jeudi 25 août 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2210717 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | TRORIAL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 30 juillet 2022, Mme A B, représentée par Me Trorial, demande au juge des référés, statuant en application des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°)de l'admettre, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°)d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision du 31 janvier 2022 par laquelle le préfet des Hauts-de-Seine a classé sans suite sa demande de délivrance d'une autorisation provisoire de séjour et de renouvellement de son titre de séjour, ensemble la décision implicite née du silence gardé pendant plus de deux mois par cette même autorité sur le recours gracieux formé contre la décision du 31 janvier 2022 ;
3°)d'ordonner la suspension de l'exécution de l'arrêté du 27 décembre 2021 par lequel le préfet des Hauts-de-Seine a refusé le renouvellement de son titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel elle pourra être reconduite d'office et lui a interdit de retourner sur le territoire français pendant une durée d'un an ;
4°)d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler dans un délai de vingt-quatre heures à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, ou, à défaut, de réexaminer sa demande dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;
5°)de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser à son avocate en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que cette dernière renonce à percevoir la part contributive de l'Etat, ou à lui verser directement dans l'hypothèse où l'aide juridictionnelle lui serait refusée.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence est remplie, dès lors qu'elle a sollicité le renouvellement de son titre de séjour et la délivrance d'une autorisation provisoire de séjour le 4 octobre 2021, soit avant l'expiration de ce titre, de sorte que la condition d'urgence est ainsi présumée ; en outre, les décisions contestées portent gravement atteinte à son droit au travail, dès lors qu'elles remettent en cause son projet professionnel, ainsi qu'à sa vie privée et familiale, à ses conditions de vie et, d'une manière plus générale, à sa dignité ;
- il existe des moyens de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision du 31 janvier 2022 :
o elle a été prise par une autorité incompétente, dès lors qu'elle ne comporte aucun nom de signataire ;
o elle est entachée d'un défaut de motivation, tant en droit qu'en fait, en méconnaissance des articles L. 211-2 et suivants du code des relations entre le public et l'administration ;
o elle est entachée d'un défaut de base légale, dès lors qu'elle ne comporte aucune mention des textes légaux au vu desquels elle a été prise ;
o elle est illégale par voie d'exception, dès lors qu'elle se fonde sur l'arrêté du 27 décembre 2021, qui est lui-même illégal ; en effet, cet arrêté, par lequel le préfet des Hauts-de-Seine a refusé le renouvellement de son titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel elle pourra être reconduite d'office et lui a interdit de retourner sur le territoire français pendant une durée d'un an, est entaché de plusieurs erreurs de fait substantielles, notamment quant à sa nationalité, d'une absence d'examen approfondi, sérieux et personnalisé de sa situation, d'une erreur de droit quant aux dispositions légales applicables, dès lors qu'elle aurait dû se voir appliquer les stipulations du protocole franco-tunisien relatif à la gestion concertée des migrations du 28 avril 2008 et non les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
o elle est illégale, dès lors qu'elle remplit les conditions prévues à l'article 2 du protocole franco-tunisien relatif à la gestion concertée des migrations du 28 avril 2008 et qu'elle aurait dû se voir délivrer une autorisation provisoire de séjour sur le fondement de ces stipulations ;
o elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
o elle méconnaît les stipulations de l'article 25 de la déclaration universelle des droits de l'homme ;
o elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
Par un mémoire, enregistré le 23 août 2022, le préfet des Hauts-de-Seine conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la condition d'urgence n'est pas remplie, dès lors que, d'une part, Mme B n'a pas contesté devant la juridiction administrative l'arrêté du 27 décembre 2021 par lequel il lui a refusé le renouvellement de son titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel elle pourra être reconduite d'office et lui a interdit de retourner sur le territoire français pendant une durée d'un an, alors que cet arrêté lui a été régulièrement notifié, et que, d'autre part, la requérante ne justifie pas bénéficier d'un contrat à durée indéterminée à la date des décisions attaquées ;
- le moyen tiré de ce que la décision contestée aurait été prise en méconnaissance des stipulations de l'article 2 du protocole franco-tunisien relatif à la gestion concertée des migrations du 28 avril 2008 n'est pas de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de cette décision, dès lors que Mme B n'a pas validé sa formation de diplôme universitaire " référent handicap " suivie en 2020/2021.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête n° 2210719, enregistrée le 30 juillet 2022, par laquelle Mme B demande l'annulation des décisions des 27 décembre 2021 et 31 janvier 2022.
