jeudi 1 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2211269 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | DRYE DE BAILLIENCOURT ET ASSOCIES |
Vu les procédures suivantes :
I. A une requête, et des pièces complémentaires enregistrés les 14, 26 et 29 août 2022, M. E F et Mme C F demandent au juge des référés, statuant A application des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision du 20 juin 2022 A laquelle la directrice académique des services de l'éducation nationale du Val-d'Oise a refusé l'instruction dans la famille de leur enfant D F, et de la décision du 27 juillet 2022 qui a rejeté le recours administratif préalable obligatoire qu'ils ont formé contre la décision du 20 juin 2022, jusqu'à ce qu'il soit statué sur la légalité de ces décisions;
2°) d'enjoindre à la rectrice de l'académie de Versailles et à la directrice académique des services de l'éducation nationale du Val-d'Oise de réexaminer leur demande d'autorisation, dans un bref délai à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte.
Ils soutiennent que :
- la condition d'urgence prévue A les dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative est satisfaite dès lors que la rentrée scolaire aura lieu dans moins d'un mois sachant que le délai pour solliciter une autorisation d'inscription dans un établissement scolaire indiqué à l'article R. 131-11 du code de l'éducation a expiré; de plus une inscription à la rentrée scolaire dans un établissement scolaire ne saurait correspondre aux besoins d'Adam et porterait atteinte à son intérêt supérieur ;
- il existe des moyens propres à créer un doute sérieux quant à la légalité des décisions dont la suspension est demandée ; la décision du 30 juin 2022 est entachée d'un vice de forme, dès lors qu'en méconnaissance des dispositions de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration, elle est insuffisamment motivée ; les décisions contestées sont entachées d'erreur de droit et d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 131-5 du code de l'éducation, dès lors que Mme F, qui se chargera de son instruction, dispose d'un niveau d'études suffisant, et sera disponible pour se consacrer à son instruction, que l'enseignement sera dispensé sur les supports pédagogiques du Cours Saint-Anne, et en raison des particularismes présentés A la situation de leur fils, celui-ci nécessitant un rythme d'apprentissage spécifique.
A un mémoire en défense enregistré le 25 août 2022, la rectrice de l'académie de Versailles conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens soulevés A M. et Mme F ne sont pas fondés.
II A une requête et des pièces complémentaires enregistrés les 14, 26 et 29 août 2022, M. F et Mme F demandent au juge des référés, statuant A application des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision du 20 juin 2022 A laquelle la directrice académique des services de l'éducation nationale du Val-d'Oise a refusé l'instruction dans la famille de leur enfant B F, et de la décision du 27 juillet 2022 qui a rejeté le recours administratif préalable obligatoire qu'ils ont formé contre la décision du 20 juin 2022, jusqu'à ce qu'il soit statué sur la légalité de ces décisions;
2°) d'enjoindre à la rectrice de l'académie de Versailles et à la directrice académique des services de l'éducation nationale du Val-d'Oise de réexaminer leur demande d'autorisation, dans un bref délai à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte.
Ils soutiennent que :
- la condition d'urgence prévue A les dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative est satisfaite dès lors que la rentrée scolaire aura lieu dans moins d'un mois sachant que le délai pour solliciter une autorisation d'inscription dans un établissement scolaire indiqué à l'article R. 131-11 du code de l'éducation a expiré; de plus une inscription à la rentrée scolaire dans un établissement scolaire ne saurait correspondre aux besoins d'Adam et porterait atteinte à son intérêt supérieur ;
- il existe des moyens propres à créer un doute sérieux quant à la légalité des décisions dont la suspension est demandée ; la décision du 30 juin 2022 est entachée d'un vice de forme, dès lors qu'en méconnaissance des dispositions de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration, elle est insuffisamment motivée ; les décisions contestées sont entachées d'erreur de droit et d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 131-5 du code de l'éducation, dès lors que Mme F, qui se chargera de son instruction, dispose d'un niveau d'études suffisant, et sera disponible pour se consacrer à son instruction, que l'enseignement sera dispensé sur les supports pédagogiques du Cours Saint-Anne, et en raison des particularismes présentés A la situation de leur fils, celui-ci nécessitant un rythme d'apprentissage spécifique.
A un mémoire en défense enregistré le 28 août 2022, la rectrice de l'académie de Versailles conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens soulevés A M. F et Mme F ne sont pas fondés.
Vu :
- le code de l'éducation ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience du 29 août 2022 à 9h45.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique, tenue en présence de Mme Courbet, greffière d'audience :
- le rapport de Mme Van Muylder, juge des référés ;
- les observations de Me Drye, représentant M. F et Mme F, qui conclut aux mêmes fins A les mêmes moyens ;
- la rectrice de l'académie de Versailles n'étant ni présente, ni représentée.
La clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. F et Mme F, parents des enfants B né le 8 mars 2013, et Ayman né le 22 mars 2014, ont déposé auprès des services de l'académie de Versailles deux demandes en vue d'être autorisés, sur le fondement des articles L. 131-2 et L. 131-5 du code de l'éducation, à instruire leurs enfants en famille pour l'année 2022-2023. La directrice académique des services de l'éducation nationale du Val-d'Oise a refusé de faire droit à leurs demandes A des décisions du 20 juin 2022. M. F et Mme F ont formé des recours administratifs préalables obligatoires contre ces décisions, qui ont été rejeté A deux décisions du 27 juillet 2022 de la commission académique des recours administratifs préalables obligatoires exercés contre les décisions de refus d'autorisation d'instruction dans la famille. A leurs requêtes, M. F et Mme F sollicitent la suspension de l'exécution de ces décisions.
