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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2212947

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2212947

lundi 14 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2212947
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation8ème Chambre
Avocat requérantNATHALIE GOUTALAND

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 19 septembre 2022 et 16 mai 2023, la société par actions simplifiées (SAS) Cote Boulange, représentée par Me Goutaland, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 12 septembre 2022 par lequel le maire de la commune d'Argenteuil a ordonné la fermeture administrative de l'établissement " Marie Blachère ", jusqu'à la mise en conformité constatée par une visite contradictoire du service d'hygiène de la ville d'Argenteuil ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- L'arrêté attaqué est insuffisamment motivé, dès lors qu'il ne permet pas d'identifier avec précision les manquements supposément constatés et que la motivation de l'urgence est inexistante en fait ;

- il est entaché d'un vice de procédure, dès lors qu'il a été pris sans que l'intéressée puisse présenter des observations écrites et orales ;

- il est entaché de multiples erreurs de fait portant sur l'état de propreté de la boulangerie, la pratique du balayage à sec, l'absence de procédure de nettoyage des tenues et l'utilisation des lave-mains ;

- il est entaché de multiples erreurs de droit, dès lors qu'il méconnait les dispositions du règlement (CE) 852/2004 du 29 avril 2004 relatif à l'hygiène des denrées alimentaires ; que le règlement sanitaire départemental du Val-d'Oise interdit seulement l'utilisation du balayage à sec dans les espaces de vente, l'atelier de fabrication et en restauration collective ; que les contrôles de températures doivent être réalisés au cœur des produits eux-mêmes ;

- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation, dès lors que la commune n'a pas pris en considération les nombreuses mesures de mise aux normes entreprises.

Par des mémoires en défense, enregistré les 27 février 2023 et 13 septembre 2024, la commune d'Argenteuil conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 000 euros soit mise à la charge de la SAS Cote Boulange au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que la requête est irrecevable, en l'absence de mention du représentant légal, et qu'aucun moyen de la requête n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le règlement (CE) n° 852/2004 du 29 avril 2004 relatif à l'hygiène des denrées alimentaires ;

- le règlement (CE) n° 178/2002 du parlement européen et du conseil du 28 janvier 2022 établissant les principes généraux et les prescriptions générales de la législation alimentaire ;

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de la santé publique ;

- l'arrêté du 21 décembre 2009 relatif aux règles sanitaires applicables aux activités de commerce en détail, d'entreposage et de transport de produits d'origine animale et denrées alimentaires en contenant ;

- le règlement sanitaire départemental du département du Val-d'Oise ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Bertoncini, président-rapporteur,

- les conclusions de M. Bories, rapporteur public,

- les observations orales de Me Goutaland, représentant la SAS Cote Boulange,

- et les observations orales de Mme A, représentant la commune d'Argenteuil.

Considérant ce qui suit :

1. La SAS Cote Boulange exploite une boulangerie sous l'enseigne " Marie Blachère ", sise 184/192, Avenue de Stalingrad à Argenteuil. A la suite de contrôles du service communal d'hygiène et de santé des 8 février et 19 mai 2022, la commune d'Argenteuil a mis en demeure l'établissement de se conformer à la règlementation en vigueur en matière sanitaire et d'hygiène des denrées alimentaires. A l'issue d'un nouveau contrôle réalisé le 8 septembre 2022, le maire a ordonné, par arrêté du 12 septembre 2022, la fermeture de l'établissement jusqu'à sa mise en conformité constatée par une visite contradictoire du service hygiène de la commune. Par la présente requête, la société requérante demande au tribunal l'annulation de cet arrêté.

2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police ; () ". L'article L. 211-5 du même code prévoit que : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision. ".

3. D'une part, l'arrêté du 12 septembre 2022 vise les dispositions législatives et réglementaires au soutien de sa mesure, et mentionne de manière suffisamment circonstanciée les considérations de fait justifiant le prononcé de cette décision, dont le rapport d'intervention de l'inspection de l'hygiène alimentaire en date du 8 septembre 2022, ayant relevé un nombre conséquent de manquements à l'hygiène au titre de la réglementation portant sur la sécurité des établissements recevant du public et de règles relatives à l'hygiène des denrées alimentaires. Ainsi, l'arrêté est suffisamment motivé au regard des exigences des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration. D'autre part, la circonstance que le compte-rendu du rapport n'ait pas été transmis à la société requérante préalablement à l'édiction de l'arrêté litigieux, mais uniquement le 15 septembre 2022, est sans incidence sur la légalité de l'arrêté. Par suite, le moyen tiré du vice de forme doit être écarté.

