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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2213473

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2213473

mardi 6 juin 2023

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2213473
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation10ème Chambre
Avocat requérantSADOUN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés le 3 octobre 2022, le 13 novembre 2022 et le 7 février 2023, M. F D, représenté par Me Sadoun, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 12 août 2022 par lequel le préfet des Hauts-de-Seine a refusé de lui renouveler son certificat de résidence, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours, a fixé le pays de renvoi et lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée d'un an ;

2°) d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui renouveler un certificat de résidence portant la mention " vie privée et familiale ", dans un délai de deux mois à compter de la date de notification du jugement à intervenir ;

3°) d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de procéder à la suppression de son signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen pour la durée de l'interdiction de retour ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 2 400 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :

- elle est entachée d'un vice d'incompétence, dès lors qu'elle a été signée par une autorité dont la compétence n'était pas établie ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'un vice de procédure, l'avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) ne lui ayant pas été notifié ; l'avis annexé à la décision concernant une autre personne, il lui a fallu se rapprocher du préfet pour obtenir l'avis le concernant ;

- elle est entachée d'une erreur de droit dès lors que le préfet se croyait à tort d'être lié par l'avis du collège des médecins de l'OFII ;

- elle est entachée d'une erreur de fait et d'une erreur manifeste d'appréciation, son état médical nécessitant qu'il reste en France dès lors que l'absence de soin aurait pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qu'il ne peut être soigné dans son pays d'origine ;

- elle porte une atteinte disproportionnée au droit au respect de sa vie privée et familiale en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle est illégale du fait de l'illégalité du refus de titre de séjour ;

- elle est entachée d'incompétence de son auteur ;

- elle est entachée d'une erreur de fait et d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- elle contrevient aux dispositions du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an :

- elle est illégale du fait de l'illégalité des décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français ;

- elle est entachée d'incompétence de son auteur ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- elle porte une atteinte disproportionnée au droit au respect de sa vie privée et familiale en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense, enregistré le 8 décembre 2022, le préfet des Hauts-de-Seine conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.

Le directeur de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a produit des pièces, enregistrées le 10 février 2023, et des observations, enregistrées le 10 mai 2023, non communiquées.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Poyet, premier conseiller ;

- et les observations de Me Sadoun, représentant M. D, présent.

Considérant ce qui suit :

1. M. F D, ressortissant algérien né le 28 août 1996 à Oran en Algérie, est entré en France le 29 novembre 2017 sous couvert d'un passeport revêtu d'un visa de court séjour. Il a été admis au séjour en raison de son état de santé sur le fondement des stipulations du 7° de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 par des certificats de résidence régulièrement renouvelés entre le 22 janvier 2020 et le 16 mai 2022. Il a sollicité le renouvellement de ce titre de séjour qui lui a été refusé par le préfet des Hauts-de-Seine, le 12 août 2022, par une décision assortie d'une obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et d'une interdiction de retour sur le territoire pour une durée d'un an. M. D demande l'annulation de cet arrêté.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne la compétence du signataire des décisions attaquées :

2. Par l'arrêté PCI n° 2022-063 du 10 juin 2022 publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du même jour, le préfet des Hauts-de-Seine a donné délégation à M. C B, sous-préfet d'Antony et de Boulogne-Billancourt, à l'effet de signer " les refus de séjour, les décisions portant retrait de titres, les obligations de quitter le territoire français, les obligations de quitter le territoire français assorties d'une interdiction de retour sur le territoire français, et les décisions fixant le pays de renvoi ". Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué manque en fait et ne peut, dès lors, qu'être écarté.

En ce qui concerne la décision portant refus de renouvellement du titre de séjour :

3. En premier lieu, M. D soutient que l'arrêté en litige a été édicté à l'issue d'une procédure irrégulière, au motif que l'avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) ne lui a pas été notifié, que l'avis annexé à la décision concernant une autre personne et qu'il lui a fallu se rapprocher du préfet pour obtenir l'avis le concernant. Toutefois, aucune disposition législative ou réglementaire n'impose à l'autorité préfectorale de joindre à une décision de refus de titre de séjour sollicité en qualité d'étranger malade l'avis émis par le collège de médecins. Il suit de là que le moyen tiré de l'irrégularité de la procédure manque en fait et doit être écarté.

4. En deuxième lieu, aux termes des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration, les mesures de police doivent être motivées et " comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".

