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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2211357

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2211357

jeudi 20 juillet 2023

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2211357
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation8ème Chambre
Avocat requérantSCP TIRARD & ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 29 juillet 2022 et 31 janvier 2023, M. B G, M. O et Mme H A, Mme L C, M. F I et Mme K D, représentés par Me Ansquer, demandent au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté n° 2021/141 URB du 28 mars 2022 par lequel la maire de la commune de Malakoff a accordé à la société par actions simplifiée (SAS) Pierre Promotion un permis de construire n° PC 92046 21 01729, en vue de la construction, après démolition des constructions existantes, d'un ensemble immobilier comportant soixante-sept logements et un parc de stationnement sur un terrain situé 6, impasse André Sabatier à Malakoff, ainsi que la décision du 1er juin 2022 rejetant leur recours gracieux ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Malakoff une somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi qu'une somme de 13 euros au titre du droit de plaidoirie.

Ils soutiennent que :

- l'arrêté attaqué a été pris par une autorité incompétente, en l'absence de justification d'une délégation de pouvoir ou de signature au profit de son auteur ;

- il méconnaît l'article R. 423-1 du code de l'urbanisme et est entachée d'une erreur de droit au regard de ces dispositions dès lors que la société pétitionnaire ne disposait d'aucune des qualités mentionnées par ces dispositions pour lui permettre de déposer une demande de permis de construire sur les parcelles du terrain d'assiette du projet ;

- il méconnaît les dispositions de l'article L. 2223-1 du code général des collectivités territoriales ;

- il est insuffisamment motivé au regard notamment des prescriptions énoncées par l'Inspection générale des carrières dans son avis du 14 janvier 2022 ;

- il méconnaît les dispositions des articles UB 2, UB 3, UB 4, UB 7 et UB 13 du plan local d'urbanisme de la commune de Malakoff ;

- il méconnaît les dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme et est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de ces dispositions.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 28 octobre 2022 et 21 mars 2023, la commune de Malakoff, représentée par Me Simon, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge des requérants une somme de 3 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- la requête est irrecevable dès lors que les requérants ne justifient pas d'un intérêt à agir au sens des dispositions de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme ;

- aucun des moyens de la requête n'est fondé.

Par des mémoires, enregistré les 17 octobre 2022 et 14 mars 2023, la SAS Pierre Promotion, représentée par Me Tirard-Rouxel, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge des requérants une somme de 5 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir qu'aucun moyen de la requête n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Amazouz, rapporteur,

- les conclusions de Mme Chabrol, rapporteure publique ;

- les observations de Me Soularue, substituant Me Ansquer, avocate de M. G et autres ;

- les observations de Me Simon, avocat de la commune de Malakoff ;

- et les observations de Me Chanoine, substituant Me Tirard-Rouxel, avocat de la SAS Pierre Promotion.

Considérant ce qui suit :

1. Par un arrêté n° 2021/141 URB du 28 mars 2022, la maire de la commune de Malakoff a accordé à la SAS Pierre Promotion un permis de construire n° PC 92046 21 01729, en vue de la construction, après démolition des constructions existantes, d'un ensemble immobilier d'une surface de plancher totale de 5 001 mètres carrés, comportant soixante-sept logements et un parc de stationnement, sur un terrain situé 6, impasse André Sabatier. Par un recours gracieux du 24 mai 2022, notifié le lendemain, M. G, M. et Mme A, Mme C, M. I et Mme D, propriétaires ou occupants de biens immobiliers situés impasse André Sabatier, ont demandé le retrait de ce permis de construire. Par une décision du 1er juin 2022, la maire de la commune de Malakoff a rejeté ce recours gracieux. M. G et autres demandent au tribunal d'annuler l'arrêté du 28 mars 2022 et la décision du 1er juin 2022 rejetant leur recours gracieux.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. En premier lieu, l'arrêté contesté du 28 mars 2022 a été signé par M. J E, 2ème adjoint à la maire de Malakoff, délégué aux secteurs de l'urbanisme et de l'espace public, qui bénéficiait, par arrêté du 11 septembre 2020, d'une délégation de la maire de la commune de Malakoff à l'effet notamment de signer les arrêtés d'autorisation d'urbanisme. Il ressort des mentions portées sur cet arrêté qu'il a été publié le 23 septembre 2020 et transmis en préfecture des Hauts-de-Seine à la même date. Ainsi, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué doit être écarté.

3. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 423-1 du code de l'urbanisme : " Les demandes de permis de construire () sont adressées par pli recommandé avec demande d'avis de réception ou déposées à la mairie de la commune dans laquelle les travaux sont envisagés : / a) Soit par le ou les propriétaires du ou des terrains, leur mandataire ou par une ou plusieurs personnes attestant être autorisées par eux à exécuter les travaux ; / () ". En vertu de l'article R. 431-5 du même code, la demande de permis de construire comporte " l'attestation du ou des demandeurs qu'ils remplissent les conditions définies à l'article R. 423-1 pour déposer une demande de permis ".

4. Il résulte de ces dispositions que les demandes de permis de construire doivent seulement comporter l'attestation du pétitionnaire qu'il remplit les conditions définies à l'article R. 423-1 cité ci-dessus. Les autorisations d'utilisation du sol, qui ont pour seul objet de s'assurer de la conformité des travaux qu'elles autorisent avec la législation et la réglementation d'urbanisme, étant accordées sous réserve du droit des tiers, il n'appartient pas à l'autorité compétente de vérifier, dans le cadre de l'instruction d'une demande de permis, la validité de l'attestation établie par le demandeur. Ainsi, sous réserve de la fraude, le pétitionnaire qui fournit l'attestation prévue à l'article R. 423-1 du code doit être regardé comme ayant qualité pour présenter sa demande. Il résulte de ce qui précède que les tiers ne sauraient utilement invoquer, pour contester une décision accordant une telle autorisation au vu de l'attestation requise, la circonstance que l'administration n'en aurait pas vérifié l'exactitude. Toutefois, lorsque l'autorité saisie d'une telle demande de permis de construire vient à disposer au moment où elle statue, sans avoir à procéder à une mesure d'instruction lui permettant de les recueillir, d'informations de nature à établir son caractère frauduleux ou faisant apparaître, sans que cela puisse donner lieu à une contestation sérieuse, que le pétitionnaire ne dispose, contrairement à ce qu'implique l'article R. 423-1 du code de l'urbanisme, d'aucun droit à la déposer, il lui revient de refuser la demande de permis pour ce motif.

5. D'une part, il ressort des pièces du dossier que la SAS Pierre Promotion a attesté avoir qualité pour demander le permis de construire en litige dans le formulaire de demande signé le 17 décembre 2021. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que le conseil municipal de Malakoff et le commission permanente du département des Hauts-de-Seine ont, par des délibérations des 8 décembre 2021 et 24 janvier 2022, approuvé la cession des parcelles constitutives du terrain d'assiette du projet à la SAS Pierre Promotion et l'ont autorisée à solliciter le permis de construire en litige. À cet égard, le pétitionnaire n'était pas tenu de joindre à son dossier de demande les autorisations des personnes publiques concernées dès lors qu'il a fourni l'attestation prévue par l'article R. 431-5 du code de l'urbanisme. Ainsi, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que l'arrêté attaqué méconnaît les dispositions de l'article R. 423-1 du code de l'urbanisme et qu'il est entachée d'une erreur de droit au regard de ces dispositions.

6. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 2223-1 du code général des collectivités territoriales : " () La création, l'agrandissement et la translation d'un cimetière sont décidés par le conseil municipal. Toutefois, dans les communes urbaines et à l'intérieur des périmètres d'agglomération, la création, l'agrandissement et la translation d'un cimetière à moins de 35 mètres des habitations sont autorisés par arrêté du représentant de l'État dans le département, pris après une enquête publique réalisée conformément au chapitre III du titre II du livre Ier du code de l'environnement et avis de la commission départementale compétente en matière d'environnement, de risques sanitaires et technologiques. / () "

7. Ces dispositions ne concernent que les hypothèses de création, d'agrandissement et de translation d'un cimetière à moins de 35 mètres des habitations dans les communes urbaines et à l'intérieur des périmètres d'agglomération, qui doivent faire l'objet d'une autorisation préfectorale. Alors même qu'il se situe à proximité du cimetière communal de Malakoff, le projet contesté vise à réaliser un ensemble immobilier à usage d'habitation et non à créer, agrandir ou déplacer un cimetière. Ainsi, les dispositions précitées de l'article L. 2223-1 du code général des collectivités territoriales ne peuvent être utilement invoquées pour contester la légalité de l'arrêté attaqué. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions ne peut qu'être écarté comme inopérant.