4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211 2 () sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable. ". Aux termes de l'article L. 121-2 du même code : " Les dispositions de l'article L. 121-1 ne sont pas applicables : 1° En cas d'urgence ou de circonstances exceptionnelles ; () ".

5. Il ressort des pièces du dossier que les manquements aux règles d'hygiène constatés par les services compétents de la commune d'Argenteuil, eu égard aux risques alors encourus par la vente de denrées alimentaires, et leur caractère réitéré, de précédentes mises en demeure préalables de se conformer à la réglementation en matière d'hygiène des 15 mars et du 22 juin 2022 étant restées en partie sans effets, sont de nature à caractériser une situation d'urgence au sens des dispositions précitées de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration. Par suite, alors même que l'arrêté attaqué a été pris le mardi 12 septembre 2022 alors que la visite de l'entreprise remontait au vendredi 8 septembre précédent, cette circonstance est de nature à justifier que l'arrêté contestée soit pris sans mise en œuvre d'une procédure contradictoire préalable. Il s'ensuit que le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions rappelées au point précédent, qui n'imposent pas la communication préalable à l'intéressée de son dossier, peut être écarté.

6. En troisième lieu, si la société considère que le rapport d'inspection ne distingue pas les indices d'une salissure attribuable à l'activité normale de la boulangerie, il ressort des pièces du dossier, et notamment du rapport de l'inspection qui s'est déroulée le 8 septembre 2022, que les inspecteurs distinguent une salissure normale due à la production en cours, d'une saleté relevant d'un processus d'accumulation impliqué par l'absence de nettoyage récent. En outre, si elle conteste le fait que ses employés puissent avoir recours à la pratique du balayage à sec, en boutique comme dans la zone technique, elle n'apporte pas d'éléments susceptibles de remettre en cause ce qui a été établi dans le rapport d'inspection. Par ailleurs, la société requérante ajoute que le rapport d'inspection s'est fondé sur l'absence de procédure d'entretien des tenues professionnelles alors qu'un protocole serait mis en place. Toutefois, la SAS Cote Boulange n'établit pas que cette procédure était effectivement appliquée au moment du contrôle. Enfin, il n'est pas contesté par la société que le distributeur de savon visé dans le rapport d'inspection, faisant l'objet de la prescription n° 191 correspondait effectivement à l'infraction mentionnée. Par suite, il ne ressort pas des pièces du dossier, et notamment des éléments précités dont se prévaut la société requérante, que la décision querellée aurait été prise en se fondant sur les faits matériellement inexacts.

7. En quatrième lieu, selon l'article 18 du règlement du Parlement européen et du Conseil du 28 janvier 2002 relatif à la traçabilité, " 1. La traçabilité des denrées alimentaires, des aliments pour animaux, des animaux producteurs de denrées alimentaires et de toute autre substance destinée à être incorporée ou susceptible d'être incorporée dans des denrées alimentaires ou des aliments pour animaux est établie à toutes les étapes de la production, de la transformation et de la distribution. / 2. Les exploitants du secteur alimentaire et du secteur de l'alimentation animale doivent être en mesure d'identifier toute personne leur ayant fourni une denrée alimentaire, un aliment pour animaux, un animal producteur de denrées alimentaires ou toute substance destinée à être incorporée ou susceptible d'être incorporée dans des denrées alimentaires ou dans des aliments pour animaux. / À cet effet, ces exploitants disposent de systèmes et de procédures permettant de mettre l'information en question à la disposition des autorités compétentes, à la demande de celles-ci. (). ". Aux termes de l'article 5 du règlement CE) n° 852/2004 du Parlement européen et du Conseil du 29 avril 2004 relatif à l'hygiène des denrées alimentaires : " 1. Les exploitants du secteur alimentaire mettent en place, appliquent et maintiennent une ou plusieurs procédures permanentes fondées sur les principes HACCP. / 2. Les principes HACCP sont les suivants : a) identifier tout danger qu'il y a lieu de prévenir, d'éliminer ou de ramener à un niveau acceptable ; () d) établir et appliquer des procédures de surveillance efficace des points critiques de contrôle ; () / 4. Les exploitants du secteur alimentaire : démontrent aux autorités compétentes qu'ils se conforment au paragraphe 1 en respectant les exigences de l'autorité compétente, en fonction de la nature et de la taille de l'entreprise ; () ".

