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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2212386

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2212386

mardi 4 juillet 2023

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2212386
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère Chambre
Avocat requérantLENGRAND

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 9 septembre 2022, M. A, représenté par Me Lengrand, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 3 août 2022 par lequel le préfet du Val-d'Oise a refusé de renouveler son titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé son pays de destination ;

3°) d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise ou à toute autorité administrative territorialement compétente, de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, ou, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation administrative dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, ou, sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative pour le cas où sa demande d'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire serait rejetée.

Il soutient que :

En ce qui concerne la décision portant refus de séjour :

- elle a été signée par une autorité incompétente ;

- elle méconnaît les articles L. 114-2 et L. 114-5 du code des relations entre le public et l'administration ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen complet de sa situation, d'une insuffisance de motivation et d'une erreur de fait ;

- le préfet s'est cru à tort lié par l'absence d'avis rendu par le collège de médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration ;

- elle a été prise en méconnaissance de l'article L. 435-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle a été prise en méconnaissance des articles L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle est illégale en raison de l'illégalité dont est elle-même entachée la décision portant refus de séjour ;

- elle méconnaît les articles L. 114-2 et L. 114-5 du code des relations entre le public et l'administration ;

- elle a été signée par une autorité incompétente ;

- elle méconnaît l'article L. 611-3 9° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les articles L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :

- elle est illégale en raison de l'illégalité dont est elle-même entachée la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle a été signée par une autorité incompétente ;

- elle méconnaît l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les articles 2 et 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation.

La requête a été communiquée au préfet du Val-d'Oise qui n'a pas produit de mémoire.

Par ordonnance du 23 novembre 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 23 décembre 2022 à 12 heures.

M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 9 janvier 2023.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Zaccaron Guérin, conseillère rapporteure, a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Monsieur A, ressortissant sénégalais né en 1970, expose être entré en France au cours de l'année 2014. Le 1er juin 2021, il a sollicité le renouvellement de son titre de séjour sur le fondement de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 3 août 2022, dont le requérant demande l'annulation, le préfet du Val-d'Oise a rejeté sa demande, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé son pays de destination.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne la décision de refus de séjour :

2. En premier lieu, l'arrêté attaqué a été signé par Mme C D, adjointe au directeur des migrations et de l'intégration de la préfecture du Val-d'Oise, qui bénéficiait d'une délégation de signature en vertu d'un arrêté n° 22-024 du 7 mars 2022 publié le 8 mars 2022 au recueil des actes administratifs de la préfecture, accessible tant au juge qu'aux parties, à l'effet de signer, notamment, toutes décisions portant refus de titre de séjour, obligation de quitter le territoire français assorties ou non d'un délai de départ volontaire et fixant le pays de renvoi. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de l'arrêté attaqué manque en fait et doit être écarté.

3. En deuxième lieu, le code des relations entre le public et l'administration dispose, en son article L. 114-2 : " Lorsqu'une demande est adressée à une administration incompétente, cette dernière la transmet à l'administration compétente et en avise l'intéressé. ", en son article L. 114-5 : " Lorsqu'une demande adressée à l'administration est incomplète, celle-ci indique au demandeur les pièces et informations manquantes exigées par les textes législatifs et réglementaires en vigueur. Elle fixe un délai pour la réception de ces pièces et informations. / Le délai mentionné à l'article L. 114-3 au terme duquel, à défaut de décision expresse, la demande est réputée acceptée ne court qu'à compter de la réception des pièces et informations requises. / Le délai mentionné au même article au terme duquel, à défaut de décision expresse, la demande est réputée rejetée est suspendu pendant le délai imparti pour produire les pièces et informations requises. Toutefois, la production de ces pièces et informations avant l'expiration du délai fixé met fin à cette suspension. / La liste des pièces et informations manquantes, le délai fixé pour leur production et la mention des dispositions prévues, selon les cas, au deuxième ou au troisième alinéa du présent article figurent dans l'accusé de réception prévu à l'article L. 112-3. Lorsque celui-ci a déjà été délivré, ces éléments sont communiqués par lettre au demandeur ".

4. D'une part, M. A invoque les dispositions de l'article L. 114-2 du code des relations entre le public et l'administration mais n'indique pas en quoi ces dispositions ont été méconnues par le préfet du Val-d'Oise. A supposer que M. A ait entendu se prévaloir d'une telle méconnaissance, son moyen n'est pas assorti des précisions suffisantes permettant d'en apprécier son bien-fondé et doit par suite, être écarté.