8. En quatrième lieu, d'une part, aux termes de l'article UB 2 du plan local d'urbanisme de la commune de Malakoff : " Dans les zones d'anciennes carrières souterraines, la réalisation de constructions ou d'installations et la surélévation, l'extension ou la modification de bâtiments existants sont, le cas échéant, subordonnées aux conditions spéciales imposées par l'Inspection générale des carrières en vue d'assurer la stabilité des constructions projetées et de prévenir tout risque d'éboulement ou d'affaissement () ". D'autre part, aux termes de l'article R. 424-5 du code de l'urbanisme : " () / Si la décision () est assortie de prescriptions (), elle doit être motivée. () ". Aux termes de l'article A 424-3 du même code : " L'arrêté indique, selon les cas ; / a) Si le permis est accordé ; / () Il indique en outre, s'il y a lieu : / d) Si la décision est assortie de prescriptions ; () ". Aux termes de l'article A 424-4 de ce code : " Dans les cas prévus aux b à f de l'article A. 424-3, l'arrêté précise les circonstances de droit et de fait qui motivent la décision () ".

9. Il ressort des pièces du dossier que le terrain d'assiette du projet de construction se situe dans une zone d'anciennes carrières et que l'inspection générale des carrières, consultée dans le cadre de l'instruction de la demande de permis de construire, a, dans un avis du 14 janvier 2022, prescrit soit la réalisation de confortations souterraines, en l'occurrence des travaux de consolidation par injection de coulis dans la carrière sous le projet et ses abords ainsi que la préservation des galeries, soit la réalisation de fondations profondes, par puits de béton ou par pieux forés ou micro-pieux. L'article 3 de l'arrêté en litige mentionne que " la réalisation de tout projet devra être précédé des travaux de consolidation souterraines prescrits par l'Inspection générale des carrières dans son avis joint en date du 14 janvier 2022 ", lequel y est visé et annexé. Contrairement à ce que soutiennent les requérants, par cette formulation, l'autorité municipale ne peut être regardée comme ayant entendu imposé la réalisation d'une des prescriptions alternatives de l'avis de l'inspection générale des carrières mais comme ayant entendu imposé au pétitionnaire de se conformer à l'entier avis, qui était d'ailleurs joint à l'arrêté en litige. En outre, l'étude de sol, jointe au dossier de permis de construire, prévoit tant " une campagne de comblement par injection de coulis sous-pression au niveau des carrières souterraines, sous le projet et ses abords, suivant la méthodologie et le maillage préconisé par l'IGC ", que la réalisation " de fondations profondes de type pieux béton forés simple ", qui correspondent aux deux préconisations alternatives de l'inspection générale des carrières. Enfin, les motifs des prescriptions relatives aux travaux de consolidation souterraine résultent directement de leur contenu même dans l'avis du 14 janvier 2022, joint au permis de construire contesté. Dans ces conditions, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que l'arrêté attaqué serait insuffisamment motivé au regard des prescriptions énoncées par l'inspection générale des carrières dans son avis du 14 janvier 2022 ou qu'il méconnaitrait les dispositions de l'article UB 2 du plan local d'urbanisme de la commune de Malakoff. Pour les mêmes motifs, ils ne sont pas fondés à soutenir qu'au regard du risque lié à la présence de carrières souterraines, l'arrêté contesté méconnaitrait les dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme et serait entaché d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de ces dispositions.

10. En cinquième lieu, aux termes de l'article UB 3 du plan local d'urbanisme de la commune de Malakoff : " Pour être constructible, un terrain doit être accessible d'une voie publique ou privée, soit directement, soit par l'intermédiaire d'un passage aménagé sur un terrain voisin. Les voies d'accès doivent présenter les caractéristiques permettant de satisfaire aux exigences de la sécurité et de la lutte contre l'incendie et être proportionnées à l'importance et à la destination des constructions projetées et doivent avoir une largeur minimale de 2 mètres ".

11. Le permis de construire, qui est délivré sous réserve des droits des tiers, a pour seul objet d'assurer la conformité des travaux qu'il autorise avec la réglementation d'urbanisme. Dès lors, si le juge administratif doit, pour apprécier la légalité du permis au regard des règles d'urbanisme relatives à la desserte et à l'accès des engins d'incendie et de secours, s'assurer de l'existence d'une desserte suffisante de la parcelle par une voie ouverte à la circulation publique et, le cas échéant, de l'existence d'un titre créant une servitude de passage donnant accès à cette voie, il ne lui appartient pas de vérifier ni la validité de cette servitude ni l'existence d'un titre permettant l'utilisation de la voie qu'elle dessert, si elle est privée, dès lors que celle-ci est ouverte à la circulation publique. En outre, en l'absence d'indications contraires, la référence faite par un plan local d'urbanisme à la largeur de la voie publique doit, en principe, s'entendre comme comprenant non seulement la partie de la chaussée ouverte à la circulation des véhicules, mais aussi la partie de l'emprise réservée au passage des piétons.

