jeudi 19 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2213132 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | GUEGUEN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 26 septembre 2022, M. C A, représenté par Me Gueguen, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 23 novembre 2020 par lequel le préfet des Hauts-de-Seine a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, lui a refusé l'octroi d'un délai de départ volontaire supérieur à trente jours, l'a obligé à se rendre hebdomadairement à la préfecture et à remettre son passeport, et, enfin, a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans ;
2°) d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " salarié ", ou, à défaut, de réexaminer sa situation, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, et, dans cette attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler ;
3°) d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de procéder à la suppression de son signalement dans le fichier des personnes recherchées (FPR), dans l'application de gestion des dossiers des ressortissants étrangers en France (AGDREF) et aux fins de non-admission au Système d'Information Schengen, dès la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil, Me Gueguen, en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, sous réserve qu'elle renonce à percevoir la part contributive de l'Etat.
Il soutient que :
En ce qui concerne les moyens communs à l'ensemble des décisions :
- elles sont entachées d'un vice d'incompétence ;
- elles sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation.
En ce qui concerne les moyens communs aux décisions portant refus de titre de séjour, obligation de quitter le territoire français et interdiction de retour sur le territoire français :
- elles méconnaissent les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen complet de sa situation ;
- elle est entachée d'erreurs de droit, dès lors que le préfet des Hauts-de-Seine n'a pas examiné sa situation au regard des stipulations du paragraphe 42 de l'article 4 de l'accord franco-sénégalais signé à Dakar le 23 septembre 2006, lui a opposé des conditions non prévues par la loi et a méconnu l'étendue de sa compétence ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les stipulations du paragraphe 42 de l'article 4 de l'accord franco-sénégalais signé à Dakar le 23 septembre 2006 ;
- elle est entachée d'une erreur de fait en mentionnant qu'il ne travaille plus depuis 2018.
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
- elle est illégale dès lors qu'elle est fondée sur une décision portant refus de titre de séjour elle-même illégale ;
- elle est entachée d'une erreur de droit dès lors que le préfet s'est cru en situation de compétence liée par la décision de refus de titre de séjour.
En ce qui concerne la décision portant refus d'octroi d'un délai de départ volontaire supérieur à trente jours :
- elle est illégale dès lors qu'elle est fondée sur une décision portant obligation de quitter le territoire français elle-même illégale.
En ce qui concerne la décision portant obligation de se rendre hebdomadairement à la préfecture et à remettre son passeport :
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est illégale dès lors qu'elle est fondée sur une décision portant obligation de quitter le territoire français elle-même illégale ;
- elle est entachée d'une erreur de droit dès lors que le préfet s'est senti en situation de compétence liée.
En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français :
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est illégale dès lors qu'elle est fondée sur une décision portant obligation de quitter le territoire français elle-même illégale ;
- elle est entachée d'une erreur de droit dès lors que la mesure n'a pas fait l'objet d'un examen individualisé ;
- elle est entachée d'une erreur de fait, dès lors qu'il est présent en France depuis huit ans et non pas quatre ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article L. 511-1 III du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 décembre 2022, le préfet du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 2 mai 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention franco-sénégalaise relative à la circulation et au séjour des personnes, signée à Dakar le 1er août 1995 ;
- l'accord relatif à la gestion concertée des flux migratoires entre la France et le Sénégal signé à Dakar le 23 septembre 2006 modifié par l'avenant du 25 février 2008 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Moinecourt, conseillère, a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant sénégalais né le 25 juillet 1971, indique être entré sur le territoire français en 2012. Le 15 octobre 2020, il a sollicité son admission exceptionnelle au séjour sur le fondement de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par la présente requête, il demande au tribunal l'annulation de l'arrêté du 23 novembre 2020 par lequel le préfet des Hauts-de-Seine a rejeté sa demande, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, l'a obligé à se présenter hebdomadairement en préfecture et à remettre son passeport et l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans.
Sur le moyen commun à l'ensemble des décisions :
2. En premier lieu, par l'arrêté PCI n° 2020-127 du 2 octobre 2020, régulièrement publié au recueil des actes administratifs du même jour, le préfet des Hauts-de-Seine a donné à Mme B, adjointe au chef du bureau des examens spécialisés et de l'éloignement, délégation de signature aux fins de signer l'ensemble des décisions litigieuses. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de la décision attaquée doit être écarté.
Sur les moyens communs aux décisions portant refus de titre de séjour, obligation de quitter le territoire français et interdiction de retour sur le territoire français :
3. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".