5. D'autre part, il ressort des termes de l'arrêté attaqué, qu'il n'est pas fondé sur le caractère incomplet de la demande de M. A, mais sur la circonstance que le requérant ne réunissait pas les conditions requises pour prétendre à la délivrance d'un titre de séjour. Dès lors, contrairement à ce qu'il soutient, l'administration n'était pas tenue de l'inviter à produire des éléments complémentaires à ceux regardés comme ne suffisant pas à emporter sa conviction. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des articles L. 114-2 et L. 114-5 du code des relations entre le public et l'administration doit être écarté.

6. En troisième lieu, en vertu des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration, les mesures de police doivent être motivées et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent leur fondement.

7. En l'espèce, alors que l'exigence de motivation n'implique pas que la décision mentionne l'ensemble des éléments particuliers de la situation de l'intéressé, la décision attaquée expose de manière suffisante les considérations de droit et de fait sur laquelle elle se fonde. Dans ces conditions, elle est suffisamment motivée. Par suite, le moyen tiré de son insuffisante motivation doit être écarté.

8. En quatrième lieu, il ne ressort ni des termes de la décision attaquée, ni des autres pièces du dossier, que le préfet n'a pas, préalablement à l'édiction de celle-ci, procédé à un examen complet de l'ensemble de la situation de M. A.

9. En cinquième lieu, M. A se prévaut d'une erreur de fait mais n'en précise ni la nature ni les effets. Ce moyen dépourvu des précisions nécessaires à l'appréciation de son bien-fondé doit être écarté.

10. En sixième lieu, aux termes de l'article R. 425-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Pour l'application de l'article L. 425-9, le préfet délivre la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " au vu d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. L'avis est émis dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé de l'immigration et du ministre chargé de la santé au vu, d'une part, d'un rapport médical établi par un médecin de l'office et, d'autre part, des informations disponibles sur les possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays d'origine de l'intéressé. Les orientations générales mentionnées au troisième alinéa de l'article L. 425-9 sont fixées par arrêté du ministre chargé de la santé. " Aux termes de l'article R. 425-12 du même code : " Le rapport médical mentionné à l'article R. 425-11 est établi par un médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration à partir d'un certificat médical établi par le médecin qui suit habituellement le demandeur ou par un médecin praticien hospitalier inscrits au tableau de l'ordre, dans les conditions prévues par l'arrêté mentionné au deuxième alinéa du même article. Le médecin de l'office peut solliciter, le cas échéant, le médecin qui suit habituellement le demandeur ou le médecin praticien hospitalier. Il en informe le demandeur. Il peut également convoquer le demandeur pour l'examiner et faire procéder aux examens estimés nécessaires. " L'arrêté du 27 décembre 2016 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et avis mentionnés aux articles R. 313-22, R. 313-23, devenus R. 425-11 et R. 425-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile précise, à son article 1er, que " L'étranger qui dépose une demande de délivrance ou de renouvellement d'un document de séjour pour raison de santé est tenu, pour l'application des articles R. 313-22 et R. 313-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, de faire établir un certificat médical relatif à son état de santé par le médecin qui le suit habituellement ou par un médecin praticien hospitalier () ", à son article 2, que : " Le certificat médical, dûment renseigné et accompagné de tous les documents utiles, est transmis sans délai, par le demandeur, par tout moyen permettant d'assurer la confidentialité de son contenu, au service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dont l'adresse a été préalablement communiquée au demandeur. " et, à son article 4, que : " Pour l'établissement de son rapport médical, le médecin de l'office peut demander, dans le respect du secret médical, tout complément d'information auprès du médecin ayant renseigné le certificat médical et faire procéder à des examens complémentaires. / Le médecin de l'office, s'il décide, pour l'établissement du rapport médical, de solliciter un complément d'information auprès du médecin qui a renseigné le certificat médical, en informe le demandeur () Lorsque le demandeur n'a pas accompli les formalités lui incombant conformément aux deux alinéas précédents ou lorsqu'il n'a pas justifié de son identité à l'occasion de sa convocation à l'office, le service médical de l'office en informe le préfet dès l'établissement du rapport médical ".

11. Il résulte de la combinaison de ces dispositions que lorsque le demandeur, qui doit transmettre le certificat médical dûment renseigné et accompagné de tous les documents utiles au service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration sans délai, et qui a été dûment informé d'une telle obligation, ne transmet pas ce certificat médical à l'Office, le préfet peut rejeter la demande sans disposer de l'avis du collège de médecins, celui-ci n'étant pas en mesure de se prononcer.

