mardi 4 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2212064 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | RIQUIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 2 septembre 2022, Mme C B, représentée par Me Clerc, demande au juge des référés, statuant par application des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°)d'enjoindre au président de l'université Paris-Nanterre de lui communiquer tous les documents relatifs à l'épreuve de comptabilité générale semestre 3 (session 2), dans le cadre de la licence 2 économie et gestion, à savoir sa copie et les éléments de corrections ;
2°)de mettre à la charge de l'Etat la somme de 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence est caractérisée, dès lors que sa demande a pour objet la communication de documents nécessaires à l'introduction d'un recours contentieux avant l'expiration des délais de recours et en raison de la proximité de la rentrée universitaire :
- la mesure sollicitée ne fait obstacle à aucune décision administrative, dès lors qu'aucune décision de refus de communication de documents n'a été formellement opposée au requérant ;
- la mesure sollicitée est utile, dès lors que la communication des pièces lui permettra d'intenter une action contentieuse contre la délibération du jury.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 septembre 2022, l'université Paris-Nanterre, représentée par Me Riquier, conclut au non-lieu à statuer sur les conclusions aux fins de communication des copies d'examens et grilles de correction, au rejet du surplus des conclusions de la requête et demande au tribunal de mettre à la charge de la requérante la somme de 1 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- il n'y a pas lieu à statuer sur les demandes d'injonction de produire à la requérante ses copies d'examens et les grilles de correction correspondantes dès lors qu'elle a communiqué à l'intéressée ces éléments ;
- l'urgence à transmettre d'autres documents n'est pas caractérisée, dès lors que l'intéressée n'apporte pas la preuve de l'urgence imposant la communication de documents supplémentaires en dehors de ceux transmis par l'université ;
- l'utilité à transmettre d'autres documents n'est pas caractérisée, dès lors que l'intéressée n'apporte pas la preuve que cette communication est nécessaire pour l'appréciation de la légalité de la décision contestée ;
- au surplus, il ne ressort pas de la compétence du juge des référés d'enjoindre à l'université de produire les documents demandés.
L'Union nationale des étudiants de France (UNEF), représentée par Me Clerc, a présenté un mémoire en intervention, enregistrée, le 3 octobre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a désigné M. Féral, vice-président, en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B étudiante en deuxième année de licence économie-gestion au sein de l'université Paris-Nanterre, a été autorisée à s'inscrire en troisième année de licence sous le régime dit " A " (ajourné mais autorisé à composer) à l'issue des épreuves de l'année 2021/2022. Elle soutient que les épreuves ont été entachées de nombreuses irrégularités et a sollicité le 13 juillet 2022 la consultation de ses copies ainsi que le réexamen de la notation de celles-ci. Par un courriel du 20 juillet 2022, l'université l'informe qu'aucun dysfonctionnement n'a été constaté et que la notation, arrêtée par les jurys de délibération, est définitive. Par la présente requête, Mme B demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, de lui communiquer tous les documents relatifs à l'épreuve de comptabilité générale du semestre 3 (session 2), notamment sa copie et les éléments de correction de l'épreuve, et de lui verser la somme de 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision ". Aux termes de l'article L. 522-1 du même code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. / Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique. / Sauf renvoi à une formation collégiale, l'audience se déroule sans conclusions du rapporteur public. ".
3. Saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. Enfin, il ne saurait faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative.
4. Si le juge des référés peut, en application de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, prescrire la communication des pièces ou informations mettant à même le demandeur de former un recours, en revanche, lorsqu'un tel recours a déjà été formé, une demande présentée au juge des référés portant sur la communication de pièces utiles à la solution du litige est dépourvue d'utilité jusqu'à ce qu'il soit statué définitivement sur le litige, après épuisement, le cas échéant, des voies de recours, ordinaires et extraordinaires, dès lors qu'il appartient au juge saisi du litige, à quelque titre que ce soit, de faire usage des pouvoirs généraux d'instruction qui lui sont dévolus pour ordonner, le cas échéant, les communications qui lui paraissent nécessaires à la solution du litige.
Sur la communication des copies d'examen :
5. Il résulte de l'instruction que, préalablement à l'introduction de la requête, la requérante avait déjà reçu communication de sa copie relative à l'épreuve litigieuse, lors d'une session de consultation organisée le 22 juillet 2022. Il s'ensuit que les conclusions de la requête tendant à ce qu'il soit enjoint à l'université de communiquer sa copie à la requérante sont irrecevables, cette dernière ayant déjà obtenu satisfaction avant même l'introduction de sa requête. Il s'ensuit qu'elles ne peuvent qu'être rejetées.
Sur la communication des autres documents relatifs aux examens :
6. En premier lieu, il résulte de l'instruction que, postérieurement à l'introduction de la requête, l'université Paris Nanterre a produit la grille de correction pour l'épreuve concernée par la requête. Ainsi, les conclusions de la requête tendant à ce qu'il soit enjoint à l'université de délivrer les éléments de correction de cette épreuve à la requérante sont devenues sans objet. Par suite, il n'y a plus lieu d'y statuer.
7. En second lieu, Mme B demande la communication de " tous les documents " relatifs à l'épreuve de comptabilité générale du semestre 3 (session 2), dans le but de pouvoir former un " recours contentieux " contre la délibération du jury l'ayant ajournée. Cependant, la communication de ces pièces, alors qu'elles ne sont pas même identifiées dans la requête, n'apparaît pas nécessaire pour l'introduction du recours qu'envisage de former Mme B à l'encontre de la délibération précitée, de sorte qu'il n'appartient pas au juge des référés de prescrire cette communication. Il appartiendra, le cas échéant, au juge de l'excès de pouvoir, dans l'exercice de ses pouvoirs de direction de l'instruction, d'ordonner le versement au dossier de ces documents.
8. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres conditions d'octroi de la mesure, le surplus des conclusions de la requête de Mme B doit être rejeté.
Sur les conclusions relatives aux frais du litige :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'université Paris Nanterre, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que la requérante réclame au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
10. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions formulées par l'université Paris Nanterre au même titre.
O R D O N N E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête aux fins de communication des éléments de correction en litige.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme B est rejeté.
Article 3 :Les conclusions présentées par l'université Paris Nanterre au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C B et au président de l'université Paris-Nanterre.
Fait à Cergy, le 4 octobre 2022.
Le juge des référés,
signé
R. Féral
La République mande et ordonne à la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026