jeudi 13 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2211996 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre (J.U.) |
| Avocat requérant | LECOUR |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 20 août 2022, M. B, représenté par Me Lecour, demande au tribunal :
1°) d'annuler son compte rendu d'entretien professionnel au titre de l'année 2021-2022 ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse de procéder à un nouvel entretien professionnel pour l'année 2021-2022, dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le compte rendu attaqué a été pris au terme d'une procédure irrégulière dès lors, d'une part, que les modalités de conduite et les règles de forme de son entretien professionnel n'ont pas été respectées, et, d'autre part, qu'aucun objectif ne lui a été fixé pour l'année en cause et que certaines rubriques n'ont même pas été abordées au cours de l'entretien ;
- il n'a pas été signé par sa supérieure hiérarchique directe ;
- il repose sur des griefs qui ne sont pas matériellement établis ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.
Le recteur de l'académie de Versailles a été mis en demeure de présenter des observations par courrier du 12 octobre 2023, en application des dispositions de l'article R. 612-3 du code de justice administrative.
Par ordonnance du 26 avril 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 27 mai 2024 à 12 heures.
Un mémoire a été produit par le recteur de l'académie de Versailles le 11 juin 2024, après la clôture de l'instruction. Il n'a pas été communiqué.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le décret n° 2010-888 du 28 juillet 2010 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Oriol, vice-présidente, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Oriol, rapporteure ;
- les conclusions de M. Sitbon, rapporteur public ;
- et les observations de Me Lecour pour M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, attaché d'administration de l'Etat depuis le 1er septembre 2014, exerce les fonctions d'adjoint-gestionnaire au collège Descartes d'Antony (Hauts-de-Seine) depuis le 7 février 2022. Par la présente requête, il demande au tribunal l'annulation du compte rendu d'entretien professionnel au titre de l'année 2021-2022, qui lui a été notifié le 1er juillet 2022.
Sur l'acquiescement aux faits :
2. Aux termes de l'article R. 612-6 du code de justice administrative : " Si, malgré une mise en demeure, la partie défenderesse n'a produit aucun mémoire, elle est réputée avoir acquiescé aux faits exposés dans les mémoires du requérant. ".
3. Malgré la mise en demeure qui lui a été adressée le 12 octobre 2023, le recteur de l'académie de Versailles n'a produit aucun mémoire en défense dans le délai de trente jours qui lui a été imparti, ni en tout état de cause avant la clôture de l'instruction fixée au 27 mai 2024 à 12 heures. Ainsi, il est réputé avoir acquiescé aux faits exposés dans la requête. Il appartient toutefois au juge de vérifier que ces faits ne sont pas contredits par les pièces du dossier.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. Aux termes de l'article 3 du décret n° 2010-888 du 28 juillet 2010 relatif aux conditions générales de l'appréciation de la valeur professionnelle des fonctionnaires de l'Etat : " L'entretien professionnel porte principalement sur : / 1° Les résultats professionnels obtenus par le fonctionnaire eu égard aux objectifs qui lui ont été assignés et aux conditions d'organisation et de fonctionnement du service dont il relève ; / 2° Les objectifs assignés au fonctionnaire pour l'année à venir et les perspectives d'amélioration de ses résultats professionnels, compte tenu, le cas échéant, des perspectives d'évolution des conditions d'organisation et de fonctionnement du service ; / 3° La manière de servir du fonctionnaire ; / 4° Les acquis de son expérience professionnelle ; / 5° Le cas échéant, la manière dont il exerce les fonctions d'encadrement qui lui ont été confiées ; / 6° Les besoins de formation du fonctionnaire eu égard, notamment, aux missions qui lui sont imparties, aux compétences qu'il doit acquérir et à son projet professionnel ; / 7° Ses perspectives d'évolution professionnelle en termes de carrière et de mobilité. / () ".
5. Le juge de l'excès de pouvoir exerce un contrôle restreint sur la notation du fonctionnaire.
6. Il ressort du compte rendu d'entretien professionnel en litige que dans la rubrique " compétences professionnelles et technicité ", M. B s'est vu reprocher une maîtrise technique perfectible, une lenteur dans l'exécution de ses tâches et des difficultés dans l'organisation de son travail, son employeur ayant relevé qu'il devait gagner en rigueur et donc en efficacité. Dans la rubrique " contribution à l'activité du service ", M. B s'est vu reprocher une capacité à partager l'information difficile, son employeur ayant relevé qu'il communiquait essentiellement par courriel et qu'il avait à plusieurs reprises refusé d'exécuter les ordres de son supérieur hiérarchique. Dans la rubrique " capacités professionnelles et relationnelles ", il a été relevé que M. B devait améliorer son sens des initiatives, la gestion de son temps et son manque d'anticipation étant de réels freins dans l'exercice de ses fonctions. Son employeur a également relevé que sa collaboration avec ses partenaires privilégiés, le chef d'établissement, le secrétaire d'intendance et l'agent de maintenance des bâtiments, était complexe et qu'un certain nombre de conflits existait, de sorte que le travail en équipe était problématique. Par suite, les capacités d'organisation et de pilotage de M. B ont été estimées non satisfaisantes, l'intéressé, régulièrement mis en difficulté, devant prioriser la gestion de ses dossiers. Il en est résulté que les compétences évaluées pour porter une appréciation sur sa valeur professionnelle étaient " à développer ".