5. La décision attaquée vise les dispositions légales sur lesquelles elle se fonde, notamment l'accord franco-algérien, les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont il est fait application et les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Le préfet mentionne également les éléments de fait propres à la situation personnelle de M. D, en énonçant notamment que l'intéressé a sollicité son admission au séjour sur le fondement de l'article 6-7 de l'accord franco-algérien, et que le collège des médecins de l'OFII a considéré que son état de santé nécessite une prise en charge dont le défaut ne devrait pas entraîner de conséquences d'une exceptionnelle gravité. Le préfet précise également que le requérant est célibataire, sans charge de famille, que ses liens personnels et familiaux en France ne sont pas anciens, intenses et stables compte tenu notamment du fait qu'il a vécu dans son pays d'origine jusqu'à l'âge de vingt-et-un an et où il n'établit pas être isolé. Ainsi, la décision attaquée répond aux exigences de motivation posées par l'article L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration, alors même qu'elle ne fait pas mention de l'ensemble des éléments relatifs à la situation personnelle de l'intéressé portés à la connaissance du préfet. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de cette décision doit être écarté.

6. En troisième lieu, aux termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien susvisé : " () Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : () 7. Au ressortissant algérien, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité, sous réserve qu'il ne puisse effectivement bénéficier d'un traitement approprié dans son pays () ".

7. La partie qui justifie d'un avis du collège de médecins du service médical de l'OFII allant dans le sens de ses dires doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence ou l'absence d'un état de santé de nature à justifier la délivrance ou le refus d'un titre de séjour. Dans ce cas, il appartient à l'autre partie, dans le respect des règles relatives au secret médical, de produire tous éléments permettant d'apprécier l'état de santé de l'étranger et, le cas échéant, l'existence ou l'absence d'un traitement approprié dans le pays de renvoi. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si l'état de santé d'un étranger justifie la délivrance d'un titre de séjour dans les conditions ci-dessus rappelées, se détermine au vu de ces échanges contradictoires. En cas de doute, il lui appartient de compléter ces échanges en ordonnant toute mesure d'instruction utile.

8. Pour refuser d'accorder au requérant le bénéfice des stipulations précitées de l'accord franco-algérien, le préfet des Hauts-de-Seine s'est fondé, notamment, sur l'avis émis le 5 août 2022 par le collège de médecins de l'OFII. Aux termes de cet avis, l'état de santé de M. D " nécessite une prise en charge médicale " dont le défaut " ne devrait pas entraîner de conséquences d'une exceptionnelle gravité ". Pour en contester le contenu, M. D, qui a subi une amputation transtibiale de la jambe gauche, le 9 décembre 2017, fait valoir qu'il souffre de douleurs chroniques, qu'il n'a jamais cessé d'être suivi médicalement suite à cette amputation et notamment pour la prise en charge de ses douleurs, qu'il est suivi au centre de rééducation et d'appareillage de Valenton en vue d'un appareillage, reporté du fait de douleurs chroniques au niveau du moignon. Il produit un certificat médical établi le 29 septembre 2022, postérieurement à la décision attaquée, par un médecin du pôle cardio-neuro-vasculaire et métabolique de l'hôpital Paris Saint-Joseph, qui indique notamment que son état de santé " nécessite une prise en charge médicale dont le défaut peut entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité, dont principalement : impossibilité d'appareillage du fait des douleurs, déplacements sans appareillage entraînant le développement de troubles musculo-squelettiques secondaires, retentissement fonctionnel avec limitation majeure de la mobilité, aggravation progressive des douleurs avec phénomène de sensibilisation à la douleur, retentissement psycho-social majeur secondaire ", et qu'il ne peut poursuivre le traitement approprié dans son pays d'origine dès lors qu'il nécessite une prise en charge pluridisciplinaire et d'expertise. Il produit également des comptes rendus de consultation à l'hôpital Cochin des 11 septembre 2019 et du 11 septembre 2018. Toutefois, le certificat médical du 29 septembre 2022, en faisant état de douleurs chroniques et de difficultés d'appareillage, n'est pas de nature, à lui seul, à remettre utilement en cause l'appréciation du collège de médecins de l'OFII, selon laquelle le défaut de prise en charge médicale ne devrait pas entraîner de conséquences d'une exceptionnelle gravité. Il ressort par ailleurs des pièces du dossier que l'intéressé a déjà bénéficié de trois prothèses qui n'ont pas été supportées en raison d'un moignon de jambe très sensible, et qu'aucune date d'intervention n'est prévue pour la mise en place d'une nouvelle prothèse en raison des douleurs chroniques. Dans ces conditions, M. D n'est pas fondé à soutenir que le préfet des Hauts-de-Seine a, en refusant de lui délivrer un titre de séjour, aurait entaché sa décision d'une erreur de fait et d'une erreur manifeste d'appréciation.

9. En quatrième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier, et notamment des termes de la décision attaquée, que le préfet des Hauts-de-Seine se serait cru lié par l'avis du collège de médecins de l'OFII et se serait abstenu de procéder à un examen particulier de la situation personnelle de M. D avant de refuser de faire droit à sa demande de titre de séjour.

10. En cinquième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir d'ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

11. Il est constant que M. D est célibataire, sans charge de famille en France et qu'il a vécu dans son pays d'origine jusqu'à l'âge de vingt-et-un ans. Dans ces conditions, et quand bien même il résiderait depuis son entrée en France, en novembre 2017, chez une tante maternelle, il n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée porte au droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée et le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

12. En premier lieu, ainsi qu'il a été dit, la décision refusant à M. D un titre de séjour n'est pas entachée d'illégalité. Par suite, l'obligation de quitter le territoire français n'a pas été prise sur le fondement d'une décision illégale. Le moyen tiré d'une telle exception d'illégalité ne peut, dès lors, qu'être écarté.

13. En deuxième lieu, pour les mêmes motifs que ceux mentionnés au point 8, les moyens tirés de l'erreur de fait, de l'erreur d'appréciation et de la méconnaissance des dispositions du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, doivent être écartés.

14. En troisième lieu, pour les mêmes motifs que ceux mentionnés au point 11, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an :

15. Aux termes de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'étranger n'est pas dans une situation mentionnée aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder deux ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11. ".

16. Il incombe ainsi à l'autorité compétente qui prend une décision d'interdiction de retour d'indiquer dans quel cas susceptible de justifier une telle mesure se trouve l'étranger. Elle doit par ailleurs faire état des éléments de la situation de l'intéressé au vu desquels elle a arrêté, dans son principe et dans sa durée, sa décision, eu égard notamment à la durée de la présence de l'étranger sur le territoire français, à la nature et à l'ancienneté de ses liens avec la France et, le cas échéant, aux précédentes mesures d'éloignement dont il a fait l'objet. Elle doit aussi, si elle estime que figure au nombre des motifs qui justifient sa décision une menace pour l'ordre public, indiquer les raisons pour lesquelles la présence de l'intéressé sur le territoire français doit, selon elle, être regardée comme une telle menace. En revanche, si, après prise en compte de ce critère, elle ne retient pas cette circonstance au nombre des motifs de sa décision, elle n'est pas tenue, à peine d'irrégularité, de le préciser expressément.

17. Pour prendre à l'encontre de l'intéressé la décision portant interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an, le préfet des Hauts-de-Seine s'est fondé sur les circonstances que l'intéressé est célibataire, sans charge de famille et que ses liens personnels et familiales en France ne sont pas anciens, intenses et stables. Toutefois, M. D, qui n'a précédemment fait l'objet d'aucune mesure d'éloignement et ne présente pas une menace pour l'ordre public, est entré régulièrement sur le territoire français, en novembre 2017, s'y est maintenu en situation régulière depuis lors et réside chez une tante maternelle. Dans ces conditions, celui-ci est fondé à soutenir que la décision lui interdisant le retour sur le territoire français pour une durée d'un an est entachée d'une erreur d'appréciation. Il y a lieu, par suite et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens dirigés à l'encontre de cette décision, d'annuler l'interdiction de retour sur le territoire français en litige.

18. Il résulte de tout ce qui précède que M. D est seulement fondé à demander l'annulation de l'arrêté du préfet des Hauts-de-Seine du 12 août 2022 en tant qu'il porte interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

19. L'annulation de la décision par laquelle le préfet des Hauts-de-Seine a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français à l'encontre de M. D n'implique ni la délivrance d'un titre de séjour, ni le réexamen de la situation du requérant. Par suite, les conclusions à fin d'injonction de la requête doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

20. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y pas lieu de mettre une somme à la charge de l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante pour l'essentiel. Les conclusions présentées à ce titre par le requérant doivent, par suite, être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er :La décision par laquelle le préfet des Hauts-de-Seine a fait interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée d'un an à M. D, contenue dans l'arrêté du 12 août 2022, est annulée.

Article 2 :Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 :Le présent jugement sera notifié à M. F D et au préfet des Hauts-de-Seine.

Délibéré après l'audience du 17 mai 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Bories, présidente,

M. Poyet et Mme A, premiers conseillers.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 juin 2023.

Le rapporteur,

signé

M. Poyet

La présidente,

signé

C. Bories

La greffière,

signé

M. E

La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2213473

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