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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2212837

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2212837

jeudi 6 octobre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2212837
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantHAJJI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 21 septembre 2022, M. C A, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 19 septembre 2022 par lequel le préfet des Hauts-de-Seine a décidé son transfert aux autorités slovènes.

Il soutient que :

- qu'il n'a pas fait de demande d'asile en Slovénie ;

- s'il est transféré en Slovénie, il sera renvoyé au Bangladesh, pays dont il a la nationalité et où il a " des craintes réelles ".

Par un mémoire en défense, enregistré le 30 septembre 2022, le préfet des Hauts-de-Seine, conclut au rejet de la requête en faisant valoir que celle-ci n'appelle aucune observation particulière de sa part.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le règlement Dublin III ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a désigné M. Poyet, premier conseiller, pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article L. 572-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Poyet, magistrat désigné ;

- les observations de Me Hajji, avocate commise d'office, représentant M. A, qui confirme les conclusions et moyens de la requête et qui renonce au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

- le préfet des Hauts-de-Seine n'étant ni présent ni représenté.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. A ressortissant bangladais, né le 15 décembre 1994, a introduit une demande d'asile en France. La consultation du fichier " Eurodac " a révélé que ses empreintes avaient été préalablement enregistrées par les autorités slovènes. La demande de prise en charge adressée aux autorités de ce pays a été acceptée le 2 septembre 2022. Par un arrêté du 19 septembre 2022, dont l'intéressé demande l'annulation, le préfet du des Hauts-de-Seine a prononcé son transfert aux autorités slovènes.

Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes des dispositions de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président. ".

3. Eu égard aux circonstances de l'espèce et aux délais dans lesquels le magistrat désigné doit se prononcer, il y a lieu d'admettre M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

4. En premier lieu, M. A soutient qu'il n'a pas fait de demande d'asile en Slovénie. Il ressort des pièces du dossier et notamment de la consultation du fichier " Eurodac " que les empreintes de M. A avaient précédemment été enregistrées par les autorités slovènes le 19 juillet 2022. De plus, il ressort de l'entretien individuel du 4 août 2022 que l'intéressé a déclaré avoir fait une demande d'asile en Slovénie. Ce moyen qui manque en fait peut être écarté.

5. En second lieu, aux termes de l'article 3 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 : " () 2. Lorsqu'il est impossible de transférer un demandeur vers l'État membre initialement désigné comme responsable parce qu'il y a de sérieuses raisons de croire qu'il existe dans cet État membre des défaillances systémiques dans la procédure d'asile et les conditions d'accueil des demandeurs, qui entraînent un risque de traitement inhumain ou dégradant au sens de l'article 4 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, l'État membre procédant à la détermination de l'État membre responsable poursuit l'examen des critères énoncés au chapitre III afin d'établir si un autre État membre peut être désigné comme responsable. / Lorsqu'il est impossible de transférer le demandeur en vertu du présent paragraphe vers un État membre désigné sur la base des critères énoncés au chapitre III ou vers le premier État membre auprès duquel la demande a été introduite, l'État membre procédant à la détermination de l'État membre responsable devient l'État membre responsable () ". En outre, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".

6. L'arrêté en litige n'a ni pour objet ni pour effet de renvoyer M. A vers la Bangladesh mais décide le transfert de l'intéressé aux autorités slovènes, responsables de l'examen de sa demande d'asile. La Slovénie est un État membre de l'Union européenne, partie tant à la convention de Genève du 28 juillet 1951 sur le statut des réfugiés qu'à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Il ne ressort pas des pièces versées aux débats que la situation dans ce pays serait caractérisée par l'existence de défaillances systémiques dans la procédure d'asile et les conditions d'accueil des demandeurs et qu'il existerait des motifs sérieux et avérés de croire qu'en cas de transfert aux autorités slovènes, M. A ne bénéficierait pas d'un examen de sa situation dans des conditions réunissant l'ensemble des garanties exigées par le respect du droit d'asile. Dans ces conditions, les moyens tirés de la méconnaissance des dispositions de l'article 3 du règlement du 26 juin 2013 et des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doivent être écartés.

7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. A doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et au préfet des Hauts-de-Seine.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 octobre 202Le magistrat désigné,

signé

M. B La greffière,

signé

S. Hervé-Agbodjan

La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°22128370

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