12. Pour refuser de renouveler le titre de séjour de M. A, sur le fondement de l'article L. 425-9 précité, le préfet s'est fondé sur la circonstance que l'intéressé n'avait pas accompli, dans les délais, les démarches permettant au collège de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) de rendre un avis sur son état de santé. Il ressort en effet des pièces produites par le préfet du Val-d'Oise dans son mémoire en défense, que l'intéressé a été mis en possession d'un certificat médical à remplir par son médecin traitant à adresser, au moyen de l'enveloppe remise avec ce certificat, au médecin de l'Office. Il ressort de ces mêmes pièces que M. A, qui a signé ce certificat médical le 1er juin 2022, ne l'a pas transmis, dans les délais prescrits, à l'Office afin que le médecin rapporteur puisse établir le rapport médical sur la base duquel le collège de l'Office devait rendre son avis sur son état de santé. M. A affirme avoir, " adressé ce certificat médical aux autorités compétentes pour l'examen de sa situation, en lettre simple, dans le délai imparti " et avoir, par la suite, envoyé quatre courriers recommandés avec accusé réception aux services préfectoraux afin de s'assurer qu'ils avaient bien réceptionné l'ensemble des pièces nécessaires et a adressé à nouveau l'ensemble des documents relatifs à son état de santé. Toutefois, la seule production de la copie des quatre bordereaux d'accusé de réception des plis précités, par la sous-préfecture de Sarcelles, ne permet pas, à elle-seule, d'apporter la preuve qui lui incombe, de la notification, dans les délais prescrits, du certificat médical qui lui a été remis, au médecin de l'OFII. Au demeurant, M. A ne produit pas, dans le cadre de l'instance, de copie de ce certificat médical. Dans ces conditions, M. A n'est pas fondé à soutenir qu'en édictant l'arrêté attaqué, le préfet s'est cru à tort lié par l'absence d'avis du collège de médecins de l'OFII et qu'il a ainsi commis une erreur de droit.

13. En septième lieu, aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : "L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'État. Sous réserve de l'accord de l'étranger et dans le respect des règles de déontologie médicale, les médecins de l'office peuvent demander aux professionnels de santé qui en disposent les informations médicales nécessaires à l'accomplissement de cette mission. Les médecins de l'office accomplissent cette mission dans le respect des orientations générales fixées par le ministre chargé de la santé. Si le collège de médecins estime dans son avis que les conditions précitées sont réunies, l'autorité administrative ne peut refuser la délivrance du titre de séjour que par une décision spécialement motivée. ".

14. D'une part, comme il vient d'être dit, l'absence d'avis du collège de médecins de l'OFII sur l'état de santé de M. A découle de ce que ce dernier n'a pas effectué, les démarches nécessaires, dans les délais demandés, auprès du collège des médecins de l'OFII, pour obtenir un avis sur son état de santé. D'autre part, le refus de renouvellement du titre de séjour de M. A, opposé par le préfet du Val-d'Oise, est également fondé sur la circonstance que les pièces que M. A avait portées à sa connaissance ne permettaient pas " de justifier l'attribution d'un titre de séjour au regard de son état de santé. " A cet égard, le requérant produit à l'instance un certificat médical énonçant que son état de santé nécessite " une prise en charge dont le défaut pourrait entraîner des conséquences graves " et qu'il ne " pourra pas bénéficier d'un traitement adapté dans son pays, le Sénégal ". Toutefois, ce certificat est trop peu circonstancié pour démontrer qu'à la date de la décision attaquée M. A remplissaitt les conditions pour que son titre de séjour soit renouvelé sur le fondement de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions doit être écarté.

15. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République () " Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1°) Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; 2°) Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

16. Ainsi qu'il a été dit précédemment, le requérant n'établit pas que les soins ou traitements requis par son état de santé ne peuvent lui être dispensés qu'en France. Il ne justifie pas non plus du caractère ininterrompu de son séjour en France depuis 2014 et n'allègue pas y avoir noué des liens particuliers. Il disposait, à la date de la décision attaquée, d'attaches familiales importantes dans son pays d'origine où résidaient ses deux enfants mineurs, son père ainsi que sa fratrie, et où il a lui-même vécu jusqu'à l'âge de quarante-quatre ans. Enfin, M. A ne justifie pas d'une intégration particulière sur le territoire français. Par suite, en refusant de délivrer un titre de séjour à M. A, le préfet du Val-d'Oise n'a pas porté au droit au respect de la vie privée et familiale de l'intéressé une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels la décision en litige a été prise et n'a pas méconnu les articles L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

17. Pour les mêmes motifs, il n'a pas entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation dans l'application de ces stipulations.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

18. En premier lieu, pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 2 du présent jugement, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de la décision attaquée doit être écarté.

