vendredi 30 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2216006 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 8ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP SARTORIO LONQUEUE SAGALOVITSCH & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et deux mémoires complémentaires, enregistrés le 22 novembre 2022 et les 15 et 22 mars 2024, M. F B et Mme D E, épouse B, représentés par Me Leproux, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté PC 92040 22 0005 du 31 mai 2022 par lequel le maire de la commune d'Issy-les-Moulineaux a délivré à M. C A un permis de construire, portant surélévation d'un garage pour la création d'un logement sur la parcelle cadastrée AL 0118 sise 44 A rue Emile Duployé, ensemble la décision du 23 septembre 2022 rejetant le recours gracieux formé à son encontre ;
2°) de mettre à la charge de la commune d'Issy-les-Moulineaux la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- leur recours est recevable ;
- ils justifient d'un intérêt à agir suffisant contre le permis délivré ;
- le recours gracieux a été notifié dans son intégralité au pétitionnaire ; en tout état de cause, la notification d'un recours qui ne comprendrait que les pages impaires peut être suffisante, dès lors que l'identité du requérant et la décision attaquée sont connus ;
- le permis a été délivré au terme d'une procédure irrégulière, dès lors que des pièces complémentaires ont été déposées par le pétitionnaire postérieurement aux avis de l'inspection générale des carrières et d'Enedis ;
- l'avis de l'inspection générale des carrières a été influencé par l'incomplétude du dossier, et aurait dû être défavorable ;
- le permis a été délivré alors que les voisins n'ont pas été sollicités pour donner leur accord, conformément à ce qui était prévu dans le courrier du 7 mars 2022 ;
- l'arrêté de permis de construire a été pris en méconnaissance de l'article UE 2 du règlement du plan local d'urbanisme d'Issy-les-Moulineaux, dès lors qu'il ne respecte pas les prescriptions de l'inspection générale des carrières ;
- il méconnait l'article UE 7 du plan local d'urbanisme dès lors que les façades Nord-Ouest et Sud-Est, situées en limites, comportent des ouvertures ;
- il méconnaît l'article UE 9 du plan local d'urbanisme dès lors que l'emprise au sol de la construction est supérieure à 50 % de la superficie du terrain ; il n'est pas démontré que la construction existante est régulière, ni qu'elle est susceptible de supporter la surélévation ;
- il méconnaît l'article UE 11, dès lors que le projet, ayant vocation à édifier un bâtiment moderne, ne s'insère pas dans son environnement pavillonnaire ; l'insertion graphique contenue dans le dossier de permis est trompeuse, elle ne représente pas la hauteur réelle du bâtiment ;
- il méconnaît l'article UE 13.1.1, dès lors que le projet a vocation à aggraver la méconnaissance de ces dispositions en bétonnant l'espace actuellement engazonné ;
- il méconnaît les dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme, dès lors que le projet se trouve dans un périmètre de prévention des risques de mouvements de terrain liés aux anciennes carrières ; que le début des travaux a causé l'effondrement d'un ancien puit des carrières sur la parcelle voisine située au 44 bis.
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 23 février et 15 mars 2023, M. C A, représenté par Me Julié, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge de M. et Mme B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
- la requête est irrecevable dès lors que M. et Mme B n'ont pas satisfait à l'exigence de notification de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme, n'ayant transmis que les pages impaires de leur recours gracieux ;
- les moyens soulevés par M. et Mme B ne sont pas fondés.
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 4 mars et 11 avril 2024, la commune d'Issy-les-Moulineaux, représentée par Me Rivoire, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge de M. et Mme B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par M. et Mme B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Bertoncini, président-rapporteur,
- les conclusions de M. Bories, rapporteur public,
- les observations orales de Me Leproux, représentant M. et Mme B,
- les observations orales de Me Bas, substituant Me Rivoire, représentant la commune d'Issy-les-Moulineaux,
- et les observations orales de Me Julié, représentant M. A.
