vendredi 9 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2212090 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | ANWAR |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 4 septembre 2022, Mme B C, épouse D, représentée par Me Anwar, avocat, demande au Tribunal :
1°) d'annuler la décision, en date du 1er juillet 2022, par lequel le préfet du Val-d'Oise a rejeté la demande de regroupement familial qu'elle avait présentée au bénéfice de son époux, M. A D ;
2°) d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise d'autoriser le regroupement familial demandé ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Mme C, épouse D soutient que la décision attaquée :
- est entachée d'un vice de procédure, le préfet du Val-d'Oise ayant pris sa décision plus de deux ans et dix mois après le dépôt de sa demande ;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dans l'application des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
Par un mémoire en défense enregistré le 11 avril 2023, le préfet du Val-d'Oise informe le Tribunal qu'il confirme sa décision et produit les pièces constitutives du dossier.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Prost, premier conseiller, a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C, épouse D, ressortissante pakistanaise, a déposé, le 24 juin 2020, auprès de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, une demande tendant à l'introduction en France, dans le cadre du regroupement familial, de son époux et compatriote, M. A D. Par une décision en date du 1er juillet 2022, le préfet du Val-d'Oise a rejeté cette demande au motif que les ressources de Mme C, épouse D étaient inférieures au salaire minimum de croissance. La requérante a formé un recours gracieux et un recours hiérarchique, le 22 août 2022. Par un courrier en date du 25 octobre 2022, le préfet du Val-d'Oise a rejeté son recours gracieux. Il n'a pas été répondu à son recours hiérarchique.
Sur les conclusions aux fins d'annulation et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête :
2. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale () 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".
3. Lorsqu'il se prononce sur une demande de regroupement familial, le préfet dispose d'un pouvoir d'appréciation et n'est pas tenu de rejeter la demande même dans le cas où l'étranger demandeur du regroupement ne justifierait pas remplir l'une des conditions requises, prévues par les dispositions des articles L. 411-1 et suivants, alors en vigueur, du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, tenant aux ressources, au logement ou à la présence anticipée d'un membre de la famille sur le territoire français, notamment dans le cas où il est porté une atteinte excessive au droit de mener une vie familiale normale tel qu'il est protégé par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
4. Il ressort des pièces du dossier que Mme C, épouse D est titulaire d'une carte de résident, valable jusqu'au 16 septembre 2024, qu'elle est mariée avec M. D depuis 6 janvier 2013, que le couple a eu un enfant, né le 29 novembre 2015 à Gonesse et scolarisé dans cette même ville, qu'elle se rend régulièrement au Pakistan pour voir son époux. Il ressort également des pièces du dossier que la requérante cohabite avec sa sœur et sa famille, qu'elle souffre depuis plusieurs années de problèmes rénaux et qu'elle a été victime d'une fausse couche en 2022. Enfin, Mme C, épouse D justifie travailler depuis février 2018 en contrat de travail à durée indéterminée pour la société Léana mode et depuis le 11 janvier 2019, également sous contrat de travail à durée indéterminé, pour la société MF Création, lui assurant un niveau de salaire supérieur au salaire minimum de croissance. Enfin, elle soutient, sans être contredite, que ses parents, ses trois frères et ses deux sœurs résident également en France. Dans ces conditions, la requérante est fondée à soutenir que le préfet du Val-d'Oise a porté une atteinte disproportionnée à son droit à mener une vie privée et familiale en rejetant la demande de regroupement familial qu'elle avait présentée au bénéfice de son époux.
5. Il résulte de ce qui précède que Mme C, épouse D est fondée à demander l'annulation de la décision en date du 1er juillet 2022 par laquelle le préfet du Val-d'Oise a rejeté la demande de regroupement familial qu'elle avait présentée au bénéfice de son époux, ainsi que, par voie de conséquence, la décision, en date du 25 octobre 2022, portant rejet de son recours gracieux et la décision implicite de rejet opposée à son recours hiérarchique présenté le 22 août 2022.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
6. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. ".
7. L'exécution du présent jugement implique nécessairement, eu égard à ses motifs, par application des dispositions législatives précitées, qu'il soit enjoint au préfet du Val-d'Oise, ou au préfet territorialement compétent, d'accorder à Mme C, épouse D le bénéfice du regroupement familial en faveur de son époux, M. A D, dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais de l'instance :
8. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'État le versement à Mme C, épouse D d'une somme de 1 000 (mille) euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : La décision du préfet du Val-d'Oise en date du 1er juillet 2022, la décision en date du 25 octobre 2022 portant rejet du recours gracieux de Mme C, épouse D et la décision implicite de rejet opposée au recours hiérarchique de l'intéressée, présenté le 22 août 2022, sont annulées.
Article 2 : Il est enjoint au préfet du Val-d'Oise, ou au préfet territorialement compétent, d'accorder à Mme C, épouse D le bénéfice du regroupement familial en faveur de son époux, dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'État versera à Mme C, épouse D la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme C, épouse D est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C, épouse D et au préfet du Val-d'Oise.
Délibéré après l'audience du 15 mai 2023, à laquelle siégeaient :
M. Kelfani, président, M. Prost, premier conseiller, et M. Villette, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 juin 2023.
Le rapporteur,
signé
F.-X. PROST
Le président,
signé
K. KELFANILa greffière,
signé
A. CHANSON
La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise, ou au préfet territorialement compétent, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026