Vu :
- la déclaration universelle des droits de l'homme ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord entre le gouvernement de la République française et le gouvernement de la République de Tunisie en matière de séjour et de travail du 17 mars 1988 modifié ;
- le protocole relatif à la gestion concertée des migrations entre le gouvernement de la République française et le gouvernement de la République tunisienne signé à Tunis le 28 avril 2008 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le décret n°2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Chabauty, premier conseiller, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience du 23 août 2022 à 09 heures 00.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique, tenue en présence de Mme Soulier, greffière d'audience :
- le rapport de M. Chabauty, juge des référés, qui a informé les parties, en application des dispositions des articles R. 611-7 et R. 522-9 du code de justice administrative, de ce que l'ordonnance à intervenir était susceptible d'être fondée sur le moyen relevé d'office tiré de ce que les conclusions dirigées contre la décision du 31 janvier 2022, ensemble la décision implicite née du silence gardé pendant plus de deux mois par le préfet des Hauts-de-Seine sur le recours gracieux formé contre cette décision, sont irrecevables, dès lors que, dans la mesure où la demande de titre de séjour présentée par Mme B avait précédemment été rejetée par un arrêté du préfet des Hauts-de-Seine en date du 27 décembre 2021, le courriel en date du 31 janvier 2022 par lequel le préfet des Hauts-de-Seine a informé l'intéressée du classement sans suite de son dossier ne constitue pas, dans les circonstances de l'espèce, une décision susceptible de recours ;
- les observations de Me Trorial, représentant Mme B, qui maintient et précise les conclusions et moyens de la requérante, et soutient en outre que :
o la décision du 31 janvier 2022, qui est la conséquence de l'arrêté du 27 décembre 2021, constitue bien une décision attaquable ;
o Mme B n'a pas eu connaissance de l'avis de mise en instance du pli recommandé contenant l'arrêté du 27 décembre 2021 ;
o il existe des moyens de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté du 27 décembre 2021 :
* il est entaché d'un défaut de base légale ;
* il est entaché d'erreurs de fait substantielles, notamment quant aux dates et lieu de naissance de la requérante et surtout quant à sa nationalité ;
* il est entaché d'un défaut d'examen sérieux de sa situation, dès lors que Mme B est de nationalité tunisienne et qu'elle a sollicité une autorisation provisoire de séjour sur le fondement des stipulations de l'article 2 du protocole franco-tunisien relatif à la gestion concertée des migrations du 28 avril 2008 ;
* il est entaché d'une erreur de droit quant aux dispositions légales applicables, dès lors que la requérante aurait dû se voir appliquer les stipulations du protocole franco-tunisien relatif à la gestion concertée des migrations du 28 avril 2008 et non les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
* il est illégal, dès lors que Mme B remplit les conditions prévues à l'article 2 du protocole franco-tunisien relatif à la gestion concertée des migrations du 28 avril 2008 ;
* il méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
* il méconnaît les stipulations de l'article 25 de la déclaration universelle des droits de l'homme ;
* il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur la situation personnelle de la requérante ;
- les observations de Mme B ;
- le préfet des Hauts-de-Seine n'étant ni présent, ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A B, ressortissante tunisienne née le 7 novembre 1994, est entrée sur le territoire français le 12 octobre 2015 sous couvert d'un visa de long séjour portant la mention " étudiant ". Par la suite, elle a bénéficié de plusieurs titres de séjour portant la mention " étudiant ", dont le dernier a expiré le 5 décembre 2021. En octobre 2021, elle a sollicité, via le site " démarches-simplifiées.fr ", la délivrance d'une autorisation provisoire de séjour auprès des services de la préfecture des Hauts-de-Seine, sur le fondement des stipulations de l'article 2 du protocole relatif à la gestion concertée des migrations entre le gouvernement de la République française et le gouvernement de la République tunisienne du 28 avril 2008. Le 4 décembre 2021, elle a également sollicité, via le site " démarches-simplifiées.fr ", le renouvellement de son titre de séjour portant la mention " étudiant ". Par un arrêté du 27 décembre 2021, le préfet des Hauts-de-Seine a rejeté la demande de titre de séjour de Mme B, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et lui a interdit de retourner sur le territoire français pendant une durée d'un an. Par ailleurs, par une décision du 31 janvier 2022, le préfet des Hauts-de-Seine a classé sans suite la demande présentée par Mme B. Par la présente requête, cette dernière demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, d'ordonner la suspension de l'exécution, d'une part, de l'arrêté du 27 décembre 2021 et, d'autre part, de la décision du 31 janvier 2022, ensemble la décision implicite née du silence gardé pendant plus de deux mois par le préfet des Hauts-de-Seine sur le recours gracieux formé contre cette décision.