Considérant ce qui suit :
1. Le 8 février 2022, M. A a déposé une demande de permis de construire portant sur la surélévation d'un garage pour la création d'un logement sur la parcelle cadastrée AL 0118 située au 44A rue Emile Duployé à Issy-les-Moulineaux. Par un arrêté en date du 31 mai 2022, le maire d'Issy-les-Moulineaux a accordé à M. C A l'autorisation d'urbanisme sollicitée. Par la présente requête, M. et Mme B demandent l'annulation de cet arrêté, ensemble la décision de rejet du recours gracieux à son encontre le 23 septembre 2022.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 423-50 du code de l'urbanisme : " L'autorité compétente recueille auprès des personnes publiques, services ou commissions intéressés par le projet, les accords, avis ou décisions prévus par les lois ou règlements en vigueur. ".
3. La circonstance que le pétitionnaire, sur la demande du service instructeur, a produit un certain nombre de pièces après que divers services ont rendu leur avis n'impose un renouvellement des consultations ainsi opérées que si ces nouvelles pièces sont de nature à exercer une influence sur les avis rendus.
4. En l'espèce, il est constant que le projet en litige est situé en totalité au-dessus d'une ancienne carrière souterraine de calcaire grossier présumée partiellement comblée. L'inspection générale des carrières a alors été consultée par le service instructeur et a délivré, le 1er mars 2022, un avis favorable assorti de prescriptions tendant à ce que soient réalisés des travaux de consolidation par piliers maçonnés ou bétonnés dans la hauteur de la carrière, ou par injections de coulis dans la carrière sous le projet et ses abords. Le 21 février 2022, la société Enedis a rendu un avis sur la demande de raccordement relative à l'autorisation d'urbanisme litigieuse.
5. Le service instructeur a toutefois sollicité, par lettre en date du 7 mars 2022, deux pièces complémentaires, dont un document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet dans son environnement, ainsi qu'une pièce justificative de la création de deux places de stationnement, produites par le pétitionnaire le 10 mars suivant, postérieurement aux avis mentionnés ci-dessus. Il ressort néanmoins des pièces du dossier que ces nouvelles pièces n'ont eu pour effet ni de modifier l'assiette de la construction ni de faire évoluer le raccordement électrique du projet. Partant, ces nouvelles pièces n'étant pas de nature à exercer une influence sur les avis rendus par l'inspection générale des carrières et la société Enedis, le service instructeur n'a commis aucune illégalité en ne renouvelant pas leur consultation.
6. En deuxième lieu, en se bornant à soutenir que les informations transmises par le pétitionnaire seraient incomplètes, sans établir que les insuffisances alléguées auraient été de nature à fausser l'appréciation des organismes consultés, les requérants n'assortissent pas ce moyen des précisions suffisantes et ne mettent dès lors pas le tribunal à même d'en apprécier le bien-fondé. Par suite, ce moyen ne peut qu'être écarté.
7. En troisième lieu, aux termes de l'article R. 431-4 du code de l'urbanisme : " La demande de permis de construire comprend : / a) Les informations mentionnées aux articles R. 431-5 à R. 431-12 ; / b) Les pièces complémentaires mentionnées aux articles R. 431-13 à R. * 431-33-1 ; / c) Les informations prévues aux articles R. 431-34 et R. 431-34-1. / Pour l'application des articles R. 423-19 à R. 423-22, le dossier est réputé complet lorsqu'il comprend les informations mentionnées au a et au b ci-dessus. / Aucune autre information ou pièce ne peut être exigée par l'autorité compétente ".
8. Les requérants soutiennent que le permis de construire n'aurait pas dû être délivré en l'absence de production d'une pièce, préconisée par un courrier du 7 mars 2022 du service instructeur de la commune, tenant au recensement de l'accord écrit des propriétaires des parcelles voisines du projet. Toutefois, ce document, qui n'est pas au nombre des pièces obligatoires susceptibles d'être exigées par l'autorité compétente, limitativement énumérées par les dispositions du code de l'urbanisme, ne saurait conditionner la légalité du permis attaqué. Par suite, le moyen tiré de l'absence de sollicitation et d'accord écrit des propriétaires des parcelles voisines doit être écarté.
