jeudi 20 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2213007 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | BAZIN & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 26 septembre 2022, Mme C E, représentée par Me Seingier, demande au juge des référés, statuant par application des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision du 25 juillet 2022 par laquelle le président du conseil départemental des Hauts-de-Seine a prononcé son licenciement en qualité d'assistante familiale contractuelle ;
2°) d'enjoindre au président du conseil départemental des Hauts-de-Seine de la réintégrer, dans le délai d'un mois à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;
2°) de mettre à la charge du département des Hauts-de-Seine la somme de 3 000 euros, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence est établie, dès lors que la décision dont il est demandé la suspension lui faire perdre son seul revenu, du jour au lendemain, et la place dans une situation de précarité, alors qu'elle a deux enfants, dont un à charge, qu'elle continue à supporter la charge d'un jeune adulte placé et que son conjoint a également un enfant à charge ; en outre, son comportement n'a jamais mis en danger la santé des enfants dont elle avait la charge ;
- en outre, il existe des moyens propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée :
- elle a été signée par une autorité dont la compétence n'est pas établie ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée de plusieurs vices de procédure, dès lors que, d'une part, elle a été prise le 25 juillet soit plus d'un mois après la tenue de son entretien préalable du 31 mai 2022 ; et, d'autre part, elle ne porte aucune mention d'un préavis alors que rien ne justifie la qualification de " faute lourde " à la faute qui lui est reprochée ;
- elle est entachée d'une erreur de fait et d'une erreur manifeste d'appréciation de la situation de M. A, dès lors que l'accueil de ce jeune a été difficile au quotidien et qu'à force de persévérance et de dévouement, il a pu recevoir une bonne éducation et obtenir un CAP de commerce en juin 2021 ; en outre, elle nie avoir eu un comportement inapproprié ou menaçant à son égard, alors qu'il provoquait violemment sa famille d'accueil et a pu avoir des propos très offensants, notamment à l'égard de son époux ; en tout état de cause, il avait accepté le principe de versements mensuels à hauteur de 300 euros par mois en dédommagement des dégâts qu'il avait occasionnés dans sa chambre ;
- elle est disproportionnée au regard de la gravité des faits en cause, de sa situation professionnelle et personnelle.
Par un mémoire en défense, enregistré le 11 octobre 2022, le département des
Hauts-de-Seine, représenté par Me Bazin, conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- sur l'urgence, les faits reprochés à la requérante, dont la matérialité n'est pas sérieusement contestée, font apparaitre un risque pour les personnes accueillies ;
- le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision manque en fait ;
- le moyen tiré du défaut de motivation n'est pas fondé ;
- les vices de procédure ne sont pas fondés ;
- le moyen tiré de l'erreur d'appréciation n'est pas fondé ;
- le moyen tiré de l'erreur de fait n'est pas fondé, les faits étant établis et en l'absence de disproportion entre les faits et la sanction infligée.
Par un mémoire en réplique, enregistré, le 12 octobre 2022, Mme E persiste dans ses écritures.
Elle fait valoir que :
- elle retire le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision contestée ;
- elle s'en remet à la sagesse du tribunal pour apprécier le défaut de motivation ;
- elle s'en remet à la sagesse du tribunal pour apprécier le moyen tiré d'un vice de procédure relatif au non-respect du délai d'un mois de licenciement ;
- elle maintient le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 423-10 du code de l'action sociale et des familles ;
- la matérialité des faits n'est pas établie en ce qui concerne les propos injurieux et menaçants.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête n° 2113562, enregistrée le 26 septembre 2022, par laquelle Mme E demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Poyet, premier conseiller, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience publique du 12 octobre 2022 à
16 heures.
Ont été entendues au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Soulier, greffière d'audience :
- le rapport de M. Poyet, juge des référés ;
- les observations orales de Me Seingier, représentant Mme E, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens et qui insiste sur l'urgence et l'absence de danger pour une éventuelle réintégration de la requérante, puis sur les moyens propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée, et notamment la disproportion de la sanction ;
- les observations orales de Me Bazin, représentant le département des Hauts-de-Seine, qui maintient ses conclusions tendant au rejet de la requête par les mêmes moyens qu'il reprend oralement et qui précise que le département du Val-d'Oise a restreint l'agrément de Mme E à un seul enfant et remet à l'audience le témoignage de Mme D, référente de M. A ;
- les observations orales des représentantes du département des Hauts-de-Seine ;
- et les observations orales de Mme E, requérante.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme E s'est vue délivrer par le président du conseil départemental des
Hauts-de-Seine un agrément en date du 3 octobre 2014, reconduit pour la dernière fois le 3 octobre 2019, l'autorisant à exercer les fonctions d'assistante familiale et à accueillir des mineurs et des jeunes majeurs de moins de vingt-et-un ans en lien avec l'aide sociale à l'enfance des Hauts-de-Seine. Par une décision du 25 juillet 2022, le président du conseil départemental des
Hauts-de-Seine a prononcé son licenciement pour faute lourde aux motifs qu'elle a exercé sur un jeune accueilli des contraintes afin qu'il lui verse une partie de son salaire d'apprenti depuis octobre 2021, qu'elle a tenu des propos injurieux et menaçants à son égard et a eu recours à la persuasion et utilisé l'autorité que lui confère sa fonction sur l'intéressé. Par la présente requête, Mme E demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de cette décision.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation (), le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". L'article L. 522-1 du même code précise : " Le juge des référés statue aux termes d'une procédure contradictoire, écrite ou orale. () ". Enfin, en vertu du premier alinéa de l'article R. 522-1 dudit code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. () ".
En ce qui concerne l'urgence :
3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. Il en va ainsi, alors même que cette décision n'aurait un objet ou des répercussions que purement financiers et que, en cas d'annulation, ses effets pourraient être effacés par une réparation pécuniaire.
4.Considérant que Mme E ne peut être regardée comme justifiant que la décision litigieuse la met dans une situation financière qui perturbe de manière suffisamment grave son train de vie compte tenu de ses charges de famille et de la proportion que ses revenus représentent dans ceux de son ménage.
5. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de la décision litigieuse, que les conclusions aux fins de suspension de la décision attaquée doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte ainsi que celles relatives aux frais de l'instance.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme E est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C E et au département des Hauts-de-Seine.
Fait à Cergy, le 20 octobre 2022.
Le juge des référés,
signé
M. B
La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026