4. M. A, célibataire, sans enfant, non dépourvu de tout lien dans son pays d'origine et ne justifiant pas d'une intégration particulièrement aboutie ainsi qu'il sera dit au point 12 du présent jugement, n'établit pas avoir établi en France le centre de ses intérêts personnels et familiaux. De plus, il a fait l'objet d'une précédente obligation de quitter le territoire français non exécutée le 14 mai 2018. Il n'est donc pas fondé à soutenir que les décisions portant refus de titre de séjour, obligation de quitter le territoire français et interdiction de retour sur le territoire français ont été prises en méconnaissance des stipulations précitées de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ni qu'elles sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation.
Sur la décision portant refus de titre de séjour :
5. En premier lieu, aux termes des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration, les mesures de police doivent être motivées et " comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".
6. Si M. A soutient que la décision du 23 novembre 2020 est insuffisamment motivée, il ressort des pièces du dossier que celle-ci comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par conséquent, le moyen tiré de son insuffisante motivation ne peut qu'être écarté.
7. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet des Hauts-de-Seine n'aurait pas, avant d'édicter la décision contestée, procédé à un examen particulier et suffisamment approfondi de la situation de M. A.
8. En troisième lieu, aux termes du paragraphe 42 de l'article 4 de l'accord franco-sénégalais du 23 septembre 2006 modifié : " () Un ressortissant sénégalais en situation irrégulière en France peut bénéficier, en application de la législation française, d'une admission exceptionnelle au séjour se traduisant par la délivrance d'une carte de séjour temporaire portant : / - soit la mention " salarié " s'il exerce l'un des métiers mentionnés dans la liste figurant en annexe IV de l'Accord et dispose d'une proposition de contrat de travail / - soit la mention "vie privée et familiale" s'il justifie de motifs humanitaires ou exceptionnels () ".
9. Les stipulations du paragraphe 42 de l'article 4 de l'accord franco-sénégalais du 23 septembre 2006 relatif à la gestion concertée des flux migratoires, dans sa rédaction issue de l'avenant signé le 25 février 2008, renvoyant à la législation française en matière d'admission exceptionnelle au séjour des ressortissants sénégalais en situation irrégulière, rendent applicables à ces ressortissants les dispositions de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile à la date de l'arrêté litigieux. Dès lors, le préfet, saisi d'une demande d'admission exceptionnelle au séjour par un ressortissant sénégalais en situation irrégulière, est conduit, par l'effet de l'accord du 23 septembre 2006 modifié, à faire application des dispositions de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, M. A n'est pas fondé à soutenir que préfet des Hauts-de-Seine, aurait entaché sa décision d'une erreur de droit en examinant sa situation au regard de ces dispositions.
10. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 313-14, alors en vigueur, du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, repris aujourd'hui à l'article L. 435-1 du même code : " La carte de séjour temporaire mentionnée à l'article L. 313-11 ou la carte de séjour temporaire mentionnée aux 1° et 2° de l'article L. 313-10 peut être délivrée, sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, à l'étranger ne vivant pas en état de polygamie dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 313-2. / L'autorité administrative est tenue de soumettre pour avis à la commission mentionnée à l'article L. 312-1 la demande d'admission exceptionnelle au séjour formée par l'étranger qui justifie par tout moyen résider en France habituellement depuis plus de dix ans. ".
11. En présence d'une demande de régularisation présentée sur le fondement des dispositions précitées de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile par un étranger qui n'est pas en situation de polygamie et dont la présence en France ne représente pas une menace pour l'ordre public, il appartient à l'autorité administrative de vérifier, dans un premier temps, si l'admission exceptionnelle au séjour par la délivrance d'une carte portant la mention " vie privée et familiale " répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard de motifs exceptionnels, et à défaut, dans un second temps, s'il est fait état de motifs exceptionnels de nature à permettre la délivrance, dans ce cadre, d'une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " ou " travailleur temporaire ". Dans cette dernière hypothèse, il appartient à l'autorité administrative, sous le contrôle du juge, d'examiner, notamment, si la qualification, l'expérience et les diplômes de l'étranger ainsi que les caractéristiques de l'emploi auquel il postule, de même que tout élément de sa situation personnelle dont l'étranger ferait état à l'appui de sa demande, tel que par exemple, l'ancienneté de son séjour en France, peuvent constituer, en l'espèce, des motifs exceptionnels d'admission au séjour. Les dispositions précitées de l'article L. 313-14 laissent enfin à l'administration un large pouvoir pour apprécier si l'admission au séjour d'un étranger répond à des considérations humanitaires ou si elle se justifie au regard des motifs exceptionnels que celui-ci fait valoir.