9. En quatrième lieu, aux termes de l'article UE 2 du plan local d'urbanisme de la commune d'Issy-les-Moulineaux : " Sont autorisés : () / - les projets de construction dans les parties de la zone UE où figurent d'anciennes carrières (annexe 6g), à condition qu'ils respectent l'avis de l'Inspection Générale des Carrières. ".
10. Ainsi qu'il a été dit plus haut, il ressort des pièces du dossier que l'inspection générale des carrières a émis un avis le 1er mars 2022 assorti de prescriptions tendant à la réalisation de travaux de consolidation souterraine par piliers maçonnés ou bétonnés dans la hauteur de la carrière, ou par injections de coulis dans la carrière sous le projet et ses abords. Contrairement à ce que soutiennent les requérants, l'article 14 du permis attaqué prévoit que " les prescriptions et les réserves annexées au présent arrêté devront être strictement respectées, et notamment celles de l'Inspection Générale des Carrières ". Par suite, l'arrêté n'a pas été pris en méconnaissance des dispositions de l'article UE 2 du plan local d'urbanisme.
11. En cinquième lieu, l'article UE 7 du plan local d'urbanisme prévoit que : " Les constructions sont autorisées sur les limites quelles qu'elles soient si les façades sur ces limites ne comportent pas d'ouverture, ou en retrait de ces limites ; () ". Aux termes du lexique de l'annexe n° 6 du règlement du plan local d'urbanisme, une " façade " est " une face verticale en élévation d'un bâtiment délimitant l'enveloppe d'une construction à partir du sol naturel ". Selon les termes du même règlement, les pavés de verre ne constituent pas une ouverture au sens du plan local d'urbanisme.
12. Les requérants soutiennent que le projet méconnaît les dispositions précitées, dès lors que les façades Nord-Ouest et Sud-Est, édifiées en limite séparative, comportent des impostes, qui constituent des ouvertures sur le fonds voisin. Toutefois, il ressort des pièces du dossier, et notamment des plans de niveaux, que les façades en question sont composées de pavés de verre qui constituent des jours de souffrance situés à 1,90 mètres du sol, dont le percement est autorisé par les dispositions précitées faute de constituer des ouvertures. Il s'ensuit que le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UE 7 du plan local d'urbanisme ne saurait être accueilli.
13. En sixième lieu, l'article UE 9 du plan local d'urbanisme de la commune d'Issy-les-Moulineaux prévoit : " 9.1.1. Dans la bande de 20 m à partir de l'alignement ou du reculement () L'emprise au sol des bâtiments ne peut excéder 40 % de la superficie du terrain si celui-ci a une surface supérieure à 300 m2 et 50 % dans le cas contraire, déduction faite des surfaces destinées à des opérations de voirie. () ". Aux termes de l'article 3 du titre I du règlement de ce plan local d'urbanisme : " Pour les constructions existantes à la date d'approbation du PLU, régulièrement autorisées, qui ne respecteraient pas les règles du présent PLU, sont néanmoins autorisés, à condition que ces travaux n'aggravent pas le non-respect des règles du PLU : les extensions du bâti existant ; les surélévations, au maximum dans la limite des murs existants () ".