12. D'une part, le projet contesté prévoit une entrée par l'impasse André Sabatier, d'une largeur de 6 mètres, et une sortie par le sentier André Sabatier, d'une largeur de 4,20 mètres dont 3 mètres de chaussée, largeurs qui sont conformes aux prescriptions de l'article UB 3 du plan local d'urbanisme. Si les requérants font valoir que l'impasse André Sabatier n'est pas proportionnée à l'importance du projet qui va accroître de façon considérable le flux de circulation dans l'impasse, il ressort des pièces du dossier que cette impasse n'accueillera que le flux entrant des véhicules des futurs occupants du projet de construction. À cet égard, la commune de Malakoff produit une estimation du nombre de véhicules entrants qui montre que le trafic lié au projet sera limité à une cinquantaine d'automobiles entrant dans l'impasse. Les requérants n'apportent aucun élément de nature à remettre en cause cette estimation et aucune des pièces du dossier ne permet de démontrer que cette impasse ne serait pas en mesure de supporter ce flux ou qu'elle ne serait pas adaptée pour permettre des croisements avec les quelques véhicules des riverains actuels de l'impasse. Il ne ressort pas davantage des pièces du dossier que l'impasse André Sabatier ne présenterait pas des caractéristiques permettant de satisfaire aux exigences de la sécurité et de la lutte contre les incendies, ainsi qu'il résulte d'ailleurs de l'avis favorable rendu par la brigade des sapeurs-pompiers de Paris, le 12 janvier 2022, validant les caractéristiques des voies de desserte. Ainsi, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que les voies d'accès ne seraient pas proportionnées à l'importance et à la destination des constructions projetées.

13. D'autre part, si les requérants soutiennent que l'accès à l'impasse André Sabatier est destinée aux seuls riverains des parcelles de l'impasse et ne peut se faire sans leur accord, il ressort des pièces du dossier que cette impasse est une voie privée ouverte à la circulation publique. Si les requérants font valoir qu'une barrière se situe à l'entrée de l'impasse André Sabatier, la pose de cette barrière est postérieure à la date du permis de construire contesté et ne saurait ainsi par elle-même faire regarder l'impasse comme une voie privée fermée à la circulation publique. Au demeurant, le terrain d'assiette du projet comporte la parcelle 159 qui est riveraine de l'impasse et dispose donc d'un droit d'accès à cette voie. Ainsi, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que les futurs occupants du projet de construction ne disposeront pas d'un droit d'accès à l'impasse André Sabatier.

14. Il résulte de ce qui a été dit aux points 12 et 13 que les requérants ne sont pas fondés à soutenir que l'arrêté attaqué méconnaît l'article UB 3 du plan local d'urbanisme de la commune de Malakoff.

15. En sixième lieu, aux termes de l'article UB 4 du plan local d'urbanisme de la commune de Malakoff : " Pour être constructible, un terrain doit être raccordé au réseau de distribution d'eau potable, d'électricité et d'assainissement ". Les autorisations d'urbanisme étant accordées sous réserve des droits des tiers, ces dispositions n'ont pas pour objet et ne sauraient avoir pour effet d'imposer aux pétitionnaires de justifier, dans leurs demandes d'autorisations d'urbanisme, des autorisations éventuellement nécessaires sur le fondement du droit privé pour assurer le raccordement aux réseaux publics des ouvrages projetés. Ainsi, les requérants ne peuvent utilement faire valoir que le pétitionnaire ne dispose d'aucun droit à raccorder les constructions projetées aux réseaux situés sous l'impasse André Sabatier. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UB 4 du plan local d'urbanisme ne peut qu'être écarté.