Sur le bénéfice de l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente ou son président. () ". Aux termes de l'article 61 du décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 : " L'admission provisoire est accordée par () le président de la juridiction saisie, soit sur une demande présentée sans forme par l'intéressé, soit d'office si celui-ci a présenté une demande d'aide juridictionnelle ou d'aide à l'intervention de l'avocat sur laquelle il n'a pas encore été statué ".
3. Eu égard aux circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer, en application des dispositions précitées, l'admission provisoire de Mme B au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions à fin de suspension :
En ce qui concerne l'arrêté du 27 décembre 2021 :
S'agissant des décisions portant obligation de quitter le territoire français et interdiction de retour sur le territoire français :
4. Aux termes de l'article L. 722-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'éloignement effectif de l'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français ne peut intervenir avant l'expiration du délai ouvert pour contester, devant le tribunal administratif, cette décision et la décision fixant le pays de renvoi qui l'accompagne, ni avant que ce même tribunal n'ait statué sur ces décisions s'il a été saisi. () ". Aux termes de l'article L. 722-8 du même code : " Lorsque l'étranger ne peut être éloigné en exécution d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, l'autorité administrative ne peut pas procéder à l'exécution d'office de l'interdiction de retour assortissant cette obligation de quitter le territoire français ".
5. Il résulte de ces dispositions que le dépôt, dans le délai de recours, d'une requête en annulation contre un arrêté refusant la délivrance d'un titre de séjour assorti d'une obligation de quitter le territoire français suspend l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français, ainsi que, par voie de conséquence, celle des décisions fixant le pays de destination et portant interdiction de retour sur le territoire français.
6. Le 30 juillet 2022, Mme B a saisi le présent tribunal d'une requête tendant à l'annulation de l'arrêté du 27 décembre 2021, dont il n'est pas établi, en l'état de l'instruction, qu'il lui ait été régulièrement notifié et contre lequel elle doit être regardée avoir exercé un recours gracieux le 19 mai 2022, reçu le 20 mai suivant par les services de la préfecture des Hauts-de-Seine et resté sans réponse à ce jour. Le dépôt de cette requête à fin d'annulation a eu pour effet de suspendre l'exécution de l'obligation faite à l'intéressée de quitter le territoire français. Il ne saurait donc être demandé au juge des référés de suspendre l'exécution d'une décision dont le recours en annulation formé contre elle a déjà entraîné cet effet suspensif. Par suite, les conclusions tendant à la suspension des décisions portant obligation de quitter le territoire français et interdiction de retour sur le territoire français sont irrecevables et doivent être rejetées.
S'agissant de la décision portant refus de titre de séjour :
7. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ".
Quant à l'urgence :
8. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande de suspension d'une décision refusant la délivrance d'un titre de séjour, d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate du refus de titre de séjour sur la situation concrète de l'intéressé. Cette condition d'urgence sera, en principe, constatée dans le cas d'un refus de renouvellement du titre de séjour. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d'une mesure provisoire dans l'attente d'une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision litigieuse.
9. Il résulte de l'instruction qu'en octobre 2021, soit avant l'expiration de son titre de séjour portant la mention " étudiant ", Mme B a saisi le préfet des Hauts-de-Seine, via le site " démarches-simplifiées.fr ", d'une demande de délivrance d'une autorisation provisoire de séjour sur le fondement des stipulations de l'article 2 du protocole relatif à la gestion concertée des migrations entre le gouvernement de la République française et le gouvernement de la République tunisienne du 28 avril 2008. Par ailleurs, le 4 décembre 2021, elle a également sollicité le renouvellement de son titre de séjour portant la mention " étudiant ". Dès lors, la décision contestée constitue un refus de renouvellement de titre de séjour, le cas échéant avec changement de statut, et la condition d'urgence est donc présumée. En se bornant à faire valoir que la requérante, d'une part, n'a pas contesté devant la juridiction administrative l'arrêté du 27 décembre 2021 et, d'autre part, ne justifie pas bénéficier d'un contrat à durée indéterminée à la date des décisions attaquées, le préfet des Hauts-de-Seine n'apporte aucun élément pour contester sérieusement cette présomption d'urgence. Par suite, la condition d'urgence prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative doit être regardée comme remplie.
