mardi 11 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2211482 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | MBOMBO MULUMBA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des pièces complémentaires enregistrée les 18 aout et 14 septembre 2022, M. C D, représenté par Me Mbombo Mulumba, demande au tribunal :
1°) de lui accorder, à titre provisoire, le bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) d'annuler l'arrêté du 5 aout 2022 par lequel le préfet du Val-d'Oise lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de 30 jours et a fixé le pays de destination ;
3°) d'enjoindre, à titre principal, au préfet du Val-d'Oise de lui délivrer un titre de séjour ;
4°) à titre subsidiaire, d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise de réexaminer sa situation, en lui délivrant, dans l'attente du résultat de ce réexamen, une autorisation provisoire de séjour ;
Il soutient que :
En ce qui concerne l'arrêté dans son ensemble :
- les décisions contestées sont entachées d'un défaut de motivation en droit et en fait ;
- elles sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- elles méconnaissent les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elles méconnaissent les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que les dispositions de l'article L. 513-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
En ce qui concerne la décision lui refusant la délivrance d'un titre de séjour:
- elle a été signée par un auteur incompétent ;
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 septembre 2022, le préfet du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête ;
Il soutient qu'aucun des moyens du requérant n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 14 septembre 2022 :
- le rapport de M. B ;
- les observations de Me Mbombo Mulumba, avocate désignée d'office pour M. D assisté par M. A interprète en turc, qui soutient que le préfet du Val-d'Oise ne pouvait prendre à l'égard de M. D la décision en litige, dès lors que ce dernier a contesté la décision d'irrecevabilité du 25 février 2022 de sa demande tendant au réexamen de sa demande d'asile et n'a toujours pas été notifié de la décision de l'office français de protection des réfugiés et des apatrides ;
- les observations de M. D lui-même, qui précise qu'il est entré en France le 20 aout 2020, qu'il a une tante et un oncle en France et qu'il ne travaille pas.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. C D, ressortissant turc né le 29 mars 1990 en Turquie, déclare être entré sur le territoire français le 10 septembre 2020. M. D a sollicité le 9 octobre 2020 la reconnaissance de la qualité de réfugié, demande rejetée par décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides du 29 janvier 2021, confirmée par la Cour nationale du droit d'asile le 17 juin 2021. Par une décision du 25 février 2022, l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a rejeté comme irrecevable sa demande de réexamen. Par un arrêté du 5 aout 2022, le préfet du Val d'Oise a fait à l'intéressé obligation de quitter le territoire français dans le délai de 30 jours et a fixé le pays de destination. Par la présente requête, M. D, demande au tribunal d'annuler cet arrêté.
Sur l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence, () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président / () ".
3. En raison de l'urgence, il y a lieu de prononcer, en application des dispositions précitées, l'admission provisoire de M. D au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne le prétendu refus de titre de séjour :
4. Contrairement à ce soutient le requérant, l'arrêté en litige porte pas refus de titre de séjour. Par suite, les conclusions de M. D à fin d'annulation d'un tel d'un refus inexistant ne peuvent qu'être rejetées.
En ce qui concerne l'arrêté dans son ensemble :
5. En premier lieu, la décision attaquée mentionne de façon suffisamment précise et non stéréotypée les motifs de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite le moyen tiré de son insuffisante motivation doit être écarté.
6. En second lieu, aux termes de l'article L. 542-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 542-1, le droit de se maintenir sur le territoire français prend fin : () / 2° Lorsque le demandeur () / c) présente une nouvelle demande de réexamen après le rejet définitif d'une première demande de réexamen. Les dispositions du présent article s'appliquent sous réserve du respect des stipulations de l'article 33 de la convention de Genève du 28 juillet 1951, et de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ", et aux termes de l'article L. 542-3 du même code : " lorsque le droit au maintien sur le territoire français a pris fin dans les conditions prévues aux articles L. 542-1 ou L. 542-2, l'attestation de demande d'asile peut être refusée, retirée ou son renouvellement refusé () ".
7. Il ressort des pièces du dossier que la demande d'asile de M. D a été rejetée une première fois le 29 janvier 2021 par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides et que la demande de réexamen de sa demande d'asile a fait l'objet d'une décision d'irrecevabilité le 25 février 2022. Par suite, en vertu des dispositions suscitées et alors même que M. D aurait déposé une demande tendant à la contestation de cette décision d'irrecevabilité, cette dernière étant dépourvue d'effet suspensif, l'intéressé ne bénéficiait pas, au moment où a été prise la décision attaquée, d'un quelconque droit au maintien sur le territoire. Par conséquent, le moyen tiré de ce que le préfet aurait entaché sa décision d'une erreur de droit doit être écarté.
8. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ;2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ". Pour l'application de ces stipulations et dispositions, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.
9. Si M. D, qui précise avoir une épouse et un enfant en Turquie, soutient que l'arrêté attaqué méconnait les stipulations précitées, il n'apporte aucune précision concernant la vie privée et familiale qu'il mènerait en France. Par suite, ce moyen doit être écarté.
10. En troisième lieu, aux termes des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ". Aux termes de l'article L. 513-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, devenu l'article L. 721-4 du même code : " () Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950. "
11. M. D fait valoir que sa vie serait en danger en cas de retour en Turquie, en raison de son engagement et de celui de sa famille en faveur de la cause kurde. Il ne verse toutefois au dossier qu'un mandat d'interpellation a son nom et un procès-verbal de perquisition ayant eu lieu à son domicile en son absence, le 16 novembre 2021 et n'établit pas la réalité et l'intensité des risques auxquels il serait confronté en cas de retour dans son pays d'origine. En outre, ainsi qu'il a été rappelé au point 1, l'OFPRA a déclaré sa première demande de réexamen de demande d'asile irrecevable. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et des dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui n'est opérant qu'à l'égard de la décision fixant le pays a destination duquel le requérant doit être renvoyé, ne peut qu'être écarté.
12. En dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux évoqués au point 7 et 9 du présent jugement, M. D n'est pas fondé à soutenir qu'en prenant la décision attaquée, le préfet du Val-d'Oise aurait entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation.
13. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que M. D n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté attaqué.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
14. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation, n'implique aucune mesure d'exécution au sens des articles L. 911-1 et suivants du code de justice administrative. Les conclusions à fin d'injonction présentées par M. D doivent, par suite, être rejetées.
15. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que la requête de M. D doit être rejetée.
D É C I D E :
Article 1er : M. D est admis à l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2: La requête de M. D est rejetée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C D, et au préfet du Val-d'Oise.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 octobre 2022.
Le président,
signé
J-P. B
Le greffier,
signé
M. E
La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026