12. Si M. A déclare résider en France depuis 2012, il n'apporte aucune pièce permettant de l'établir. Par ailleurs, célibataire sans charge de famille, il ne conteste pas disposer de liens dans son pays d'origine. Enfin, M. A ne justifie pas davantage de l'ancienneté professionnelle dont il se prévaut en se bornant à produire un certificat de travail du 10 octobre 2019 attestant qu'il a été employé comme agent de prévention et de sécurité sous contrat à durée indéterminée par la SAS ACP Protection établie à Courbevoie (Hauts-de-Seine) du 16 octobre 2017 au 9 octobre 2019. En tout état de cause, cette seule circonstance serait insuffisante pour justifier son admission à séjour sur le fondement des dispositions précitées. Par suite, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions précitées de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qu'aurait commise le préfet des Hauts-de-Seine, qui n'a pas méconnu l'étendue de sa compétence, ni ne s'est fondé sur des critères non prévues par la loi, doit être écarté.
13. En cinquième lieu, à supposer même que M. A ait exercé un métier listé en annexe IV de l'accord franco-sénégalais de 2006, il ne présente pas de proposition de contrat de travail. De plus, ainsi qu'il a été dit précédemment, M. A ne justifie pas davantage de motifs exceptionnels ou humanitaires pour être admis au séjour à titre exceptionnel. Par suite, faute de remplir les conditions fixées par les stipulations précitées du paragraphe 42 de l'article 4 de l'accord franco-sénégalais de 2006, il n'est pas fondé à soutenir qu'elles ont été méconnues.
14. En sixième lieu, si M. A soutient que le préfet des Hauts-de-Seine a considéré par erreur qu'il était sans emploi depuis le mois juillet 2018, il n'établit pas formellement la réalité de son activité professionnelle depuis cette date. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de fait doit être écarté.
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
15. En premier lieu, l'illégalité de la décision portant refus de son titre de séjour n'étant pas établie, l'exception d'illégalité de cette décision, soulevée à l'appui des conclusions d'annulation dirigées contre la décision portant obligation de quitter le territoire français, ne peut qu'être écartée.
16. En second lieu, aux termes de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa rédaction applicable au litige : " I. ' L'autorité administrative peut obliger à quitter le territoire français un étranger non ressortissant d'un Etat membre de l'Union européenne, d'un autre Etat partie à l'accord sur l'Espace économique européen ou de la Confédération suisse et qui n'est pas membre de la famille d'un tel ressortissant au sens des 4° et 5° de l'article L. 121-1, lorsqu'il se trouve dans l'un des cas suivants : / () 3° Si la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour a été refusé à l'étranger ou si le titre de séjour qui lui avait été délivré lui a été retiré () ".
17. Il ne ressort pas des termes de la décision attaquée, qui tient compte de la situation de M. A et de ce qu'il a déjà fait l'objet d'une précédente obligation de quitter le territoire français, le 14 mai 2018, qu'il n'a pas exécutée, que le préfet des Hauts-de-Seine, se serait, en l'édictant, cru en situation de compétence liée.
Sur la décision portant refus d'octroi d'un délai de départ volontaire supérieur à trente jours :
18. En premier lieu, la décision faisant obligation à M. A de quitter le territoire français n'étant pas entachée d'illégalité, l'intéressé n'est pas fondé à soutenir, par la voie de l'exception, que la décision fixant à trente jours le délai de départ volontaire qui l'assortit serait elle-même, pour ce motif, entachée d'illégalité.
19. En second lieu, si M. A soutient qu'en ne prenant pas en considération sa situation personnelle et notamment ses huit ans de présence en France pour lui accorder un délai de départ volontaire supérieur à trente jours le préfet des Hauts-de-Seine a entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation, un tel moyen ne peut qu'être écarté dès lors qu'il n'établit pas l'ancienneté de son séjour ni ne fait valoir de motifs particuliers justifiant que lui soit accordé un délai de départ plus long que celui de trente jours.
Sur les décisions portant obligation de remise du passeport et de présentation au commissariat de police :
20. En premier lieu, aux termes de l'article L. 513-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors en vigueur : " L'étranger auquel un délai de départ volontaire a été accordé peut, dès la notification de la décision portant obligation de quitter le territoire français, être astreint à se présenter à l'autorité administrative ou aux services de police ou aux unités de gendarmerie pour y indiquer ses diligences dans la préparation de son départ. Cette décision est prise pour une durée qui ne peut se poursuivre au-delà de l'expiration du délai de départ volontaire. () L'autorité administrative peut prescrire à l'étranger la remise de son passeport ou de tout document justificatif de son identité dans les conditions prévues à l'article L. 611-2. ".
