vendredi 26 août 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2210889 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | GUELTAS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 4 août 2022, M. B A demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 28 juin 2022 par lequel le préfet du Val-d'Oise a décidé son transfert aux autorités espagnoles en tant que responsables de l'examen de sa demande d'asile ;
2°) d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise d'enregistrer sa demande d'asile.
Il soutient que :
- il a été contraint par la force de déposer une demande d'asile en Espagne ; il y a subi des violences physiques de la part des forces de sécurité ;
- il serait isolé en cas de retour en Espagne alors que plusieurs de ses proches résident sur le territoire français ;
- il se trouve dans l'impossibilité de retourner en Espagne en raison, d'une part, de son état psychologique résultant des violences qu'il a subies, d'autre part, de la crise sanitaire et, enfin, du climat de guerre.
Par un mémoire en défense enregistré le 18 août 2022, le préfet du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le règlement (UE) n° 603/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;
- le règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme D pour statuer sur les litiges visés à l'article L. 572-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Riedinger, magistrate désignée ;
- les observations de Me Gueltas, avocate désignée d'office, qui reprend les conclusions et moyens développés dans les écritures à l'exclusion du moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et rectifie les écritures de M. A lequel, indique-t-elle, n'a pas subi de violences physiques en Espagne contrairement à ce qui y est mentionné ; elle précise également que le titre de séjour versé au dossier est celui d'un cousin germain de M. A et ajoute que l'arrêté attaqué a été pris en méconnaissance de l'article 5 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 et de l'article L. 111-2 du code des relations entre le public et l'administration ;
- les observations de M. A, assisté de Mme C, interprète en langue turque ;
- le préfet du Val-d'Oise n'étant ni présent, ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant turc né le 10 octobre 2003, est entré irrégulièrement sur le territoire français et a sollicité son admission au séjour au titre de l'asile le 27 avril 2022. La consultation du fichier Eurodac a fait apparaître qu'il avait, préalablement au dépôt de sa demande en France, sollicité l'asile auprès des autorités espagnoles. Saisies le 28 avril 2022 d'une demande de reprise en charge, les autorités espagnoles l'ont explicitement accepté le lendemain. Par un arrêté du 28 juin 2022, dont M. A demande l'annulation, le préfet du Val-d'Oise a décidé de transférer l'intéressé aux autorités espagnoles.
2. En premier lieu, aux termes de l'article 5 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 : " 1. Afin de faciliter le processus de détermination de l'État membre responsable, l'État membre procédant à cette détermination mène un entretien individuel avec le demandeur. Cet entretien permet également de veiller à ce que le demandeur comprenne correctement les informations qui lui sont fournies conformément à l'article 4. () / 5. L'entretien individuel a lieu dans des conditions garantissant dûment la confidentialité. Il est mené par une personne qualifiée en vertu du droit national. / 6. L'État membre qui mène l'entretien individuel rédige un résumé qui contient au moins les principales informations fournies par le demandeur lors de l'entretien. Ce résumé peut prendre la forme d'un rapport ou d'un formulaire type. L'État membre veille à ce que le demandeur et/ou le conseil juridique ou un autre conseiller qui représente le demandeur ait accès en temps utile au résumé. ".
3. Il ressort des pièces du dossier que M. A a bénéficié d'un entretien individuel réalisé à la préfecture du Val-d'Oise le 27 avril 2022. D'une part, il ne ressort d'aucun principe ni d'aucune disposition que l'identité ou la fonction de l'agent ayant mené l'entretien individuel prévu par les dispositions citées au point précédent doivent être mentionnées sur le résumé de l'entretien. D'autre part, en vertu de l'arrêté du 10 mai 2019 désignant les préfets compétents pour enregistrer les demandes d'asile et déterminer l'État responsable de leur traitement, le préfet du Val-d'Oise était compétent pour enregistrer la demande d'asile de M. A et procéder à la détermination de l'État membre responsable de l'examen de cette demande. Dans ces conditions, les agents de la préfecture du Val-d'Oise recevant les étrangers doivent être regardés comme ayant la qualité, au sens des dispositions mentionnées au point précédent, de " personne qualifiée en vertu du droit national " pour mener l'entretien individuel, sans qu'il soit nécessaire de connaître leur identité ou leur fonction. Au demeurant, le résumé de l'entretien individuel mentionne que celui-ci a été " conduit par un agent qualifié de la préfecture du Val-d'Oise ". Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 5 du règlement du 26 juin 2013 doit être écarté.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 111-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Toute personne a le droit de connaître le prénom, le nom, la qualité et l'adresse administratives de l'agent chargé d'instruire sa demande ou de traiter l'affaire qui la concerne; ces éléments figurent sur les correspondances qui lui sont adressées. Si des motifs intéressant la sécurité publique ou la sécurité des personnes le justifient, l'anonymat de l'agent est respecté ".
5. Ces dispositions, qui garantissent à toute personne, dans ses relations avec une autorité administrative, le droit de connaître le prénom, le nom, la qualité et l'adresse administratives de l'agent chargé d'instruire sa demande ou de traiter l'affaire qui la concerne, sont applicables à toutes les procédures dans le cadre desquelles un agent est chargé du traitement d'une affaire. Toutefois, la méconnaissance de ces dispositions est, par elle-même, sans incidence sur la légalité de la décision prise, au terme de la procédure, par l'autorité administrative compétente. M. A ne peut donc utilement se prévaloir de la circonstance que les prénom, nom et qualité de l'agent ayant conduit l'entretien individuel n'ont pas été portés à sa connaissance.
6. En troisième lieu, en faisant valoir que résident sur le territoire français certains de ses cousins, dont un lui est proche, et qu'il serait isolé en cas de transfert en Espagne, M. A doit être regardé comme soutenant que l'examen de sa demande d'asile doit être effectué en France, au titre du droit souverain des autorités françaises d'accorder l'asile sur leur territoire, y compris lorsque cet examen relève de la compétence d'un autre Etat, eu égard à sa situation personnelle, par l'application de l'article 17 du règlement n° 604/2013 du 26 juin 2013. Toutefois, il n'établit ni la réalité ni l'intensité des liens familiaux dont il se prévaut alors que, par ailleurs, il a déclaré lors de l'entretien individuel n'avoir aucun membre de sa famille en France et est entré sur le territoire français en avril 2022 soit très récemment. Par suite, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation commise au regard de l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 doit être écarté.
7. En dernier lieu, M. A ne peut utilement invoquer l'impossibilité de le transférer en Espagne en raison, d'une part, de la crise sanitaire, d'autre part, du climat de guerre, dès lors que cette circonstance, qui n'est d'ailleurs pas établie, serait, en tout état de cause, sans incidence sur la légalité de la décision attaquée et relèverait de sa seule exécution.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. A doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet du Val-d'Oise.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 août 2022.
La magistrate désignée,
signé
V. DLe greffier,
signé
M. E
La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 2210889
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026