lundi 14 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2213230 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | N'DIAYE |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance n° 2209440 du 13 septembre 2022, le président du tribunal administratif de Montreuil a transmis au tribunal administratif de Cergy-Pontoise, en application des articles R. 312-8 et R. 351-3 du code de justice administrative, le dossier de la requête de M. D C enregistrée le 9 juin 2022 au greffe de ce premier tribunal.
Par cette requête, M. D C, représenté par Me N'Diaye, demande au tribunal d'annuler les décisions en date du 7 juin 2022 par lesquelles le préfet de Seine-Saint-Denis l'a obligé à quitter le territoire sans délai, en fixant son pays de destination, et lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée de douze mois.
Il soutient que :
S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle a été signée par une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée, notamment au regard des exigences posées par les dispositions de l'article 12 de la directive 2008/115/CE du 16 décembre 2008 ;
- elle est entachée d'une erreur de fait dès lors que toute sa famille se trouve sur le territoire français ;
S'agissant de la décision portant refus de délai de départ volontaire :
- elles a été signée par une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle méconnait les dispositions des articles 7 et 14 de la directive 2008/115/CE du 16 décembre 2008 ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
S'agissant de la décision portant fixation du pays de renvoi :
- elle a été signée par une autorité incompétente.
Le requête a été communiquée au préfet de Seine-Saint-Denis, qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Vu :
- la décision par laquelle le président du tribunal a désigné M. E comme juge du contentieux des mesures d'éloignement des étrangers et des décisions relatives à la rétention des étrangers visées aux chapitres VI, VII, VII bis, VII ter, VII quater du titre VII du livre VII de la partie réglementaire du code de justice administrative ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la directive 2008/115/CE du 16 décembre 2008 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Bertoncini, magistrat désigné, a été entendu au cours de l'audience publique qui s'est tenue le 4 novembre 2022.
La clôture de l'instruction est intervenue à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative.
Une note en délibéré a été produite par le préfet de Seine-Saint-Denis le 3 novembre 2022.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, ressortissant malien né le 13 octobre 1991 déclare être entré en France le 10 octobre 2018. Par un arrêté du 7 juin 2022, dont M. C demande l'annulation, le préfet de Seine-Saint-Denis l'a obligé à quitter sans délai le territoire français, en fixant son pays de destination, et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de douze mois.
Sur le moyen commun aux décisions attaquées :
2. M. A B qui a signé les décisions attaquées, bénéficiait d'une délégation de signature du préfet de la Seine-Saint-Denis n° 2022-0979 en date du 25 avril 2022, régulièrement publiée au recueil des actes administratifs de la préfecture, à l'effet notamment de signer les décisions en litige. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence de leur auteur manque en fait et doit, par suite, être écarté.
Sur les moyens propres à la décision portant obligation de quitter le territoire français :
3. En premier lieu, aux termes de l'article 12 de la directive 2008/115/CE du 16 décembre 2008 : " 1. Les décisions de retour () ainsi que les décisions d'éloignement sont rendues par écrit, indiquent leurs motifs de fait et de droit () ". Aux termes du premier alinéa de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. ".
4. D'une part, le requérant ne peut se prévaloir à l'encontre de la décision contestée des dispositions de l'article 12 de la directive 2008/115/CE du 16 décembre 2008 visée ci-dessus dès lors que cette directive a fait l'objet d'une transposition en droit interne.
5. D'autre part, la décision portant obligation de quitter le territoire, qui n'avait pas à faire état de tous les éléments caractérisant la situation personnelle du requérant, vise les textes dont il est fait application, notamment l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Elle mentionne également les faits qui en constituent le fondement, indiquant, en particulier, que M. C ne peut justifier être entré régulièrement en France, qu'il n'est pas titulaire d'un titre de séjour en cours de validité, et qu'il ne justifie pas davantage de l'intensité de l'ancienneté et de la stabilité de ses liens personnels et familiaux en France. Il s'ensuit que la décision attaquée comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Ainsi, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la décision portant obligation de quitter le territoire français ne peut qu'être écarté.
