vendredi 31 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2214367 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | BRAULT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 20 octobre et 15 novembre 2022 et le 27 mars 2024, M. A B, représenté par Me Cassin, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 25 avril 2022 par lequel le maire de Montigny-lès-Cormeilles a refusé de lui délivrer un permis de construire une maison d'habitation comprenant deux logements sur un terrain situé 18-20 rue Lucien Boxstaël à Montigny-lès-Cormeilles, ensemble la décision du 22 août 2022 ayant rejeté son recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Montigny-lès-Cormeilles une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté est insuffisamment motivé en ce qui concerne le motif tiré de la méconnaissance de l'article UR 2.2 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Montigny-lès-Cormeilles ;
- le motif tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article UR 2.2 du règlement du plan local d'urbanisme n'est pas fondé ;
- le motif tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article UR 2.3.2.1 du règlement du plan local d'urbanisme n'est pas fondé dès lors que le permis de construire pouvait être accordé sous réserve d'une prescription relative à la végétalisation des toitures ;
- la substitution de motif demandée par le maire de Montigny-lès-Cormeilles ne peut être accueillie dès lors que le projet ne méconnait pas les deuxième et quatrième alinéas de l'article UR 2.3.2.1 du règlement du plan local d'urbanisme.
Par un mémoire en défense, enregistré le 16 janvier 2023, la commune de Montigny-lès-Cormeilles, représentée par Me Brault, conclut au rejet de la requête et, en outre, à ce que M. B lui verse une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés et invoque deux autres motifs tirés de la méconnaissance de l'article UR 2.3.2.1 du règlement du plan local d'urbanisme dès lors que le dossier de demande de permis de construire ne comportait pas un projet détaillé des aménagements de l'ensemble des espaces et supports végétalisés extérieurs et que les plantations existantes n'étaient pas remplacées par des plantations équivalentes.
Vu :
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Chaufaux,
- les conclusions de M. Louvel, rapporteur public,
- et les observations de Me Cassin, représentant M. B, et de Me Gasparri, substituant Me Brault, représentant la commune de Montigny-lès-Cormeilles.
Considérant ce qui suit :
1. M. B a déposé une demande de permis de construire une maison d'habitation comprenant deux logements sur un terrain situé 18-20 rue Lucien Boxstaël à Montigny-lès-Cormeilles. Par un arrêté du 25 avril 2022, le maire de Montigny-lès-Cormeilles a refusé de lui délivrer le permis de construire sollicité, aux motifs que le projet méconnaissait les articles UR 2.2 et UR 2.3.2.1 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune. M. B a formé un recours gracieux contre cet arrêté le 22 juin 2022, recours rejeté par le maire de Montigny-lès-Cormeilles le 22 août 2022. Par la présente requête, M. B demande au tribunal d'annuler l'arrêté de refus de permis de construire du 25 avril 2022, ensemble la décision du 22 août 2022 ayant rejeté son recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 424-3 du code de l'urbanisme : " Lorsque la décision rejette la demande ou s'oppose à la déclaration préalable, elle doit être motivée. / Cette motivation doit indiquer l'intégralité des motifs justifiant la décision de rejet ou d'opposition, notamment l'ensemble des absences de conformité des travaux aux dispositions législatives et réglementaires mentionnées à l'article L. 421-6. () ".
3. M. B soutient que l'arrêté attaqué est insuffisamment motivé en ce qui concerne le motif tiré de la méconnaissance de l'article UR 2.2 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Montigny-lès-Cormeilles. Toutefois, il ressort des termes mêmes de cet arrêté qu'il vise le plan local d'urbanisme de la commune de Montigny-lès-Cormeilles, cite les dispositions de l'article UR 2.2 du règlement du plan local d'urbanisme, qui reprennent notamment les dispositions de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme, et précise que " la volumétrie et l'aspect visuel de la construction n'interagissent pas et ne s'intègrent pas aux particularités architecturales du quartier Lalane ". Il comporte ainsi l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation de cet arrêté ne peut qu'être écarté.
4. En deuxième lieu, aux termes de premier alinéa de l'article UR 2.2 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Montigny-lès-Cormeilles : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales (article R111-27 du code de l'urbanisme). ".
5. Pour rechercher l'existence d'une atteinte à un paysage naturel ou urbain de nature à fonder le refus de permis de construire ou les prescriptions spéciales accompagnant la délivrance de ce permis, il appartient à l'administration d'apprécier, dans un premier temps, la qualité du site naturel ou urbain sur lequel la construction est projetée et d'évaluer, dans un second temps, l'impact que cette construction, compte tenu de sa nature et de ses effets, pourrait avoir sur le site.
