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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2215816

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2215816

mardi 18 juillet 2023

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2215816
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Formation7ème Chambre
Avocat requérantHANOTEAU

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, un mémoire et des pièces complémentaires enregistrés les 22 novembre 2022 et 19 juin 2023, M. A B, représenté par Me Hanoteau, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté en date du 24 octobre 2022 par lequel le préfet du Val-d'Oise a refusé de lui délivrer un titre de séjour et l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours ;

2°) d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise de réexaminer sa situation et de lui délivrer un titre de séjour dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir de lui délivrer, dans cette attente et dès cette notification, une autorisation provisoire de séjour ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'arrêté attaqué est entaché d'une défaut d'examen particulier de sa situation ;

- il méconnaît les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.

Par un mémoire en défense enregistré le 9 juin 2023, le préfet du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête en faisant valoir qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Moinecourt, conseillère, a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant marocain né le 7 mai 1998, indique être entré sur le territoire français le 1er avril 2017 sous couvert d'un titre de séjour espagnol. Le 6 mai 2022, il a sollicité son admission au séjour sur le fondement de l'article 3 de l'accord franco-marocain susvisé. Par la présente requête, il demande au tribunal l'annulation de l'arrêté du 24 octobre 2022 par lequel le préfet du Val-d'Oise a rejeté sa demande et l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours.

2. Il ne ressort pas de l'arrêté attaqué que le préfet du Val-d'Oise n'aurait pas, avant de l'édicter, procédé à un examen particulier et suffisamment approfondi de la situation de M. B.

3. Aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. () " L'article précité du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile est relatif aux conditions dans lesquelles les étrangers peuvent être admis à séjourner en France, soit au titre de la vie privée et familiale, soit au titre d'une activité salariée. Dès lors que l'article 3 de l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987 prévoit la délivrance de titres de séjour au titre d'une activité salariée, un ressortissant marocain souhaitant obtenir un titre de séjour au titre d'une telle activité ne peut utilement invoquer les dispositions de l'article L. 435-1 à l'appui d'une demande d'admission au séjour sur le territoire national. Toutefois, les stipulations de cet accord n'interdisent pas au préfet, dans l'exercice du pouvoir discrétionnaire dont il dispose sur ce point, d'apprécier, en fonction de l'ensemble des éléments de la situation personnelle de l'intéressé, l'opportunité d'une mesure de régularisation de la situation d'un ressortissant marocain qui ne remplirait pas les conditions auxquelles est subordonnée la délivrance de plein droit d'un titre de séjour en qualité de salarié.

4. Il ressort des pièces du dossier que M. B est entré en France le 1er avril 2017 sous-couvert d'un titre de séjour espagnol valable jusqu'en 2024, et y a poursuivi une scolarité dans le cadre de laquelle il a obtenu un bac professionnel spécialité chaudronnerie industrielle en 2020. Il a ensuite poursuivi des études supérieures et établit avoir obtenu un brevet de technicien supérieur (BTS) de chaudronnerie en alternance en juillet 2022. Dans ce cadre, s'il a été employé par la SARL EREMM comme apprenti à partir de septembre 2020 et jusqu'à juillet 2021, en dépit, au demeurant, d'une promesse d'embauche initiale pour un contrat d'apprentissage jusqu'en août 2022, puis par la société Plimetal, sous contrat à durée déterminée, du 20 juin 2022 au 23 décembre 2022, soit durant quatre mois à la date de la décision attaquée, de telles circonstances, eu égard à leur caractère récent, ne peuvent être regardées comme suffisantes pour constituer un motif exceptionnel d'admission au séjour en qualité de salarié. En outre, M. B n'établit ni même n'allègue être dépourvu de tout lien dans son pays d'origine ou en Espagne où il dispose d'un droit au séjour. Dans ces conditions, le préfet, qui a examiné l'opportunité de faire usage de son pouvoir de régularisation, n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en refusant de délivrer au requérant un titre de séjour en qualité de " salarié " à titre exceptionnel. Il n'a pas davantage commis d'erreur manifeste d'appréciation des conséquences de cette décision sur sa situation personnelle et professionnelle. M. B, qui établit avoir continué à travailler pour la société Plimetal postérieurement à l'arrêté attaqué et avoir conclu avec cette société un contrat à durée déterminée en date du 1er avril 2023, peut toujours, s'il s'y croit fondé, présenter une nouvelle demande d'admission au séjour en qualité de salarié, la société Plimetal pouvant également présenter à son profit, une demande d'autorisation de travail pour conclure un contrat de travail avec un salarié étranger résidant en France.

5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de M. B tendant à l'annulation de l'arrêté attaqué doivent être rejetées, comme par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par ces motifs, le tribunal décide :

Article 1 : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 :

Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet du Val-d'Oise.

Délibéré après l'audience du 27 juin 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Coblence, présidente,

Mme Fléjou, première conseillère,

Et Mme Moinecourt, conseillère,

Assistées de Mme Charleston, greffière.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 juillet 2023.

La rapporteure,

signé

L. Moinecourt

La présidente,

signé

E. CoblenceLa greffière,

signé

D. Charleston

La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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