mardi 27 mai 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2214867 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 8ème Chambre |
| Avocat requérant | JACQUES-ALEXANDRE BOUBOUTOU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 24 octobre 2022 et 20 septembre 2024, la société par actions simplifiée (SAS) Emao, représentée par Me Bouboutou, demande au tribunal :
1°) d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté du 22 août 2022 par lequel le maire de la commune de Montigny-Lès-Cormeilles lui a ordonné d'interrompre les travaux entrepris dans son local de restauration et de déposer une nouvelle demande d'autorisation de travaux ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Montigny-Lès-Cormeilles la somme de 3 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'incompétence ; d'une part, sa signataire ne justifiant pas d'une délégation de signature du maire de la commune régulièrement publiée ; d'autre part, le contrôle et l'autorisation de travaux d'aménagement intérieur d'un établissement recevant du public de cinquième catégorie ne disposant pas de locaux d'hébergement ne relève pas de la compétence du maire de la commune ;
- la décision est insuffisamment motivée au regard des dispositions des articles L. 211-2 et L.211-5 du code des relations entre le public ; l'administration ne s'appuie sur aucune considération de droit et les termes de la décision ne permettent pas d'identifier les prétendues non-conformités qui justifieraient l'interruption de travaux et le dépôt d'une nouvelle demande d'autorisation ;
- elle méconnait les articles L. 121-1 et L.122-1 du code des relations entre le public et l'administration dès lors qu'elle a été prise sans procédure contradictoire en l'absence de toute urgence ou circonstance exceptionnelle ;
- le contrôle a été effectué par un agent communal assermenté alors que, le cas échéant, il doit être réalisé par la commission de sécurité ;
- la décision attaquée est entachée d'un défaut de base légale.
Par un mémoire en défense, enregistrés le 25 mars 2024, la commune de Montigny-Lès-Cormeilles, représentée par Me Brault, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de la société Emao au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable ; d'une part le courrier du 22 aout 2022 ne constitue pas une décision faisant grief dès lors qu'il s'agit d'un simple courrier d'information adressé à la société Emao relatif à la nécessité pour elle de régulariser sa demande d'autorisation de travaux ; d'ailleurs, la société a procédé aux travaux malgré ce courrier ; d'autre part Mme C ne démontre pas d'intérêt pour agir au nom de la société ou en son nom propre ;
- le moyen tiré d'une incompétence du maire de la commune de Montigny-Lès-Cormeilles doit être écarté.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Jacquinot, rapporteur,
- les conclusions de M. Boriès, rapporteur public,
- les observations de Me Brault, représentant la commune de Montigny-Lès-Cormeilles.
Considérant ce qui suit :
1. La SAS Emao, ayant pour activité la restauration, a déposé le 9 décembre 2021, une demande d'autorisation de travaux d'un établissement recevant du public auprès pour réaliser l'aménagement d'un restaurant situé au 33 Boulevard Victor Bordier à Montigny-Lès-Cormeilles. Le 22 février 2022, la commission consultative départementale de la sécurité et de l'accessibilité a émis un avis favorable. Par un arrêté du 15 avril 2022, le maire de la commune de Montigny-lès-Cormeille a délivré l'autorisation sollicitée. Par un arrêté du 22 août 2022, dont la société demande l'annulation, le maire de la commune de Montigny-lès-Cormeille a ordonné à la société d'interrompre les travaux entrepris dans son local de restauration et de déposer une nouvelle demande d'autorisation de travaux.
Sur les fins de non-recevoir opposées par la commune de Montigny-Lès-Cormeilles :
2. En premier lieu, il ressort des termes mêmes du courrier du 28 août 2022 que le maire de la commune de Montigny-Les-Cormeilles a demandé à la SAS Emao d'interrompre immédiatement les travaux entrepris dans son local de restauration et de déposer une nouvelle demande d'autorisation de travaux. Les termes employés par ce courrier, sans équivoque, ne se bornent ainsi pas à une simple information de la société, mais lui imposent différentes obligations. Dans ces conditions, la fin de non-recevoir opposée en défense et tirée de ce que le courrier du 28 août 2022 ne serait pas susceptible de faire grief doit être écartée, la circonstance que la société Emao n'ait pas respecté les obligations qui lui ont été imposées étant à cet égard sans incidence.
3. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier que par délibération du 22 avril 2024, l'assemblée générale des actionnaires de la SAS Emao a habilité Mme C à représenter la société dans le cadre de la présente instance. Cette habilitation régularise la requête enregistrée au tribunal pour la SAS Emao par Mme C. Par suite, la fin de non-recevoir tirée du défaut de qualité pour représenter la société Emao de Mme C doit être écartée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. En premier lieu, il ne ressort d'aucune des pièces du dossier, et n'est d'ailleurs pas soutenu par la commune, que Mme D B, deuxième adjointe au maire, bénéficiait d'une délégation de signature régulièrement publié aux fins de signer les arrêtés interruptifs de travaux à la date de la décision attaquée. Dès lors, le moyen tiré d'une incompétence de son signataire doit être accueilli.
5. En second lieu, aux termes de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2, ainsi que les décisions qui, bien que non mentionnées à cet article, sont prises en considération de la personne, sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable ". Par dérogation à cet article, l'article L. 121-2 du même code prévoit que : " Les dispositions de l'article L. 121-1 ne sont pas applicables : / 1° En cas d'urgence ou de circonstances exceptionnelles () ".
6. Il résulte de ces dispositions que la décision par laquelle le maire ordonne l'interruption des travaux sur le fondement de l'article L. 183-2 du code du construction et de l'habitation, qui est au nombre des mesures de police qui doivent être motivées, ne peut intervenir qu'après que son destinataire a été mis à même de présenter ses observations, sauf en cas d'urgence ou de circonstances exceptionnelles.
7. D'une part, il ressort des pièces du dossier que la décision attaquée ne comporte aucune motivation en droit. S'agissant de la motivation de fait, elle se borne à indiquer de manière vague que les travaux effectués ne semblent pas correspondre avec les travaux autorisés, ne permettant pas à la SAS Emao de comprendre les motifs de la décision interruptive de travaux qui lui a été opposée. Dans ces conditions, la décision du 22 août 2022 est entachée d'une insuffisance de motivation.
8. D'autre part, il ne ressort pas des pièces du dossier que la décision portant interruption des travaux aurait été précédée d'une procédure contradictoire préalable. Il ne ressort pas davantage des pièces du dossier, ni même n'est soutenu en défense, qu'il aurait existé une situation d'urgence ou des circonstances exceptionnelles de nature à justifier l'absence d'une procédure contradictoire préalable. La décision attaquée méconnait ainsi les dispositions de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration.
9. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que l'arrêté du 22 août 2022 doit être annulé.
Sur les frais de l'instance :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de la SAS Emao, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
11. En revanche, dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de la commune de Montigny-Lès-Cormeilles le versement de la somme de 1 500 euros à la SAS Emao au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 22 août 2022 par lequel le maire de la commune de Montigny-Lès-Cormeilles a ordonné à la SAS Emao d'interrompre les travaux entrepris dans son local de restauration et de déposer une nouvelle demande d'autorisation de travaux est annulé.
Article 2 : La commune de Montigny-Lès-Cormeilles versera à la SAS Emao une somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Les conclusions présentées par la commune de Montigny-Lès-Cormeilles au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à la SAS Emao et à la commune de Montigny-Lès-Cormeilles.
Délibéré après l'audience du 6 mai 2025, à laquelle siégeaient :
M. Bertoncini, président,
Mme Cuisinier-Heissler, première conseillère,
M. Jacquinot, conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 mai 2025.
Le rapporteur,
Signé
M. Jacquinot
Le président,
Signé
T. Bertoncini La greffière,
Signé
M. A
La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026