mercredi 21 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2211427 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | ESSONO NGUEMA |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance de renvoi en date du 18 août 2022, la magistrate désignée du tribunal administratif de Montreuil a transmis au tribunal administratif de Cergy-Pontoise la requête de M. A, enregistrée au greffe du tribunal administratif de Montreuil le 16 août 2022 ;
Par cette requête et un mémoire, enregistré le 19 septembre 2022, M. A, représenté par Me Stoffaneler, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 14 août 2022 par lequel le préfet des Hauts-de-Seine l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;
2°) d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui délivrer un titre de séjour l'autorisant à travailler ou de procéder au réexamen de sa situation, et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, dans le délai de deux mois courant à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3 ) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
S'agissant de la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français :
- la décision en litige a été signée par une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée et procède d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;
- elle est entachée d'erreur de fait ;
- elle est intervenue à l'issue d'une procédure irrégulière méconnaissant l'article 41-2 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- elle procède d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
- elle est entachée d'erreur de droit et d'erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article L. 233-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
S'agissant de la décision fixant le pays de renvoi :
- elle est illégale pour être fondée sur une décision lui faisant obligation de quitter le territoire elle-même illégale ;
- elle méconnait l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 16 septembre 2022, le préfet des Hauts-de-Seine conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a désigné Mme C conformément à l'article R. 776-13-3 du code de justice administrative, pour statuer en qualité de juge du contentieux de l'éloignement sur les requêtes instruites selon les dispositions de l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 20 septembre 2022 :
- le rapport de Mme Charlery, magistrate désignée,
- les observations de Me Stoffaneler, représentant M. A, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens ;
- les observations de M. A qui infirme les déclarations qui lui sont imputées à travers le procès-verbal d'audition établi par les services de police le 14 août 2022 à 17 h 40, selon lesquelles il ne serait plus couvert par la sécurité sociale, en indiquant qu'il peinait à comprendre la traduction qui lui était faite, mais confirme les déclarations contenues dans ce même procès-verbal aux termes desquelles il est déjà connu des services de police pour des faits de violence envers sa belle-sœur commis sous l'empire d'un état alcoolique et affirme avoir cessé toute consommation d'alcool ;
- le préfet des Hauts-de-Seine n'étant ni présent ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant roumain né le 13 juillet 1977, entré en France il y a sept ans selon ses déclarations, a été interpelé par les services de police le 14 août 2022. Par un arrêté du même jour, dont l'intéressé sollicite l'annulation, le préfet des Hauts-de-Seine a obligé
M. A à quitter le territoire français, dans un délai de trente jours à destination de la Roumanie. Par un nouvel arrêté du 17 août 2022, le préfet des Hauts-de-Seine a assigné M. A à résidence dans le département des Hauts-de-Seine pour une durée de 45 jours renouvelables avec obligation de présentation chaque mercredi et vendredi sauf les jours fériés, à 10 heures au commissariat de Saint-Cloud.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 233-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les citoyens de l'Union européenne ont le droit de séjourner en France pour une durée supérieure à trois mois s'ils satisfont à l'une des conditions suivantes : 1° Ils exercent une activité professionnelle en France ; 2° Ils disposent pour eux et pour leurs membres de famille de ressources suffisantes afin de ne pas devenir une charge pour le système d'assistance sociale, ainsi que d'une assurance maladie () " Et aux termes de l'article L. 251-1 du même code : " L'autorité administrative compétente peut, par décision motivée, obliger les étrangers dont la situation est régie par le présent livre, à quitter le territoire français lorsqu'elle constate les situations suivantes : 1° Ils ne justifient plus d'aucun droit au séjour tel que prévu par les articles L. 232-1, L. 233-1, L. 233-2 ou L. 233-3 ; / () ".
3. Pour fonder l'obligation faite à M. A de quitter le territoire français, le préfet des Hauts-de-Seine s'est fondé sur les dispositions du 1° de l'article L. 251-1 précitées en considérant que l'intéressé ne justifie plus d'aucun droit au séjour, n'établit pas exercer en France une activité professionnelle pérenne ni disposer d'un hébergement et n'apporte pas la preuve qu'il dispose de ressources suffisantes ainsi que d'une assurance maladie. Il ressort toutefois des pièces produites par M. A que ce dernier exerce une activité professionnelle d'employé commercial niveau 1 A, pour une rémunération de 1539,42 euros brut, sous couvert d'un contrat de travail à durée indéterminée depuis le 23 mai 2022, faisant suite à un contrat à durée déterminée conclu le 7 décembre 2020 avec la société Frais Courneuve. Il est couvert, dans ce cadre, par le régime général de l'assurance maladie et bénéfice également d'une couverture complémentaire santé dans le cadre d'un contrat collectif souscrit par son employeur pour l'ensemble du personnel. Il est également affilié au régime de retraite complémentaire auquel adhère sa société pour sa catégorie professionnelle, ainsi qu'au régime de prévoyance souscrit par cette dernière. Dès lors, M. A, qui établit ainsi exercer une activité professionnelle en France et disposer pour lui et les membres de sa famille de ressources suffisantes afin de ne pas devenir une charge pour le système d'assistance sociale, ainsi que d'une assurance maladie, est fondé à se prévaloir d'un droit au séjour permanent en application de l'article L. 233-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il suit de là que le préfet des Hauts-de-Seine ne pouvait légalement obliger M. A à quitter le territoire français.
4. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête, que la décision du 14 août 2022 portant obligation de quitter le territoire doit être annulée ainsi que, par voie de conséquence, la décision fixant le pays de destination.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
5. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 911-2 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public () prenne à nouveau une décision après une nouvelle instruction, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision juridictionnelle, que cette décision doit intervenir dans un délai déterminé. ". Aux termes de l'article L. 614-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Si l'obligation de quitter le territoire français est annulée, il est immédiatement mis fin aux mesures de surveillance prévues aux articles L. 721-6, L. 721-7, L. 731-1, L. 731-3, L. 741-1 et L. 743-13, et l'étranger est muni d'une autorisation provisoire de séjour jusqu'à ce que l'autorité administrative ait à nouveau statué sur son cas. ".
6. L'exécution du présent jugement implique nécessairement qu'il soit enjoint au préfet des Hauts-de-Seine de procéder au réexamen de la situation de M. A et de lui délivrer à une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler dans l'attente de ce réexamen, et ce, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du présent jugement, sans qu'il soit besoin d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L 761-1 du code de justice administrative:
7. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce de mettre à la charge de l'État, partie perdante dans la présente instance, le versement à M. A de la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 14 août 2022 faisant à M. A obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours à destination du pays dont il a la nationalité est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au préfet des Hauts-de-Seine de réexaminer la situation de M. A dans le délai de 15 jours courant à compter de la notification du présent jugement et de le munir, dans l'intervalle, d'une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler.
Article 3 : Il est mis à la charge de l'Etat le versement à M. A de la somme de 1000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet des Hauts-de-Seine.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 septembre 2022.
La magistrate désignée,
signé
C. C
Le greffier,
signé
M. D
La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne ou à tous commissaire de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026