mardi 16 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2215291 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 8ème Chambre |
| Avocat requérant | MEGHERBI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 14 novembre 2022, M. A C représenté par Me Megherbi, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision en date du 14 octobre 2022 par laquelle le préfet du Val-d'Oise a refusé de lui délivrer un certificat de résidence algérien valable dix ans portant la mention " ascendant non à charge " ;
2°) d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise de lui délivrer un certificat de résidence algérien valable dix ans portant la mention " ascendant non à charge " dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;
- elle est entachée d'une erreur de droit au regard des stipulations de l'article 7 bis b) de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
La requête a été communiquée au préfet du Val-d'Oise qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour des ressortissants algériens et de leurs familles ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Saïh, rapporteure ;
- et les observations de Me Megherbi, représentant M. C.
Considérant ce qui suit :
1. Par la présente requête, M. C, ressortissant algérien né le 20 avril 1948, est entré sur le territoire français le 3 mai 2022 sous couvert d'un visa de court séjour portant la mention " ascendant non à charge " valable du 24 janvier 2022 au 23 janvier 2023. Le 30 juin 2022, il a sollicité son admission au séjour sur le fondement des stipulations de l'article 7 bis b) de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour des ressortissants algériens et de leurs familles. Par un arrêté en date du 14 octobre 2022, le préfet du Val-d'Oise a refusé de lui délivrer le certificat de résidence algérien sollicité. Par la présente requête, M. C demande au tribunal d'annuler cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes des dispositions de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. À cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / - restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police () ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".
3. En l'espèce, la décision attaquée énonce avec suffisamment de précision les considérations de droit et de fait qui la fondent. Ainsi, le préfet du Val-d'Oise a suffisamment motivé sa décision et le moyen tiré de son défaut de motivation ne peut qu'être écarté.
4. En deuxième lieu, il ne ressort ni des termes de la décision contestée, ni des pièces du dossier que le préfet du Val-d'Oise ait entaché sa décision d'un défaut d'examen de la situation personnelle de M. C.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article 7 bis de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 : " Le certificat de résidence valable dix ans est délivré de plein droit sous réserve de la régularité du séjour pour ce qui concerne les catégories visées au a), au b), au c) et au g) : () b) À l'enfant algérien d'un ressortissant français si cet enfant a moins de vingt et un ans ou s'il est à la charge de ses parents, ainsi qu'aux ascendants d'un ressortissant français et de son conjoint qui sont à sa charge ".
6. L'autorité administrative, lorsqu'elle est saisie d'une demande tendant à la délivrance d'un certificat de résidence au bénéfice d'un ressortissant algérien qui fait état de sa qualité d'ascendant à charge d'un ressortissant français, peut légalement fonder sa décision de refus sur la circonstance que l'intéressé ne saurait être regardé comme étant à la charge de son descendant, dès lors qu'il dispose de ressources propres, que son descendant de nationalité française ne pourvoit pas régulièrement à ses besoins, ou qu'il ne justifie pas des ressources nécessaires pour ce faire.
7. M. C soutient que la décision contestée est entachée d'une erreur de droit au regard de ces stipulations, dès lors qu'il est entré régulièrement sur le territoire français et qu'il justifie de la régularité de son séjour au moment du dépôt de sa demande d'admission au séjour. Toutefois, cette circonstance est sans incidence sur la légalité de la décision attaquée dès lors que le préfet du Val-d'Oise ne s'est pas fondé sur l'irrégularité du séjour de l'intéressé sur le territoire français pour lui refuser un certificat de résidence algérien d'une durée de dix ans.
8. En dernier lieu, M. C soutient qu'il vit en France auprès de sa fille B, de son gendre et de leurs enfants, tous de nationalité française, que sa fille est la seule à pouvoir le prendre en charge, que sa fille et son gendre lui versent depuis 2019 une pension alimentaire, que sa pension de retraite est insuffisante pour subvenir à ses besoins et à ceux de son épouse, que ses autres enfants demeurés en Algérie ne peuvent financièrement le prendre en charge et que l'un de ses fils, présent en France, est étudiant. Toutefois, M. C est entré en France sous couvert d'un visa de court séjour autorisant à séjourner dans l'espace couvert par la convention d'application Schengen pour une durée n'excédant pas 90 jours et ne lui donnant donc pas vocation à rester sur le territoire français. En outre, il était présent en France depuis moins de six mois à la date de la décision attaquée. Par ailleurs, si M. C indique percevoir de sa fille de nationalité française et de son gendre une pension alimentaire depuis l'année 2019, cette seule circonstance ne suffit toutefois pas à établir, à défaut notamment d'éléments relatifs aux charges qu'ils ont à supporter, que ses ressources propres, constituées d'une rente versée par la caisse nationale des retraites algérienne, d'un montant mensuel de 38 655,26 dinars, supérieur au revenu minimal garanti algérien fixé à 20 000 dinars en 2022, sont insuffisantes pour subvenir à ses besoins et ceux de son épouse. D'ailleurs, ainsi qu'il a été dit, M. C est entré sur le territoire français sous couvert d'un visa de court séjour portant la mention " ascendant non à charge ", de sorte qu'il a été en mesure de justifier bénéficier de ressources suffisantes aux autorités consulaires françaises en Algérie. Enfin, si M. C fait valoir que ses quatre autres enfants demeurés en Algérie ne disposent pas de revenus suffisants pour le prendre en charge, les pièces versées au dossier, constituées notamment d'attestations de ses enfants et de fiches de paie, ne permettent pas d'établir qu'ils ne disposeraient pas de ressources suffisantes pour prendre en charge leur père, en l'absence de pièces justificatives relatives aux charges qu'ils supportent. De plus, la décision contestée ne fait pas obstacle à ce que la fille du requérant résidant en France continue à l'aider financièrement. Dans ces conditions, M. C n'est pas fondé à soutenir que le préfet du Val-d'Oise a entaché sa décision de refus de séjour d'une erreur manifeste d'appréciation.
9. Il résulte de tout ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation la décision du 14 octobre 2022 ayant refusé de l'admettre au séjour. Ses conclusions à fin d'annulation doivent donc être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction sous astreinte et celles présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par ces motifs, le tribunal décide :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et au préfet du Val-d'Oise.
Délibéré après l'audience du 13 mars 2024, à laquelle siégeaient :
M. Dussuet, président,
Mme Saïh, première conseillère,
Mme Cuisinier-Heissler, première conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 avril 2024.
La rapporteure,
Z. Saïh
Le président,
J-P. Dussuet La greffière,
N. Magen
La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026