LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2210366

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2210366

mercredi 17 août 2022

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2210366
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantSEBAN ET ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 22 juillet 2022, le préfet des Hauts-de-Seine demande à la juge des référés, statuant en application de l'article L. 554-1 du code de justice administrative et de l'article L. 2131-6 du code général des collectivités territoriales, d'ordonner la suspension de l'exécution d'une part, de la décision n° 2022/68 du 19 mai 2022 par laquelle la maire de la commune de Malakoff a approuvé la convention signée avec l'association " Union des Musulmans de Malakoff " (UMM) relative à la mise à disposition à titre précaire et onéreux du local situé 1 rue Avaulée, et a autorisé la signature de cette convention ainsi que tous les actes administratifs en découlant, et d'autre part, et " par extension ", de la convention de mise à disposition.

Le préfet des Hauts-de-Seine soutient que :

- la décision attaquée est insuffisamment motivée en fait, dès lors qu'elle ne fait pas mention d'éléments de comparaison pertinents permettant d'apprécier la valeur du loyer fixé par la convention ;

- elle est entachée d'une erreur de droit, dès lors que le loyer fixé est nettement inférieur à l'estimation effectuée par le pôle " évaluation domaniale " de la direction départementale des finances publiques des Hauts-de-Seine dans son avis du 28 juin 2022, et qu'ainsi la mise à disposition du local a été consentie à vil prix ;

- la minoration de loyer en découlant présente le caractère d'une aide apportée par la commune à une association cultuelle pour l'exercice d'une activité cultuelle ce qui méconnait l'article 2 de la loi du 9 décembre 1905 concernant la séparation des Eglises et de l'Etat ;

- la décision contestée méconnait les dispositions de l'article L. 2121-29 du code général des collectivités territoriales, en ce que ce financement, qui ne concerne qu'une partie de la commune, ne présente pas un intérêt public communal ;

- elle méconnait les dispositions combinées des articles 10 de la loi n°2000-321 du 12 avril 2000 et 1er du décret 2001-495 du 6 juin 2001 dès lors qu'aucune convention de subvention n'a été signée entre la commune et l'association UMM alors que le montant de la libéralité allouée excède le seuil réglementaire de 23 000 euros ;

- elle est illégale en ce qu'elle entend laisser à l'association UMM l'usage exclusif et pérenne de locaux appartenant au domaine public communal, ce qui confère au local loué le caractère d'un édifice cultuel.

Par un mémoire en défense, enregistré le 3 août 2022, la commune de Malakoff, représentée par Me Seban, conclut :

- à titre principal, au rejet de la requête ;

- à titre subsidiaire, au rejet des conclusions à fin de suspension de l'exécution de la convention du 23 mai 2022 ;

- à ce que soit mise à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

La commune soutient que :

- la convention de mise à disposition du 23 mai 2022, qui porte sur un immeuble relevant du domaine privé de la commune, est un contrat de droit privé ;

- elle présente le caractère d'une convention d'occupation précaire ;

- à titre principal, la requête est irrecevable, dès lors que la décision dont la suspension est demandée a été entièrement exécutée ;

- à titre subsidiaire, la décision attaquée n'est pas au nombre de celles devant être motivées en application des dispositions du code des relations entre le public et l'administration ;

- l'évaluation de la valeur locative réalisée par le pôle " Evaluation domaniale " de la direction départementale des finances publiques des Hauts-de-Seine dans son avis du 28 juin 2022 est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation, dès lors qu'elle ne prend pas en considération l'état fortement dégradé du local mis à disposition, la précarité de l'occupation consentie, l'intérêt public qu'elle présente et le fait que l'association preneuse est à caractère non lucratif ; dès lors, la commune n'a consenti aucune libéralité constitutive d'un subventionnement illégal du culte ;

- l'absence de conclusion d'une convention d'objectifs et de moyens est, en tout état de cause, sans incidence sur la légalité de la décision accordant la supposée subvention à l'association ;

- le caractère pérenne de la mise à disposition est sans incidence sur la légalité de la décision en litige dès lors que le local en cause relève du domaine privé de la commune ;

- à titre infiniment subsidiaire, le juge administratif est incompétent pour connaitre de la légalité d'une convention ayant pour objet la mise à disposition d'une dépendance du domaine privé.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête n° 2210401, enregistrée le 22 juillet 2022 par laquelle le préfet des

Hauts-de-Seine demande l'annulation de la décision susvisée.

Vu :

- la loi du 9 décembre 1905 concernant la séparation des Eglises et de l'Etat ;

- la loi n°2000-321 du 12 avril 2000 ;

- le décret 2001-495 du 6 juin 2001 ;

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Poupineau, vice-présidente, en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience publique du 4 août 202à 11 heures 00.

Ont été entendus au cours de l'audience publique, tenue en présence de

Mme Courbet, greffière d'audience :

- le rapport de Mme Poupineau, juge des référés ;

- les observations orales de Me Flocco, substituant, Me Seban, pour la commune de Malakoff, qui reprend et précise ses conclusions et moyens.

Le préfet des Hauts-de-Seine et l'association Union des Musulmans de Malakoff n'étant ni présents, ni représentés.

