mercredi 5 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2210478 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 11ème Chambre |
| Avocat requérant | DESPRAT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 25 juillet 2022, Mme A D épouse B représentée par Me Desprat, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 19 mai 2022, par lequel le préfet du Val-d'Oise a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi ;
2°) d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir et, ce, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation, dans le même délai et sous la même astreinte ;
3°) de mettre à la charge de l'État le versement d'une somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Mme D épouse B soutient que :
- l'arrêté attaqué est entaché par l'incompétence de son auteur ;
- il est insuffisamment motivé ;
- il est entaché d'une erreur de droit, dès lors qu'elle n'a pas sollicité de carte de résident " longue durée-UE " sur le fondement des dispositions de l'article L. 426-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, mais une carte de résident sur le fondement des dispositions de l'article " L. 314-1 " du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- il est entaché d'une erreur de fait, dès lors qu'elle remplit les conditions pour obtenir la délivrance d'une carte de résident et qu'en outre, contrairement à ce qu'indique le préfet, les titulaires de cartes de séjour pluriannuelle " passeport talent " sont éligibles à la délivrance d'une carte de résident ;
- il est entaché d'une erreur de droit, au regard des dispositions du 2° de l'article R. 5221-3 du code du travail, dès lors que, pour rejeter la demande de renouvellement de carte de séjour pluriannuelle de son époux, et par conséquent la sienne, le préfet du Val d'Oise s'est contenté de relever que son époux avait changé d'employeur en décembre 2020, alors qu'il résidait bien en France sous couvert d'une carte de séjour pluriannuelle " passeport talent " depuis plus de deux ans ;
- il méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation, eu égard à son intégration personnelle et professionnelle et à la présence en France de ses attaches privées et familiales ;
- il méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant, dès lors que son éloignement au Maroc aurait des conséquences graves sur l'intérêt supérieur de ses deux enfants.
Par un mémoire en défense enregistré le 25 août 2022, le préfet du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens invoqués n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale des droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Robert, premier conseiller ;
- et les observations de Me Desprat, représentant Mme D épouse B.
Considérant ce qui suit :
1. Ressortissante marocaine née le 19 mars 1989, Mme A D épouse B est entrée en France le 22 août 2017 sous couvert d'un visa de long séjour afin d'accompagner son époux. Celui-ci a obtenu, le 21 novembre 2017, une carte de séjour pluriannuelle portant la mention " passeport-talent salarié en mission " et la requérante a obtenu, le même jour, une carte de séjour pluriannuelle portant la mention " passeport-talent famille " valable jusqu'au 20 novembre 2021. Le 13 avril 2022, elle a sollicité la délivrance d'une carte de résident. Par un arrêté du 19 mai 2022, le préfet du Val-d'Oise lui a refusé la délivrance du titre de séjour sollicité, l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi. Par la présente requête, Mme D épouse B demande notamment l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. L'arrêté du 19 mai 2022, par lequel le préfet du Val-d'Oise a refusé de renouveler le titre de séjour de l'époux de Mme D a été annulé par un jugement du tribunal de céans du 10 novembre 2022. Ainsi, compte tenu de l'effet rétroactif de l'annulation, le refus de séjour prononcé à l'encontre de l'époux de la requérante a disparu de l'ordonnancement juridique et celui-ci doit donc être considéré comme n'étant pas en situation irrégulière à la date où l'arrêté attaqué a été prononcé à l'encontre de Mme D épouse B. En outre, il ressort des pièces du dossier que, à la date de la décision attaquée, la requérante résidait régulièrement en France depuis cinq années en compagnie de son époux et de leurs deux enfants, dont le second est né sur le territoire français en décembre 2019. En outre, son fils ainé est scolarisé en grande section de maternelle et la requérante dispose d'autres attaches familiales en France, notamment son frère de nationalité française. Enfin, Mme D épouse B justifie avoir exercé une activité salariée de décembre 2017 à décembre 2020 en qualité d'ingénieure informatique, puis d'avoir créé une société de conseil en informatique le 18 mars 2021 dont elle tire des revenus professionnels. Ainsi, dans les conditions très particulières de l'espèce, l'intéressée est fondée à soutenir que la décision par laquelle le préfet du Val-d'Oise a refusé de lui délivrer un titre de séjour est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
3. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que Mme D épouse B est fondée à demander l'annulation de la décision du 19 mai 2022, par laquelle le préfet du Val-d'Oise a refusé de lui délivrer le titre de séjour sollicité et, par voie de conséquence, l'annulation des décisions du même jour l'obligeant à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et fixant le pays de renvoi.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
4. Eu égard au motif d'annulation retenu, la situation de la requérante et de son époux étant liées, le présent jugement implique seulement qu'il soit enjoint au préfet du Val-d'Oise, ou au préfet territorialement compétent, de procéder au réexamen de la situation administrative de Mme D épouse B dans un délai qu'il convient de fixer à deux mois à compter de la notification de la présente décision et de lui délivrer, dans cette attente, une autorisation provisoire de séjour assortie d'une autorisation de travailler. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
5. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'État, partie perdante dans la présente instance, une somme de 1 000 euros à verser à Mme D épouse B, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : L'arrêté du préfet du Val-d'Oise du 19 mai 2022 est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au préfet du Val-d'Oise, ou au préfet territorialement compétent, de procéder au réexamen de la situation de Mme D épouse B, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, et de lui délivrer, dans cette attente, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler.
Article 3 : L'État versera une somme de 1 000 euros à Mme D épouse B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme D épouse B est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme A D épouse B et au préfet du Val-d'Oise.
Délibéré après l'audience du 22 mars 2023, à laquelle siégeaient :
M. Bertoncini, président,
M. Robert, premier conseiller,
M. Dupin, conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 avril 2023.
Le rapporteur,
signé
D. Robert
Le président,
signé
T. BertonciniLa greffière,
signé
M. C
La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise, ou au préfet territorialement compétent, en ce qui le concerne, et à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
N°2210478
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026