8. S'il ne résulte pas des dispositions précitées de l'article 18 du règlement du 28 janvier 2002 relatif à la traçabilité que la boulangerie aurait été contrainte de faire apparaître les dates d'ouverture des emballages des denrées alimentaires utilisées par elle, il résulte des dispositions de l'article 5 du règlement européen du 29 avril 2004 citées au point précédent que l'exploitant du secteur alimentaire doit établir des procédures internes afin de contrôler le respect de la durée de vie de la denrée alimentaire. L'activité de boulangerie de la société requérante consiste en la transformation, le reconditionnement ou la modification de denrées alimentaires et implique l'utilisation de denrées alimentaires préemballées. Elle est ainsi soumise au respect des consignes de durée de vie après ouverture déterminées par le fabricant et doit s'assurer que les conditions dans lesquelles ces denrées sont utilisées ne créent pas de risques pour la santé des consommateurs, en évitant le dépassement de la date limite de consommation sans risque pour la santé. Par suite, et quand bien même l'entreprise aurait respecté les préconisations des fabricants des denrées alimentaires, les services de la commune n'ont pas commis d'erreur en retenant que la date d'ouverture de l'emballage d'une denrée alimentaire devait faire partie des informations obligatoires que l'exploitant du secteur alimentaire doit être en mesure de fournir lors du contrôle, conformément aux dispositions précitées. Ainsi, à défaut pour elle d'établir toute autre procédure de nature à permettre ce contrôle, notamment par le plan de maîtrise sanitaire, la requérante ne démontre pas qu'elle respectait les dispositions précitées, et ne conteste pas valablement la légalité de l'injonction visant à ce que la date d'ouverture de l'emballage soit inscrite sur toutes les denrées alimentaires préemballées, utilisées dans la préparation et/ou la fabrication de ses produits et à ce que les indications fournies par le fabricant pour les denrées alimentaires préemballées soient respectées.

9. Il résulte également de ces dispositions une obligation générale d'entretien et de prudence en matière d'hygiène qu'il appartient à l'exploitant de respecter afin de protéger les denrées dont il est responsable d'une contamination susceptible de les rendre impropres à la consommation humaine. Par suite, le maire n'a pas fait une inexacte application des textes en relevant que l'accumulation d'une part conséquente d'imprudences traduisait la méconnaissance d'une obligation générale de protection des denrées alimentaires.

10. En cinquième lieu, aux termes de l'article 125 de la section I du titre VII du Règlement sanitaire départemental du Val-d'Oise : " Prescriptions générales concernant les magasins d'alimentation / 125.1 - Magasins de vente. / () Le sol doit être en matériaux durs, (carrelage, ciment) antidérapant ou recouverts d'un revêtement imperméable. Il est lavé au moins une fois par jour. L'écoulement des eaux de lavage doit être assuré. Le balayage à sec est interdit. () ".

11. Il résulte des dispositions précitées que la pratique du nettoyage à sec, est proscrite dans les " Magasins de vente " selon les termes de l'article 125 précité. Par ailleurs, en vertu du 2 a) du chapitre I de l'annexe II du règlement n° 852/2004 du 29 avril 2004 relatif aux dispositions générales applicables aux locaux utilisés pour les denrées alimentaires, les locaux doivent être convenablement entretenus, nettoyés et désinfectés, prévenir ou réduire au minimum la contamination aéroportée et offrir un espace de travail suffisant pour l'exécution hygiénique de toutes les opérations. Par suite, si comme elle le soutient le balayage à sec n'est pas proscrit en tous lieux par le règlement sanitaire départemental, le maire de la commune a pu, sans erreur de droit, tenir pour un manquement à ce règlement la pratique du nettoyage dans le magasin de vente qui, ainsi qu'il a été dit précédemment, est établie par les constatations relevées sur place par le service inspecteur, la circonstance que les balais enfarinés aient été trouvés à proximité de la salle de pause étant à cet égard sans incidence sur la légalité de la décision contestée.