La clôture de l'instruction a été reportée au 5 août 2022 à 15 heures.

Par un mémoire, enregistré le 5 août 2022, à 8h08, la commune de Malakoff persiste dans ses écritures et produit des pièces.

Considérant ce qui suit :

Sur les conclusions aux fins de suspension :

1. D'une part, aux termes de l'article L. 554-1 du code de justice administrative : " Les demandes de suspension assortissant les requêtes du représentant de l'Etat dirigées contre les actes des communes sont régies par le 3e alinéa de l'article L. 2131-6 du code général des collectivités territoriales ci-après reproduit : / " Art. L. 2131-6, alinéa 3. - Le représentant de l'Etat peut assortir son recours d'une demande de suspension. Il est fait droit à cette demande si l'un des moyens invoqués paraît, en l'état de l'instruction, propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de l'acte attaqué. Il est statué dans le délai d'un mois. (.) "

2. En application de ces dispositions, le préfet des Hauts-de-Seine demande la suspension de l'exécution de la décision n° 2022/68 du 19 mai 2022 par laquelle la maire de la commune de Malakoff a approuvé la convention signée avec l'association " Union des Musulmans de Malakoff " (UMM) relative à la mise à disposition à titre précaire et onéreux du local situé 1 rue Avaulée, et autorisé sa signature ainsi que tous les actes administratifs en découlant, et d'autre part, et " par extension ", de la convention de mise à disposition.

3. D'autre part, aux termes de l'article 2 de la loi du 9 décembre 1905 visée ci-dessus : " La République ne salarie ni ne subventionne aucun culte. En conséquence, (), seront supprimées des budgets de l'Etat, des départements et des communes, toutes dépenses relatives à l'exercice des cultes. ". Aux termes de l'article 19 de cette loi, les associations formées pour subvenir aux frais, à l'entretien et à l'exercice d'un culte " ne pourront, sous quelque forme que ce soit, recevoir des subventions de l'Etat, des départements et des communes. ". Aux termes de l'article L. 2121-29 du code général des collectivités territoriales : " Le conseil municipal règle par ses délibérations les affaires de la commune. Il donne son avis toutes les fois que cet avis est requis par les lois et règlements, ou qu'il est demandé par le représentant de l'Etat dans le département. Lorsque le conseil municipal, à ce régulièrement requis et convoqué, refuse ou néglige de donner avis, il peut être passé outre. Le conseil municipal émet des voeux sur tous les objets d'intérêt local. " Aux termes de l'article 10 de la loi susvisée du 12 avril 2000 : " () Les demandes de subvention présentées par les associations auprès d'une autorité administrative ou d'un organisme chargé de la gestion d'un service public industriel et commercial mentionné au premier alinéa de l'article 9-1 sont établies selon un formulaire unique dont les caractéristiques sont précisées par décret. L'autorité administrative ou l'organisme chargé de la gestion d'un service public industriel et commercial mentionné au premier alinéa de l'article 9-1 qui attribue une subvention doit, lorsque cette subvention dépasse un seuil défini par décret, conclure une convention avec l'organisme de droit privé qui en bénéficie, définissant l'objet, le montant, les modalités de versement, les conditions d'utilisation et les modalités de contrôle et d'évaluation de la subvention attribuée ainsi que les conditions dans lesquelles l'organisme, s'il est à but non lucratif, peut conserver tout ou partie d'une subvention n'ayant pas été intégralement consommée. Le délai de paiement de la subvention est fixé à soixante jours à compter de la date de la notification de la décision portant attribution de la subvention, à moins que l'autorité administrative, le cas échéant sous forme de convention, n'ait arrêté d'autres dates de versement ou n'ait subordonné le versement à la survenance d'un évènement déterminé. Le présent alinéa ne s'applique pas aux organismes qui bénéficient de subventions pour l'amélioration, la construction, l'acquisition et l'amélioration des logements locatifs sociaux prévues au livre III du code de la construction et de l'habitation ()" Aux termes de l'article 1er du décret susvisé du 6 juin 2001 : " L'obligation de conclure une convention, prévue par le troisième alinéa de l'article 10 de la loi du 12 avril 2000 susvisée, s'applique aux subventions dont le montant annuel dépasse la somme de 23000 euros. "

4. En l'état de l'instruction aucun des moyens invoqués par le préfet des Hauts-de-Seine n'est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de l'acte attaqué. Par suite, la demande de suspension présentée par le préfet des Hauts-de-Seine ne peut qu'être rejetée, sans qu'il soit besoin d'examiner les fins de non-recevoir soulevées par la commune de Malakoff.

Sur les frais du litige :

5. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros, sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, au titre des frais exposés par la commune de Malakoff.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête du préfet des Hauts-de Seine est rejetée.

Article 2 : L'Etat versera une somme de 1 000 euros à la commune de Malakoff au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée au préfet des Hauts-de-Seine, à la commune de Malakoff et à l'association Union des Musulmans de Malakoff.

Fait à Cergy, le 17 août 2022.

La juge des référés

signé

V. Poupineau

La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions