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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2216226

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2216226

mardi 13 décembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2216226
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantCABINET GENTILHOMME

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 30 novembre 2022, la société par action simplifiée à actionnaire unique AKJ, représentée par son représentant légal, représentée par Me Olivia Zahedi, demande au juge des référés, statuant par application des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°)d'enjoindre à la commune de Soisy-sous-Montmorency de convoquer la commission de sécurité pour organiser une visite de contrôle de l'établissement " Le Tube " dans le délai de huit jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;

2°)de mettre a` la charge de la commune de Soisy-sous-Montmorency la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- sa requête est recevable dès lors qu'elle présente des éléments nouveaux relatifs à l'absence d'achèvement des travaux prescrits par la commission de sécurité à la date de l'arrêté du 10 novembre 2022 ; à la date de la précédente ordonnance du juge des référés du 29 novembre 2022, les travaux étaient seulement en cours de réalisation ;

- la mesure sollicitée répond à la condition de l'urgence dès lors que l'arrêté du 10 novembre 2022 en litige ne prévoit aucune date pour une nouvelle visite de contrôle, elle n'a donc pas de visibilité sur le délai d'une prochaine visite ; qu'elle se trouve en situation de cessation de paiement dès lors que le montant de ses charges pour novembre 2022 s'élève à la somme de 34 216 euros et qu'elle ne dispose au 22 novembre 2022 que d'une somme de 16 000 euros et qu'elle est donc menacée de faillite à court terme ;

- l'organisation d'une visite de la commission de sécurité est utile dès lors que l'arrêté ne prévoyant pas de date de fin à la fermeture administrative, la réouverture de son établissement est subordonnée à l'avis favorable émis par la commission de sécurité après une visite de contrôle et qu'elle a depuis le 10 novembre 2022 procédé à l'ensemble des travaux, vérifications et formalités requises par l'avis de la commission de sécurité du 25 octobre 2022.

- la mesure sollicitée ne fait obstacle à l'exécution d'aucune décision de justice.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Le Griel, vice-président, en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.

Considérant ce qui suit :

1. A la suite de la visite de la commission communale de sécurité dans les locaux de son établissement le 14 octobre 2022, le maire de la commune de Soisy-sous-Montmorency a, le 25 octobre 2022, constaté que l'établissement " Le Tube " exploité par la société AKJ présentait un danger pour la sécurité des personnes et a mis en demeure la société d'effectuer tous les travaux de conformité prescrits par la commission de sécurité dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la mise en demeure. Par arrêté du 10 novembre 2022, le maire de la commune de Soisy-sous-Montmorency a prononcé la fermeture administrative de l'établissement " Le Tube ". Le juge des référés par ordonnance du 29 novembre 2022 a rejeté la requête enregistrée le 24 novembre dernier de la société AKJ sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative. Par cette nouvelle requête, la société AKJ demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre à nouveau à la commune de Soisy-sous-Montmorency de convoquer la commission de sécurité pour organiser une visite de contrôle de son établissement en faisant valoir qu'elle a effectué et justifie de l'ensemble des travaux demandés pour la réouverture de son établissement.

2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".

3. Saisi sur le fondement de ces dispositions d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En raison du caractère subsidiaire du référé régi par l'article L. 521-3, le juge saisi sur ce fondement ne peut prescrire les mesures qui lui sont demandées lorsque leurs effets pourraient être obtenus par les procédures de référé régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2. Enfin, il ne saurait faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu'il ne s'agisse de prévenir un péril grave.

4. Il résulte de l'instruction que la société requérante a informé la commune, par des courriels des 7 et 9 novembre 2022, avoir effectué la plupart des travaux requis et des démarches requises à savoir notamment la vérification annuelle des installations techniques, la mise en place d'une porte coupe feux, et d'un téléphone urbain, la réalisation d'une formation du personnel sur le fonctionnement de l'alarme, la mise en place de la signalisation pour l'évacuation du public et d'un accès aux évacuations de secours par la terrasse et l'installation d'une rampe en lieu et place de la marche sur la terrasse, ainsi que la suppression du vinyle. Il résulte également de l'instruction qu'elle a fait procéder le 22 octobre 2022 à la dératisation et à la désinfection de son établissement et conclu un contrat en vue d'un contrôle régulier de ses locaux pendant une période de douze mois ainsi qu'au réaménagement complet de son établissement en faisant notamment poser de nouvelles cloisons. D'une part, tous ces travaux ont été réalisés avant la décision litigieuse. D'autre part, elle ne justifie pas, à la date de la présente ordonnance, de la réalisation des travaux prescrits par la commission de sécurité du 25 octobre 2022 s'agissant de la mise en place d'un déclencheur manuel à chaque sortie, de la présence de feux flash dans les toilettes. De même qu'elle ne justifie pas que le dossier de mise aux normes de sécurité de la terrasse ait été déposé. Il est également constant, de plus, que si elle a déposé auprès des services de la commune le dossier d'aménagement extérieur de l'établissement le 2 novembre 2022, celui-ci est toujours en cours d'instruction par les services communaux. Dans ces conditions, la mesure demandée se heurte à une contestation sérieuse et la société requérante ne peut être regardée comme démontrant son caractère utile à la date de la présente ordonnance. Au demeurant, ainsi que l'a rappelé le juge des référés dans son ordonnance du 29 novembre dernier, il appartient à la société requérante de présenter l'ensemble des éléments justifiant selon elle du respect des prescriptions exigées pour la réouverture de son établissement et de les soumettre à l'appréciation de l'autorité qui a pris la décision de fermeture, à qui il appartient de saisir pour avis la commission communale de sécurité.

5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'injonction de la société AKJ présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative doivent être rejetées. Par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'astreinte doivent être également rejetées, ainsi que celles tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er :La requête de la société par action simplifiée à actionnaire unique AKJ est rejetée.

Article 2 :La présente ordonnance sera notifiée à la société par action simplifiée à actionnaire unique AKJ.

Copie en sera adressée pour information à la commune de Soisy-sous-Montmorency

Fait à Cergy, le 13 décembre 202Le juge des référés,

signé

H. Le GRIEL

La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2216226

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