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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2216796

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2216796

mercredi 6 mars 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2216796
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère Chambre
Avocat requérantRIQUIER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 9 décembre 2022, M. A B, représenté par Me Clerc, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 25 août 2022 par laquelle le président de l'université Paris Nanterre a refusé sa demande de maintien en première année de master, mention sociologie, au titre de l'année 2022-2023, ainsi que la décision du 8 novembre 2022 ayant rejeté son recours gracieux ;

2°) d'enjoindre au président de l'université Paris Nanterre de réexaminer sa demande de maintien en première année de master mention sociologie ;

3°) de mettre à la charge de l'université Paris Nanterre une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision du 8 novembre 2022 rejetant son recours gracieux est insuffisamment motivée ;

- la décision du 25 août 2022 refusant sa demande de maintien en première année de master mention sociologie a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 27 octobre 2023, l'université Paris Nanterre, représentée par Me Riquier, conclut au rejet de la requête et demande à ce que soit mise à la charge de M. B la somme de 1 000 euros au titre des frais non compris dans les dépens.

Elle fait valoir que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.

Vu :

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Chaufaux,

- les conclusions de M. Louvel, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. Par une décision en date du 25 août 2022, le président de l'université Paris-Nanterre a refusé le maintien de M. B en première année de master mention sociologie, parcours " Etudes et recherches en sociologie " pour l'année universitaire 2022-2023, au motif du nombre de défaillances trop important pour l'année 2021-2022 ainsi que de la faiblesse et de l'absence de progression des résultats du semestre 8 par rapport aux résultats de l'année 2020-2021. Le recours gracieux exercé par le requérant à l'encontre de ce refus a été rejeté le 8 novembre 2022. Par la présente requête, M. B demande au tribunal d'annuler ces deux décisions.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. En premier lieu, sont inopérants les moyens critiquant les vices propres dont serait affectée la décision rejetant un recours gracieux contre un acte administratif, lorsque, outre l'annulation de cette décision, est demandée celle de l'acte en question. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de la décision du 8 novembre 2022 rejetant le recours gracieux présenté par M. B à l'encontre de la décision du 25 août 2022 ne peut qu'être écarté.

3. En deuxième lieu, aux termes des dispositions de l'article III C du règlement de l'université Paris-Nanterre " Procédures et calendriers d'inscription 2022'/'2023 " : " () Avant de prendre sa décision, la présidente ou le président de l'université sollicite l'avis consultatif d'un·e ou des enseignant·es chargé·es d'examiner les demandes. () ". Contrairement à ce que fait valoir le requérant, ces dispositions ne prévoient pas qu'une commission des enseignants soit réunie, préalablement à la décision du président de l'université, pour donner son avis sur la demande de maintien dans la formation. Au demeurant, l'université produit en défense l'avis visé à l'article III C précité signé par le responsable de la formation et le président du jury. Par suite, le moyen tiré de l'irrégularité de la procédure relative à la demande de maintien dans la formation doit être écarté.

4. En troisième lieu, M. B soutient qu'en ne prenant pas en compte les conséquences du décès de son père survenu le 10 mai 2022, le président de l'université Paris-Nanterre a entaché sa décision refusant son maintien en première année de master mention sociologie d'une erreur manifeste d'appréciation.

5. Il ressort des pièces du dossier, notamment des relevés de notes et résultats du requérant, que M. B, qui a d'ores et déjà bénéficié d'une mesure de maintien en première année de master mention sociologie au titre de l'année 2021-2022, a été défaillant ou absent, sans justification, dans de nombreuses matières au titre de la première session et a obtenu, au titre de la seconde session, une note de seulement 4,194 sur 20 pour le semestre 8. Aussi, eu égard à la faiblesse de ses résultats ainsi qu'à l'absence de progression de ces derniers par rapport à l'année 2020-2021, M. B n'est pas fondé à soutenir que la décision en litige serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

6. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation des décisions des 25 août et 8 novembre 2022 doivent être rejetées.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

7. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation des décisions attaquées, n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite les conclusions à fin d'injonction doivent être rejetées.

Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

8. Ces dispositions font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'université, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée par M. B au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. B la somme demandée par l'université Paris Nanterre au même titre.

D E C I D E:

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par l'université Paris Nanterre sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à l'université Paris Nanterre.

Délibéré après l'audience du 20 février 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Edert, présidente,

Mme Chaufaux, première conseillère,

Mme Zaccaron Guérin, première conseillère,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 mars 2024.

La rapporteure,

signé

E. Chaufaux

La présidente,

signé

S. EdertLa greffière,

signé

S. Le Gueux

La République mande et ordonne à la ministre de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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