Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2213731

jeudi 14 septembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2213731
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation4ème Chambre
Avocat requérantDIOP

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 10 octobre 2022 et 28 mai 2023,

Mme A B, représentée par Me Diop, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 3 octobre 2022 par lequel le préfet du Val-d'Oise a refusé de renouveler son titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle est susceptible d'être renvoyée ;

2°) d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise de lui délivrer le titre de séjour " vie privée et familiale " ou, à défaut, de procéder au réexamen de sa demande et de la munir, dans cette attente, d'une autorisation provisoire de séjour ;

3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la décision refusant de renouveler son titre de séjour est entachée d'un défaut de motivation ;

- elle est entachée d'un vice de procédure, dès lors que la régularité de l'avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) n'est pas établie en l'absence de production de cet avis ;

- elle est entachée d'une erreur de droit dès lors que le préfet a agi comme s'il était lié par l'avis du collège des médecins de l'OFII ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors qu'elle ne peut pas bénéficier d'un traitement dans son pays d'origine ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation, eu égard à ses conséquences sur sa situation personnelle ;

- la décision l'obligeant à quitter le territoire français méconnaît les dispositions du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation, eu égard à ses conséquences sur sa situation personnelle.

Par un courrier du 11 juillet 2023 les parties ont été informées de ce que la décision était susceptible de se fonder sur un moyen d'ordre public, relevé d'office, tiré de l'incompétence du signataire de la décision.

Par un mémoire en défense enregistré le 1er août 2023, le préfet du Val-d'Oise conclut au non-lieu à statuer, en faisant valoir que l'arrêté attaqué a été abrogé le 23 juin 2023.

Par un courrier du 2 septembre 2023, non communiqué, Mme B a pris acte de l'abrogation et a déclaré maintenir ses conclusions aux titres des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer ses conclusions à l'audience.

Le rapport de Mme Goudenèche a été entendu lors de l'audience publique.

Les parties n'étant ni présentes ni représentées.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A B, ressortissante tunisienne née le 23 avril 1996, déclare être entrée en France le 26 décembre 2013. Elle a bénéficié de titres de séjour pour soins, dont le dernier expirait le 8 avril 2022 et dont elle a sollicité le renouvellement le 1er avril 2022. Par un arrêté du 3 octobre 2022, le préfet du Val-d'Oise a rejeté sa demande et lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours. Mme B demande l'annulation de cet arrêté.

2. Le préfet du Val-d'Oise a abrogé l'arrêté en litige, par une décision du 23 juin 2023, postérieure à l'introduction de la présente requête. Il s'ensuit que les conclusions de la requête aux fins d'annulation de l'arrêté du 3 octobre 2022 et aux fins d'injonction sont devenues sans objet.

3. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, qu'il versera à Mme B.

Par ces motifs, le tribunal décide :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête de Mme B tendant à l'annulation de l'arrêté du 3 octobre 2022 par lequel le préfet du Val-d'Oise a refusé de lui délivrer un titre de séjour et l'a obligée à quitter le territoire, ni sur ses conclusions à fin d'injonction.

Article 2 : L'Etat versera la somme de 1 000 euros à Mme B au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au préfet du Val-d'Oise.

Délibéré après l'audience du 4 septembre 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Bories, présidente,

M. Bourragué, premier conseiller,

Mme Goudenèche, conseillère,

Assistés de Mme Nimax, greffière.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 septembre 2023.

La rapporteure,

signé

C. Goudenèche La présidente,

signé

C. Bories

La greffière,

signé

S. Nimax

La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.