7. Pour s'en défendre, M. B verse à l'instance plusieurs courriels, mettant en évidence ses démarches pour essayer de combler certaines difficultés rencontrées au sein de son service, notamment des demandes de suppléances et d'affectations au collège Descartes afin de renforcer les équipes, comme l'attestent les courriels des 22 avril 2022, 9 mai 2022 et 30 mai 2022 par lesquels il a demandé le remplacement d'un agent polyvalent, Mme C, pour le retour des vacances de printemps, le remplacement de M. F et la prolongation du contrat de Mme A. Il ressort également des pièces du dossier que M. B a à plusieurs reprises sollicité le département des Hauts-de-Seine pour obtenir des renforts d'effectifs, comme l'atteste le courriel du 14 juin 2022 par lequel il a écrit : " Concernant le collège Descartes à Antony, je vous livre un point de situation au mardi 14 juin 2022 : (). Pourriez-vous donc missionner un agent en renfort jusqu'à la fin de la présente semaine ' ". M. B soutient également que la principale du collège, Mme E, lui a reproché à tort un manque de réactivité dans la gestion comptable des factures sur l'outil Chorus Pro. Il en justifie en versant notamment à l'instance un courriel adressé à l'intéressée le 7 juin 2022 pour lui rappeler que " depuis ma prise de poste (), j'ai effectué auprès de Chorus Pro deux demandes de rattachement à la structure Collège Descartes que vous n'avez pas validées (), je vous ai envoyé un courrier électronique : 'Suite à mon courrier électronique du jeudi 16 juin 2022, permettez-moi de vous relancer concernant CHORUS PRO : pourriez-vous valider ma demande de rattachement à la structure Collège Descartes ''. Vous n'avez pas répondu ", lequel n'a pas été suivi d'effet. A cet égard, M. B soutient également sans être contesté qu'entre le 7 février 2022 et le 1er juin 2022, il a effectué huit mandatements pour un total de 36 factures. Enfin, alors que le manque de communication, le refus d'exécuter les ordres et le manque d'anticipation et d'initiative qui lui sont reprochés ne sont pas objectivés, M. B justifie par plusieurs échanges versés à l'instance avoir pris l'initiative de relancer Mme Derennes, secrétaire administrative au service de gestion, et M. D, agent de maintenance des bâtiments, pour régler divers sujets comme la restauration scolaire et la sécurité au collège, et avoir organisé le 18 mai 2022 une réunion avec des agents départementaux. Or, cette prise d'initiative a fait l'objet d'une vive réaction de la part de Mme E, qui, par un courriel du 19 mai 2022, a sèchement informé M. B qu'elle souhaitait être informée des points abordés. A cet égard, M. B fait d'ailleurs valoir que les relations professionnelles au sein du collège auraient gagné en fluidité si Mme E ne lui avait pas systématiquement fait des reproches injustifiés et instauré ce faisant un climat de travail pesant.
8. Pour finir, M. B verse à l'instance ses comptes rendus professionnels des années antérieures au sein d'autres établissements, qui ne font apparaître aucune difficulté particulière s'agissant de ses aptitudes professionnelles, qui lui ont au contraire valu la confiance de ses supérieurs hiérarchiques. Ainsi, dans son compte rendu d'entretien professionnel de l'année 2019-2020, alors qu'il était en poste au lycée professionnel de Meudon-la-Forêt, M. B a été jugé expert sur toutes les compétences évaluées, son supérieur l'ayant regardé comme un agent " motivé, curieux et très consciencieux () adjoint-gestionnaire de grande qualité qui a le souci permanent d'améliorer ses pratiques et d'enrichir ses compétences () il apporte une réelle plus-value au développement éducatif du lycée () il a toute ma confiance ". Par ailleurs, ainsi qu'il a été dit ci-dessus, le recteur de l'académie de Versailles, qui n'a pas produit de mémoire en défense dans les délais requis, est réputé acquiescer aux faits rapportés par M. B. Dès lors que ces faits ne sont pas contredits par l'instruction, les griefs susévoqués qui sont reprochés à M. B doivent donc être regardés comme n'étant pas établis et son compte rendu d'entretien professionnel au titre de l'année 2021-2022 comme subséquemment entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.
9. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que M. B est fondé à demander l'annulation de son compte rendu d'entretien professionnel au titre de l'année 2021-2022.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
10. Eu égard au motif d'annulation retenu, il y a lieu d'enjoindre au recteur de l'académie de Versailles de procéder à un nouvel entretien professionnel de Monsieur B pour l'année 2021-2022 et d'établir à sa suite un nouveau compte rendu, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais liés au litige :
11. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre la somme de 1 500 euros à la charge de l'Etat au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Par ces motifs, le tribunal décide :
Article 1er : Le compte rendu professionnel de M. B pour l'année 2021-2022 est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au recteur de l'académie de Versailles de procéder à un nouvel entretien professionnel de M. B pour l'année 2021-2022 et d'établir à sa suite un nouveau compte rendu, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : l'Etat versera à M. B la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. G B et à la ministre d'Etat, ministre de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche.
Copie en sera adressée au recteur de l'académie de Versailles.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 février 2025.
La magistrate désignée,
signé
C. ORIOL La greffière,
signé
V. RICAUD
La République mande et ordonne à la ministre d'Etat, ministre de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026