21. Contrairement à ce que soutient le requérant, les décisions le contraignant à se présenter tous les mardis à dix heures, sauf jour férié, à la préfecture des Hauts-de-Seine et l'obligeant à remettre son passeport visent le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et mentionnent les motifs de fait et de droit pour lesquels il a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de ces décisions doit être écarté.
22. En deuxième lieu, la décision faisant obligation à M. A de quitter le territoire français n'étant pas entachée d'illégalité, le requérant n'est pas fondé à soutenir, par la voie de l'exception, que les décisions portant contrainte à se présenter tous les mardis à la préfecture des Hauts-de-Seine et obligation de remise du passeport qui l'assortissent seraient elles-mêmes, pour ce motif, entachées d'illégalité.
23. En troisième lieu, la motivation relevée au point 21 du présent jugement révèle que le préfet a procédé à un examen particulier de la situation du requérant avant de prendre les mesures de contrôle contestées. Dans ces conditions, le moyen de l'erreur de droit tiré de ce que le préfet des Hauts-de-Seine se serait cru en situation de compétence liée par rapport à l'obligation de quitter le territoire français pour édicter de telles mesures ne peut qu'être écarté.
24. En dernier lieu, M. A soutient qu'ayant indiqué à l'administration les éléments relatifs à son identité et son domicile, les mesures de contrôle qu'il conteste procèderaient d'une erreur manifeste d'appréciation et seraient disproportionnées. Toutefois, il n'allègue pas que de telles mesures, qui ont seulement pour objet d'éviter un risque de fuite et de vérifier les diligences accomplies pour le départ, constitueraient des obstacles à la réalisation de ses activités quotidiennes, alors au demeurant qu'il est constant qu'il n'exerce aucune activité professionnelle. Il suit de là que les moyens soulevés ne peuvent qu'être écartés.
Sur l'interdiction de retour sur le territoire français :
25. Aux termes du III de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " () Lorsqu'elle ne se trouve pas en présence du cas prévu au premier alinéa du présent III, l'autorité administrative peut, par une décision motivée, assortir l'obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée maximale de deux ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. / () La durée de l'interdiction de retour mentionnée aux premier, sixième et septième alinéas du présent III ainsi que le prononcé et la durée de l'interdiction de retour mentionnée au quatrième alinéa sont décidés par l'autorité administrative en tenant compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. () ".
26. Il ressort des termes mêmes de ces dispositions que l'autorité compétente doit, pour décider de prononcer à l'encontre de l'étranger soumis à l'obligation de quitter le territoire français une interdiction de retour et en fixer la durée, tenir compte, dans le respect des principes constitutionnels, des principes généraux du droit et des règles résultant des engagements internationaux de la France, des quatre critères qu'elles énumèrent, sans pouvoir se limiter à ne prendre en compte que l'un ou plusieurs d'entre eux. La décision d'interdiction de retour doit comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, de sorte que son destinataire puisse à sa seule lecture en connaître les motifs. Si cette motivation doit attester de la prise en compte par l'autorité compétente, au vu de la situation de l'intéressé, de l'ensemble des critères prévus par la loi, aucune règle n'impose que le principe et la durée de l'interdiction de retour fassent l'objet de motivations distinctes, ni que soit indiquée l'importance accordée à chaque critère.
27. Le préfet des Hauts-de-Seine a interdit M. A de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans aux motifs qu'il est célibataire et sans enfant, que ses attaches sur le territoire français ne sont pas intenses et qu'il a fait l'objet d'une précédente obligation de quitter le territoire français non exécutée le 14 mai 2018. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation et du défaut d'examen de sa situation personnelle ne peuvent qu'être écartés.
28. En deuxième lieu, compte tenu de ces motifs, non sérieusement contestés par M. A, le préfet des Hauts-de-Seine a pu prendre la décision attaquée sans méconnaître les dispositions du III de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, au regard desquelles il n'a pas commis d'erreur d'appréciation.
29. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de M. A doivent être rejetées. Il en va de même, par voie de conséquence, de ses conclusions à fin d'injonction sous astreinte, ainsi que de celles présentées sur le fondement des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1990.
Par ces motifs, le tribunal décide :
Article 1 : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A, à Me Gueguen, conseil de M. A, et au préfet des Hauts-de-Seine.
Délibéré après l'audience du 5 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Oriol, présidente,
Mme D et M. Sitbon, conseillers,
Assistés de Mme Ricaud, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 janvier 2023.
La rapporteure,
Signé
L. D
La présidente,
Signé
C. OriolLa greffière,
Signé
V. Ricaud
La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour ampliation,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026