jeudi 22 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2211819 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | FOURET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 29 août 2022, M. C et Mme E épouse C, représentés par Me Fouret, demandent au juge des référés, statuant par application des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision du 6 juillet 2022 prise sur recours administratif préalable obligatoire par laquelle la commission de l'académie de Versailles a refusé l'instruction dans la famille de leur enfant F C ;
2°) d'enjoindre à la rectrice de l'académie de Versailles de leur délivrer une autorisation d'instruction en famille au bénéfice de leur enfant F C ;
3°) à défaut, d'enjoindre à la rectrice de l'académie de Versailles de reconsidérer leur demande ;
4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la condition d'urgence est remplie, dès lors que la décision produit des conséquences graves et immédiates sur leurs intérêts et ceux de leur fille, dont la rentrée scolaire interviendra le 1er septembre, alors que son inscription dans un établissement scolaire nécessiterait des diligences importantes, tout comme la poursuite de son instruction en famille, de sorte que dans tous les cas, la rentrée de leur enfant serait fortement impactée ; en outre, compte tenu des délais d'audience d'un recours pour excès de pouvoir, la décision contestée ne pourrait être utilement contestée si elle n'est pas suspendue, en ce qu'aucune décision juridictionnelle ne pourrait être prise avant son application, de sorte qu'ils seraient alors privés de tout recours juridictionnel effectif ;
- il existe plusieurs moyens de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
o elle est insuffisamment motivée, en ce que sa motivation démontre un défaut d'examen et ne permet pas de comprendre en quoi la situation de leur enfant ne révèlerait pas une situation qui lui est propre et de nature à lui accorder l'autorisation d'instruction en famille ;
o elle est entachée d'une erreur de droit, dès lors qu'elle refuse l'instruction en famille au bénéfice de leur enfant au motif qu'ils ne justifient pas d'une circonstance singulière relative à leur enfant qui nécessiterait un projet pédagogique spécifique, alors que cette condition n'est prévue ni par l'article L. 131-5 du code de l'éducation, ni par l'interprétation qu'en font le Conseil d'Etat et le Conseil constitutionnel ; en outre, le dossier de demande d'autorisation était complet et conforme aux dispositions du code de l'éducation ;
o elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation, dès lors qu'elle rejette la demande au motif qu'ils ne démontrent pas l'existence d'une situation propre à leur enfant, alors qu'ils justifiaient d'une pédagogie propre et adaptée à leur enfant, leur dossier de demande d'autorisation d'instruction en famille montrant les éléments essentiels de l'enseignement et de la pédagogie adaptés à ses capacités et à son rythme d'apprentissage.
Par un mémoire en défense enregistré le 14 septembre 2022, la rectrice de l'académie de Versailles conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir qu'il n'y a plus lieu de statuer sur la requête, qui a perdu son objet dès lors que l'autorité académique a donné aux requérants une autorisation d'instruction en famille de leur enfant, par une décision du 14 septembre 2022.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête n° 2211865, enregistrée le 29 août 2022, par laquelle les requérants demandent l'annulation de la décision contestée.
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Monteagle, première conseillère, en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.
Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience du 15 septembre 2022 à 9h00.
A été entendu, au cours de l'audience publique, tenue en présence de Mme Courbet, greffière d'audience, le rapport de Mme Monteagle, juge des référés.
La clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. C et Mme E épouse C, parents de l'enfant Marguerite C née en 2019, ont déposé une demande d'autorisation d'instruction en famille de l'enfant pour l'année 2022-2023. Par une décision du 20 juin 2022, la directrice des services départementaux de l'éducation nationale du Val-d'Oise a rejeté leur demande. Par une décision du 6 juillet 2022, la commission académique de l'académie de Versailles a rejeté leur recours administratif préalable obligatoire contre cette décision. Par la présente requête, les requérants demandent au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, d'ordonner la suspension de l'exécution de cette dernière décision.
Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
3. Il résulte de l'instruction que, postérieurement à l'enregistrement de la requête, la décision du 6 juillet 2022 attaquée a été licenciée et l'autorisation d'instruction en famille qu'ils sollicitaient pour leur enfant a été accordée aux requérants. Par suite, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions aux fins de suspension de la décision attaquée, et d'injonction à ce que la rectrice leur accorde cette autorisation ou réexamine leur situation, ces conclusions ayant perdu leur objet.
Sur les frais liés au litige :
4. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ".
5. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'État la somme de 1 000 euros au titre des frais exposés par M. C et Mme E épouse C et non compris dans les dépens, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er :Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions aux fins de suspension et d'injonction de la requête.
Article 2 :L'État versera la somme de 1 000 euros à M. C et Mme E épouse C sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 :La présente ordonnance sera notifiée à M. A C, à Mme B E épouse C, à la rectrice de l'académie de Versailles et au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse.
Fait à Cergy, le 22 septembre 2022.
La juge des référés,
signé
M. D
La République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 22118192
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026