mercredi 5 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2210298 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | ESSONO NGUEMA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 20 juillet 2022, le 11 septembre 2022 et le 4 octobre 2022, M. A, représenté par Me Ben Rehouma, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 7 juillet 2022 par lequel le préfet du Val-d'Oise l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de 30 jours à destination de son pays d'origine ;
2°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour ou de réexaminer sa situation administrative, dans le délai de 15 jours courant à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1000 euros à verser à son conseil en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve de sa renonciation à percevoir la part contributive de l'Etat à l'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
- l'arrêté en litige a été signé par une autorité incompétente ;
- il est insuffisamment motivé ;
- il procède d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle en sa qualité de demandeur d'asile ;
- il résulte d'un défaut d'examen de sa situation ;
- il méconnait l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et procède d'une erreur manifeste d'appréciation, dès lors qu'il risque d'être persécuté en cas de retour en Guinée en raison de ses opinions politiques ;
- il n'a pas été entendu devant la Cour Nationale du droit d'asile, n'a pu développer ses arguments à l'audience, et n'a pu ainsi disposer d'un droit à un recours effectif ;
- le préfet n'a pas exercé son pouvoir d'appréciation ;
Par un mémoire en défense, enregistré le 19 septembre 2022, le préfet du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a désigné Mme D conformément à l'article R. 776-13-3 du code de justice administrative, pour statuer en qualité de juge du contentieux de l'éloignement sur les requêtes instruites selon les dispositions de l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Charlery, magistrate désignée a été entendu au cours de l'audience publique du 4 octobre 2022, les parties n'étant ni présentes ni représentées.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant guinéen, né le 17 mars 1998, entré sur le territoire français le 1er février 2019, a sollicité l'asile le 17 décembre 2020. Sa demande a été rejetée par décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) du 16 août 2021, notifiée le 30 août 2021, confirmée par une décision de la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) du 27 janvier 2022, notifiée le 7 février 2022. Par un arrêté du 7 juillet 2022, dont M. A demande l'annulation, le préfet du Val-d'Oise, se fondant sur les dispositions du 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours à destination de la Guinée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, l'arrêté en litige a été signé par Mme F B, adjointe à la cheffe du bureau de l'intégration et des naturalisations, laquelle avait reçu délégation à l'effet de signer notamment, " toute obligation de quitter le territoire français avec fixation ou non d'un délai de départ volontaire et toute décision fixant le pays de destination ", par arrêté du préfet du Val-d'Oise n°53 du 13 mai 2022, publié au recueil des actes administratifs de l'État dans ce département le même jour. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision attaquée ne peut qu'être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration, les mesures de police doivent être motivées et " comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ". Et aux termes du 1er alinéa de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée ".
4. La décision attaquée vise les dispositions légales sur lesquelles elle se fonde, notamment les dispositions du 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont il est fait application et les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Le préfet mentionne également les éléments de fait propres à la situation personnelle de M. A, en énonçant notamment que l'intéressé a sollicité l'asile le 17 décembre 2020 et que sa demande d'asile a été rejetée par une décision de l'Office Français de Protection des Réfugiés et Apatrides du 16 août 2021, confirmée par une décision de la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) du 27 janvier 2022, notifiée le 7 février suivant, qu'il est entré en France seulement en 2019, qu'il est célibataire, et n'établit pas être dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine. Par ailleurs, la décision fixant le pays de renvoi se réfère à l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et expose que M. A n'établit pas qu'il serait exposé à des peines ou traitements contraires à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de retour dans son pays d'origine. Par suite, la décision est suffisamment motivée. Il suit de là que le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de cette décision doit être écarté.
5. En troisième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier, notamment au regard de la motivation de l'arrêté telle que précisée au point précédent, que le préfet du Val-d'Oise aurait insuffisamment examiné la situation de M. A. La circonstance que le préfet n'ait pas fait mention des craintes exprimées par le requérant quant à la perspective d'un retour dans son pays d'origine ne saurait révéler un tel défaut d'examen, dès lors que l'intéressé ne fait valoir aucun élément nouveau porté à la connaissance du préfet par rapport à ceux qu'il avait précédemment présentés devant les instances chargées de l'asile. Quant à la volonté d'intégration dont se prévaut le requérant et que le préfet aurait ignorée, elle n'est établie par aucune pièce, le requérant ne justifiant d'aucune activité professionnelle et d'aucune relation familiale, personnelle ou professionnelle. Il suit de là que le moyen tiré du défaut d'examen ne peut qu'être écarté.
6. En quatrième lieu, aux termes des stipulations de l'article 13 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne dont les droits et libertés reconnus dans la présente Convention ont été violés, a droit à l'octroi d'un recours effectif devant une instance nationale, alors même que la violation aurait été commise par des personnes agissant dans l'exercice de leurs fonctions officielles ".
7. M. A soutient qu'il n'a pas été entendu devant la Cour Nationale du Droit d'Asile et n'a pu développer ses arguments à une audience. Toutefois, il a, en tout état de cause, été mis à même, dans le cadre de l'instruction de sa demande, de porter à la connaissance des instances chargées de l'asile, le cas échéant par écrit, l'ensemble des informations relatives à sa situation personnelle dont il souhaitait se prévaloir. Au demeurant, de telles allégations sont relatives à la procédure suivie devant les instances chargées de l'asile dont il n'appartient pas au tribunal de connaître de la régularité. Par ailleurs, il appartenait au requérant, s'il s'y croyait fondé d'interjeter appel de la décision de la CNDA devant le conseil d'Etat, ce dont il ne justifie pas. Il suit de là que le moyen invoqué ne peut qu'être écarté.
8. En cinquième lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ". Et aux termes du dernier alinéa de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950. "
9. M. A allègue qu'il craint d'être persécuté en cas de retour dans son pays d'origine en raison de ses opinions politiques et du militantisme de son père qui, ayant été faussement accusé de détournement de fonds par le parti politique au pouvoir, a été arrêté à son domicile le 16 août 2016, battu par les gendarmes et est décédé de ses blessures. M. A lui-même aurait été détenu à la prison de la sûreté durant 1 mois 1/2. Néanmoins, le requérant n'étaye ses allégations d'aucune pièce. Au demeurant, l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a rejeté sa demande d'asile par décision du 16 août 2021, confirmée par une ordonnance de la Cour nationale du droit d'asile du 27 janvier 2022, motivée par l'absence d'éléments sérieux présentés au soutien de la demande. Dans ces conditions, les moyens tirés de la méconnaissance des dispositions et stipulations précitées, et de l'erreur manifeste d'appréciation qu'aurait commise le préfet, tant sur la situation du requérant que sur les conséquences de l'arrêté sur cette situation en cas de retour dans son pays d'origine, qui ne sont opérants qu'à l'encontre de la décision fixant le pays de renvoi, ne peuvent qu'être écartés.
10. En sixième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet se serait cru en situation de compétence liée par rapport aux décisions de l'OFPRA et de la CNDA, dès lors qu'il a pris en compte les éléments relatifs à la situation personnelle du requérant énoncés au point 4 du présent jugement. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de droit dont serait entaché l'arrêté en litige ne peut qu'être écarté.
11. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction et celles relatives aux frais de l'instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. E A, à Me Ben Rehouma et au préfet du Val-d'Oise.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 octobre 2022.
La magistrate désignée,
signé
C. D
La greffière,
signé
M. C
La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise en ce qui le concerne ou à tous commissaire de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026