Quant à l'existence de moyens propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
10. Eu égard aux termes de l'arrêté du 27 décembre 2021, dont il n'apparaît pas, en l'état de l'instruction, qu'il ait été régulièrement notifié à Mme B et contre lequel cette dernière doit être regardée avoir exercé un recours gracieux le 19 mai 2022, reçu le 20 mai suivant par les services de la préfecture des Hauts-de-Seine et resté sans réponse à ce jour, il n'est pas établi que le préfet des Hauts-de-Seine ait examiné la demande de la requérante tendant à la délivrance d'une autorisation provisoire de séjour sur le fondement des stipulations de l'article 2 du protocole relatif à la gestion concertée des migrations entre le gouvernement de la République française et le gouvernement de la République tunisienne du 28 avril 2008, fondement légal de sa demande initiale, l'intéressée étant au demeurant de nationalité tunisienne et non marocaine, comme cela est pourtant mentionné dans ledit arrêté. Par suite, en l'état de l'instruction, le moyen tiré de ce que la décision contestée est entachée d'un défaut d'examen sérieux de la situation de Mme B est de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de cette décision.
11. Il résulte de ce qui précède que les deux conditions prévues à l'article L. 521-1 du code de justice administrative sont réunies. Par suite, il y a lieu de prononcer la suspension de l'exécution de la décision du 27 décembre 2021 par laquelle le préfet des Hauts-de-Seine a rejeté la demande de titre de séjour de Mme B, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision.
En ce qui concerne la décision du 31 janvier 2022 :
12. La demande de titre de séjour présentée par Mme B ayant été rejetée par un arrêté en date du 27 décembre 2021, le courriel en date du 31 janvier 2022 par lequel le préfet des Hauts-de-Seine a classé sans suite le dossier de l'intéressée doit être regardé comme destiné à informer cette dernière de la clôture de ce dossier sur le site " démarches-simplifiées.fr ". Dès lors, ce courriel ne constitue pas, dans les circonstances de l'espèce, une décision susceptible de recours. Par suite, et ainsi que les parties en ont été informées, les conclusions dirigées contre la décision du 31 janvier 2022, ensemble la décision implicite née du silence gardé pendant plus de deux mois par le préfet des Hauts-de-Seine sur le recours gracieux formé contre cette décision, sont irrecevables et doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
13. La suspension de l'exécution de la décision du 27 décembre 2021 par laquelle le préfet des Hauts-de-Seine a refusé la délivrance d'un titre de séjour de Mme B implique nécessairement que, dans l'attente d'un jugement par une formation collégiale du tribunal sur les conclusions de l'intéressée tendant à l'annulation de cette décision, le préfet des Hauts-de-Seine délivre à Mme B une autorisation provisoire de séjour assortie d'une autorisation de travail. Il y a lieu d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de procéder à cette mesure d'exécution dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sans qu'il y ait lieu d'assortir, à ce stade, cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais du litige :
14. Il ressort de ce qui est énoncé au point 3 de la présente ordonnance que Mme B est admise, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle. Par suite, son avocate peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve, d'une part, de l'admission définitive de Mme B à l'aide juridictionnelle, et d'autre part, que Me Trorial, avocate de l'intéressée, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 900 euros à verser à Me Trorial. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à Mme B, la somme de 900 euros lui sera directement versée.
O R D O N N E :
Article 1er : Mme B est admise, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 :L'exécution de la décision du 27 décembre 2021 par laquelle le préfet des Hauts-de-Seine a rejeté la demande de titre de séjour de Mme B est suspendue, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision.
Article 3 : Il est enjoint au préfet des Hauts-de-Seine de délivrer à Mme B, dans un délai de quinze jours suivant la notification de la présente ordonnance, une autorisation provisoire de séjour assortie d'une autorisation de travail.
Article 4 : Sous réserve de l'admission définitive de Mme B à l'aide juridictionnelle et sous réserve que Me Trorial renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, l'Etat versera à Me Trorial, avocate de Mme B, une somme de 900 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à Mme B, la somme de 900 euros lui sera directement versée.
Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme B est rejeté.
Article 6 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée au préfet des Hauts-de-Seine.
Fait à Cergy, le 25 août 2022.
Le juge des référés,
signé
C. Chabauty
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2210717
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026