6. Pour refuser la demande de permis de construire déposée par M. B, le maire de Montigny-lès-Cormeilles a estimé que " la volumétrie et l'aspect visuel de la construction n'interagissent pas et ne s'intègrent pas aux particularités architecturales du quartier Lalane ", le projet méconnaissant ainsi les dispositions de l'article UR 2.2 du règlement du plan local d'urbanisme précitées. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que le projet s'implante dans un quartier situé à proximité d'une zone commerciale et comportant des constructions hétérogènes et sans intérêt particulier. Par ailleurs, le projet de construction présente un gabarit sur rue similaire aux constructions voisines, s'implante, à l'instar de ces dernières, en retrait de l'alignement, et les matériaux utilisés, ainsi que les coloris retenus, sont les mêmes que ceux de la majorité des constructions sur le secteur. La circonstance que le projet présente une profondeur plus importante que les constructions voisines n'a pas, à elle seule, pour effet de porter atteinte à l'intérêt des lieux avoisinants. Il s'ensuit que le maire de Montigny-lès-Cormeilles a entaché sa décision d'une erreur d'appréciation en estimant que le projet de M. B est de nature à porter atteinte au caractère des lieux avoisinants, au sens des dispositions précitées de l'article UR 2.2 du règlement du plan local d'urbanisme et en lui refusant, pour ce motif, la délivrance du permis de construire sollicité.
7. En troisième lieu, aux termes de l'article UR 2.2.2 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Montigny-lès-Cormeilles : " () Pour éviter des masses bâties trop importantes dans le paysage, les façades de bâtiments de plus de 12 mètres de longueur sur rue sont interdites. () ".
8. Il ressort des pièces du dossier que projet de construction, objet de l'arrêté en litige, présente une façade sur rue d'une longueur de 7, 65 mètres et, en intégrant la partie située en retrait, de 10,91 mètres, conformément aux dispositions de l'article UR 2.2.2 du règlement du plan local d'urbanisme précitées. En soutenant que ces dispositions s'apprécient également selon une vue oblique, la commune de Montigny-lès-Cormeilles a entaché sa décision d'une erreur de droit.
9. En dernier lieu, aux termes de l'article UR 2.3.2.1 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Montigny-lès-Cormeilles : " Il est mis en place une disposition destinée à favoriser les espaces libres plantés ainsi que tous les autres supports extérieurs naturels de biodiversité, par la prise en compte d'une " Surface Végétalisée Pondérée " () Celle-ci devra donc représenter au minimum 50% de la surface de l'unité foncière. Les dispositifs de revêtement permettant l'infiltration des eaux de pluies (evergreen) constituent une surface végétalisée. () ".
10. Il est constant que le projet de construction, objet de l'arrêté de refus de permis de construire en litige, n'est pas conforme aux dispositions de l'article UR 2.3.2.1 du règlement du plan local d'urbanisme précitées dès lors que la surface végétalisée pondérée représente moins de 50% de la surface de l'unité foncière. Si le requérant fait valoir que le permis de construire aurait pu être accordé sous réserve de simples prescriptions relatives à la végétalisation des toitures, cette circonstance est sans incidence sur la légalité du refus de permis de construire pour ce motif. Par suite, c'est à bon droit que le maire de Montigny-lès-Cormeilles a refusé le permis de construire sollicité par M. B au motif que le projet méconnaissait les dispositions de l'article UR 2.3.2.1 du règlement du plan local d'urbanisme précitées.
11. Il résulte de l'instruction que le maire de Montigny-lès-Cormeilles aurait pris la même décision s'il s'était fondé sur ce seul motif de refus. Par suite, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la demande de substitution de motifs présentée en défense, M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 25 avril 2022, ni par conséquent, l'annulation de la décision du 22 août 2022 ayant rejeté le recours gracieux formé contre cet arrêté.
Sur les frais du litige :
12. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Montigny-lès-Cormeilles, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par M. B au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. B la somme demandée par la commune de Montigny-lès-Cormeilles au même titre.
D E C I D E:
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune de Montigny-lès-Cormeilles présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la commune de Montigny-lès-Cormeilles.
Délibéré après l'audience du 7 mai 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Edert, présidente,
Mme Chaufaux, première conseillère,
Mme Zaccaron Guérin, première conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 mai 2024.
La rapporteure,
signé
E. Chaufaux
La présidente,
signé
S. EdertLa greffière,
signé
S. Le Gueux
La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026