en l'espèce. Enfin, les attaches personnelles et familiales revendiquées par M. B sont démenties par les pièces du dossier. Par suite, les moyens tirés de la disproportion de la mesure et de l'erreur manifeste d'appréciation dont elle procèderait doivent être écartés.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :
20. La décision faisant obligation à M. B de quitter le territoire français n'étant entachée d'aucune illégalité, il n'est pas fondé à soutenir que la décision fixant le pays de renvoi qui l'assortit serait elle-même, pour ce motif, également entachée d'illégalité. Le moyen tiré de l'exception d'illégalité ne peut donc qu'être écarté.
21. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction et celles relatives aux frais de l'instance.
D E C I D E :
Article 1er : M. B est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : La requête de M. B est rejetée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C B, à Me Assaouci Makroum et au préfet du Val-d'Oise.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 septembre 2022.
La magistrate désignée,
Signé
C. D
Le greffier,
Signé
O. El Moctar
La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise en ce qui le concerne ou à tous commissaire de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026