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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2212076

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2212076

jeudi 22 septembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2212076
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantESSONO NGUEMA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 2 septembre 2022, M. A D demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 4 août 2022 par lequel le préfet du Val-d'Oise a prononcé son transfert aux autorités roumaines responsables de l'examen de sa demande de protection internationale.

Il soutient que :

- il ne peut retourner dans son pays d'origine sans craintes pour sa sécurité ;

- il souhaite que sa demande d'asile soit examinée en France.

Par un mémoire en défense, enregistré le 19 septembre 2022, le préfet du Val-d'Oise indique confirmer sa décision et produit les pièces constitutives du dossier du requérant.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a désigné M. Poyet, premier conseiller, pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article L. 572-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 20 septembre 2022 :

- le rapport de M. Poyet, magistrat désigné ;

- les observations de Me Essono Nguema, avocat commis d'office, pour M. D, qui maintient les conclusions et moyen de la requête ;

- et les observations de M. D, assisté par M. C, interprète en langue ourdou ;

- le préfet du Val-d'Oise n'étant ni présent, ni représenté.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. D, ressortissant pakistanais, né le 26 janvier 1997, a introduit une demande d'asile en France. La consultation du fichier " Eurodac " a révélé que ses empreintes avaient été préalablement enregistrées par les autorités roumaines. La demande de prise en charge adressée aux autorités de ce pays a été acceptée le 28 juillet 2022. Par un arrêté du 4 août 2022, dont l'intéressé demande l'annulation, le préfet du Val-d'Oise a prononcé son transfert aux autorités roumaines.

2. En faisant valoir ses craintes en cas de retour au Pakistan, M. D doit être regardé comme ayant entendu se prévaloir des stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales aux termes desquelles : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants. ".

3. M. D n'établit pas qu'il serait exposé à un risque de traitement inhumain et dégradant en cas de transfert à destination de la Roumanie, état responsable de l'examen de sa demande d'asile. Il ne démontre également par aucune pièce justificative que les autorités roumaines, qui ont accepté la prise en charge de l'examen de sa demande d'asile, le renverront vers le Pakistan sans réel examen des risques auxquels il serait exposé. Enfin, l'arrêté attaqué n'a ni pour objet ni pour effet d'éloigner le requérant vers son pays d'origine, mais seulement de prononcer son transfert aux autorités roumaines chargées de l'examen de sa demande de protection internationale. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés doit être écarté.

4. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. D doit être rejetée.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. D est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A D et au préfet du Val-d'Oise.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 septembre 202Le magistrat désigné,

signé

M. B La greffière,

signé

S. Hervé-Agbodjan

La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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