Sur la jonction :
2. Les requêtes n° 2211269 et 2211270 ont été présentées A les mêmes requérants et ont trait à la situation d'une fratrie. Il y a donc lieu de les joindre pour statuer A une même ordonnance.
Sur l'étendue du litige :
3. Aux termes de l'article L. 135-1 du code de l'éducation, dans sa rédaction applicable à compter de la rentrée scolaire de l'année 2022 : " Les personnes responsables d'un enfant soumis à l'obligation scolaire définie à l'article L. 131-1 doivent le faire inscrire dans un établissement d'enseignement public ou privé ou bien, à condition d'y avoir été autorisées A l'autorité de l'Etat compétente en matière d'éducation, lui donner l'instruction en famille. / (). / L'autorisation mentionnée au premier alinéa est accordée pour les motifs suivants, sans que puissent être invoquées d'autres raisons que l'intérêt supérieur de l'enfant : / () / 4° L'existence d'une situation propre à l'enfant motivant le projet éducatif (). / Un décret en Conseil d'Etat précise les modalités de délivrance de cette autorisation. / () La décision de refus d'autorisation fait l'objet d'un recours administratif préalable auprès d'une commission présidée A la rectrice d'académie, dans des conditions fixées A décret ". Aux termes de l'article D. 131-11-10 du même code : " Toute décision de refus d'autorisation d'instruction dans la famille peut être contestée dans un délai de quinze jours à compter de sa notification écrite A les personnes responsables de l'enfant auprès d'une commission présidée A la rectrice d'académie ". Aux termes de l'article D. 131-11-13 dudit code : " La juridiction administrative ne peut être saisie qu'après mise en œuvre des dispositions de l'article D. 131-11-10 ".
4. Il résulte de ces dernières dispositions que les décisions du 27 juillet 2022 A lesquelles la commission académique a rejeté les recours administratifs formés contre les décisions du 20 juin 2022 A lesquelles la rectrice de l'académie de Versailles a refusé aux requérants l'autorisation d'instruire leurs enfants dans la famille au cours de l'année scolaire 2022-2023, se sont substituées à ces premières décisions et qu'en conséquence, les conclusions tendant à la suspension des décisions du 20 juin 2022 doivent être rejetées comme irrecevables.
Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
5. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
6. L'article 49 de la loi du 24 août 2021 confortant le respect des principes de la République a modifié le régime de l'instruction dans la famille à compter de la rentrée scolaire 2022. Il a modifié l'article L. 131-2 du code de l'éducation pour prévoir que l'instruction obligatoire serait donnée dans les écoles et établissements d'enseignement et qu'elle ne pourrait, A dérogation, être dispensée en famille A les parents ou A toute personne de leur choix, que sur autorisation délivrée dans les conditions fixées à l'article L. 131-5 du même code cité au point 3.
7. Aux termes de l'article R. 131-11-5 du code de l'éducation : " Lorsque la demande d'autorisation est motivée A l'existence d'une situation propre à l'enfant motivant le projet éducatif, elle comprend :1° Une présentation écrite du projet éducatif comportant les éléments essentiels de l'enseignement et de la pédagogie adaptés aux capacités et au rythme d'apprentissage de l'enfant, à savoir notamment : a) Une description de la démarche et des méthodes pédagogiques mises en œuvre pour permettre à l'enfant d'acquérir les connaissances et les compétences dans chaque domaine de formation du socle commun de connaissances, de compétences et de culture ; b) Les ressources et supports éducatifs utilisés ; c) L'organisation du temps de l'enfant (rythme et durée des activités) ; d) Le cas échéant, l'identité de tout organisme d'enseignement à distance participant aux apprentissages de l'enfant et une description de la teneur de sa contribution ; () "
8. Il ressort des termes même des décisions du 27 juillet 2022 que la commission de l'Académie de Versailles devant laquelle sont formés les recours administratifs préalables obligatoires exercés contre les décisions de refus d'autorisation d'instruction dans la famille a motivé les refus en litige sur la circonstance que les parties pédagogiques des projets éducatifs se contentent d'utiliser la plaquette commerciale d'un organisme d'enseignement à distance sans adaptation de l'enfant.
9. Les moyens invoqués A Mme F et M. F à l'appui de leur demande de suspension des décisions du 27 juillet 2022, tels qu'ils ont été analysés dans les visas de la présente ordonnance, ne sont pas, en l'état de l'instruction, de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité des décisions contestées. A suite, et sans qu'il soit besoin d'examiner, ni la fin de non-recevoir opposée en défense A la rectrice de l'académie de Versailles, ni la condition d'urgence, les conclusions aux fins de suspension de l'exécution des décisions du 27 juillet 2022 doivent être rejetées. Il en va de même, A voie de conséquence, des conclusions présentées aux fins d'injonction et d'astreinte.
O R D O N N E :
Article 1er : Les requêtes n° 2211269 et 2211270 de M. et Mme F sont rejetées.
Article 2 :La présente ordonnance sera notifiée à M. E F et Mme C F, et au ministre de l'Education nationale et de la jeunesse.
Copie en sera adressée à la rectrice de l'académie de Versailles et à la directrice académique des services de l'éducation nationale du Val-d'Oise.
Fait à Cergy, le 1er septembre 2022.
La juge des référés,
signé
C. Van Muylder
La République mande et ordonne au ministre de l'Education nationale et de la Jeunesse, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Nos 2211269; 22112702
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026