lundi 14 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2210392 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 8ème Chambre |
| Avocat requérant | ALMEIDA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 18 juillet 2022, Mme C, représentée par Me Almeida, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite de rejet née du silence gardé par le préfet des Hauts-de-Seine sur sa demande du 9 février 2022 de délivrance d'une carte de résident ;
2°) d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui délivrer une carte de résident portant la mention "longue durée-UE" ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Mme A soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'un défaut de motivation, le préfet des Hauts-de-Seine n'ayant pas répondu à sa demande de communication des motifs de la décision implicite de rejet opposée à sa demande de carte de résident ;
- elle méconnait les dispositions de l'article L. 426-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'elle justifie d'une résidence régulière et interrompue sur le territoire français, qu'elle bénéficie de ressources stables et régulières et d'une assurance maladie.
La requête a été communiquée au préfet des Hauts-de-Seine qui a produit une pièce le 22 décembre 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- le code des relations entre le public et l'administration,
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Jacquinot a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C, de nationalité chinoise, fait valoir être entrée sur le territoire français en septembre 2013 afin de suivre des études supérieures. Elle a achevé ses études en 2015 en étant diplômée d'un master d'administration des entreprises puis a commencé à travailler en novembre 2016 sous couvert d'un titre de séjour salarié. Le 15 novembre 2017, elle a obtenu une carte de séjour pluriannuelle qui a été renouvelée le 15 novembre 2021. Le 9 février 2022, elle a sollicité la délivrance d'une carte de résident. Mme A demande au tribunal l'annulation de la décision implicite de rejet du préfet des Hauts-de-Seine, née du silence gardé plus de quatre mois sur cette demande.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 426-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui justifie d'une résidence régulière ininterrompue d'au moins cinq ans en France au titre d'une carte de séjour temporaire ou pluriannuelle ou d'une carte de résident, de ressources stables, régulières et suffisantes pour subvenir à ses besoins et d'une assurance maladie se voit délivrer, sous réserve des exceptions prévues à l'article L. 426-18, une carte de résident portant la mention " résident de longue durée-UE " d'une durée de dix ans. / () Les ressources mentionnées au premier alinéa doivent atteindre un montant au moins égal au salaire minimum de croissance. / () ".
3. Mme A est entrée en France en septembre 2013 afin de suivre des études supérieures. Elle s'est vu remettre une carte de séjour temporaire portant la mention " salariée " le 15 novembre 2016, et, depuis le 15 novembre 2017, des cartes de séjour pluriannuelles portant la mention " salariée ". Il ressort des pièces du dossier qu'elle a disposé, au cours des années 2017, 2018, 2020 et 2021, de revenus supérieurs au salaire minimum de croissance. Si, au cours de l'année 2019, ses revenus annuels ont diminué temporairement en raison d'une scolarité à l'ESSEC dans le cadre d'un master d'achats internationaux dont elle verse le diplôme, à la date de la décision attaquée elle justifiait de ressources stables, régulières et suffisantes dès lors qu'elle était titulaire d'un contrat de travail à durée indéterminé conclu le 14 mai 2021 avec la société Amazon France logistique SAS d'une rémunération annuelle de 34 500 euros brut dont elle produit les bulletins de salaire. Elle justifie par ailleurs d'une assurance maladie, l'ensemble de ses bulletins de paie comportant la mention de son immatriculation sociale. En conséquence, à la date de sa demande de délivrance d'une carte de résident, en février 2022, elle justifiait d'une résidence régulière et non interrompue en France depuis plus de cinq années, de ressources stables, régulières et suffisantes et d'une assurance maladie. Ainsi en refusant de lui délivrer la carte de résident qu'elle sollicitait, le préfet des Hauts-de-Seine a méconnu les dispositions de l'article L. 426-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que Mme A est fondée à demander l'annulation de la décision implicite par laquelle le préfet des Hauts-de-Seine a refusé de lui délivrer une carte de résident portant la mention " longue durée-UE ".
Sur les conclusions à fin d'injonction :
5. Compte tenu du motif d'annulation retenu, il y a lieu d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine, ou à tout préfet territorialement compétent, de délivrer à Mme A une carte de résident portant la mention " longue durée-UE " dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais liés au litige :
6. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros à verser à Mme A en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La décision implicite par laquelle le préfet des Hauts-de-Seine a rejeté la demande de carte de résident portant la mention " longue durée-UE " de Mme C est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au préfet des Hauts-de-Seine, ou à tout préfet territorialement compétent, de délivrer à Mme C une carte de résident portant la mention " longue durée-UE " dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera une somme de 1 000 euros à Mme C en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme C et au préfet des Hauts-de-Seine.
Délibéré après l'audience du 17 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Bertoncini, président,
Mme Cuisinier-Heissler, première conseillère,
M. Jacquinot, conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 octobre 2024.
Le rapporteur,
Signé
M. Jacquinot
Le président,
Signé
T. Bertoncini La greffière,
Signé
N. Magen
La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026