14. Il est constant que l'emprise au sol du projet est supérieure à la limite fixée par les dispositions précitées, dès lors que pour une superficie de terrain de 68m2, l'emprise devrait être limitée à 34m2 alors qu'elle s'établit, selon la notice descriptive du projet à 50m². Néanmoins, d'une part, le projet consiste en la surélévation d'une construction existante dont il ressort des pièces du dossier qu'elle a été régulièrement édifiée avant la date d'approbation du plan local d'urbanisme le 17 décembre 2015, ensuite modifié, conformément à un permis de construire délivré le 22 janvier 1969. D'autre part, les travaux autorisés, qui portent sur la surélévation d'une construction existante et n'ont pas pour objet de modifier son emprise au sol, n'aggravent pas la méconnaissance de la règle d'urbanisme dont s'agit consistant en des surélévations dans la limite des murs existants. Par ailleurs, si les requérants soutiennent que les travaux de surélévation présenteraient un risque pour la solidité de la construction existante, cette circonstance relève de l'exécution du permis de construire et est, par conséquent, sans incidence sur sa légalité. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UE 9 du plan local d'urbanisme doit être écarté.
15. En septième lieu, le préambule de la section dédiée à la zone UE du plan local d'urbanisme de la commune d'Issy-les-Moulineaux la définit comme " () une zone résidentielle composée de quartiers d'habitat individuel, notamment organisés autour d'impasses ou de voies privées et correspondant à d'anciens lotissements. () - UEb : secteur pavillonnaire de densité moindre situé dans les quartiers des Épinettes et des Hauts d'Issy. () ". Aux termes de l'article 11 du titre I de ce plan local d'urbanisme, auquel renvoie l'article UE 11 : " Une autorisation d'urbanisme peut être refusée ou n'être accordée que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales (Art. R.111-27 du Code de l'urbanisme) () ".
16. Il résulte de ces dispositions que, si les constructions projetées portent atteinte aux paysages naturels avoisinants, l'autorité administrative compétente peut refuser de délivrer le permis de construire sollicité ou l'assortir de prescriptions spéciales. Pour rechercher l'existence d'une atteinte à un paysage naturel de nature à fonder le refus de permis de construire ou les prescriptions spéciales accompagnant la délivrance de ce permis, il lui appartient d'apprécier, dans un premier temps, la qualité du site naturel sur lequel la construction est projetée et d'évaluer, dans un second temps, l'impact que, compte tenu de sa nature et de ses effets, cette construction pourrait avoir sur le site.
17. M. et Mme B soutiennent que le projet autorisé, par son architecture moderne, sa hauteur et le choix des matériaux et couleurs, tranche très nettement avec la typologie du bâtiment environnant. Pour autant, d'une part, il ne ressort pas des pièces du dossier que le quartier environnant, malgré sa dominante pavillonnaire, présenterait un attrait paysager particulier, une valeur historique, culturelle ou patrimoniale, celui-ci ne faisant au demeurant pas l'objet d'une protection particulière par le plan local d'urbanisme. D'autre part, ce quartier présente un environnement bâti hétérogène de part les styles architecturaux utilisés et les volumes des constructions, l'autre côté de la rue Émile Duployé abritant en particulier des logements collectifs dépourvus de style particulier. Il ne ressort pas davantage des pièces du dossier que la construction projetée, eu égard au choix des matériaux retenus et à raison de ses volumes variés et maitrisés, ne s'intègrera pas avec les constructions avoisinantes. A cet égard, contrairement à ce que soutiennent les requérants, la circonstance que le document d'insertion graphique du projet ne représenterait pas la hauteur exacte du bâtiment projeté n'a pas été de nature à fausser l'appréciation du service instructeur, les plans de niveaux et des autres pièces permettant de déterminer la hauteur exacte du projet et le nombre de niveaux créés. Ainsi le projet litigieux ne présente pas des caractéristiques architecturales atypiques en rupture avec le bâti environnant. Par suite, en délivrant le permis de construire litigieux, le maire d'Issy-les-Moulineaux n'a pas méconnu les dispositions précitées du règlement du plan local d'urbanisme de la commune
18. En huitième lieu, l'article UE 13.1.1 du plan local d'urbanisme prévoit : " Au moins 75% des espaces libres doivent être traités en espaces verts et 50 % au moins d'entre eux doivent être de pleine terre. Un arbre de haute tige devra être planté par tranche de 200 m2 d'espace libre. / () Les espaces libres doivent être aménagés selon une composition paysagère soignée, adaptée à l'échelle du terrain et aux lieux environnants. Cette composition privilégiera les espaces verts d'un seul tenant et en contiguïté avec les espaces libres des terrains voisins. () ".