19. En deuxième lieu, pour les mêmes motifs que ceux énoncés aux points 3 et 4 du présent jugement, le moyen tiré de la méconnaissance des articles L. 114-2 et L. 114-5 du code des relations entre le public et l'administration doit être écarté.

20. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 613-1 du même code dispose : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. Dans le cas prévu au 3° de l'article L. 611-1, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle de la décision relative au séjour () ".

21. Il résulte des dispositions de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, que la motivation de l'obligation de quitter le territoire français se confond avec celle du refus de titre de séjour dont elle découle nécessairement et n'implique pas, dès lors que ce refus est lui-même motivé et que les dispositions législatives qui permettent d'assortir le refus de séjour d'une obligation de quitter le territoire français ont été, comme en l'espèce, rappelées, de mention spécifique pour respecter les exigences de motivation des actes administratifs. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de la décision attaquée ne peut qu'être écarté.

22. En cinquième lieu, il résulte de ce qui précède, qu'aucun des moyens soulevés par M. A à l'encontre de la décision portant refus de séjour n'est fondé. Par suite, il n'est pas davantage fondé à soutenir que la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être annulée par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant refus de séjour qui lui a été opposée par le préfet du Val-d'Oise.

23. En sixième lieu, aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : () 9° L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié.() ".

24. Ainsi qu'il a été dit, M. A ne remplit pas les conditions fixées à l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il n'est dès lors pas fondé à soutenir que la décision portant obligation de quitter le territoire français attaquée méconnaît le 9° de l'article L. 611-3 précité.

25. En dernier lieu, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile n'est opérant qu'à l'égard de la décision portant refus de titre de séjour. Par suite, ce moyen soulevé à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français est inopérant et doit être écarté comme tel.

26. Pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 15, M. A n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et qu'elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dans l'application de ces stipulations.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :

27. En premier lieu, pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 2 du présent jugement, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de la décision attaquée doit être écarté.

28. En deuxième lieu, la décision fixant le pays de destination vise les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et rappelle la nationalité de M. A. Par suite, le moyen tiré de son insuffisante motivation doit être écarté.

29. En troisième lieu, il résulte de ce qui précède, qu'aucun des moyens soulevés par M. A à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est fondé. Par suite, il n'est pas davantage fondé à soutenir que la décision fixant son pays de renvoi doit être annulée par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.

30. En quatrième lieu, la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales stipule, en son article 2 : " 1. Le droit de toute personne à la vie est protégé par la loi. La mort ne peut être infligée à quiconque intentionnellement, sauf en exécution d'une sentence capitale prononcée par un tribunal au cas où le délit est puni de cette peine par la loi ". En outre l'article 3 de cette convention stipule : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants " ; en son article 3 : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ". Par ailleurs, l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " () Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ".

31. Ainsi qu'il a été dit précédemment, M. A n'établit pas qu'il remplit les conditions pour se voir attribuer un titre de séjour en raison de son état de santé. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des articles 2, 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.

32. En dernier lieu, et compte tenu de ce qui a été énoncé précédemment, la décision attaquée n'est pas entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur la situation de M. A.

33. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 3 août 2022 par lequel le préfet du Val-d'Oise a refusé de renouveler son titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé son pays de destination.

Sur les conclusions à fin d'injonction et sur l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

34. Les conclusions à fin d'annulation de M. A devant être rejetées, il s'ensuit que doivent l'être également, d'une part, ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte, puisque la présente décision n'appelle ainsi aucune mesure d'exécution, et d'autre part, celles tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ou de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, ces dispositions faisant obstacle à ce que le tribunal fasse bénéficier la partie tenue aux dépens ou la partie perdante du paiement par l'autre partie des frais qu'elle a exposés à l'occasion du litige soumis au juge.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 :Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet du Val-d'Oise.

Délibéré après l'audience du 20 juin 2023 à laquelle siégeaient :

M. Thierry, président,

M. Baude, premier conseiller,

Mme Zaccaron Guérin, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 juillet 2023.

La rapporteure,

signé

C. Zaccaron Guérin Le président,

signé

P. Thierry

La greffière,

signé

S. Le Gueux

La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

No 22123862

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TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

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