12. En sixième lieu, aux termes de l'article 3 de l'arrêté du 21 décembre 2009 relatif aux règles sanitaires applicables aux activités de commerce en détail : " Les températures des produits d'origine animale et denrées alimentaires en contenant, réfrigérées ou congelées, sont conformes aux dispositions définies à l'annexe I sans préjudice, le cas échéant, des températures définies par le règlement (CE) n° 853/2004 du 29 avril 2004 susvisé. Toutefois, les produits d'origine animale et denrées alimentaires en contenant peuvent être conservées à une température différente de celles mentionnées à l'annexe I dans des conditions satisfaisant aux modalités prévues : / - soit dans des guides de bonnes pratiques d'hygiène et d'application des principes d'analyse des dangers et des points critiques pour les maîtriser (HACCP) validés propres au secteur concerné ; / - soit dans des conditions résultant d'une analyse des dangers validée, argumentée à la lumière des éléments de connaissance, d'expérience et d'historique retenus ". Selon l'annexe I de l'arrêté du 21 décembre 2009 relatif aux règles sanitaires applicables aux activités de commerce en détail, conformément au 3 de l'article 17 et au 3 de l'article 4 du règlement (CE) n° 852/2004 du 29 avril 2004 susvisé, les températures des produits d'origine animale et denrées alimentaires en contenant doivent être conformes en tous points du produit aux températures définies dans un tableau qui prévoit, pour les denrées réfrigérées que la température maximale est fixée à + 4°C et +8°C respectivement pour les autres denrées très périssables et périssables. Cette annexe ajoute toutefois que, pour autant que la sécurité des produits d'origine animale et denrées alimentaires en contenant soit assurée, il est admis de soustraire les produits d'origine animale et denrées alimentaires en contenant, congelés, ainsi que les glaces et crèmes glacées aux températures mentionnées dans le tableau : / a) Dans la mesure où la différence de température n'excède pas + 3 °C en surface, lorsque cela s'avère nécessaire, pour de brèves périodes, lors du chargement-déchargement de ces produits aux interfaces entre l'élaboration, le transport, le stockage et l'exposition des produits d'origine animale et denrées alimentaires en contenant et lors de leur présentation à la vente ; / b) Lors de l'exposition des glaces et crèmes glacées pour leur consommation immédiate dans la mesure où leur approvisionnement s'effectue en quantités adaptées aux besoins du service.

13. Il ressort des pièces du dossier, et en particulier du rapport de l'inspection du 8 septembre 2022 et des photographies jointes, que des sandwichs et salades préparées étaient conservées à température ambiante et des tropéziennes, denrées périssables, étaient entreposées sur chariots à une température de 20,2°C. Si la société requérante produit dans le dernier état de ses écritures les conclusions d'une analyse de danger indiquant que les sandwichs et tropéziennes peuvent être stockés sans danger à température ambiante durant respectivement 24 heures et trois jours, elle ne produit aucun élément de nature à établir que les denrées qui ont été contrôlées le 8 septembre 2022, dont les conditions de stockage méconnaissaient les températures de l'annexe I précitée, ont été néanmoins conservées dans le cadre fixée par l'étude de dangers dont elle se prévaut. Partant, ne démontrant pas entrer dans les exceptions aux températures fixées par l'annexe I de l'arrêté du 21 décembre 2009 prévues par l'article 3 de cet arrêté, c'est sans erreur de droit que le maire d'Argenteuil a estimé qu'elle ne respectait pas la chaîne du froid.

14. Pour les motifs retenus aux points 7 à 13, le moyen tiré de l'erreur de droit qu'aurait commise le maire d'Argenteuil en prenant l'arrêté attaqué doit être écarté en toutes ses branches.

15. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 2212-1 du code général des collectivités territoriales : " La police municipale a pour objet d'assurer le bon ordre, la sûreté, la sécurité et la salubrité publique () ".

16. Il ressort des pièces du dossier que, compte tenu du nombre d'infractions relevées, de leur gravité, de l'absence de régularisation de certaines de ces infractions relevées à plusieurs reprises au cours des contrôles successifs et malgré deux mises en demeures en date du 15 mars et du 22 juin 2022, et de la commission de nouvelles infractions depuis le premier contrôle, le maire d'Argenteuil a pu, sans commettre d'erreur d'appréciation, décider de la fermeture administrative de l'établissement jusqu'à sa mise en conformité avec la réglementation.

17. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée par la commune d'Argenteuil, que les conclusions à fin d'annulation présentées par la SAS Cote Boulange doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, celles relatives aux frais liés à l'instance.

18. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par la commune d'Argenteuil sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de la SAS Cote Boulange est rejetée.

Article 2 : Les conclusions de la commune d'Argenteuil présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la SAS Cote Boulange et à la commune d'Argenteuil.

Délibéré après l'audience du 17 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Bertoncini, président,

Mme Cuisinier-Heissler, première conseillère,

M. Jacquinot, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 octobre 2024.

Le président-rapporteur,

Signé

T. BertonciniL'assesseure la plus ancienne

dans l'ordre du tableau,

Signé

S. Cuisinier-Heissler

La greffière,

Signé

N. Magen

La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise en ce qui le concerne et à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

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