mardi 7 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2211978 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | RIQUIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 20 août 2022 et le 15 décembre 2023, M. B demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté n°ARR-2022/178 du 21 juin 2022 par lequel le président de l'université Paris Nanterre a prononcé à son encontre une interdiction d'accès aux locaux administratifs et d'enseignements de l'université Paris Nanterre ;
2°) de mettre à la charge l'Université Paris Nanterre et de l'Etat une somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué n'a pas été précédé d'une procédure contradictoire alors que la mesure de police qu'il prononce n'est pas justifiée par l'urgence ou des circonstances exceptionnelles ;
- il est fondé sur des faits matériellement inexacts ;
- il méconnaît les articles L. 712-2 et R. 712-8 du code de l'éducation ;
- il est manifestement disproportionné.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 décembre 2023, l'université de Paris Nanterre conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge du requérant une somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'éducation ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Zaccaron Guérin, rapporteure,
- les conclusions de M. Louvel, rapporteur public,
- et les observations de Me Gévaudan, substituant Me Riquier, représentant l'université Paris Nanterre.
M. B n'étant ni présent ni représenté.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté n°ARR-2022/178 du 21 juin 2022 pris sur le fondement de l'article R. 712-8 du code de l'éducation, le président de l'université Paris Nanterre a prononcé à l'encontre de M. B, militant syndical extérieur à l'université, une interdiction d'accès à l'ensemble des locaux administratifs et d'enseignements de l'université Paris Nanterre pour une durée de trente jours, entre le 21 juin 2022 et le 20 juillet 2022 inclus. Par la présente requête, M. B demande au tribunal l'annulation de cet arrêté du 21 juin 2022.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 712-2 du code de l'éducation : " Le président assure la direction de l'université. A ce titre : / () 6° Il est responsable du maintien de l'ordre et peut faire appel à la force publique dans des conditions fixées par décret en Conseil d'Etat () ". Aux termes de l'article R. 712-1 du même code : " Le président d'université est responsable de l'ordre et de la sécurité dans les enceintes et locaux affectés à titre principal à l'établissement dont il a la charge ". Aux termes de l'article R. 712-8 du même code : " En cas de désordre ou de menace de désordre dans les enceintes et locaux définis à l'article R. 712-1, l'autorité responsable désignée à cet article en informe immédiatement le recteur chancelier. / Dans les cas mentionnés au premier alinéa : / 1° La même autorité peut interdire à toute personne et, notamment, à des membres du personnel et à des usagers de l'établissement ou des autres services ou organismes qui y sont installés l'accès de ces enceintes et locaux. / Cette interdiction ne peut être décidée pour une durée supérieure à trente jours. Toutefois, au cas où des poursuites disciplinaires ou judiciaires seraient engagées, elle peut être prolongée jusqu'à la décision définitive de la juridiction saisie () ".
3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2, ainsi que les décisions qui, bien que non mentionnées à cet article, sont prises en considération de la personne, sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable ". Aux termes de l'article L. 211-2 du même code : " () A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police ;(). ". Aux termes de l'article L. 121-2 du même code : " Les dispositions de l'article L. 121-1 ne sont pas applicables : 1° En cas d'urgence ou de circonstances exceptionnelles ; / 2° Lorsque leur mise en œuvre serait de nature à compromettre l'ordre public () ".
4. En l'espèce, l'arrêté attaqué précise que l'urgence et les circonstances exceptionnelles font obstacle à la mise en œuvre d'une procédure contradictoire préalable. Si le requérant fait valoir que l'occupation du bâtiment Grappin était engagée depuis octobre 2021, soit bien avant sa participation au mouvement des " sans-fac ", le trouble à l'ordre public étant déjà constitué, cette occupation dans un contexte de violences graves et réitérées notamment à l'égard des agents de l'université, l'intrusion du requérant par la force à l'aide d'un véhicule le 23 février 2022 et son introduction avec occupation et agression d'un personnel de l'université la nuit de la veille de la décision, établissent l'urgence à lui interdire l'accès au campus universitaire et constituent des circonstances exceptionnelles justifiant l'absence de procédure contradictoire préalable. Au demeurant, M. B, tiers à l'université a été mis en demeure de quitter les locaux de l'université à plusieurs reprises dans les mois qui ont précédés l'édiction de l'arrêté d'interdiction litigieux, et n'a pas présenté d'observation. Par suite, le moyen tiré de l'absence de procédure contradictoire préalable doit être écarté.
5. En second lieu, une mesure interdisant l'accès aux enceintes et locaux d'une université édictée par le président d'une université dans le cadre des pouvoirs qu'il tient des dispositions de l'article L. 712-2 du code de l'éducation est une mesure de police qui doit être adaptée, nécessaire et proportionnée au regard des seules nécessités de l'ordre public, telles qu'elles découlent des circonstances de temps et de lieu.
6. En l'espèce, il n'est pas contesté que M. B a participé activement au mouvement dit des " sans fac " conduisant de nombreux groupes d'usagers et de personnes extérieures à occuper certains bâtiments de l'université Paris Nanterre entre le 27 octobre 2021 et l'été 2022 et ayant donné lieu à un signalement au procureur de la République. Le requérant conteste la réalité des violences qui lui sont reprochées et fait valoir intervenir comme syndicaliste membre de Solidaires 92 au soutien du mouvement des sans-facs. Toutefois, à supposer que l'UNEF serait membre de Solidaires 92, il ne soutient ni n'établit avoir été mandaté par son organisation à accompagner l'occupation de l'université. Il ressort également des différents dépôts de plainte, constats d'huissier et procès-verbaux, qui ne sont pas sérieusement contestés par M. B, qu'il apparait être " le leader du mouvement " et que le 23 février 2022, il s'est introduit au sein de l'université en forçant un barrage humain de contrôle des droits d'accès à l'enceinte universitaire et que le 20 juin 2022, veille de la décision, il a participé à une intrusion avec violences au sein de l'université au cours de laquelle il a frappé un agent de sécurité à l'aide d'un " drapeau avec un manche à balais " et qu'il a en outre, tenu des propos insultants à l'égard de vigiles. Ainsi, eu égard aux troubles à l'ordre public depuis octobre 2021, à leur gravité, à leur caractère répété et au retentissement sur la scolarité des étudiants, la mesure d'interdiction attaquée, au demeurant limitée à une durée d'un mois, doit être regardée comme adaptée, nécessaire et proportionnée. Par suite, les moyens tirés de l'erreur de droit ou de l'erreur d'appréciation doivent être écartés.
7. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 21 juin 2022 du président de l'université Paris Nanterre.
Sur les frais liés au litige :
8. L'Etat n'étant pas partie dans la présente instance, les conclusions présentées par M. B sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative tendant à ce que soit mise à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros au titre des frais non compris dans les dépens qu'il a exposés ne peuvent qu'être rejetées.
9. Ces mêmes dispositions font obstacle à ce que l'université de Paris Nanterre qui n'est pas la partie perdante, verse la somme que M. B demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de l'université de Paris Nanterre présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 :Les conclusions de l'université Paris Nanterre présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 :Le présent jugement sera notifié à M. A B et à l'université Paris Nanterre.
Délibéré après l'audience du 23 avril 2024 à laquelle siégeaient :
Mme Edert, présidente,
M. Baude, premier conseiller,
Mme Zaccaron Guérin, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 mai 2024.
La rapporteure,
signé
C. Zaccaron Guérin La présidente,
signé
S. Edert
La greffière,
signé
S. Le Gueux
La République mande et ordonne à la ministre de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 22119782
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026