16. En septième lieu, les requérants soutiennent que l'arrêté attaqué méconnaît les dispositions de l'article UB 7 du plan local d'urbanisme de la commune de Malakoff, relatif à l'implantation des constructions par rapport aux limites séparatives, dès lors, d'une part, que les bâtiments C et D du projet seront implantés en limite du cimetière au-delà de la bande de 30 mètres par rapport à l'alignement et, d'autre part, que le bâtiment C, implanté en retrait de la limite séparative donnant sur le cimetière de Malakoff, présente un retrait qui n'est pas conforme au retrait imposé par l'article UB 7. Toutefois, pour l'application du plan local d'urbanisme de la commune de Malakoff, la limite avec le cimetière n'est pas une limite séparative, mais une limite avec une emprise publique, pour laquelle seules les règles de l'article UB 6 s'appliquent. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UB 7 du plan local d'urbanisme ne peut qu'être écarté.

17. En huitième et dernier lieu, aux termes de l'article UB 13 du plan local d'urbanisme de Malakoff : " Les projets de construction doivent être étudiés dans le sens d'une conservation optimale des plantations existantes. / () Plantations : Le jardin en pleine terre comportera en fonction de sa superficie et de sa configuration les plantations suivantes pour lesquelles il est vivement recommandé de suivre les conseils de plantation figurant en annexe à la fin du règlement : Si la surface du jardin est égale ou supérieure à 200 m², 1 arbre de grand développement par tranche de 100 m² ; / () Pour jardins dont la surface dépasse 200 m², il faudra choisir au moins deux types de plantations dont la moitié est représenté par les arbres de grand développement. / () ".

18. D'une part, il ressort de la notice architecturale et des plans joints à la demande de permis de construire que sept arbres de haute tige ainsi que sept autres arbres seront abattus pour la réalisation du projet dans le prolongement du sentier André Sabatier et que six marronniers, arbres à grand développement, situés à l'entrée du projet, impasse André Sabatier, seront préservés. Il ressort du plan des plantations que tous les arbres abattus se trouvent dans l'emprise des futurs bâtiments ou à leur proximité immédiate ou dans l'emprise de la voie interne du projet. Le projet prévoit également que seront plantés quinze nouveaux arbres, dont trois arbres de grand développement, deux arbres de moyen développement et dix arbres de petit développement, ainsi que de nombreux massifs arbustifs, massifs plantés, haies mixtes et plantes grimpantes sur structure indépendante. Ainsi, eu égard à la nature de la prescription en cause, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le projet de construction contesté méconnait l'objectif de " conservation optimale " des plantations existantes.

19. D'autre part, il est constant que la surface de pleine terre du projet a une superficie de 1 877 mètres carrés, qui représente 18 tranches entières de 100 m². Ainsi, au regard des prescriptions de l'article UB 13, le projet doit comporter au moins dix-huit arbres, dont neuf arbres de grand développement. Par suite, dès lors que le projet contesté comporte vingt-et-un arbres, dont neuf arbres de grand développement, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le projet comporte un nombre insuffisant d'arbres de grand développement.

20. Enfin, si les requérants soutiennent que certaines des plantations prévues par le projet ne respectent pas les règles de distance minimales prévues en annexe du plan local d'urbanisme, il ressort des termes mêmes de cette annexe que les distances minimales de plantation prévues, qualifiées de conseils, sont précisées à titre indicatif. Ainsi, à supposer même que ces conseils de plantation n'aient pas été suivis, une telle circonstance n'est pas de nature à entacher d'illégalité l'arrêté attaqué.

21. Il résulte de ce qui a été dit aux points 18 à 20 que le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UB 13 du plan local d'urbanisme doit être écarté.

22. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir opposée par la commune de Malakoff, que M. G et autres ne sont pas fondés à demander l'annulation de l'arrêté attaqué du 28 mars 2022 et de la décision de rejet de leur recours gracieux en date du 1er juin 2022.

Sur les frais liés au litige :

23. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Malakoff, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par les requérants au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge des requérants les sommes demandées par la commune de Malakoff et par la SAS Pierre Promotion au même titre.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. G et autres est rejetée.

Article 2 : Les conclusions de la commune de Malakoff et de la SAS Pierre Promotion présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B G, à M. O et Mme H A, à Mme L C, à M. F I, à Mme K D, à la commune de Malakoff et à la SAS Pierre Promotion.

Délibéré après l'audience du 2 juin 2023, à laquelle siégeaient :

M. Féral, président, M. Amazouz et M. M, premiers conseillers.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 juillet 2023.

Le rapporteur,

signé

S. AMAZOUZLe président,

signé

R. FÉRALLa greffière,

signé

M. N

La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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