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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2215908

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2215908

mercredi 28 juin 2023

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2215908
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation10ème Chambre
Avocat requérantKOSZCZANSKI & BERDUGO

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, un mémoire et des pièces complémentaires, enregistrés les 22 novembre et 7 décembre 2022 et les 20 février et 9 mars 2023, M. B C demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 14 novembre 2022 par lequel le préfet du Val-d'Oise a refusé de lui délivrer un certificat de résidence, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi ;

2°) d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise de lui délivrer un certificat de résidence portant la mention " salarié ".

Il soutient qu'il réunit toutes les conditions pour être admis exceptionnellement au séjour en tant que salarié.

Par un mémoire en défense, enregistré le 3 mars 2023, le préfet du Val-d'Oise confirme la décision contestée et produit les pièces constitutives du dossier.

Par ordonnance du 23 février 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 9 mars 2023.

M. C a produit des pièces complémentaires le 5 juin 2023, postérieurement à la clôture de l'instruction, qui n'ont pas été communiquées.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;

- le code du travail ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 14 juin 2023 :

- le rapport de Poyet, premier conseiller ;

- et les observations de M. C ;

- le préfet du Val-d'Oise n'étant ni présent ni représenté.

Considérant ce qui suit :

1. M. B C, ressortissant algérien né le 30 avril 1973 à Sidi Aich Bejaia en Algérie, est entré en France le 12 janvier 2013 sous couvert d'un visa Schengen valable du 27 décembre 2012 au 10 février 2013. Il a sollicité un certificat de résidence sur le fondement des stipulations de l'article 7 b) de l'accord franco-algérien. Par un arrêté du 14 novembre 2022, le préfet du Val-d'Oise a rejeté cette demande, a obligé l'intéressé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination. M. C demande au tribunal d'annuler cet arrêté.

2. D'une part, aux termes de l'article 7 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 précité : " () b) Les ressortissants algériens désireux d'exercer une activité professionnelle salariée reçoivent après le contrôle médical d'usage et sur présentation d'un contrat de travail visé par les services du ministre chargé de l'emploi, un certificat de résidence valable un an pour toutes professions et toutes régions, renouvelable et portant la mention " salarié " : cette mention constitue l'autorisation de travail exigée par la législation française ; () ". Aux termes de l'article 9 du même accord : " () Pour être admis à entrer et séjourner plus de trois mois sur le territoire français au titre des articles 4, 5,7, 7 bis al. 4 (lettre c et d) (a à d) et du titre III du protocole, les ressortissants algériens doivent présenter un passeport en cours de validité muni d'un visa de long séjour délivré par les autorités françaises. () ". Et aux termes de l'article L. 5221-2 du code du travail : " Pour entrer en France en vue d'y exercer une profession salariée, l'étranger présente : 1° Les documents et visas exigés par les conventions internationales et les règlements en vigueur ; 2° Un contrat de travail visé par l'autorité administrative ou une autorisation de travail. " Il résulte des stipulations et dispositions précitées que la délivrance à un ressortissant algérien du certificat de résidence portant la mention " salarié " est subordonnée à la présentation d'un contrat de travail visé par les autorités compétentes et d'un visa long séjour.

3. En soutenant qu'il réunit toutes les conditions pour être admis au séjour en tant que salarié, M. C doit être regardé comme invoquant la méconnaissance des stipulations précitées de l'article 7 b) de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968. En l'espèce, le requérant ne conteste pas ne pas être titulaire d'un visa de long séjour, ni d'un contrat de travail visé. Dès lors, il ne remplit pas les conditions de délivrance d'un certificat de résidence portant la mention " salarié " sur le fondement des stipulations précitées. Ainsi, le préfet du Val-d'Oise a pu, pour ce seul motif, refuser de délivrer un certificat de résidence portant la mention " salarié " à M. C, sans méconnaitre les stipulations de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968. Le moyen tiré de la méconnaissance de ces stipulations doit ainsi être écarté.

4. D'autre part, si l'accord franco-algérien ne prévoit pas de modalités d'admission exceptionnelle au séjour, les stipulations de cet accord n'interdisent pas au préfet de délivrer un certificat de résidence à un ressortissant algérien qui ne remplit pas l'ensemble des conditions auxquelles est subordonnée sa délivrance de plein droit. Il appartient au préfet, dans l'exercice du pouvoir discrétionnaire dont il dispose sur ce point, d'apprécier, compte tenu de l'ensemble des éléments de la situation personnelle de l'intéressé, l'opportunité d'une mesure de régularisation.

5. M. C soutient qu'il vit en France sans discontinuer depuis qu'il y est entré en 2013. Une telle circonstance ne constitue cependant pas à elle seule une considération humanitaire ou un motif exceptionnel d'admission au séjour. Par ailleurs, nonobstant la présence en France de sa sœur de nationalité française et de son beau-frère, M. C ne conteste pas les termes de l'arrêté attaqué selon lesquels, célibataire et sans charge de famille en France, il n'est pas dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine où il a vécu jusqu'à l'âge de trente-neuf ans. Enfin, s'il se prévaut de son intégration professionnelle en France, produisant à cet égard deux contrats de travail à durée indéterminée auprès de deux employeurs différents, l'un à temps complet à compter du 2 janvier 2018, l'autre à temps partiel à compter du 1er janvier 2020, des bulletins de salaire couvrant la période du 2 janvier 2018 au 30 avril 2019, puis celle du 1er janvier 2020 au 28 février 2023 et deux demandes d'autorisation de travail, ces documents concernent pour l'essentiel des périodes de travail à temps partiel en qualité de magasinier. Dans ces conditions, M. C ne justifie pas qu'il disposerait d'un niveau de qualification et d'une expérience professionnelle tels qu'il puisse être regardé comme justifiant de motifs exceptionnels d'admission au séjour en qualité de salarié. Dès lors, le préfet du Val-d'Oise, qui a examiné la situation de M. C dans le cadre de son pouvoir discrétionnaire de régularisation, a pu opposer un refus à la demande de titre de séjour de l'intéressé sans commettre d'erreur de droit, ni d'erreur manifeste d'appréciation dans l'exercice de ce pouvoir. Par suite, ces moyens doivent être écartés.

6. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que la requête de M. C doit être rejetée en toutes ses conclusions.

D E C I D E :

Article 1er :La requête de M. C est rejetée.

Article 2 :Le présent jugement sera notifié à M. B C et au préfet du Val-d'Oise.

Délibéré après l'audience du 14 juin 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Bories, présidente,

M. Poyet et Mme A, premiers conseillers.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 juin 2023.

Le rapporteur,

signé

M. Poyet

La présidente,

signé

C. Bories

La greffière,

signé

M-J. Ambroise

La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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