6. En second lieu, s'il ressort des pièces du dossier que le père de M. C est français, d'une part, il n'est pas établi que celui résiderait en France, ni qu'il entretiendrait avec le requérant des liens d'une particulière intensité, d'autre part, M. C, célibataire et sans enfant, ne justifie d'aucune autre attache avec la France où il est entré à l'âge de vingt-six ans après avoir toujours vécu dans son pays d'origine. Au surplus, pour fonder sa décision, le préfet a également relevé, sans être contredit, que M. C, qui déclare n'être entré en France qu'en octobre 2018, soit à l'âge de vingt-six ans, n'établit pas être entré régulièrement sur le territoire français et n'est pas titulaire d'un titre de séjour en cours de validité. Ainsi, en adoptant la décision attaquée, l'autorité préfectorale n'a commis ni erreur de fait ni erreur manifeste d'appréciation.
Sur les moyens propres à la décision portant refus de délai de départ volontaire :
7. En premier lieu, aux termes de l'article L. 613-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les décisions relatives au refus et à la fin du délai de départ volontaire prévues aux articles L. 612-2 et L. 612-5 et les décisions d'interdiction de retour et de prolongation d'interdiction de retour prévues aux articles L. 612-6, L. 612-7, L. 612-8 et L. 612-11 sont distinctes de la décision portant obligation de quitter le territoire français. Elles sont motivées. "
8. La décision litigieuse vise les textes dont il est fait application, notamment l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et mentionne les faits qui en constituent le fondement précisant, en particulier, que M. C, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a effectué aucune démarche à fin de régularisation de sa situation au regard du droit au séjour. Elle ajoute, en outre, que l'intéressé ne présente pas de garanties de représentation dans la mesure où il est dépourvu d'un document de voyage en cours de validité, qu'il n'a pas déclaré de lieu de résidence effective ou permanente. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la décision portant refus de délai de départ volontaire doit être écarté.
9. En deuxième lieu, l'article 7 de la directive 2008/115 dispose que : " 1. La décision de retour prévoit un délai approprié allant de sept à trente jours pour le départ volontaire, sans préjudice des exceptions visées aux paragraphes 2 et 4. () / 2. Si nécessaire, les États membres prolongent le délai de départ volontaire d'une durée appropriée, en tenant compte des circonstances propres à chaque cas, telles que la durée du séjour, l'existence d'enfants scolarisés et d'autres liens familiaux et sociaux. () / 4. S'il existe un risque de fuite, ou si une demande de séjour régulier a été rejetée comme étant manifestement non fondée ou frauduleuse, ou si la personne concernée constitue un danger pour l'ordre public, la sécurité publique ou la sécurité nationale, les États membres peuvent s'abstenir d'accorder un délai de départ volontaire ou peuvent accorder un délai inférieur à sept jours. ". Aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ". Aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : () / 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité () ".
10. Les dispositions précitées du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, sur le fondement desquelles le préfet de Seine-Saint-Denis a refusé d'accorder à M. C un délai de départ volontaire, constituent des critères objectifs permettant de caractériser un risque de fuite au sens de l'article 7 de la directive 2008/115/CE. Ainsi, si M. C soutient que la décision attaquée méconnait les dispositions de l'article 7 de la directive 2008/115 au regard de sa situation personnelle et familiale, d'une part, il est constant que l'intéressé est dépourvu d'un document de voyage en cours de validité. D'autre part, le requérant, qui se prévaut de la nationalité française de son père, ne produit aucun élément de nature à démontrer l'intensité des liens qu'il pourrait entretenir avec ce dernier, ni l'existence d'autres liens personnels, familiaux ou professionnels sur le territoire français. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 7 de la directive 2008/115/CE doit être écarté.
11. En troisième lieu, aux termes des dispositions de l'article 14 de la directive 2008/115/CE : " 1. Sauf dans la situation visée aux articles 16 et 17, les États membres veillent à ce que les principes ci-après soient pris en compte dans la mesure du possible en ce qui concerne les ressortissants de pays tiers au cours du délai de départ volontaire accordé conformément à l'article 7 () : / a) l'unité familiale avec les membres de la famille présents sur le territoire est maintenue () ".
12. Il résulte ce qui a été dit au point 10 que les moyens tirés de la méconnaissance de l'article 14 de la directive 2008/115/CE et de l'erreur manifeste d'appréciation des conséquences de la décision attaquée sur sa situation personnelle doivent être écartés.
13. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation des décisions attaquées doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D C et au préfet de Seine-Saint-Denis.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 novembre 2022.
Le magistrat désigné,
signé
T. E La greffière,
signé
K. Dieng
La République mande et ordonne au préfet de Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne et à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2213230
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026