19. Il constant que la cour de 18 m² située à l'avant du garage existant constitue le seul espace libre du terrain de telle sorte qu'elle devrait, en application des dispositions précitées, être traitée pour 13,5 m² en espaces vers dont 6,75 m² en pleine terre. Toutefois, il ressort des pièces du dossier, et notamment des plans de masse du dossier de demande du permis de construire qu'en dépit de la présence de rosiers la cour était déjà intégralement goudronnée, la notice descriptive du projet litigieux ajoutant que les espaces extérieurs ne seront pas modifiés. Partant, ce projet n'aggrave pas le non-respect des dispositions de l'article UE 13.1.1 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune, de telle sorte que la construction litigieuse pouvait être légalement autorisée en application de l'article 3 du titre I du règlement sans méconnaître son article UE 13.1.1. Par suite ce moyen ne peut qu'être écarté.
20. En dernier lieu, aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations. ".
21. Il appartient à l'autorité d'urbanisme compétente et au juge de l'excès de pouvoir, pour apprécier si les risques d'atteintes à la salubrité ou à la sécurité publique justifient un refus de permis de construire sur le fondement de ces dispositions, de tenir compte tant de la probabilité de réalisation de ces risques que de la gravité de leurs conséquences, s'ils se réalisent.
22. D'une part, ainsi qu'il a été dit plus haut, le permis de construire attaqué a été pris au visa de l'avis émis le 1er mars 2022 par l'inspection générale des carrières, consultée par le maire en raison de l'exposition du terrain à un risque cavitaire, préconisant soit la consolidation du terrain par injection de coulis dans la cavité, soit par piliers maçonnés ou bétonnés, et il impose en son article 14 au bénéficiaire du permis de respecter strictement ces prescriptions. Par suite, dès lors qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que ces prescriptions seraient inadaptées à la nature ou à l'intensité du risque cavitaire, le permis litigieux comporte des prescriptions de nature à prévenir les effets du risque cavitaire sur la construction et le voisinage.
23. D'autre part, si les requérants soutiennent que les travaux engagés ont causé l'effondrement partiel d'un ancien puits sur la parcelle située au 44 bis le 18 mars 2024, il appartient au juge de l'excès de pouvoir, saisi de la contestation d'une autorisation d'urbanisme, de se prononcer au vu des éléments dont disposait l'autorité compétente pour la délivrer, le dossier de demande ne laissant apparaître aucune probabilité de réalisation d'un tel risque.
24. Dans ces conditions, il ne ressort pas des pièces du dossier que le maire d'Issy-les-Moulineaux aurait entaché son appréciation d'erreur manifeste au regard de la sécurité publique en autorisant les travaux concernés.
25. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée par M. A, que les conclusions présentées par M. et Mme B tendant à l'annulation de l'arrêté attaqué du 31 mai 2022 doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
26. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune d'Issy-les-Moulineaux, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que M. et Mme B demandent au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
27. Dans les circonstances particulières de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de la commune d'Issy-les-Moulineaux présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. En revanche il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. et Mme B une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par M. A et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. et Mme B est rejetée.
Article 2 : M. et Mme B verseront à M. A une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Les conclusions de la commune d'Issy-les-Moulineaux présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. F B et Mme D E épouse B, à M. C A et à la commune d'Issy-les-Moulineaux.
Délibéré après l'audience du 3 juillet 2024, à laquelle siégeaient :
M. Bertoncini, président,
Mme Saïh, première conseillère,
Mme Cuisinier-Heissler, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 août 2024.
Le président-rapporteur,
Signé
T. BertonciniL'assesseure la plus ancienne
dans l'ordre du tableau,
Signé
Z. Saïh
La greffière,
Signé
N. Magen
La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026